5 versets. Révélée toute entière à la suite de la sourate Les Infidèles - Sourate 109

 

 

Au Nom de d’Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux

 

N'as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi envers les gens de l'Eléphant?

 N'a-t-Il pas rendu leur ruse complètement vaine?

 et envoyé sur eux des oiseaux par volées

 qui leur lançaient des pierres d'argile?

 Et Il les a rendus semblables à une paille mâchée.

 

C’était une des faveurs que Dieu avait accordées aux Qoraïchites quand Il a mis en déroute ceux
qui venaient détruire la Ka'ba en se servant d’un grand éléphant. Voici, en bref, leur histoire.

 

Abraha Al-Achram avait bâti une grande église à San’a ( Yemen ) d’une architecture magnifique et tellement élevée que celui qui la regardait en levant la tête craignait que sa calotte ne tombât à cause de sa hauteur. Les Arabes l’appelaient « Al-Qalis ». Abraha voulut que les Arabes viennent la visiter au lieu d’aller faire leur pèlerinage à la Ka’ba, à La Mecque.

Il chargea quelqu’un de les appeler à cette visite. Les Arabes répugnèrent à cela, en particulier les Qoraïchites qui se mirent en colère contre Abraha. L’un d’entre eux put entrer clandestinement dans cette église et y fit une déjection, puis revint à la Mecque. Les gardiens de l’église, voyant cela, firent part de cette offense à leur roi Abraha lui disant : « Sûrement un Qoraïchite a souillé l’église parce que tu as voulu les détourner de la Ka’ba ». Abraha jura alors qu’il marcherait vers la Ka’ba pour la démolir en enlevant une pierre après une autre.

 

Suivant une version rapportée par Mouqatel, des jeunes QoraÏchites réussirent à pénétrer l’église où ils firent un grand feu dans un jour où le vent soufflait impétueusement et elle fut brûlée complètement.

Abraha marcha à La Mecque à la tête d’une grande armée accompagnée d’un éléphant gigantesque appelé « Mahmoud ». On a dit aussi qu’il y avait 12 éléphants. Les Arabes, ayant eu vent de cette invasion, éprouvèrent une grande peur et décidèrent qu’ils devaient empêcher Abraha d’accéder à la Maison quel qu'en soit le prix. Un des notables du Yemen appelé Dzou Nafar appela alors son peuple à combattre Abraha et défendre la maison de Dieu. Ils lui livrèrent bataille mais Abraha put les vaincre. Arrivé au territoire habité par la tribu Khat’am, Noufayl Ben Habib l’intercepta avec son peuple, mais Abraha triompha sur eux et prit en captivité Noufayl. Après avoir décidé de le liquider, il lui rendit la liberté à condition de l’accompagner pour lui montrer le chemin qui conduit au pays de Hijaz.

 

Quand Abraha fut auprès de Taef, les habitants de la tribu Thaqif l’adulèrent pour sauvegarder leur idole Al-Lat. Répondant à leur désir, ils envoyèrent avec lui un des leurs appelé Abou Righal comme guide. Arrivé à un endroit appelé Al-Maghmas, proche de La Mecque, Abraha y campa. Son armée attaqua les troupeaux appartenant aux Mecquois et prirent comme butin deux cent chameaux dont leur propriétaire était Abdul Mouttaleb Ben Hachem.

Abraha chargea Hinata, un homme de la tribu Himyar d’aller à La Mecque et d’amener le chef de cette ville en lui faisant connaître que le roi Abraha n’était pas venu pour les combattre à moins qu’ils ne le repoussent en l’empêchant d’aller à la Maison Sacrée. Hinata, une fois à La Mecque, fut amené chez Abdul Mouttaleb Ben Hachem, et lui transmit les propos d'Abraha. Abdul Mouttaleb lui répondit : « Par Dieu, et nous aussi ne voulons plus mener une guerre contre lui car nous en sommes incapables. La Ka’ba est la Maison Sacrée de Dieu et celle de son ami Ibrahim. Si Dieu l’empêche, Il ne fait que défendre Sa Maison, et s’Il le laisse y accéder, par Dieu nous sommes incapables de l’interdire. » .

 

Hinata demanda alors à Abdul Mouttaleb de venir avec lui chez Abraha. Une fois en sa présence, Abraha ne put que le vénérer, à savoir que Abdul Mouttaleb était un homme imposant d’une belle apparence et d’une grande stature. En le voyant, Abraha descendit de son lit de repos pour s’asseoir avec lui sur le tapis. Il dit à son interprète : « Demande-lui ce qu’il désire » . Et Abdul Mouttaleb de répondre : « Je veux qu’il me rende les 200 chameaux qui sont les miens. »

Abraha dit alors à son interprète de répliquer : « Quand je t’ai vu pour la première fois, j’ai eu des égards pour toi, mais tu viens réclamer tes 200 chameaux, je t’ai mésestimé. Tu viens réclamer ton troupeau en laissant cette Maison, le lieu du culte de ton peuple et de tes ancêtres ? Je ne suis venu que pour la détruire et toi tu ne me supplies pas de l’épargner ? ».

 Abdul Mouttaleb lui répondit : « Je suis le propriétaire de ces chameaux, quant à la Maison, elle a un Seigneur qui la défendra ». Et Abraha de riposter : « Ce Seigneur ne pourra plus m’empêcher ». Abdul Mouttaleb s’écria alors : « Va et exécute ton projet ».

 

On a rapporté qu’une foule de dignitaires s’était rendue chez Abraha avec Abdul Mouttaleb et lui proposait de lui donner le tiers des richesses de Touhama à condition de renoncer à son projet. Mais Abraha refusa. Il rendit à Abdul Mouttaleb ses chameaux. Celui-ci retourna chez les Mecquois et leur ordonna de quitter la ville et de se réfugier dans les cimes de ses montagnes pour être à l’abri de la réaction d’Abraha et de son armée. Abdul Mouttaleb, avant de quitter La Mecque, se dirigea vers la Ka’ba et tint l’anneau de sa porte. Certains Qoraïchites l’accompagnèrent et invoquèrent Dieu afin de les secourir et mettre en déroute Abraha et son armée. Puis tous ensemble montèrent aux cimes des montagnes.

Moqatel a avancé que les Qoraïchites avaient laissé 100 chamelles marquées comme offrande espérant que l’armée ennemie les prendraient injustement et alors Allah se vengerait d’elle.

Le lendemain matin, Abraha s’apprêta avec son armée pour entrer à La Mecque. Quand ils dirigèrent ce grand éléphant vers la Ka’ba, il s’agenouilla. A ce moment, Noufayl Ben Habib put s’échapper pour rejoindre les Qoraïchites sur les montagnes. Les soldats frappèrent violemment l’éléphant pour se lever, mais il demeura à genoux. Ils se servirent de tous les moyens pour le faire lever, mais en vain. En le dirigeant vers d’autres côtés tels que l’Orient ou le pays de Châm, il se levait, mais une fois encore vers La Mecque, il refusa d’avancer.

Dieu leur envoya alors une bande d’oiseaux semblables à des chauve-souris et des étourneaux, dont chacun portait 3 pierres, une au bec et deux dans leurs serres, de la grandeur d’un pois chiche ou de lentilles, et qui n’atteignaient pas leur cible sans les tuer. Ceux de l’armée qui survécurent prirent la fuite en demandant de voir Noufayl pour leur indiquer le chemin de retour, alors que celui-ci se trouvait parmi les Qoraïchites sur les sommets des montagnes pour assister à ce spectacle.

Allah mit en déroute Abraha et son armée, en se vengeant d’eux, et Noufayl récita ces vers : Où fuir alors que c’est Dieu qui attaque. Al-Achram le vaincu ne saurait être vainqueur.

 

Ibn Ishaq a dit : « Après que Dieu ait envoyé Mouhammad pour rappeler aux Qoraïchites les bienfaits qu’Il leur a accordés, Il a mentionné dans le Coran cette petite sourate et ce qu’il en fut de l’armée éthiopienne qui voulait la Maison qu’ils vénéraient au fil des jours et comment Il l’a gardée contre toute agression. »

 

« Ne sais-tu pas comment ton Seigneur a agi avec l’expédition de l’éléphant ? » : les ulémas ont laissé aller leur imagination pour décrire cette file d’oiseaux qui a anéanti la plus grande partie de cette armée qui, au fond, ne donne aucun intérêt. Il suffit de savoir que cette bande d’oiseaux avait jeté de petits cailloux d’argile sur la tête des éthiopiens en les réduisant comme de la paille mâchée, une expression qui signifie que leurs corps étaient déchiquetés.

Et comme remémoration de cet événement remarquable dans l’histoire, il est cité dans les deux sahih que lorsque la chamelle du Messager de Dieu appelée Al-Qaçwa’ s’agenouilla, les hommes s’écrièrent : « La chamelle du Messager de Dieu est devenue rétive. ». Il leur répondit : « Al-Qaçwa’ n’est pas devenue rétive et ce n’est pas son habitude de le faire, mais celui qui a immobilisé l’éléphant avec lequel les Abyssins voulaient détruire la Ka’ba, a immobilisé aussi la chamelle. Par Celui qui tient mon âme dans Sa Main, les Qoraïchites ne me demandent pas de respecter ce que Dieu a déclaré sacré sans que je le leur accorde. ». Puis il excita la chamelle qui ne tarda pas à se lever.

 

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