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Comme
d’habitude, c’est une grande joie de voir
et de retrouver les frères du jardin
des jeunes, pour traiter un sujet qui est très
important de nos jours.
Il
est un fait que la plupart d’entre nous sommes
assez contents et heureux de voir un certain
nombre de jeunes, al-hamdulillâh, frères
et sœurs, adultes aussi, revenir vers la religion
ou bien corriger certaines erreurs qu’ils
avaient dans leur pratique, se poser des questions,
qui apprennent, et on remarque que des fois,
on se retrouve alors devant ce que l’on appelle
un genre de dilemme assez important pour un
croyant qui est, à la base, le fait de
vouloir du bien pour son frère ou une
sœur en islam et ce, dans les limites de ce
que Allah
et Son prophète
nous ont imposé.
Et
on voit alors qu’il y a, chez chacun d’entre
nous, une manière de voir et de concevoir
ce que l’on appelle le conseil en islam.
Vous
remarquerez que lorsque l’on veut aider quelqu’un,
le renseigner, lui montrer, le corriger, et
ce en touchant donc la religion directement
il y a différents aspects qui vont donc
apparaître. Ce sont ces aspects là
que l’on va spécialement étudier
ce soir entre nous.
On
vous dit aussi qu’il y a une manière
d’étudier cet art qui est le fait de
conseiller et on a parlé d’un art parce
que les choses ne sont pas si simple que l’on
pourrait, des fois, le penser.
On remarque également
que certains d’entre nous sont aussi empressés
de voir les gens qu’ils aiment, ceux qui sont
autour d’eux de les voir revenir vers l’islam.
C’est un fait pour nous tous.
Soubhana
Allah, chaque personne qui entre dans la pratique
de la religion, qui ouvre ses yeux, qui remarque
certaines vérités, est heureux
dans sa religion, se sent bien, et a envie soubhan
Allah, de faire vivre cela à quelqu’un
d’autre. C’est aussi le but de la prédication,
et l’exemple que l’on doit donner aux
autres, c’est aussi
très important.
Mais
il y a des risques. Ces risques vont apparaître
devant toi au fur et à mesure, et à
ce moment là, le musulman, la musulmane
doivent faire attention, c’est là que commencent
les problèmes. A
la base, comprenez-moi bien, on a un acte pieux,
très important qui est le fait de conseiller
et juste à côté on vous
parle de problème. Pourquoi ?
Parce
que si ce n’est pas fait d’une certaine manière
même si vous venez avec une belle
intention, ça risque de se terminer
avec de graves problèmes, des fois même
des personnes qui ne vous parlent plus, qui
vous quittent ou qui vont même des fois
transformer vos propos et ainsi de suite.
C’est
pour cela que parmi les aspects que l’on va
étudier il y a des fois la personne qui
vient en face de toi, tu remarques chez elle
certaines erreurs, et on te dit : " Cette
personne est-ce que tu la connais tout d’abord,
est-ce que tu connais ses réactions,
est-ce que tu sais commet elle va réagir,
est-ce que tu connais ses habitudes pour voir
si ce qu’elle vient de faire là, il y a quelques secondes, est-ce que c‘est
quelque chose qu’elle fait habituellement ou
bien c’est parce
qu’elle a un problème qui vient de lui
arriver il y a quelques temps et la réaction
que cette personne a par rapport à ce
problème là et bien c’est cela
qui est
étonnant pour toi qui, al-hamdulillâh,
est dans la pratique comme il se doit."
On
vous dit aussi « est-ce que tu connais
le caractère de cette personne »,
il y a des différences entre habitudes
et caractère aussi.
On
te dit aussi « est-ce que tu connais le
vécu » et ça, ça
nous touche aussi maintenant avec les jeunes.
Vous
savez, quand quelqu’un grandit d’une certaine
manière dans un quartier par exemple
ou dans une famille où il n’y avait pas
de pratique et puis tu rentres du jour au lendemain
wa al-hamdulillâh dans la pratique, à
ce moment là quelles vont être
les réactions ?
On
sait que quelques fois on est vif, des fois on
vous dit même « il devient dur...Avant
il souriait, maintenant il ne rigole plus ...»
Quand
il conseille, on remarque qu’il conseille parce
qu’il tire ses yeux, il a quasiment les yeux
bridés, et il ne rigole plus, tout devient
sec. Il
a un visage presque mauve et puis il t’envoie
le conseil et comme vous disent certains pour
vous expliquer la manière dont ils ont
reçu ce conseil : « il m’a envoyé
une bombe, il m’a cassé ».
Et
ça, on ne voudrait pas tomber
dedans alors que si, soubhan Allah, tu
vas chez ce même frère ou cette
même sœur qui a conseillé quelqu’un,
qu’est-ce que l’on remarque ? On remarque que
la personne dit « non, wallahi
moi je veux au contraire qu’il aille au Paradis, je veux
qu’il ne reste pas dans le mal, je veux qu’il
change, je veux ceci, je veux cela »,
alors qu' avec la manière qu’il a employée,
au contraire, qu’est-ce qu’il a fait ? Il a
fait encore plus déguerpir le frère
qu’il avait en face de lui.
Et
on oublie toujours un acteur. On a un acteur
qui est toujours avec nous, qui nous suit, qui
surveille, qui guette de loin et il y a un frère
qui a déjà fait une conférence
là-dessus
: « les stratagèmes de Satan ».
Il
est là, satan. Satan, maudit soit-il,
quand tu donnes un conseil à quelqu’un,
il ne va pas aller lui dire :
« Ah vas-y
profite, il vient de t’apporter le bénéfice
de ta vie, vas-y saute dessus, profite de ce
conseil là », il va te le décortiquer
: « Regarde ses yeux comment il t’a regardé,
t’as vu comment il t’a parlé, tu as vu
à côté de qui il a fait
cela, il va commencer même à te
sortir certains détails que tu n’as peut-être
même pas remarqués. Il
va te dire,« t’as remarqué quand
il t’a parlé il y avait un type juste
derrière lui, tu l’as vu ? » Tu
ne l’avais peut-être même pas vu.
Tu dis "oh là la honte, le type alors
il a entendu ou pas ? "
Il sème le
doute dans le coeur
et il commence alors à te" travailler".
C'est
pour ça que l’on te demande de penser à ce vécu. Cette personne
d’où est-ce qu’elle vient, qu’est-ce
qu’elle a vécu avant qu’on vienne chez
elle directement et qu’on lui dise « voilà
c’est comme ça, un, deux, trois, quatre
points à la ligne ».
Donc,
d’où vient cette personne, il
y a le vécu, mais il y a aussi l’endroit d’où vient cette personne,
parce que le vécu ça peut être
certains problèmes familiaux, privés,
à lui, à l’intérieur, dans
sa famille et d’où vient-il ça
peut être aussi des fois aussi par rapport
à son quartier.
S’il
a vécu pendant 20 ans d’une certaine
manière dans tel et tel quartier, c’est
normal, que des fois on se demande pourquoi
ça prend du temps chez certains jeunes
pour revenir comme ça
vers la religion. Directement
on se dit : " Tiens depuis le temps qu’on
lui parle y’a toujours pas de changement " et
c’est pour cela que ce sont-là des questions
qui nous prouvent qu’aujourd’hui, conseiller
est devenu un art.
Il
y a intérêt comme on dit à
faire attention, de voir la manière dont
on va parler, de voir le temps, à quel
moment est-ce que l’on va parler à cette
personne, de voir aussi les mots que l’on va
choisir, de voir aussi c’est drôle à
dire, de voir l’intonation, vis-à-vis donc de cette personne,
même ça il faut y faire attention.
C’est
un art et il faut bien réfléchir
pour faire en sorte que ce que tu vas apporter
sur ce plateau en or, le conseil qui est une
base que l’on retrouve dans notre religion,
et bien ce cadeau que tu vas offrir à
ton frère, il faut absolument faire en
sorte (un cadeau quand on l’offre, on l’emballe
bien, on le prépare, on offre la meilleure
des choses) que pour le conseil ce soit la
même chose.
Et
j’aime rappeler, comme vous le savez, que c'est
soit Satan soit certains êtres humains qui
ont l’art de dévier les gens.
Il
y a des gens qui ont l’art de dévier
les autres de n’importe quelle manière,
et des fois, des manières très
belles comme on dit, soit par rapport à
l’argent, soit par rapport aux habits, soit
par rapport aux sorties et ainsi de suite.
Ils ont l’art de t’attirer.
Pourquoi
alors, nous, al hamdulillâh, ceux qui
se disent sur le chemin de la droiture, ceux
qui connaissent bien leur religion, ceux qui
apprennent, pourquoi est-ce qu’eux non plus
ne pourraient-ils pas apprendre l’art de conseiller
les autres et faire en sorte que les gens reviennent
vers toi et aiment discuter avec toi et acceptent
ta parole ? Pas parce que tu
es un savant et l’on sait bien qu’ils sont très
rares parmis nous, mais parce qu’après
quelques cours ton comportement a changé
et un petit jeune a vu ça et il vient
chez toi, content, pour te poser des questions.
Alors
c’est là que tu dois montrer ce que tu
as appris du prophète ...
C’est
pour cela que nous allons développer
point par point :
1.
Le Sourire
Avant
même de parler, le sourire.
Dans
Notre génération, on aime bien
rigoler pour tout : Une vieille qui tombe, on
rigole pendant trois heures, un qui rentre dans
un mur sans le remarquer, ça c’est encore
4 heures, un qui te dit « je me suis fait
arnaquer » on rigole et quand il doit
parler avec un autre pour un conseil, là,
soubhan Allah, le rire part.
On
rapporte qu’ il y avait un compagnon, Jarir
ibnu abdullâh al bajari qui dit qu’à
chaque fois que le prophète le
voyait, il lui souriait, alors qu’il n’était
pas encore musulman en ce temps là.
Chaque
fois qu’il passait devant lui, il lui
souriait. Ce compagnon a aimé ce
comportement et c’est ce qui va faire qu’il
deviendra musulman par la suite et il dira :
" J’ai donné allégeance
au prophète sur la shahada et le
prophète , directement lui donna
comme condition de prêter conseil pour
tout musulman."
Et
ibnu hajar dans la biographie de Jarir raconte:
" un jour, Jarir se retrouva devant une
personne qui vendait un cheval pour 400 dirhams
la monture.
Jarir, alla directement lui dire « en veux-tu 500
? » -
« oui »
-
« Et 600 » ? -
« oui »
Et
il monta le prix jusqu’à 800 dirhams
et lui donne ce montant en lui disant, c’est
parce que j’ai fait allégeance au prophète
de conseiller tout musulman et ton cheval
ne coûte pas 400 dirhams."
On
voit que dans les caractéristiques des
gens de la Sounnah, ils se conseillent entre
eux et sont aussi très cléments
entre eux et c’est comme ça qu’il faut
être. Quand celui qui conseille parle
à un frère, il doit le faire comme
si c’était son vrai frère de sang
qui partait dans l'égarement ou autre.
Et cela doit être pareil pour les sœurs
entre elles. Et,
leurs seuls buts, c’est premièrement
d’être agrées par
Allah
et deuxièmement,
c’est l’amour
que l’on a vis-à-vis
du croyant.
Donc
la moindre des choses lorsque l’on vient vers
ce frère que l’on veut conseiller, c’est
de lui sourire et être clément
vis-à-vis de lui.
Ce
sont des choses simples dans la théorie
mais en pratique, c’est vrai, les choses se
compliquent. Le
frère doit être doux et la
douceur à notre époque, ça
manque. Soubhan
Allah, il y a eu des études sociologiques
qui disaient que les maghrébins, les
africains sont très proches lorsqu’ils
discutent. Un arabe, lorsqu’il parle avec toi,
au bout de 10 secondes, sa main est déjà
sur ton épaule alors que dans d’autres
communautés dans le monde, ce comportement
est mal vu, il n’y a pas cette proximité.
La
douceur est donc importante et
en plus, elle se remarque. Lorsque
tu t’adresses à un frère, prends
d’abord de ses nouvelles et par ces petites
questions, tu vas savoir dans quel état
d’esprit il se trouve : calme, énervé,
en colère… et tu sauras alors de quelle
façon lui parler, le conseiller.
C’est
l’exemple du prophète qui a passé
23 années avec des arabes, Qoraich, et
qui était toujours très calme
avec eux. Des des fois, il les laissait parler
même s’ils disaient des insultes, même
parmi ses proches qui le rabaissaient, mais
il restait toujours doux, patient avec eux.
Et pourtant il aurait pu se défendre,
demander de l’aide à des compagnons (Omar par exemple).
A ce sujet, il est
important de lire la sira du prophète
.
Il
y a cet exemple de l’homme qui avait uriné
dans la mosquée. Lorsque les Compagnons
ont voulu le corriger, le prophète
s’y est opposé et a ordonné de
verser de l’eau pour nettoyer la souillure.
Il
était celui qui accueillait les gens,
discutait avec eux et d'ailleurs, souvent il
commençait par lire des versets du coran
avant de discuter.
D’ailleurs, on raconte qu’un
homme avait entendu qu’un fou, un possédé
était à la Mecque. Il est allé
le trouver et lorsque il a entendu le prophète
lire le coran, sa façon de l’accueillir,
lui parler, il s’est converti à l’islam.
Et une fois revenu chez lui, il parla de l'islam
pour que d’autres se convertissent aussi, al
hamdulillâh.
Et
cela, uniquement sur la manière de parler
et d’accueillir la personne.
Ibnu
taymiyya disait :
«
Ton
intention d’ordonner le bien doit être
avec le bien, et ton intention de faire éviter
du blâmable ne doit pas se faire avec
du blâmable. »
Et
même pour le sourire, il y a des limites
par rapport à certaines situations justement
pour souligner la gravité de certains
actes et ne pas tomber dans une sorte d’hypocrisie
avec ce frère. Il faut que le sourire
soit suivi d’actions, de paroles,et pas seulement
sourire et laisser la personne dans son erreur.
Dans
notre religion, se taire alors qu’il faut conseiller
est un signe d’hypocrisie.
Le
prophète a dit :
" La religion,
c’est
le conseil ". Les
compagnons présents ont demandé
pour qui, et le prophète a répondu
: « envers Allah, c'est-à-dire
suivre les injonctions divines, Son livre, Son
Prophète, aux responsables des croyants
et le reste des croyants. »
2.
L’intention et la sincérité
Il
aurait mieux valu le mettre avant le sourire.
Lorsque
tu viens vers quelqu’un pour le conseiller,
il faut que tu aies un seul but, tout d’abord
c’est que le bénéfice soit auprès
d’Allah. La guidance est auprès
d’Allah et ce n’est pas parce que
tu vas être derrière un frère
tout le temps que ça fonctionnera. Il
faut bien comprendre ça et l’on peut
se rappeler l’exemple de l’oncle du prophète
abou Talib qui est mort non musulman.
Donc,
l’intention que l’on doit avoir c’est aussi
d’améliorer la situation du frère
et de changer cette personne là.
Il
ne faut pas que celui qui vient conseiller vienne
avec ce que l’on appelle la maladie du «
moi je », et penser que les gens doivent
changer et lui ressembler. C’est une erreur,
car chacun a ses spécificités,
sa façon de fonctionner.
En
plus, celui qui reçoit le conseil, risque
de se sentir inférieur par rapport à
celui qui donne le conseil et un complexe peut
naître chez le frère.
Il
n’a pas forcement le même niveau de crainte
d’Allah que toi alors il faut faire
attention aux mots utilisés. Shaytan
le tire vers le mal et lui,il mène un
combat intérieur contre lui.
Il
y a celui qui en conseillant, peut vouloir du
mal : par exemple, certains viennent en disant
: « Akhi, j’ai vu que tu étais
un menteur… » et quand tu décortiques
l’intention de la personne, tu t’aperçois
que depuis un certain temps, il avait envie
de te sortir à la figure que tu étais
un menteur, mais il n’a pas trouvé d’autre
manière de te le dire. C’est
là une mauvaise intention et le frère
ne peut pas accepter un conseil dit comme cela.
Dans
le domaine du conseil, il peut y avoir aussi
la jalousie et cela se passe souvent lorsqu’il
y a d’autres personnes présentes. Et
c’est une chose à éviter. Lorsque
l’on veut conseiller quelqu’un, il faut le faire
seul à seul avec la personne concernée
et pas devant un public. De graves problèmes
peuvent alors apparaître entre toi et
le frère mais aussi entre le frère
et le reste du groupe. Il y a aussi une autre
erreur qui peut provoquer de la jalousie, c’est
par exemple quand plusieurs personnes font la
même erreur et toi tu viens et tu ne parles
qu’à l‘une d’entre elles et tournes le
dos aux autres. Il faut éviter cela.
Une
des erreurs que l’on a tendance à voir
et on voyait ça souvent chez les plus
âgés parmi nous, c’est de croire
qu’un jeune dans la rue c'est quelqu’un qui
n’entend rien qui n’écoute rien, qui
n’a pas de cerveau, pas de sentiments, et qu’il
n’y a rien qui bouge chez eux.
Et
pourtant, pour certains, ils sont étonnés
et quand on étudie un peu leur situation,
on trouve au final qu’il y a une base et il
faut alors travailler le problème avec
la personne d’une autre manière et al-hamdulillâh,
on a beaucoup de preuves entre les mains, ils
reviennent.
Aussi,
ne jamais venir conseiller avec l’intention
de dévoiler la personne. C’est un des
points les plus compliqués. Il ne faut
pas mettre la personne dans une situation de
gène face à nous, si par exemple
on l’a vu commettre un acte honteux. De
plus, shaytan peut alors semer le doute dans
l’esprit de cette personne et lui faire croire
que si toi tu l’as vu, il se peut que tu l’aies
raconté à d’autres personnes.
Même si le frère se repent un jour,
la honte entre toi et lui restera à jamais.
Il
y a aussi l’erreur de gonfler un acte. Par exemple,
on l’a vu faire une petite erreur et on va le
conseiller en exagérant cette erreur.
Cela va amener les deux personnes à discuter
comme des malades pendant des heures, le conseil
va devenir une dispute puis une séparation
entre les deux.
C’est
pour cela que l’on raconte que les gens de la
Sounnah ont deux manières de conseiller:
Soit le « conseil spécial à
des gens spéciaux » : c'est-à-dire
un type de population bien déterminée
(un iman, un responsable...), par exemple l’imam Ahmed conseillait le calife 'Abasside en lui
parlant à l’oreille et pas à voix
haute au su et vu de tout le monde.
Lorsque
ceux qui se sont opposés à Othmane qui était calife et qui lui reprochaient
d’avoir donné certains postes à
des proches, ils allaient voir Oussama
et Oussama donnait des conseils à Othmane et ceux qui se plaignaient,
demandaient
toujours à Oussama
si il avait parlé
à Othmane et il répondait : «
croyez-vous que si je donne un conseil à
Othmane ,
je viendrais le répéter
à tout le monde à chaque fois
? »
Car
c’est une chose qui se passe entre une personne
et une autre en tête-à-tête.
On
n’a pas besoin de mettre, comme cela se passe
aujourd’hui, toute la famille dans l’histoire.
Soit le conseil que l’on donne aux gens en général
et il y a une belle leçon du prophète
: lorsqu’il remarquait que certaines erreurs
étaient commises, il demandait aux gens
: «
que pensez-vous de gens qui font ceci
ou cela ? ».
Il
parle d’une manière
générale dans un groupe où
se trouve celui qui a fait l’erreur et on gagne
alors deux choses : le conseil pour le fautif
et une leçon pour le reste du groupe
et celui a qui était destiné le
conseil sort de cette assemblée sans
avoir honte, ni être rabaissé,
ni avoir peur de rencontrer les autres.
Ce
que l’on peut remarquer, c’est que dès
que l’on ne suit pas la manière imposée
par la religion et l’exemple du prophète
, le résultat est mauvais, et cela
ne donne rien du tout.
C’est
pour cela que dans le domaine du conseil, il
y a trois catégories de personnes :
- 1.
Ceux qui ordonnent le bien avec le bien et corrigent
le mal par un bien
- 2.
Ceux qui laissent tout aller avec comme raisonnement
:
l’islam, c’est la facilité ; point de
contrainte en religion
- 3.
Ceux qui exagèrent dans la manière
et la conception de voir les choses, c’est eux
qui gonflent les affaires
3.
Faire que la parole d’Allah soit la plus
haute
Le
seul but doit être Allah 
Il
faut conseiller avec gentillesse : on peut prendre
le cas d'Abraham, d’Ibrahim Son père était
non musulman et il l’appelait « ya abatî
» (ô mon cher père), mot plus affectueux que « abî
» . (papa)
Il
y a aussi l’exemple de Luqman lorsqu’il parle
à son fils : « ya bunaya ».
(ô mon cher fils)
Il
ne faut pas faire les mêmes erreurs dans
l’éducation de nos enfants que ce qu’ont
fait nos parents. Il faut discuter en premier
lieu, et non pas frapper puis discuter après.
Avant
même de donner un conseil, il faut avoir
le sourire et la gentillesse et discuter petit
à petit, étape par étape.
Je
préfère donner au frère
20 minutes de gentillesse et dix minutes seulement
de cours parce que c’est pendant ces 20 minutes
de gentillesse que je vais travailler psychologiquement
le frère et les dix minutes de cours
passeront beaucoup plus facilement. Si tu fais
l’inverse, tu auras l’inverse.
Ibnu
mubarak disait, dans le domaine du comportement,
si tu es avec des gens bien,
sois avec eux comme
Le Clément Compatissant et ne suis
pas toutes leurs petites erreurs car tu resteras
dans le temps tout seul.
Il
y a une belle parole que Ibnu Sa’adi rapportée
de ibnu taymiyya : « Il y a des
gens qui sont comme des insectes, ils ne se
déposent que sur les blessures »
Que
penser aujourd’hui alors, si à l’époque
déjà certains faisaient ce genre
de constat ?
4.
Il
faut
conseiller en secret
Lorsque
tu conseilles devant les autres, c’est rabaissant,
alors avant de venir le dire devant un groupe
de personnes, il faut privilégier certaines
démarches. Et il y a des fois certaines
démarches que l’on délaisse :
- Le
conseiller en écrivant une lettre : par exemple,
en rapportant une ou deux histoires, des exemples
de compagnons qui ont été
touchés par le même problème
que lui.
- En faisant un cadeau : par exemple on laisse
une cassette dans la boîte à lettre
d’un frère, d’un voisin
5.
Mettre en pratique ce que tu conseilles
Lorsque
tu conseilles, mets en pratique ce que tu demandes
de faire à l’autre car sinon, tu ne seras
pas pris au sérieux.
Un
des châtiments qui sera donné à
ceux qui ordonnent le bien et ne le font pas
eux même , est qu’ils tourneront comme
l’âne qui tourne en marchant sur du blé
pour l’écraser et on verra leurs viscères
qui sortent de leur ventre. Et ceux du Paradis
vont l’interpeller en lui demandant si ce n’était
pas lui qui leur ordonnait le bien et condamnait
le mal et il répondra : oui, je vous
ordonnais le bien sans le faire moi-même
et je vous demandais d’éviter le blâmable
tout en y tombant moi-même.
Mais
il ne faut pas pour autant se dire que si l’on
a des défauts, on ne doit pas conseiller
car donner des conseils permet aussi de se changer
soi-même.
6.
Etre sûr de ce que l’on raconte
Il
faut être responsable de notre langue
et il faut vérifier ses sources par exemple
si l’on cite par exemple un hadith, de ne pas
le dire authentique si ce n’est pas vrai.
La
plus grave maladie qui casse le conseil c’est
quand tu viens conseiller
un frère en lui disant : « un tel
m’a dit que.. » Et cela arrive de nos
jours. En
plus, tu ne sais même pas si c’est vrai
ou pas. Et le pire, c’est que parfois on cite
la personne et là on sème la discorde
entre les frères, ou autre.
Comme
le rappelait un Cheikh, l' une des plus grandes
agences de presse chez les arabes, c’est l’agence
que l’on a appelée : « ils ont dit
», « ils racontent que »,
« on a entendu que ».
Le
musulman, lorsqu’il parle, il doit vraiment
être sûr de ce qu’il raconte et
ne doit pas avoir la maladie de colporter les
paroles car c’est très grave dans la
religion. Si
tu n’es pas sûr de la nouvelle, ne vas
pas alors chez le frère.
7.
Patienter face au mal lorsque l’on donne le
conseil
On
peut être rabaissé, insulté,
mal reçu…
Il
y a un proverbe au Maghreb qui dit : "celui qui
te frappe, c’est lui qui crie et qui est le
premier à courir chez les parents pour
rapporter." C'est-à-dire
qu’il sait que si tu le conseilles, il va se
sentir gêné, alors il te crie dessus
avant que tu lui parles et te met mal à
l’aise, même par rapport à ceux
qui sont autour et cela se retourne contre toi.
Dans
ce cas, il vaut mieux se retirer car les troubles
provoqués par le fait de donner le conseil
dans ce cas, sont plus grands que les bénéfices
qui pourraient en être tirés.
Certains
peuvent même te frapper. Il faut être
conscient de cela avant d’aller donner le conseil.
8.
Mettre chaque problème au degré
d’importance qu’il a.
Si
on prend un exemple dans le Coran, on voit que
chaque sujet soubhan Allah a une importance.
Regardez
tous les versets qui parlent sur la foi. Tu
peux trouver, comme disent certains savants,
jusqu’à ¾ des versets du Coran
qui tournent autour du domaine de la foi. Et
tu prends un verset ou deux et tu vas voir de
quoi il parle et tu vois qu’il parle spécialement
sur le fait de parler sur le dos des gens.
Les
savants résument cela en disant que des
fois, avec un ou deux versets, tu comprends
la chose. Le verset est bien explicite parce
que pour ces choses là, il n’y a pas
ce que l’on appelle « étape par
étape », musulman ou pas, car ce
sont des questions connues point. Il n’y a pas
à philosopher dessus.
Donc
on fait attention par rapport au problème
que l’on a en face, il faut le décortiquer,
se dire, tiens, ce que je viens de voir là
chez le frère, quel est le degré
d’importance de ce qu’il vient de faire dans
la religion ? Est-ce
que je peux me permettre avec ce qu’il vient
de faire de le conseiller seulement demain et
aujourd’hui je fais seulement ce que l’on appelle
les techniques d’approche. Je tâte donc
le terrain et demain insha Allah j’aurai
une autre manière de l’approcher et puis
à ce moment là je le conseillerai.
Et
il y a des fois des conseils qu’il faut donner
directement, par exemple si un frère
vient te dire « oui mon frère la
prière c’est bidon, je tape ma tête
par terre tout le temps et je n’ai rien que
des problèmes… »
Est-ce que tu
vas te dire que ce n’est rien, que je verrai
ça demain ?
Il
se pourrait que tu ne le voies plus, donc pour
un point comme la prière, tu ne peux
pas laisser quelqu’un, même vingt-quatre
heures
avant de parler avec lui. Lui,
tu dois essayer de tâter directement le
terrain et de lui ouvrir une discussion par
rapport donc au problème qui le touche
et toujours en fonction de tes connaissances.
Il ne faut pas avoir honte de l’envoyer se renseigner
chez plus savant que soi.
Il
est connu dans notre religion que lorsque l’on
explique quelque chose,on doit d’abord voir
quel est le gros problème dans lequel
la personne se trouve.
On
a des fois des personnes qui conseillent quelqu’un
sur un détail, un point très précis,
alors que la personne qui est en face de lui
ne prie pas, ou peut être qu’elle boit
ou qu’elle commet je ne sais combien de choses
graves dans sa vie.
Et qu’est-ce que l’on fait
? on va chez lui et on lui dit : Ah attention,
tu vois la coupe de cheveux que tu viens de
faire…et on lui fait tout un cours pendant une
heure ! Il
faut bien comprendre ce que je viens de dire
: celui qui va venir conseiller ce genre de
frère, il faut que ce soit un spécialiste
parce qu’il doit sur le moment même, ordonner
le bien parce qu’il voit un aspect apparent
et il y a un aspect intérieur à
travailler et ce dernier est plus dur à
travailler que l’aspect extérieur et
il faut jongler avec les deux aspects.
Parce
que si tu le laisses partir seulement sur ta
petite remarque par rapport à la coupe
ou autre ce n’est pas bon, tu ne vas pas terminer
ton travail. Et
si des fois tu vas aller entamer une discussion
sur un autre sujet dans le domaine de sa pratique
de la religion, et de nouveau tu n’as pas certains
arguments, on pourra te dire aussi que tu n’as
pas fini ton travail, donc, de nouveau, tu dois
être vigilant pour voir devant toi et
faire une sorte de petite fiche signalétique
et voir directement ce qui manque à cette
personne et à ce moment là, lui
proposer de l’accompagner.
En
fait, il y a une hiérarchie dans les
problèmes à traiter chez une personne
Il
y a un exemple qui dit : «
A quoi ça sert d’aller mettre une belle
peinture sur une façade alors que l’intérieur
de la maison est démoli !»
On
veut les deux, il faut donc travailler sur les
deux aspects, extérieur et intérieur.
Pour
terminer, le dernier point, c’est que les gens
qui conseillent, s’habituent à connaître
les souches de la population pour savoir à
qui on parle. Par
rapport aux personnes, par exemple, si tu es
face à une personne âgée
et tu vois qu’elle est dans le mal et c’est
peut-être ton oncle, ton père,
est-ce que tu vas lui parler de la même
manière que tu parles à un copain
?
Tout
à l’heure, on a donné l’exemple
de Ibrahim avec son père.
Il faut
faire attention à ce qu’il aime, quelles
sont ses habitudes….
Il faut prêter attention
aux problèmes dans lesquels il vit, parce
que sa situation est peut-être catastrophique.
Par
rapport aux pays aussi. Quelques fois, on quitte
la Belgique et on va au pays voir de la famille
qui vit à la montagne et qui n’a pas
l’habitude d’entendre certains cours. On ne
peut pas aborder certains sujets comme on en
parlerait dans les pays européens.
Par
exemple, on ne peut pas parler de choses qui
touchent la nourriture, les aliments, les bienséances
dans le boire et le manger dans un pays pauvre
comme on en parlerait en Belgique où
on peut manger 24 heures sur 24, juste en ouvrant
la porte du réfrigérateur !!!
Ces
gens là manquent peut-être de nourriture
! Il faut alors adapter le conseil à
la situation de ces gens, à leur style
de vie. Il
faut comprendre comment fonctionne l’endroit
dans lequel on est pour ne pas venir parler
de sujets alors que dans cet endroit là
ça ne fonctionne pas.
Par
exemple, on vient donner des conseils sur le
domaine de l’habillement alors que peut être
que la personne vient d’un endroit où
la personne, elle peut s’habiller en «
qamis » tout le temps et elle va commencer
à « critiquer » le mode vestimentaire
des musulmans en Europe (pantalon, veste….).
Il faut d’abord se renseigner sur le pourquoi
de ces vêtements, discuter pour comprendre
et après engager le débat pour
faire passer le message.
En
conclusion, conseiller est un art, il faut vraiment
savoir comment se faufiler là dedans
parce que ce n’est pas simple.
On
n’est plus au temps des Compagnons où
il s’agissait de gens ayant un niveau très
élevé et où l’intention
était belle, c'est-à-dire faire
en sorte que tout le monde soit agrée
par Allah
et rentrer tous au Paradis.
Aujourd’hui
les choses se compliquent, ça demande
du tact, de la patience et aussi un apprentissage
quant à la manière, aux arguments,
et il faut avoir une très bonne intention
et il ne faut attendre son bénéfice
que d’Allah .
Conférence
du frère Rachid Haddach
(Audio
retranscrit
par l'équipe sajidine à la demande de nos frères et soeurs malentendants )

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