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Tout
au long de l'histoire de l'humanité, on a voulu
rendre hommage aux morts par la célébration
de rituels d'enterrement élaborés, par l'ornementation
des tombes et la décoration des sépultures,
de même que par des festivités commémoratives
rituelles.
Cela a amené une grande confusion
et a donné lieu à un égarement sans pareil en
matière religieuse. C'est pour cette raison
que la majeure partie de l'humanité s'adonne
aujourd'hui à une forme quelconque d'adoration
de tombeaux.
La religion de la plupart des Chinois,
dont le nombre représente approximativement
entre le quart et le tiers de l'humanité, est
fondée sur l'adoration des ancêtres. La plupart
de leurs rites religieux sont liés aux sépultures
et à l'adoration des représentations de leurs
ancêtres. (1)
Les
tombes des hommes saints chez les hindous, les
bouddhistes et les chrétiens sont devenues des
lieux saints où se pratiquent, sur une grande
échelle, des rites d'adoration comme la prière,
les sacrifices d'animaux et le pèlerinage.
Avec
le temps, les gouvernants musulmans et les masses
dévièrent des principes fondamentaux du credo
islamique et commencèrent à imiter les pratiques
païennes des nations non islamiques avoisinantes.
D'immenses constructions furent édifiées au-dessus
des tombes de certains Sahaba
(compagnons du
Prophète ) tels que 'Ali, et d'autres
furent érigées pour rendre hommage aux principaux
juristes comme les imams Abou Hanifa et Ash-Shafi'i
.
En outre, les personnes considérées comme «
saintes » par les Soufis eurent droit aux mêmes
égards, notamment Junayd, et 'Abd al-Qadir al-Jilani.
Plus
récemment, cette pratique d'édifier des mausolées
à la mémoire des morts s'est même étendue aux
tombes des chefs des mouvements politiques et
sociaux comme Mohamed 'Ali Jinnah, le fondateur
de l'État du Pakistan et Mohamed Ahmad, le prétendu
Mahdi du Soudan. Aujourd'hui, bon nombre de
musulmans ignorants parcourent de vastes distances
dans le but d'accomplir les rites religieux
de Tawaf autour de ces tombeaux.
Certains
vont même jusqu'à prier à l'intérieur et à l'extérieur
de ces endroits, alors que d'autres apportent
« pieusement » des bêtes à sacrifier sur ces
sites maudits pour y accomplir le rite de "Dhabh"
(sacrifice rituel). La plupart de ceux qui accomplissent
des rites d'adoration auprès des tombes sont
convaincus, à tort, que les vertueux parmi ces
morts sont si proches d'Allah , que tout acte
d'adoration accompli à proximité d'eux a plus
de chance d'être accepté par Allah
que s'il
était accompli ailleurs.
En un mot, si ces individus
décédés ont été bénis, tout ce qui est proche
d'eux doit aussi l'être. Leur tombe et même
la terre qui les recouvre doivent aussi être
« imbibées » d'un surplus de bénédiction qui
proviendrait des morts. C'est pour cette raison
que les adorateurs de tombes passent souvent
leurs mains sur les murs des mausolées et se
les appliquent ensuite sur le corps dans l'espoir
de récolter plus de bénédictions.
Souvent aussi,
ils recueillent un peu de terre aux alentours
de la tombe, dans l'espoir vain que la terre
possède un pouvoir spécial de guérison à cause
des bénédictions de ceux qui sont enterrés sur
place. Plusieurs chiites ramassent de l'argile
ou la glaise en provenance de Kerbala, ville
où l'Imam Houssein
mourut en martyr, afin de
fabriquer des petites tablettes en terre cuite
sur lesquelles ils se prosternent durant leur
Salât.
Les
prières adressées aux morts
Ceux
qui s'adonnent à l'adoration des tombes adressent
des prières aux morts de deux manières différentes
:
Certains se servent des morts comme intermédiaires.
Ils leur adressent des prières, un peu comme
les catholiques se confessent à leurs prêtres
pour être absous de leurs péchés. Les catholiques
confessent leurs péchés aux prêtres et les prêtres
demandent pardon à Dieu pour le compte des pêcheurs.
Ainsi, les prêtres agissent comme intermédiaires
entre Dieu
et les gens.
Avant l'islam, les Arabes
utilisaient aussi leurs idoles à des fins similaires.
Afin de décrire l'usage que les Arabes païens
faisaient de leurs idoles, Allah
cite ce qu'ils
disaient :
"
Nous ne les adorons que pour qu'ils nous rapprochent
davantage d'Allah." [
Sourate 39 – Verset 3 ]
Parmi
les musulmans, certains adorateurs de tombes
implorent les morts de communiquer leurs requêtes
à Allah
afin que leurs divers voeux soient exaucés.
Il s'agit là d'un comportement fondé sur leur
conviction que les morts vertueux sont non seulement
plus proches d'Allah
qu'eux-mêmes, mais qu'ils
sont aussi capables d'écouter toutes les requêtes
des vivants et d'y répondre, même après leur
mort ! Ainsi, les morts deviennent des idoles
servant d'intermédiaires et capables d'accorder
des faveurs aux vivants.
D'autres adressent leurs prières
directement aux morts, les implorant de pardonner
leurs péchés. Ce faisant, ils donnent à des
personnes décédées l'attribut at-Tawwab d'Allah
,
(Celui à qui on doit se repentir), et celui
de al-Ghafour (Le seul qui soit capable de pardonner
les péchés). Ces pratiques sont très proches
de celles des chrétiens catholiques qui font
appel à des saints spécifiques pour la satisfaction
de leurs besoins quotidiens. Par exemple, si
on perd quelque chose, on doit invoquer Saint-Antoine
de Thèbes afin qu'il nous aide à le retrouver. [
The World Book Encyclopedia, (Chicago : World
Book Inc., 1987),vol. 1, p. 509. ]
Saint
Jude-Thaddée est le saint patron de l'impossible
et on l'invoque pour qu'il intervienne dans
les cas de maladies incurables, de mariages
difficiles et autres choses du même genre. [
Ibid., vol. 11, p. 146.]
Si
quelqu'un s'apprêtait à entreprendre un voyage,
Saint Christophe, le saint patron des voyageurs,
devait être invoqué pour sa protection ; cette
pratique s'est perpétuée jusqu'en 1969, date
à laquelle il fut officiellement confirmé que
ce personnage n'avait jamais existé et il fut
radié de la liste officielle des saints par
décret du Pape. [The world Book Encyclopedia,
(Chicago : World Book Inc., 1987), vol. 3, p.
417.]
Généralement,
tous les chrétiens, à cause de leur conviction
selon laquelle le prophète Jésus
est l'incarnation
de Dieu, font partie de cette [deuxième] catégorie.
La majorité des chrétiens adressent leurs prières
à Jésus
plutôt qu'à Dieu.
De par le monde, il
y a beaucoup de musulmans ignorants qui adressent,
de la même façon, leurs prières au Prophète
Mohamed . Ces deux manières d'adresser
des prières aux morts vont totalement à l'encontre
des enseignements de l'islam qui nous apprennent
que lorsqu'une personne meurt, elle entre dans
une dimension appelée " Barzakh " où il ne lui est
plus possible d'agir. Le mort est incapable
d'accomplir quoi que ce soit pour les vivants.
Cependant, les résultats des actes accomplis
de son vivant peuvent encore affecter ceux qui
vivent et de ce fait, même mort, il continue
à accumuler des récompenses ou des châtiments.
Abou
Hourayra
a rapporté que le Messager d'Allah
a dit :
«
Lorsqu'un
homme meurt, ses (bonnes) actions cessent à
l'exception de trois d'entre elles : une charité
qu'il a faite et dont le bénéfice se poursuit
après sa mort, une connaissance bénéfique qu'il
aurait transmise aux gens et un fils vertueux
qui prie pour lui. » [
Recueilli
par Mouslim (Sahih Mouslim (traduc. anglaise),
vol. 3, p. 867, no. 4005).]
Le
Prophète s'est donné beaucoup de mal
pour expliquer qu'il ne pouvait être d'aucun
secours dans cette vie d'ici-bas à quiconque,
même aux êtres les plus proches de lui. Allah
lui a ordonné, dans le Coran, de dire à ses
adeptes :
"
Je ne détiens pour moi-même ni profit ni dommage,
sauf ce qu'Allah veut. Et si je connaissais
l 'Inconnaissable, j'aurais eu des biens en abondance,
et aucun mal ne m'aurait touché. Je ne suis,
pour les gens qui croient, qu'un avertisseur
et un annonciateur."
[
Sourate 7 – Verset 188 ]
Abou
Hourayrah, l'un des compagnons du Prophète ,
a rapporté que lorsque le verset "
Avertis les gens qui te sont les plus proches
" [
Sourate 26 – Verset 214 ]
fut
révélé au Prophète , il réunit tous ses
parents et leur dit :
«
Ô gens de [la tribu de] Qouraïch, assurez-vous
le secours d'Allah (en faisant des bonnes actions).
Je ne peux protéger aucun d'entre vous contre
Allah ; Ô fils de Abd al-Muttalib, je ne peux
protéger aucun d'entre vous contre Allah ; Ô
(mon oncle) al- 'Abbas Ibn Abd al-Muttalib,
Ô ma tante Safiya, je ne peux vous protéger
contre Allah ; Ô Fatima, fille de Mohamed, demandes-moi
tout ce que tu veux, mais je n’ai rien qui puisse
te protéger contre Allah. » [
Rapporté par Mouslim et al-Boukhari. Voir Sahih
Mouslim (traduc. anglaise), vol. 1, p. 136,
no. 402 et Sahih al-Boukhari (arabe-anglais),
vol. 4, pp. 478-9, no. 727 et 728).]
À
une autre occasion, un des compagnons du Prophète conclut l'une de ses déclarations en
disant :
«
C'est en fonction de la volonté d'Allah et de
la tienne. » Le Prophète le corrigea
immédiatement en disant : « Me rends-tu l'égal
d'Allah ? » Dis : « C'est ce qu'Allah seul décide.
» [
Recueilli
par Ahmad.]
Malgré
l'interdiction très claire d'adresser des prières
au Prophète ,
beaucoup de musulmans font
non seulement cela mais les adressent à toute
une hiérarchie de « saints ». Cette pratique
hérétique est basée sur la prétention des mystiques
selon laquelle l'ordre cosmique est
maintenu par un nombre établi de « saints »
appelés " Rijaal al-Ghayb " (les hommes du monde
invisible). Lorsque l'un d'entre eux décède,
il est immédiatement remplacé dans ses fonctions
par un autre « saint ».
Au
sommet de la pyramide se trouve le Qotb (pôle
ou axe mystique du monde) ou le Ghawth (secours).
'Abd al-Qadir al-Jilani (mort en 1166) est communément
appelé « Al-Ghawth al-A 'dham
: la plus grande source de secours ». En cas
de catastrophe, beaucoup en appellent à lui,
implorant son secours en disant : « Yaa Abd
al-Qadir Aghithni (Ô Abd al-Qadir, sauve-moi)
».
De
telles paroles de Shirk indubitable sont courantes,
alors même que les musulmans pratiquants répètent
au moins 17 fois par jour dans leurs prières
l'expression :

"
Iyaka na'boudou wa iyaka nasta'in" ( C'est Toi
Seul que nous adorons et c'est Toi Seul dont
nous implorons secours) [
Sourate 1 - Verset 5 ]
Que
les prières soient adressées aux morts directement
ou que ces morts soient utilisés comme intermédiaires
uniquement, ces deux manières de prier incluent
toutes les deux le grave péché du Shirk auquel
l'islam s'oppose avec vigueur. Malgré cela,
ces deux pratiques ont, d'une manière ou d'une
autre, réussi à se frayer un chemin au sein des
pratiques religieuses des masses musulmanes
à notre époque.
Ce fait confirme implicitement
la déclaration qu'Allah fait dans le Coran :
"
Et la plupart d'entre eux ne croient en Allah
qu'en Lui donnant des associés." [
Sourate 12 – Verset 106 ]
Et
rejoint l'avertissement du Prophète rapporté
par Abou Saïd al-Khoudhri :
«
Vous suivrez les pratiques de ceux qui vous
ont précédés pouce par pouce et mètre par mètre,
de sorte que s'ils entraient dans un trou de
lézard, vous les suivriez [quand même] » Quand
on lui demanda s'il parlait des Juifs et des
Chrétiens, il répondit : « Qui d'autre sinon
eux ? » [
Recueilli par al-Boukhari (Sahih al-Boukhari
(arabe-anglais), vol. 9, pp. 314-5, no. 422)
et Mouslim (Sahih Mouslim (traduc. anglaise),
vol. 4, p. 1403, no. 6448). ]
Thawbane
a rapporté qu'il
a également dit :
«
L'Heure (la fin du monde) ne viendra pas jusqu
'à ce que certains groupes de ma nation adorent
des idoles. » [
Abou Daoud (Sounan Abou Daoud
(traduc. anglaise), vol. 3, p. 1180-1, no. 4239),
Ibn Majah et at-Tirmidhi.]
Par
conséquent, il est essentiel que les musulmans
aient une bonne compréhension de la religion,
de son origine et de son développement historique,
le tout dans une perspective islamique. Ainsi,
diverses pratiques pourraient être comprises
dans leur contexte particulier et les règles
islamiques les régissant deviendront tout à
fait évidentes.
________________________________________
(1)
La vénération des ancêtres (Pai Tsu)
est l'un des thèmes les plus anciens, persistants
et influents de la religion chinoise et de la
société chinoise traditionnelle. Selon leurs
croyances, le Hun (l'âme spirituelle) et le
P'o (l'âme fruste) du mort dépendent, pour leur
survie et leur bonheur, des offrandes de monnaie
spirituelle, d'encens, de nourriture et de boisson
faites par leurs descendants. En retour, l'âme
Hun en tant qu'esprit (Shen), peut accomplir
des bienfaits considérables pour la famille
par l’intermédiaire de ses contacts spirituels.
Dans le cas où la personne décédée n'est qu'un
être ordinaire, on considère que la communication
avec elle ne dure que de trois à cinq générations;
l'âme est alors remplacée par une autre plus
récente. (« Ancestor cult (chinese) », Dictionary
of Religions, p. 38).

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