La magie peut être définie comme le contrôle ou l'anticipation apparente des forces naturelles par des invocations rituelles ou par le recours à des intermédiaires surnaturels. Elle peut aussi être définie par le fait de croire que les êtres humains peuvent forcer le cours naturel des choses en utilisant certains rites et certaines formules ou en accomplissant certaines actions. [Reader's Digest Great Encyclopaedia Dictionary (New York : Fund and Wagnall's Publishing Co., 10* Ed. 1975) p. 813.]

L'étude des phénomènes naturels, anciennement appelée « magie blanche » ou « magie naturelle », a donné naissance, dans la société occidentale, à ce que l'on appelle les sciences naturelles modernes. À l'opposé, la magie noire ou sorcellerie consistait à essayer d'utiliser ou d'invoquer des puissances surnaturelles à des fins personnelles, le plus souvent malveillantes. Les termes sorcellerie, divination et nécromancie constituent la terminologie la plus communément utilisée pour désigner la magie et ses adeptes.

La sorcellerie fut définie comme la pratique de la magie par une femme possédée par le démon. La divination réfère aux tentatives de connaître le futur par des moyens surnaturels alors que la nécromancie ou communication avec les morts est l'une des méthodes de la divination.

En langue arabe cependant, le terme « Sihr » (magie) ne fait aucune distinction entre les branches de la magie. Ainsi il englobe la sorcellerie, la divination et la nécromancie. Sihr définit, en arabe, tout ce qui est causé par des forces subtiles ou cachées. [Arabic-English Lexicon, Vol. 1, pp. 1316-7.]

Par exemple, on rapporte que le Prophète a dit : « Certaines formes de discours sont magiques. » [Recueilli par al-Boukhari (Sahih al-Boukhari (arabe-anglais), vol. 7, p. 445, no. 662), Mouslim, Abou Daoud, (Sounari Abou Daoud (traduc. anglaise), vol. 3, p. 1393, no. 4989) et at-Tirmidhi.]

Un orateur charismatique et éloquent peut faire ressembler la vérité au mensonge et vice versa. C'est pourquoi le Prophète a dit que certains de ces aspects étaient magiques.

 

Position de l'Islam vis-à-vis de la magie

Puisque la pratique de la magie, au même titre que son apprentissage, constituent tous deux des actes de Kofr (incroyance), la Chari 'ah (loi islamique) réserve une sentence très sévère à quiconque ne veut pas se repentir et abandonner la pratique de la magie ...

Cette loi était appliquée rigoureusement par les Califes vertueux qui ont dirigé la nation musulmane après la mort de Prophète. Bajalah Ibn Abdah rapporte que le Calife Omar Ibn al-Khattab envoya une lettre aux forces musulmanes engagées dans une campagne contre Rome et la Perse, leur ordonnant d'exiger de tous les Zoroastriens mariés à leurs mères, à leurs filles et à leurs soeurs de résilier leurs mariages. (...). Il leur ordonna, en dernier lieu, d'exécuter tout diseur de bonne aventure et tout magicien qu'ils trouveraient Bajalah rapporte que sur la base de cet ordre, il exécuta personnellement, trois magiciens.

Cette peine se retrouve même dans la Torah d'aujourd'hui, montrant clairement aux juifs et aux Chrétiens que la magie est interdite : « Un homme ou une femme qui sont médiums ou magiciens doivent être exécutés; ils doivent être lapidés et ils doivent être recouverts de leur sang. » [Lévitique, 20:27.]

Après la période des Califes vertueux, la loi islamique n'était plus appliquée avec la même rigueur. Les rois Omeyyades ne se contentèrent pas de permettre aux diseurs de bonne aventure et aux magiciens de pratiquer leur art interdit, ils les introduisirent même dans la Cour royale.

L'état islamique ayant cessé de faire appliquer la Chari'ah (loi islamique), certains Sahaba (compagnons du Prophète ) décidèrent de le faire eux-mêmes Abou Othmane an-Nahdi rapporte que la Calife al-Walid Ibn Abdel Malik (règne 705-715 P.C.) avait dans sa Cour un homme qui pratiquait des tours de magie. Une fois, il coupa la tête d'un homme et la sépara complètement du reste de son corps. Cet acte laissant l'assistance ébahie, il la surpris encore plus en recollant la tête au corps, puis l'homme apparut comme si sa tête n'avait jamais été coupée. Certaines personnes s'écrièrent : « Soubhanallah ! (Que Dieu soit glorifié) ; il est capable de ressusciter les morts! ».

Le Sahabi (compagnon du Prophète) Joundoub al-Azdi remarqua l'émoi dans la Cour d'al-Walid, alors il vint assister à l'une des représentations. Le lendemain, il revint avec une épée cachée derrière son dos et lorsque le magicien fit son entrée pour commencer son spectacle, Joundoub, brandissant son épée, s'élança à travers la foule et trancha net la tête du magicien. Il se tourna alors vers le public consterné et dit : « S'il est réellement capable de ressusciter les morts, qu'il se fasse donc revivre. » Al-Walid le fit arrêter et jeter en prison. [Recueilli par al-Boukhari dans son livre sur l'Histoire.]

La sévérité de la position de l'Islam vis-à-vis des magiciens s'explique d'abord par la nécessité de protéger les éléments les plus faibles de la société du Shirk, qui pourraient attribuer aux magiciens des qualités divines qui n'appartiennent qu'à Dieu. En plus de commettre le sacrilège de pratiquer la sorcellerie en connaissance de cause, les magiciens prétendent souvent avoir des pouvoirs surnaturels et des attributs divins dans le but d'attirer des adeptes et d'acquérir une réputation mensongère.

 

 

 

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