La discipline dans la relation éducative

       De façon globale, la position qu’adopte la pensée islamique au sujet de l’homme et de ses finalités dans la vie d'ici-bas, justifie l’importance attribuée à une discipline rigoureuse et ferme dans la relation éducative.

 

En effet, l’Homme est un être de raison, qui a été crée libre et responsable de ses actes, afin d’agir sur son entourage selon des règles émanant d'Allah .

Son action sera déterminée au fil des années par l’éducation de se parents, qui se seront appliqués à lui soumettre des règles de conduite, et à lui redresser le comportement par une action patiente, et douce, mais ferme, car ce qui est en jeu, ce n’est pas uniquement d’atteindre les fins d’une bonne éducation, réalisant l’auto accomplissement de l’enfant dans la société où il sera amené à vivre, mais aussi de la préparer à la vie de l’autre monde, qui dépendra évidemment de la vie d’ici-bas.

Dans la sourate suivante Allah déclare 
{ Croyants, préservez-vous ainsi que les vôtres du feu  [ ... ] }
[ Sourate 66 - Verset 6 ]

Et dans la sourate El Hashr  :

O vous qui avez cru ! Craignez Allah. Que chaque âme voit bien ce qu'elle a avancé pour demain.
Et craignez Allah, car Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites.
}
 
[Sourate 59 - Verset 18]

A travers cette vision générale, nous pouvons donc aisément entrevoir les motivations de la discipline dans l’éducation islamique. Dans un premier temps, nous tenterons de soulever le problème de la responsabilisation de l’enfant, face à lui-même, face à autrui, et face à Allah . Dans un second temps, nous étayerons cette pensée par des principes fondamentaux de la discipline en islam.

    

 1) Responsabilisation progressive de l’enfant ou sa préparation à la vie et à la mort

       Responsabiliser l’enfant signifie, sans équivoque, que ce dernier n’est pas considéré initialement comme responsable de ses actes, et ce, jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge de la puberté. En effet, selon le Prophète Mohameddans un hadith rapporté par El Boukhari :

 « Trois catégories de personnes sont exemptées de toute responsabilité : l’individu qui est en état de sommeil jusqu’à ce qu’il se réveille ; l’aliéné jusqu’à ce qu’il soit guéri ;l’enfant jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge de puberté »

Toutefois, on comprendra bien que cette attribution de cette charge ne va pas s’opérer du jour au lendemain ; il y aura une phase transitoire pendant laquelle l’enfant apprendra progressivement à devenir responsable, à travers une prise de conscience qui sera suscitée quotidiennement dans des situations bien précises, par des impositions, des interdictions ou a contrario, des permissions conditionnelles ou non, provenant des personnes chargées de son éducation. Par conséquent, en tout état de fait, en islam, si la responsabilité des enfants n’est pas prise en compte, ce n’est que pour engager celle des adultes à leur égard, les efforçant à soigner leur éducation à travers une discipline rigoureuse. Sur ce point précis, DRAZ explique que « dès l’âge le plus tendre, le petit homme musulman doit être habitué à se comporter, dans sa conduite personnelle, dans son rapport avec les autres ou avec Allah , à quelque chose près, de la même manière que l’homme ». 

 

Prenons des exemples qui sauront nous éclairer sur cette responsabilisation progressive de l’enfant :

Le Coran impose des règles de politesse et de discrétion, afin de protéger la vie intime de chacun.

De façon plus spécifique, le Livre saint leur interdit d'entrer chez autrui sans avoir demandé la permission au préalable.

Pour ce qui est des enfants, « le Coran leur accorde une certaine tolérance, mais non une exemption. Il restreint l'exigence de cette prescription aux heures de repos, où l'on est souvent invisible » [ Cité par AMDOUNI ]. A cet effet, il existe un hadith prophétique évoquant ce point précis :

Anas Ibn Malik a rapporté :  

"J’étais au service du Messager d'Allah et j’avais l’habitude d’entrer chez lui sans permission. Un jour où j'allais entrer, il me dit : « Reste là où tu es mon enfant, car il est arrivé un ordre pendant que tu n’étais pas là : tu ne dois plus entrer sans demander la permission !". [ Rapporté par El Boukari ]

Cette ordre dont il est question, est le verset 58 et 59 extraits de la sourate de la Lumière :

{ O vous qui croyez ! Que vos serviteurs et vos enfants encore impubères prennent soin, avant de pénétrer dans vos appartements, d’en demander la permission à trois moments de la journée : avant la prière de l’aube, à l’heure où vous quittez vos vêtements pour la sieste, enfin après la prière du soir ! Ce sont là trois moments d’intimité qui vous sont accordés, en dehors des quels nulle autre charge n’est imposée à ceux qui vivent sous un même toit. Allah vous explicite ainsi Ses enseignements. Il est Omniscient, le Sage par excellence.Quand les enfants atteindront l’âge de puberté, il devront, avant d’entrer chez vous, s’y faire autoriser à l’instar des adultes. Allah vous expose ainsi Ses enseignements. Il est l’Omniscient, le Sage } [ Sourate 24 - Versets 58-59 ]

Hassan AMDOUNI explique la signification de ces versets en s’appuyant sur un hadith prophétique :

« Demander la permission, c’est frapper à la porte ou appeler et attendre une réponse. Il est permis de frapper ou d’appeler à 3 reprises après quoi, si l’on n’obtient pas de réponse, il est de bon ton de s’en aller (…) » « Il n’est donc pas correct de se présenter chez les gens aux 3 moments que nous venons de citer car ce sont des moments où tout un chacun aspire à un peu de calme et d’intimité »

Ces principes de politesse sont donc attribués à toutes les personnes, y compris les enfants de sept ans et plus. Pour ce qui est des enfants en dessous de cet âge, AMDOUNI  explique « qu’ils ne sont pas restreints à ces règles de bienséance, car ils ne sont pas capables de les comprendre, ni de juger si le moment est bon ou pas ».

 

Pour ce qui concerne les pratiques religieuses, l’enfant apprendra à les respecter en s’y soumettant progressivement. Nous avons vu que la Loi est destinée aux seules personnes matures, par conséquent, on pourrait croire que les enfants immatures ne sont pas tenus aux pratiques cultuelles obligatoires, à savoir le jeûne ou la prière, par exemple.

En fait là encore, il n’en est rien, puisque plusieurs récits prophétiques incitent les parents à habituer leurs enfants à ces pratiques. D’une part, pour ne pas les contraindre lorsqu’ils atteindront l’âge où il devront s’y soumettre, d’autre part, pour qu’ils éprouvent progressivement les sensations telles l’endurance ou la patience ou la faim, par exemple, et qu’ils en saisissent le sens. Sur ce point, voici 2 ahadith :

Amr Ibn Chohaib a rapporté d’après son père, qui le racontait d’après sont propre père , que le Messager d'Allaha dit : « Ordonnez à vos enfants de faire la prière lorsqu’ils atteignent leur septième année ; et contraignez-les à la faire lorsqu’ils atteignent l’âge de 10 ans ; Donnez-leur aussi des lits séparés ! » [ Hadith relaté par Abou Daoud ]

En fait, cette contrainte n’est valable que pour le cas où l’enfant se rebellerait en rejetant cette pratique religieuse. Draz explique que « pour inviter les enfants à accomplir leur pratiques religieuses, l’islam n’attend pas leur adolescence. Dès l’âge de 7 ans, nous devons les encourager sans contrainte à faire la prière. Arrivées à l’âge de 10 ans, s’ils n’obéissent pas, on leur fait subir une correction disciplinaire ».

Le second hadith fait allusion à la pratique du jeûne :

Ar-Rabi, la fille de Mou’adh , a rapporté que le Messager d'Allah

« envoya un message aux différents villages des Ansars, un matin du jour de la « Achoura », leur disant que celui qui avait déjeuné à son réveil continue ainsi sa journée, mais que celui qui avait commencé sa journée en jeûnant, continue de jeûner ».

Elle a ajouté : « Par la suite, nous avons pris l’habitude de jeûner ce jour-là et de faire jeûner nos enfants. Nous leur fabriquions des jouets avec de la laine teinte et, lorsque l’un d’entre eux pleurait pour avoir à manger, nous lui donnions ces jouets, jusqu’à ce qu’il soit temps de manger ».

NOTE : Le jeûne le jour d’Achoura était au début une obligation avant de devenir une simple recommandation. D'ailleurs, le Prophèten’ordonnait plus au commun des gens de le jeûner, mais il disait  «  celui-ci est le jour d'Achoura, j’y observe le jeûne, qui veut peut le jeûner ». Il a également dit :  «  le jeûne du jour d’Achoura répare les péchés pour une année, celui d’Arafat pour deux années ».  Il est recommandé à celui qui observe le jeûne ce jour de faire autant pour le neuvième, car cela constitue la dernière recommandation du Prophèteeu égard à ses propos : « Si je vis jusqu’au prochain, je jeûnerai le neuvième jour » tels qu’ils ont été commentés dans certains livres de Hadith.

 

Hassan Amdouni commente ce récit ainsi :

«  Pour éduquer les enfants à se surpasser, les femmes usaient de tact : plutôt que de crier sur eux, elles détournaient adroitement leur attention, sans céder pour autant au moindre pleur ! Céder, ce serait admettre l’inutilité de l’éducation morale et religieuse ; se fâcher, ce serait déconsidérer l’enfant et l'amener à se mépriser lui-même, puis à se retourner contre ses parents ! Lui donner un jouet, par contre, c'est profiter des caractéristiques de son âge pour l’amener petit à petit à mûrir et à comprendre la valeur de la patience, sabr ».

 

2)  Quelques principes fondamentaux de discipline

       Pour qu’il y ait un suivi et un respect des valeurs morales et sociales, voire religieuses de leurs enfants, les parents doivent pratiquer une discipline à la fois souple et inflexible, et ceci le plus tôt possible pour ne pas que leurs progénitures se délient de leur culture islamique.

C’est ainsi que nous analyserons ce concept de discipline à travers les différents textes religieux. Toutefois, une remarque est à souligner : quand bien même la fermeté est exigée, l’islam rejette toute forme de contrainte, de sévérité, de méchanceté gratuite à l’égard de l’enfant, visant sans doute à l’humilier, car un acharnement physique ou psychologique sur sa personne provoquerait l’effet contraire escompté, et ne prendrait  aucunement compte du respect qu’il mérite en tant qu’être humain et créature d'Allah .

A travers les récits prophétiques évoquant la discipline, nous avons souligné plusieurs éléments prônés par le Prophète Mohameddont celui de la sanction. L’objectif maintenant est de savoir comment doit-elle être attribuée et sous quelles conditions, ensuite, nous verrons  justement cet aspect de la discipline, pratiquée avec fermeté mais indulgence, nous évoquerons également le principe de renforcement positif, enfin il sera question des remontrances.

 

a) Principe de sanction

Dans les milieux éducatifs de l’époque, c’est à dire au temps du Prophète il était d’usage de répéter que « le coup de canne du professeur valait mieux que le baiser des parents » [ Cité par Hamidullah ]. Cet esprit indique bien que les sanctions physiques étaient largement tolérées, toutefois elles ont été scrupuleusement réglementées par le Prophète Mohamedcraignant sans doute, des abus non justifiés commis par les membres de sa communauté. C’est ainsi qu’il prononça ces paroles : « Si l’un d’entre vous doit frapper, qu’il évite le visage »  [ Rapporté par Abou Daoud ]

Par ce hadith, on peu aisément comprendre qu’en matière de châtiment physique, il est hautement recommandé, voire imposé à l’éducateur d’éviter le visage de l’enfant, qui reste une zone sensible pour les coups, aussi légers soient-ils. D’autre part, le fait de recevoir une gifle est souvent ressenti comme une humiliation quand bien même l’acte serai justifié.

Amdouni dit que « ce que l’on appelle communément  « la fessé » est un moyen simple, rapide et efficace pour faire comprendre à quelqu’un qui est sous notre responsabilité morale, qu’il vient d’avoir un comportement inadmissible. Pour être efficace, elle ne doit pas être empreinte de mépris, sinon l’enfant frappé la prendra pour une manifestation de haine personnelle, et non pour un acte d’éducation : c’est pour cela qu’il ne faut pas frapper au visage, car ce serait trop humiliant.

Toutefois, une autre condition est exigée pour que la sanction soit jugée recevable. Il s’agit de sa justification auprès de l’enfant, tout en considérant que ce dernier avait connaissance des limites à ne pas franchir. Par conséquent, il y a un ordre logique à respecter en cette matière, qui fonde la relation éducative : 

premièrement  : établir les règles à ne pas outrepasser, les répéter si besoin est, par des avertissements,

deuxièmement  : punir l’enfant, au cas échéant,

enfin : justifier immédiatement la sanction.

 

b) Principe de fermeté mais d’indulgence et de douceur

Nous avions expliqué dans la première partie, que l’idéologie islamique en matière d’éducation rejetait ardemment la contrainte, la dureté. « Nulle contrainte ne doit avoir lieu an matière de foi » affirme le Coran.

La condamnation de la violence, de la dureté, de la contrainte est établie dans les textes à travers deux idées essentielles ; en premier lieu, un appel est lancé aux croyants de considérer autrui de la même façon qu’ils aimeraient être considérés. D’ailleurs un hadith stipule :

« Nul d’entre vous n’est vraiment croyant que s’il souhaite pour son frère ce qu’il souhaite pour lui-même »

Bien évidemment, cette notion de fraternité est employée pour souligner le lien qui unit tous les musulmans autour de la Conception et de la Loi divines. L’idée seconde réside dans le fait que le musulman doit se soustraire à toute pratique jugée injuste, au nom d'Allah. Ce principe, employé largement par les hadiths, indique qu'Allah est le témoin de toute injustice.

Dans le même registre, on trouve des hadiths qui exhortent les musulmans, qui détiennent l’autorité par exemple, à agir avec indulgence, à l’image d'Allah :

« Allah est indulgent, Il aime l’indulgence et Il donne en récompense de l’indulgence et de la compassion pour ce qu’Il ne donne pas pour la violence, ni pour quoi ce soit d’autre » [ Rapporté par Boukhari et Moslem ]

Ce dernier hadith implique que dans la relation éducative, il doit y avoir suffisamment d’indulgence pour que les enfants conservent l’assurance de l’amour de leurs parents.

Selon les termes de Hassan Amdouni,

« il faut, dans certains cas, savoir fermer les yeux et compter sur les remords que l’enfant lui-même ne manquera pas d’avoir, ou lui faire remarquer son erreur sans colère ni mépris, avec amour, compréhension et respect ».

S’inspirant du hadith précédent, l’auteur continue son explication en affirmant

« qu’il faut (…) savoir pardonner à son enfant le mal qu’il peut nous faire, après lui avoir fait remarquer les défauts de son comportement ».

Mais d’un autre côté, la punition est une pratique à ne pas rejeter, elle est fondamentale à l’éducation des enfants, au redressement de leur comportement ;

« la punition doit avoir pour cause le désir des parents de bien éduquer leurs enfants, d’en faire des candidats du Paradis et non des futurs habitants de l’Enfer ; Elle ne doit pas être une issue à la nervosité et à la violence mal contrôlée de parents ».

 

c) Principe de renforcement positif

Pour compléter l’idée précédente, évoquons maintenant le principe de renforcement positif qui, selon les hadiths, était une méthode d’éducation largement employée par le Prophète Mohamed. Selon Hassan Amdouni

« Le Prophète ne critiquait jamais, ne disait jamais « pourquoi t’es-tu comporté ainsi ? (…) « il semble avoir utilisé essentiellement des renforcements positifs »

Lors de la relation éducative, l’éducateur fait état d’une prémisse élémentaire : L’enfant est un être sensible qui a des caractéristiques propres dont il faut tenir compte, par conséquent, il ne faut ni le bousculer, ni lui tenir compte de ses faiblesses ou de ses oublis de façon autoritaire et vindicative. Les reproches négatifs, les questionnements relatifs à ses manquements par ignorance ou par étourderies sont à bannir, pour faire place à des rappels à l’ordre, faits amicalement, et à des éclaircissements lorsque les connaissances de l’enfant font défaut. Donc, pour résumer cette idée, faire confiance à l’enfant pour qu’il corrige ses éventuels manquements est un signe de respect vis à vis de sa personne. Voici pour ce qui concerne les ahadith :

Anas a raconté :  « Le Messager d'Allah était le meilleur des hommes, dans sa façon d’être ! Un jour qu’il m’avait envoyé pour affaire, je répondis : Par Allah ! Je n’irai pas ! Bien que, en moi-même j’aie eu l’intention d’aller là où le Prophète m’avait ordonné d’aller.
En sortant, je passai près d’enfants en train de jouer dans le marché … Voilà que le Messager d'Allah
était derrière moi, dans mon dos !
Je le regardai : il riait ! il me demanda : Ounaïss ! Es-tu allé là où je t’ai demandé d’aller ?
Oui, j’y vais, Messager d'Allah !
Anas ajouta : « Par Allah ! Je l’ai servi durant 9 ans, et je ne me souviens pas l’avoir entendu dire au sujet de quelque chose que j’avais faite : « pourquoi as-tu fait ceci ou cela ? Ou au sujet de quelque chose que j’avais négligée : « Ne vas-tu pas faire ceci ou cela ? »

Hassan Amdouni commente ce hadith ainsi : « Ounaïss est un diminutif d’Anas, en l’utilisant, le Prophète montrait qu’il reconnaissait que Anas n’était encore qu’un enfant, dont le désir de jouer est naturel. Il lui rappela donc son devoir, mais de façon amicale ».

Mou’awiya Ibn Al-Hakam As Soulami a rapporté : « Un jour que je faisais la prière en commun avec le Messager d'Allah un homme éternua. Je lui dis : « qu'Allah te bénisse ! »

L’assemblée me lança de tels regards que je dis alors : « Malheur à toi, O Mou’awiya ! «  Et ajoutai : « Qu’est ce que vous avez à me regarder ainsi ? » Alors ils commencèrent à se frapper la cuisse avec la main.Lorsque je compris qu’ils voulaient me faire taire, je me tus. Lorsqu’il eut terminé la prière, le Messager d'Allah m’appela à lui. Par mon père et ma mère que je sacrifierais* pour lui ( * Il s’agit uniquement d'une expression arabe pour indiquer la valeur que l’on attache à ce dont on parle),  je n’ai jamais vu un enseignant, avant lui, qui le vaille ! Je jure qu’il ne m’a ni injurié, ni frappé, ni insulté, mais qu’il m’a dit : « Cette prière, rien ne peut en faire partie, comme parole humaine ! Elle ne consiste qu’à célébrer la Pureté et la Grandeur d'Allah et à lire du Coran ! » [ Hadith relaté par Muslim ]  

 

d) Principe de remontrances faîtes dans la discrétion

Dans le recueil d'El Boukhari  , rapporteur de récits prophétiques, nous pouvons lire dans la section « éducation » ce titre : On ne doit pas réprimander ouvertement les gens.

Aïcha - Qu'Allah soit satisfait d'elle - a dit :

« Le Prophète avait fait une certaine chose, ce qui impliquait qu’elle était tolérée, et cependant les fidèles s’en abstenaient. Le Prophète ayant appris cela, monta en chaire, loua Allah et dit : « Qu’ont donc les fidèles à s’abstenir d’une chose que je fais moi-même. Par Allah, personne ne sait mieux que moi ce qu'Allah permet et nul ne redoute le Seigneur autant que même. »

Abou Sa’id El Khoudri a dit :

« Le Prophète avait plus de pudeur qu’une jeune fille vierge. Quand il voyait quelque chose qu’il réprouvait, nous nous en apercevions à son visage.  »

D’une façon générale, ces récits prophétiques sont des illustrations significatives, car ils démontrent qu’en matière d'éducation, l’islam rejette les remontrances faites ouvertement pour ne pas ridiculiser le fautif. Bien évidemment, cette règle est préconisée dans toute forme de relation éducative.

Pour mieux restituer les choses, la position de l’éducation selon la pensée islamique, est pour le fait de blâmer l’enfant ou l’élève fautif, mais de façon implicite et indirecte, car il n’y a rien de plus humiliant pour l’enfant, qu’il soit fautif dans son comportement ou dans son apprentissage, que les sarcasmes publics de l’éducateur.

Dans l’une de ses huit recommandations destinées aux professeurs, El Ghazali   (12è siècle) souligne ceci :

« qu’il reproche à son élève ses mauvaises mœurs d’une façon indirecte et non point explicitement, qu’il le reprenne d’une manière clémente et non point par des remontrances. Si l’élève fait une faute, il faut le réprimander par un geste ou par une insinuation, d’une manière tendre et clémente, et ne pas le blâmer ouvertement »

Il est donc légitime de réprimander l’élève fautif et de lui inculquer de nouvelles valeurs, qui sont les bonnes. Mais cette inculcation devra se faire dans la douceur et la discrétion pour ne pas provoquer le rejet de l’adulte et de ses valeurs. 

 

 

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