Introduction

L’objet de cette dernière partie sera de traiter la question du devoir des enfants vis à vis de leurs éducateurs à leur reconnaître un certain nombre de droits élémentaires, mais essentiels à la constitution harmonieuse du milieu dans lequel ils vivent, que ce soit au sein de leur famille ou dans le milieu scolaire.

Donc, quels sont ces devoirs des enfants ou si l’on préfère, pour rendre les choses moins formelles et imposantes, quels sont les droits des parents en matière de relation familiale, et ceux des instructeurs en matière de relation éducative, de façon générale ? N’oublions pas que notre démonstration se base sur l’hypothèse que la conception islamique préconise une relation basée sur le respect, l’obéissance et la gratitude des enfants vis à vis de leurs éducateurs.

Pour confirmer cette supposition, nous allons donc procéder à une étude en trois parties. D’un côté, nous entreverrons le fonctionnement de la famille musulmane, telle qu’elle devrait être, ensuite, il sera question
d’énumérer et d’expliquer quelques obligations auxquelles l’enfant devra se soumettre vis à vis de ses géniteurs ;
ces obligations sont l’obéissance, la gentillesse, la gratitude…

Enfin, dans la dernière partie, nous verrons que les textes saints établissent des règles de comportement que doivent suivre les apprenants vis à vis des hommes (ou des femmes) de sciences, nous en développerons donc le contenu.

 

La famille musulmane

 

1) Prééminence du groupe sur l’individu

Afin de poursuivre notre raisonnement, réfléchissons maintenant sur la question de l’individu face à ses obligations telle que la conçoit la pensée islamique. La remarque à établir inévitablement, est que l’être humain, en tant
qu’individu, a un devoir vis à vis du groupe, vis à vis de la société.
Arnaldez affirme que « l’islam est la religion de l’effort, de l’action », cet effort ou djihad est rétribué par Dieu à l’échelle individuelle, en premier lieu, quand il s’agit pour l’individu de maîtriser se passions, de réduire ses excès, en ayant pour seul principe « le juste milieu. »

Cependant, le djihad « fait » sur les autres est encore plus méritoire, car l’effort est double ; l’individu agit d’abord sur lui-même, puis en direction des autres en vue d’altruisme, du « bien positif commun » nous affirme Draz, et ceci au nom de Allah . Mais ce principe de bienveillance, ne fonctionne pas unilatéralement, car il reflète également, et surtout, l’idée de réciprocité du devoir. Pour conforter cette notion, rappelons seulement ces paroles prophétiques :

« Nul ne peut être croyant, s’il n’aime pour son frère le bien qu’il aime pour lui-même »
[ Rapporté par El Bokhari ]

C’est en cela que nous pouvons affirmer que le groupe, en l’occurrence la famille, a une prédominance sur l’individu, voire sur le couple. La famille (c’est à dire les ascendants et descendants) est en droit de recevoir une attention, un effort, un élan de solidarité des membres qui la constituent. Selon l’analyse de Amdouni, le couple est « le domaine privé de l’être humain, mais il a également un aspect social », car il s’insère dans un ensemble plus vaste, qui est celui de la famille, et en islam, « la famille a des droits sur l’individu »

 

2) Le conflit de génération ?

Dans la sourate La Vache, le Coran stipule :

« Ils leur furent prescrit : vous n’adorez qu’un seul Dieu !
Vous honorerez vos père et mère ainsi que vos proches parents… »
[ Sourate 2 - Verset 83 ]

A partir de là, nous pouvons établir qu’il y a dans la pensée islamique une exhortation visant à maintenir les liens familiaux et à s’acquitter de ses obligations envers sa famille. Ces obligations ne sont pas émanant de l’individu, quoique sa conscience morale pourrait lui dicter cette conduite, mais il s’agit d’abord d’un ordre divin, donc inconditionnel. Amdouni affirme que:

« Dans la famille musulmane, chacun a des devoirs et des droits ; chacun a droit au respect entier et à l’affection des siens. Grands-parents, parents et enfants doivent être tous unis autour d’un même principe :
L’adoration de Dieu et l’application correcte de Sa Loi révélée».

L’auteur poursuit son analyse en déclarant que:

« Puisque (cette Loi) est l’unique axe régissant les principes qui font la trame du tissu social, des conflits tel que « le conflit de génération » n’ont pas leur place en islam, car tel que le conçoit cette pensée, il y a une évolution des époques, mais la Vérité révélée  qui régit les rapports entre les Hommes, est unique est  immuable. »

En effet, tel que l’indique la sourate « le voyage nocturne », le rejet des personnes âgées, en général, et des parents, en particulier, est une idée contrecarrée par la morale islamique. « L’amour, l’affection donnés aux uns et aux autres prennent la forme d’obligations cultuelles, divines ». (Cité par Amdouni).

 

Rappelons les Versets en question :

« Et ton Seigneur a décrété: «N’adorez que Lui; et (marquez) de la bonté envers les père et mère: si l’un d’eux ou tous deux doivent atteindre la vieillesse auprès de toi, alors ne leur dis point: «Fi!» et ne les brusque pas, mais adresse-leur des paroles respectueuses.

Et par miséricorde, abaisse pour eux l’aile de l’humilité, et dis: «Ô mon Seigneur, fais-leur, à tous deux, miséricorde comme ils m’ont élevé tout petit ».
[ Sourate 17 - Versets 23/24 ]

 

 

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