Obligations des enfants ou droits des géniteurs

 

1) Le principe d’obéissance

    a) Obéissance à Dieu

Tout fondement moral du musulman repose sur le principe d’obéissance à Dieu . Cette obéissance est non négociable ; aussi bien les commandements, que les interdictions sont clairement définis, il ne pourrait en être autrement.

On observe, toutefois, une composante hiérarchique de la notion d’obéissance, à savoir qu’il y a deux sources législatives complémentaires et immuables, qui sont le Coran et La Sunna : Dieu ayant nommé un Messager pour expliquer et commenter Sa Loi, à côté de cela, le Prophète Mohamed a explicitement nommé dans le temps et dans l’espace, parmi les membres de sa communauté, des délégués, qui tout en se soumettant à la Loi, détiennent une autorité exécutive ; ils exécutent et font exécuter la Loi.

Qui sont ces délégués ? Et bien, il s’agit de tous ceux qui détiennent la science religieuse (les imams, les enseignants, les chefs de communauté ou d’états, les parents.. ). Ainsi il est de leur responsabilité à leur tour, de diffuser cette science et de l’appliquer et de la faire appliquer. En guise d’illustration, rapportons ces textes :

« Croyants, obéissez à Dieu au Prophète et à ceux d’entres vous qui exercent l’autorité. En cas de désaccord entre vous, sur quel que sujet que ce soit, remettez-vous en à Dieu et à son Apôtre, si vous croyez vraiment en Lui et au Jugement Dernier. C’est là la solution la plus sage qui mène à bonne fin » [ Sourate 4 - Verset 59 ]

« Dis : « Obéissez à Dieu ! Et obéissez au Prophète ! « S’il se détournent, le Prophète n’est alors responsable que de ce dont il est chargé, et vous n’êtes responsables que ce dont vous êtes chargés. Si vous lui obéissez, vous serez bien dirigés ; il incombe seulement au Prophète de transmettre en toute clarté ses messages »
[ Sourate 24 - Verset 54 ]

 L’envoyé de Dieu a dit :

« Quiconque m’obéira, obéira à Dieu ; quiconque sera rebelle, sera rebelle à Dieu ; celui qui obéira à mon délégué, m’obéira, quiconque sera rebelle à mon délégué, me sera rebelle. »  [ Rapporté par Abou Houreïra ]

 

b) Obéissance « aux délégués du Prophètes » ou aux géniteurs

Comme nous venons de le voir, « les délégués du Prophète » sont les géniteurs, entre autres. En ce qui concerne ce premier lien de soumission qui devrait unir enfants et parents, les textes le présentent sous deux angles ; il y a d’un côté les appels répétés à l’obéissance et au dévouement, et d’un autre côté, les interdictions explicites, qui font de la désobéissance parentale, un péché, une effraction à la Loi divine. Voici pour ce qui concerne les hadiths :

Le Prophète Mohamed a dit :

« Ne dois-je pas attirer votre attention sur les plus graves des pêchés capitaux ? (Et il répéta ces paroles trois fois.) Nous lui répondîmes « Si, bien-sûr, Ô envoyé d’Allah ! » Alors, il dit : « L’associatisme et la désobéissance envers père et mère ! » (Et comme il était accoudé, il se redressa et il ne cessa de répéter cela, au point que nous pensâmes : « si seulement il n’en avait rien dit !" [ Rapporté par Al-Bokhari et Muslim ]

« Dieu le Très Haut pardonne tous les péchés qu’Il veut, excepté la désobéissance envers les parents pour laquelle Il se dépêche de punir dans la vie d’ici-bas avant même la mort. » [ Rapporté par Al-Bokhari ]

« Trois invocations sont exaucées sans aucun doute : l’invocation de l’opprimé contre son oppresseur,
l’invocation du voyageur, et celle des parents contre leurs enfants. »
[ Rapporté par At-Tirmidhi ]

Ces deux derniers récits sont très lourds de sens, car ils impliquent que l’enfant sera tôt ou tard frappé de malheur de son vivant, en raison de la désobéissance dont il aura fait preuve à l’encontre de ses parents, donc à l’encontre de Dieu .

D’autre part, il apparaît toujours d’après la conception musulmane, que les parents non satisfaits de leur progénitures ont le pouvoir d’invoquer oralement une punition, qui leur sera certainement exaucée.

Finalement, les questions que nous pourrions nous poser sont les suivantes : pourquoi les enfants doivent-ils obéissance à leurs parents ? Est-ce justement parce que ces derniers sont leurs géniteurs : ils les ont mis au  monde, et les ont élevés péniblement ou bien tout simplement, est-ce parce que cet ordre d’obéissance est une façon directe d’obéir à Dieu ; Dieu l’a ordonné, donc le musulman doit s’exécuter ?

En fait, la réponse réunit ces deux interrogations. La première raison (et elle se justifie à elle seule), est qu’initialement, le musulman à l’intention de se soumettre, c’est à dire qu’il est volontaire à la soumission, puis se soumet de façon effective et inconditionnelle à Dieu, car dans le Coran il est dit :

« Dieu est par lui-même digne d’être pieusement obéi »
[ Sourate 74 - Verset 56 ]

De plus, il est à établir que les préceptes divins ne peuvent tirer leurs fondements que du principe de justice, par conséquent, il est impossible que cette obéissance due aux parents aille à l’encontre d’une justice morale ou sociale, bien au contraire. Djaber El Djazaïri affirme que :

« le musulman est convaincu des droits des parents sur leur enfant. Ce dernier leur doit égards, obéissance et bonté. Non parce qu’ils lui ont donné le jour ou en contrepartie des bienfaits reçus, mais parce que Dieu le Puissant a prescrit de leur obéir et de bien les traiter. Il a rendu solidaire leur obéissance et son propre droit à être adoré seul et sans associé. »

D’autre part, la seconde raison (qui est inhérente à la première) est de dire que l’on ne peut nier le lien de causalité entre le principe d’obéissance des enfants et la peine que les parents ont endurée pour les éduquer. Ici,  le sentiment de gratitude est légitime. Voici le verset qui le prouve :

« Nous recommandons à l’homme ses père et mère.
Sa mère le porte dans son sein en endurant peine sure peine, et il n’est sevré qu’au bout de deux ans ;
Sois reconnaissant envers Moi et tes parents, et [sache que] c’est à Moi que tout retournera (…) »
[ Sourate 46 - Verset 15 ]

Arnaldez rapporte une autre analyse concernant ce sujet, en soulignant  l’importance de ce même verset. Pour cela, il se réfère au commentaire de Razi :

« C’est Dieu qui est le créateur des enfants, mais Il les crée par l’intermédiaire des parents. Il y a là une analogie en ce sens que la procréation est relativement aux parents ce que la création est relativement à Dieu.
Par la suite, le Bien agir recommandé envers le père et la mère est analogue à l’adoration due au Créateur, C’est pourquoi le Coran exhorte les croyants à respecter leurs parents, à les aider, et à leur parler toujours avec déférence, comme il les exhorte à servir le Créateur. »

Pour conclure cette étude sur le principe d’obéissance, il est essentiel de dire que l’obéissance des enfants n’est recevable que si les parents ne sont pas en contradiction avec la Loi divine, et il y va de même pour n’importe quelle autre autorité établie.

 

c) Obéissance conditionnée aux géniteurs

« (…) Sois reconnaissant envers Moi et envers tes parents, et [sache que] c’est à moi que tout retournera. Toutefois, s’ils t’importunent pour que tu m’associes quelque chose dont tu n’as pas une science certaine, ne leur obéis pas, mais comporte-toi envers eux, dans ce monde, en honnête compagnon. » [ Sourate 31 - Verset 15 ]

Nous venons d’établir que les parents ont le droit sacré à la soumission de leur enfants, cependant, d’après le Coran, ce droit ne leur confère qu’une autorité limitée, ce qui implique une obéissance conditionnée des enfants à leur égard. En effet, le Prophète Mohamed a dit :

« Pas d’obéissance à une créature, dès qu’il s’agit d’une désobéissance au Créateur »
 
[ Rapporté par Ahmed ]

Non seulement cette autorité cesse d’être effective lorsqu’ils proclament à leurs enfants de se détourner de leur foi (sourate 29, verset 8) ou de perpétrer une injustice quelconque, « mais la hiérarchie se trouve renversée quand ils commettent eux-mêmes une iniquité ; ce sont les enfants qui doivent alors les rappeler aux devoirs, et ils peuvent même les poursuivre en justice. »

Draz continue son analyse en affirmant que « si haut que soit le respect, si profond que puisse être l’amour qu’un musulman éprouve pour ses parents, surtout s’il a avec eux une communauté de foi, son amour pour la vérité et son respect pour la justice doivent l’emporter. » C’est ainsi que le Coran stipule :

« Croyants, soyez stricts observateurs de la justice, soyez témoins de Dieu, dussiez-vous témoignez contre vous-mêmes, contre père et mère et vos proches. » [ Sourate 4 - Verset 135 ]

Pour faire un parallélisme avec la loi française, notons simplement que le code Napoléon interdit à l’enfant de porter témoignage contre ses parents dans un procès civil ou criminel.

En définitive, la désobéissance d’enfants musulmans à l’égard de parents non-musulmans, implique t-elle une attitude irrespectueuse des enfants à l’encontre de ces derniers ? En fait, Draz affirme que « le Coran nous enseigne (…) que les divergences d’opinions religieuses ne dispensent point les enfants de se comporter à l’égard de leurs ascendants d’une manière correcte, respectueuse et affectueuse ( 31/15),  bien au contraire, car le fait de conserver les liens de la parenté est une obligation en islam. Selon le Prophète :

« Jamais n’entrera au Paradis celui qui manque aux devoirs de la parenté. »

 

2) Autres droits des géniteurs

Indépendamment du principe d’obéissance, le Coran et la Sunna ont également établi d’autres principes religieux régissant les liens des ascendants et des descendants. En observant globalement la constitution de ces deux sources législatives, nous constatons que les préceptes concernant les relations familiales, sont de deux ordres ; d’un côté, il y a « les commandements positifs » nous explique Draz, d’un autre côté, nous avons « les devoirs dits négatifs », qui sont entre autres « l’interdiction de marquer la moindre irrévérence pour la vieillesse de nos parents » quelles que soient leurs idées, leur religion. Alors, quels sont donc ces préceptes ?

a) Droits des géniteurs à la gentillesse et au respect (dans la parole  et dans le geste)

« Et ton Seigneur a décrété: «N’adorez que Lui; et (marquez) de la bonté envers les père et mère:
si l’un d’eux ou tous deux doivent atteindre la vieillesse auprès de toi, alors ne leur dis point :
«Fi!» et ne les brusque pas, mais adresse-leur des paroles respectueuses.
» [ Sourate 17 - Verset 23 ]

C’est en ces termes que le Coran dicte le comportement du musulman envers ses parents ; nous retiendrons que la relation qu’il doit établir avec eux  est enclin à la gentillesse, à la douceur et au respect. Par égard pour eux, aucune parole ne doit être blessante, que ce soit des insultes ou des reproches véhéments, quand bien même ils seraient justifiés.

Amdouni affirme « qu’il faut également savoir pardonner à ses parents, même si l‘on a des reproches à leur faire, quant à l’éducation qu’ils nous ont donnée ou quant à l’affection dont il nous semble avoir manquée lorsque nous étions enfants » L’auteur justifie cette position en disant que l’imperfection est humaine et qu’il faut
l’accepter.

Le prophète de l’islam s’est longuement exprimé au sujet de ceux qui injurient leurs parents. En fait, au fil des récits, on constate que cet acte est considéré comme un péché, un acte maléfique. En voici quelques exemples :

« Dieu a damné celui ou celle qui insulte son père ! Dieu a damné celui ou celle qui insulte sa mère ! »
[ Rapporté par Ibn Hibban ]

" Une des plus grandes énormités, c’est qu’un homme maudisse ses parents. » On lui dit alors : «  O Envoyé de Dieu, et comment un homme maudirait-il ses parents ? C’est quand il dit des injures et  encore des injures à sa mère » [ D'après Abdallah ben Amrou ]

« Insulter ses parents est un péché capital ! » Les compagnons demandèrent : « ô Envoyé d’Allah, comment un homme pourrait-il insulter ses parents ? » Le Prophète répondit : « En insultant le père et la mère d’une tierce personne qui, à son tour, insultera son père et sa mère ! » (rapporté par Bokhari et Moslem)

Ce que démontre ce dernier hadith, c’est que le fameux principe de réciprocité fonctionne aussi bien dans la bienveillance que dans la méchanceté, et le message qui tend à émerger est le suivant : « Les actes que tu commets par méchanceté contre les autres, risquent de se retourner contre toi, et tu en endosseras la responsabilité entière. »

Amdouni va dans le même sens en affirmant « qu’un homme n’insulte pas directement ses propres parents, mais lorsqu’il insulte un autre homme, il court le risque que ce dernier, en ripostant, insulte les parents de celui qui l’a insulté. Nous ne sommes donc pas responsables uniquement des actions que nous accomplissons directement, mais aussi des actions qui provoquent une mauvaise action de la part de quelqu’un d’autre. »

D’un autre côté, on peut supposer que les parents agissent avec injustice, et malveillance envers leurs enfants. Et bien, même dans ces cas extrêmes, l’islam exhorte l’enfant mature au respect et à la gentillesse envers ses parents ; ce sont des efforts, des djihad, qu’il doit accomplir absolument.

Selon Abou Horreïra , un homme dit :

« O Messager de Dieu ! J’ai des proches parents envers qui je respecte les liens de parenté et qui ne le font pas  avec moi. Je leur fais du bien et ils me font du mal. Je les traite avec gentillesse et il me traitent brutalement » et il dit : «  Si tu es vraiment tel que tu viens  de dire, c’est comme si tu leur faisais avaler sans eau de la cendre brûlante. Tu ne cesseras pas de trouver en Dieu un soutien contre eux tant que tu te conduiras ainsi. »

 

b) Droit des géniteurs à la bienveillance (droit qui revient particulièrement à la mère)

« Nous avons expressément recommandé à l’homme ses père et mère ; sa mère s’étant doublement exténuée, le portant puis le mettant au monde ; son sevrage n’ayant lieu qu’au bout de deux ans. »

Des deux parents, c’est la mère qui suscite la plus grande attention, selon la pensée islamique.

Les raisons sont multiples.

La première et la plus évidente,  est que la femme endure « peine sur peine » avant et après son enfantement. Un fois le nourrisson mis au monde, il bénéficie de l’allaitement de celle-ci, contribuant ainsi à le nourrir et à le protéger contre les agressions extérieures (car on sait que le lait maternel protège le nourrisson en l’immunisant contre des infections microbiennes) ; « il a été sevré pendant deux années » dit le Coran.

Ces « deux années » stipulées dans ce verset, est une durée maximale, toujours est-il, remarque Amdouni  « même si la femme ne donne plus le sein à son enfant avant l’âge de deux ans, celui-ci a encore besoin d’une présence constante pour s’occuper de lui, jusqu’à l’âge de deux ans.» De ce fait, une fois son éducation parachevée, l’enfant doit à sa mère respect et bienveillance, à son tour.

La seconde raison à invoquer est qu’en islam, c’est la mère qui a à sa charge l’éducation de ses enfants. Non pas que cette responsabilité lui soit exclusive, cependant c’est d’abord elle qui veille au bon développement physique et intellectuel de ses progénitures ; son souci de leur plénitude est permanent, et lorsqu’il leur arrive quelques épisodes plus ou moins malheureux, c’est elle qui en souffrira le plus, ceci en raison de la sensibilité qui lui est propre, et des liens spécifiques qui la rattachent à eux.

A ce sujet, là encore, les textes foisonnent. En voici quelques-uns :

Abou Houreyra a rapporté qu’un homme s’était présenté devant l’Envoyé d’Allah et lui avait demandé :

« Un homme vint chez le Messager d’Allah et lui dit: " Ô Messager d’Allah ! Quel est celui qui mérite le plus que je lui tienne compagnie ? ”. Il dit: “ Ta mère ”. Il dit: “ Et qui encore? ” - il dit: “ Ta mère ”. Il répéta : “ Et qui encore? ”, il dit: “ Ta mère ”. Il répéta de nouveau: “Et qui encore?”, il dit: “ Ton père ”." [ Rapporté par Al-Boukhari et Mouslim]

Le Prophète a dit :

« Le paradis est sous les pieds des mères. » [ Rapporté par Ibn Majah ]

Littéralement, cette traduction n’a pas beaucoup de sens en français. Explicitement, cela signifie, que les enfants responsables gagent le Paradis en étant bienveillant envers leur mère, et en lui donnant entière satisfaction.

Enfin, voici un dernier hadith qui, en définitive, résume bien les points que nous avons vus plus haut : l’enfant a le devoir d’être bienveillant  envers sa mère, quelle que soit son appartenance religieuse :

Asma , fille de Abou Bakr a dit :

« Du temps du Prophète, ma mère vint me trouver pour me voir. Je demandai au Prophète si je devais la recevoir. Il me répondit que oui. C’est alors, dit Ibn Oyayna, que Dieu révéla ce verset : « Dieu ne vous interdit pas de voir ceux qui ne vous ont pas combattus au nom de la religion. » [ Rapporté par Al-Bokhari ]

 

c) Droit des géniteurs à être révérés et pris en charge à la vieillesse

" Si l'un d'eux ou tous les deux doivent atteindre la vieillesse auprès de toi, alors, ne leur dis point : « fi! »Et ne les brusque pas, mais adresse-leur des paroles respectueuses! Et par miséricorde, abaisse pour eux l'aile de l'humilité et dit : " Ô mon Seigneur fais leur, à tous deux, miséricorde, comme ils m'ont élevé tout petit "
[ Sourate 17 - Verset 23/24 ]

La constance dans l'effort est là, une marque qui doit caractériser le musulman " Sois constant, endurant, dévoué à Dieu " nous dit le Coran [ Sourate 47 - Verset 7 ]. Cette constance est tout aussi exigée dans la relation à l'autre, particulièrement lorsqu'il s'agit de s'occuper de ses propres parents, qui plus est, ont atteint l'âge de la vieillesse. En effet, quand ces derniers ne peuvent subvenir à leurs propres besoins, ils doivent pouvoir compter sur leurs enfants.

Le Prophète Mohammed a recommandé à l'enfant de verser une pension alimentaire à son père (ou sa mère) :  " Vos enfants ont votre meilleur pécule ; mangez du pécule de vos enfants " [ Rapporté par Abou Dawud ]

Le Prophète a aussi dit :

"Ne rejetez pas vos parents, car celui qui rejette ses parents, c'est de la mécréance" [ Rapporté par Muslim ]

Amdouni explique que : " C'est un devoir religieux sacré que de prendre soin de ses parents. Par exemple, le fait de s'élever dans l'échelle sociale n'est pas une raison pour renier ses parents. Et même si un musulman a des parents non musulmans, l'islam lui ordonne de les entretenir si nécessaire "

Mais tout musulman n'a pas nécessairement les moyens de subvenir aux besoins de ses ascendants, en raison de pauvreté extrême. Dans ce cas, que cela ne l'empêche pas de révérer ses vieux parents, et de leur marquer respect, sollicitude, en leur rendant service lorsque l'occasion se présente. Là encore, la constance des actions est exigée, au nom de Dieu (fi sabil illah), car toute action intéressée (la convoitise d'un héritage, par exemple) serait jugée irrecevable.

Pour finir voici une série de hadiths qui recommandent le respect envers la vieillesse, particulièrement envers ses propres parents.

Abdallah ben Amrou a dit :

"Un homme dit au Prophète : " Ferai-je la guerre sainte ?" "- As-tu tes parents "? demanda le très saint Prophète. " Oui ". " Alors, fais des efforts pour l'un et l'autre. "

"Que son nez soit recouvert de poussière ! Que son nez soit recouvert de poussière ! Que son nez soit recouvert de poussière ! "(Qu'il soit humilié) On lui demanda :" Ô Messager de Dieu, qui ?" Il répondit : " Celui qui aura vu ses parents entrer dans la vieillesse, que ce soit un seul ou les deux, et aura manqué d'être admis au Paradis !" [ Rapporté par Muslim ]

A la suite de ce récit, Amdouni précise que cet individu "aurait eu l'occasion d'entrer au Paradis en étant bon envers ses parents lorsqu'ils auraient atteint l'âge où l'on a besoin de ses enfants comme soutien"

Selon Anas , le Messager de Dieu a dit : " Toute les fois qu'un jeune honore un vieillard à cause de son âge, Dieu lui suscitera plus tard quelqu'un pour l'honorer dans sa vieillesse "

La réciprocité dans l'action semble être le maître-mot dans la relation à l'autre dans la conception islamique.  

 

d) Droit des géniteurs aux invocations après leur mort

«  (...) et dis : " Ô mon Seigneur, fais-leur miséricorde, comme ils m'ont élevé tout petit "
[ Sourate 17 - Versets 24 ]

Il est entendu que la relation aux parents ne s'arrête pas à leur mort. En effet, l'idée que le musulman se fait de la vie et de la mort implique la continuité de son devoir vis à vis d'eux, alors qu'ils ne sont plus de ce monde.
Comme l'affirme Cheikh
" il est du devoir du musulman d'implorer Allah et L'invoquer pour ses parents, après leur mort, afin qu'Il leur pardonne et leur accorde Sa miséricorde"

En effet, le musulman pense qu'après la mort il devra de toute façon expier tous ses péchés lors du jugement dernier, cela afin qu'il soit purifié pour entrer au paradis. C'est pourquoi les enfants qu'il laissera derrière lui, lui seront d'un grand secours ; leur devoir étant d'invoquer Dieu en leur faveur. Amdouni cite un hadith expliquant cette situation :

Le Messager de Dieu a dit :

" Certes, il y aura des serviteurs qui verront leur position s'élever ! Ils demanderont : " Ô Seigneur ! Grâce à quoi ai-je obtenu tout cela " ?  Il répondra : "Grâce aux demandes de pardon que vos enfants ont faites pour vous après votre mort !"

L'auteur note " qu' au Paradis, ils acquerront un statut supérieur à celui dont ils se jugeaient dignes ".

Le Prophète Mohammed recommandait également aux enfants d'honorer les dettes de leurs défunts parents, ainsi que d'entretenir de bons rapports avec les proches et les amis de ces derniers. Pour preuve, voici deux récits prophétiques :

 Abd Allah ibn Abbas a rapporté que Saad ibn Oubada interrogea le Messager de Dieu : " Ma mère est morte et elle avait un vœu à accomplir !" L'envoyé de Dieu lui dit : " acquitte-toi en pour elle "

Malek Ibn Rabia As'idi a dit :

"Alors que nous étions assis auprès du Messager de Dieu , voilà qui lui vint un homme de la tribu des Banni Salama qui lui dit :

" O Messager de Dieu ! Reste-t-il pour moi une occasion de faire du bien à mes parents maintenant qu'ils sont morts ? Il dit : " Oui, tu prie Dieu de les bénir et de les absoudre et tu tiens après eux leurs promesses. Tu respectes les liens de parenté dont ils ont la cause et tu honores leurs anciens amis".

 

 

 

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