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Quelques
principes formels d'éducation selon la
Sunna et le Coran
Au
temps de l'Arabie de la jahiliya ou de l'ignorance,
c'est à dire avant l'avènement
de l'islam, le peuple Arabe était un
peuple rude et inculte,
«quant à la vie morale, elle était
pratiquement inconnue (...) les hommes s'abandonnaient
sans retenue à leurs penchants » [
Cité par D. Sourdel ], si bien que l'une
des préoccupations premières du
Prophète Mohamed était de réformer la société
dans laquelle il vivait au moyen de l'éducation.
D'ailleurs, il ne cessait de dire qu'Allah l'avait
envoyé comme un mu'allim ou enseignant.
Le Coran conforte cette idée en affirmant
dans la sourate la vache : { Notre Seigneur ! Envoie leur un prophète
pris parmi eux : il leur récitera Tes
Versets, il leur enseignera le Livre de la Sagesse }
[
Sourate 2 - Verset 129 ]
Le
tout est de savoir comment le Prophète
Mohamed s'y prenait-il pour éduquer
ces Arabes,
cela afin d'emprunter ses principes et de les
appliquer, dans la mesure du possible, à
l'enfant. D'autre part, pour tirer de
la
lecture du Coran
des principes d'éducation, il faut continuellement
interpréter, extrapoler pour les appliquer
distinctement à l'éducation de
l'enfant. C'est donc de cette extrapolation,
que nous allons tenter d'établir des
principes d'éducation selon
la pensée islamique.

Principe
de l'éducation progressive ou par étapes
Au
moment de la révélation, la méthode
principale du Coran pour éduquer les
Arabes était d'utiliser la méthode
progressive. Le Coran ayant été
révélé par fragments, les
interdictions sont établies par
étapes,
afin de ne pas s'opposer aux plus récalcitrants,
donc il fallait préparer les esprits.
Dans La Morale du Coran, Draz expose cette
analyse : « Cette haute sagesse législative,
les infidèles du temps du Prophète
ne l'avaient pas bien comprise.
{
C'est pourquoi le Coran ne lui-a-t-il (Mohammed)
pas été envoyé d'un seul
corps } [
Sourate 25 - Verset 32 ].
Le même verset qui rapporte cette objection
poursuit en y apportant la réponse :
{
Nous (sous-entendu Allah) faisons ainsi, pour
fortifier ton coeur } [
Sourate 25 - Verset 32 ].
Et dans un autre passage, nous lisons une seconde
explication :
{ afin que tu l'enseignes aux hommes
par étapes lentes et progressives }
[
Sourate 17 - Verset 106]
De
la même manière que les interdictions
ont été imposées par étapes,
les obligations ont été inculquées
dans le temps. Et ceci comme exemple, le Prophète
lui-même recommandait d'enseigner
la prière à l'enfant dès
l'âge de sept ans, bien que la prière
ne fût obligatoire qu'à partir
de la puberté. Il a permis en l'occurrence,
de "taper" l'enfant, à partir de dix ans,
si la persuasion n'obtenait pas un résultat
satisfaisant.

Principe
d'un enseignement selon les capacités
intellectuelles et physiques des "apprenants".
Enseigner
la science religieuse ou non, à un peuple
aussi hétéroclite qu'était
le peuple Arabe, nécessitait sans aucun
doute de l'agilité et le la perspicacité,
car il y avait des gens
de tout âge,
de toutes conditions
sociale, intellectuelle, et physique,
il fallait donc considérer tous ces paramètres
pour rendre un enseignement adapté à
chacun. Voici par exemple un hadith traduisant
cette esprit :
Abou-Mas'oud
El Ansari a dit : «
Un homme s'écria : « O Envoyé
d'Allah, je puis à peine achever la prière,
tant un tel nous la fait durer longtemps». Jamais dans un prône je n'ai vu le Prophète entrer dans une colère plus violente
que ce jour-là : « O gens, s'écria-t-il,
vous arriverez à faire déserter
la prière. Que celui qui dirige les fidèles
dans la prière, la leur rende légère,
car il y a parmi eux des malades, des gens affaiblis
et d'autres qui on des occupations ».
[
Rapporté par Boukhari ]
Remarquons
la méthode employé par le Prophète
Mohammed quant
aux remontrances ; bien qu'il connaissait l'identité
du fautif, il ne l'a pas nommé pour
ne pas l'humilier publiquement.
L'autre souci du Prophète
était de rendre accessible son enseignement.
Et pour ce faire, il l'exposait le plus simplement
possible, pour que le plus grand nombre de gens
puisse en bénéficier. C'est dans
ce sens qu'il a dit :
« Calmez, n'effarouchez pas, simplifiez,
ne compliquez pas »
[
Rapporté par El Shaykhani ]
D'après
Anas le Prophète a dit «
Rendez la voie facile et non difficile.
Annoncez des choses agréables et n'effrayez
pas votre auditoire »
[Rapporté par Boukhari
]
Enfin,
un autre point est à souligner, il s'agit
de sa méthode d'enseignement ; pour ne
pas être abandonné de son auditoire,
il exposait son enseignement ou son sermon en
les espaçant, car il
lui répugnait de provoquer l'ennui.
Al
Ghazali
(XIIe siècle) a établi
une liste de recommandations destinées
au professeur, voici ce qu'il est dit au sujet
de ce principe même : «
Que le professeur prenne en considération
le
niveau intellectuel de ses élèves,
qu'il leur tienne des discours en harmonie avec
leur intelligence ; il ne doit pas leur enseigner
des sujets qui
dépassent leur compréhension
afin qu'ils ne prennent pas l'instruction en
aversion (...). Il doit mettre à la portée
de l'élève faible des choses claires
qui lui conviennent et ne pas lui faire sentir
sa faiblesse, car cela attiédira son
désir de s'instruire et mettrait de la
confusion dans son esprit. Il faut lui choisir
des
sujets faciles et abordables
qui lui conviennent afin de ne pas lui fier
une mauvaise impression, car une telle autosuggestion
lui ferait du mal »
Hassan
Amdouni nous dit que « toute l'éducation
doit suivre l'évolution de l'enfant et
être adaptée à son degré
de maturation », suivant en cela le verset
coranique où il est dit :
{
Allah ne charge nulle âme au-dessus de
ses capacités. } [
Sourate 2 - Verset 286 ]

Principe
de non contrainte
Un
des principes fondamentaux qui ont régi
la relation entre celui qui sait et celui qui
ne sait pas (en matière religieuse),
c'est bien
l'éducation sans violence,
sans contrainte, car on ne peut s'approprier
la conscience de l'autre, on ne peut s'approprier
sa pensée (bâtie ou non). La méthode
prônée par l'islam via la
Sunna et le Coran,
est bien la non contrainte c'est ainsi qu'il
est dit dans le Coran, et répété
à plusieurs reprises :
{
Nulle contrainte ne doit avoir lieu en matière
de foi } [
Sourate 2 - Verset 256 ]
Appliquons
cela à l'enfant, il va sans dire que
l'adulte ayant à sa charge l'éducation
d'un enfant, peut se
heurter à un refus exprimé par
ce dernier, mais il ne peut en aucun cas lui
imposer sa volonté par la violence
(colère, coups physiques.), l'enfant
n'en comprendrait pas plus le bien fondé
de l'enseignement. Par conséquent, le
seul moyen, à défaut d'être
brutal, est d'une part l'éducation progressive,
et d'autre part la douceur.

Principe de douceur et de patience
{
O Prophète ! c'est par la grâce
d'Allah que tu es doux et débonnaire.Si tu étais violent et d'un cour endurci,
ils se seraient détachés de toi.
Sois donc indulgent pour eux, sollicite la clémence
d'Allah en leur faveur, et consulte-les dans
les affaires } [
Sourate 3 - Verset 159 ]
Cet
extrait du Coran souligne en quelques sorte,
les qualités élémentaires
du bon éducateur ; la non-violence
d'un côté (qu'elle soit physique
ou psychologique), et la douceur de l'autre,
et j'ajouterai la patience, car la patience
permet un enseignement plus approfondi et plus
suivi, car plus agréable pour l'une et
l'autre des deux parties. Nous pouvons lire
également dans le Coran que :
{
Les serviteurs du Miséricordieux sont
ceux qui marchent (se comportent) avec modestie
et douceur sur terre } [
Sourate 25 - Verset 33 ]
Seydou
Cissé affirme que l'on exige (en islam)
du professeur ces qualités : «
être patient
avec ses élèves, avoir la maîtrise
de soi,
réprimer
sa colère.
Dans la philosophie de l'éducation musulmane
est véhiculée cette idée
: apprendre, c'est être patient.
On n'apprend rien dans la précipitation
; apprendre, c'est suspendre pour un temps son
jugement ».
Le
Coran va dans ce sens puisqu'il évoque
aussi la maîtrise de soi, la contenance
de la colère, et condamne fortement l'élévation
de la voix. Voici ce qu'il en est :
{
Allah n'aime pas qu'on élève la
voix en propos injurieux. Il ne le tolère
que si l'on est victime d'une injustice }
[
Sourate 4 - Versets 148-149 ]
{
(O Prophète), recommande à mes
serviteurs d'employer les paroles les plus douces
; autrement, Satan sèmerait la discorde
parmi eux. Satan est pour l'homme un ennemi
déclaré } [
Sourate 17 - Verset 53 ]
{
Cherche à modérer ton pas et à
baisser un peu ta voix, rien n'est plus désagréable
que le braiement de l'âne } [ Sourate 31
- Verset 19 ]
Pour
conclure ce point, nous rapporterons une parole
prophétique :
« La douceur,
c'est la délicatesse, c'est l'abord facile,
c'est la négation de la violence »
«
Toutes les fois qu'une chose est faite avec
douceur, elle n'en est que plus belle »
[
Rapporté par Ahmad, d'après
Ibn Umar ]

Principe de répétition
Là
encore, soucieux de se faire comprendre, le
prophète Mohammed
avait pour habitude d'utiliser la
répétition en toutes occasions,
principalement dans son prêche. D'autre
part, chaque fois qu'il donnait un enseignement,
il n'hésitait pas à formuler cette
même question : «
ai-je atteint le but (de me faire comprendre)
?
Voici le hadith évoquant ce principe
: D'après
Anas : Chaque
fois que le Prophète prononçait
des paroles, il les répétait 3
fois afin qu'on le comprît (mieux). Quand
il se rendait chez quelqu'un et qu'il voulait
le saluer, il le saluait 3 fois. »
[
Rapporté par El Bukhari ]

Principe
d'émulation
Dans
le Coran, Allah
invite les croyants à
«
rivaliser pour le meilleur »,
tout en faisant de leur mieux, ceci pour une
amélioration constante de la société
dans tous les domaines, que ce soit dans le
domaine social, économique, ou moral,
chacun devra pourvoir faire mieux que son frère,
dans la limite de ses possibilités : {
Chacun a sa direction préférée
vers laquelle il se dirige, quant à vous,
rivalisez pour le meilleur } [
Sourate 2 - Verset 148 ]
A
une échelle plus réduite, à
l'école ou au sein de la famille, l'émulation
est aussi de rigueur, car d'après la
pensée islamique, elle ne peut engendrer
qu'un intérêt vif, pour l'objet
de l'étude, par exemple, et un respect
plus développé pour les congénères,
les parents, ou les éducateurs, en général.

Principe
de communication du savoir
D'après
l'idéologie musulmane, toute connaissance
est considérée comme sacrée,
c'est à dire émanant directement
de l'essence divine : {
C'est Allah qui vous instruit, et Il est instruit
en toute chose } [
Sourate 2 - Verset 282 ]
Le
savoir est considéré par les musulmans
comme une
richesse incommensurable
pour les êtres doués de raison
que nous sommes. En allant à la poursuite
de la science, l'individu se rapproche de l'univers,
donc d'Allah . Par conséquent, faire obstacle
à cette connaissance, est considéré
comme un mal absolu. A cet égard Mohammed
a dit : «
Quiconque cache une science à celui qui
la cherche, aura comme punition une bride de
feu dans sa bouche le jour du Jugement Dernier
»
A
titre d'exemple, cela pourrait s'appliquer au
professeur éludant les questions de ses
élèves, ou donnant délibérément
de
mauvaises informations,
voulant ainsi s'approprier le savoir. Par conséquent,
il est de rigueur de diffuser cette science
en toute occasion, pour qu'un plus grand nombre
de gens s'en imprègnent, et la diffusent
à leur tour, ceci pour favoriser la culture
musulmane ; un hadith évoque clairement
ce sujet :
Omar
a dit : «
J'étais moi et un Ansar, mon voisin,
chez les Benou - Omayya-ben
Zeid, tribu (du district) d'Aouali de Médine.
Chacun de nous à tour de rôle,
nous allions chez l'Envoyé d'Allah ;
mon voisin y passait un jour et moi le suivant
.
Quand je descendais à Médine,
je rapportais à mon voisin toutes mes
informations de ce jour, révélations
du Coran et autres choses. Quand c'était
lui qui allait à la ville il agissait
de même à mon égard (...)
»
[Rapporté par El Bukhari
]
Cette
communication du savoir se justifie par d'autres
raisons ; en diffusant le savoir, on responsabilise
les êtres face leurs devoirs sociaux,
moraux, religieux, car selon le célèbre
adage français « nul n'est censé
ignorer la loi ». Enfin, ce principe de
diffusion, et de communication a pour rôle
de
renforcer les liens sociaux de la oumma
ou communauté, de pousser à la
réflexion collective. C'est ainsi qu'il
est fréquent de voir des organisations
de halakat ou réunions dans les mosquées,
traitant principalement des questions religieuses
(dogmatiques, scientifiques.) . « Al Zarnougy
considérait qu'une heure de discussion
et de débat est plus profitable à
un élève qu'un mois à apprendre
par cour les connaissances.Ibn
Khaldun disait qu'une des meilleures méthodes
d'enseignement est le fait de délier
la langue par la discussion et les débats
autour des questions scientifiques »
(...) [
Cité par Cissé ]

Principe
d'équité
La
législation de l'islam est entièrement
fondée sur le principe de justice sans
les rapports humains, et donc la justice non
observée est fortement condamnée
sans le Coran et dans les hadiths. A titre d'exemple,
voici ce qu'il en est dit : «
Allah
vous commande de restituer le dépôt
à qui il appartient, et quand vous êtes
appelés à juger entre les hommes,
de le faire avec équité. C'est
là une bonne éducation qu'Allah
vous donne. Allah
est tout ouïe et tout
vue »
Tant
le concept de justice est important, le Coran
n'hésite pas à citer les différents
cas de figures dans lesquels pourrait naître
l'iniquité entre les hommes. Il est donc
demandé au Prophète
«
d'ordonner aux hommes de considérer la
justice comme fondement de toutes leurs actions
et d'observer toujours le droit, en dépit
de tout obstacle, même à l'encontre
de leurs propres personnes ou de celle de leurs
proches, de ne jamais fuir la justice, même
quand l'inimitié les oppose à
autrui »
[Cité par Al-Munadjid].
Cette prescription
est exprimée dans de nombreux versets
:
{
Vous qui croyez, observez strictement la juste
mesure comme témoins d'Allah , même
à l'encontre de votre personne, de celle
de vos père et mère ou de celle
de vos proches.Ne suivez pas la passion qui
vous détournerait de la justice }
[
Sourate 4 - Verset 35 ]
Quant
aux rappels contre l'injustice, il est dit : {
Nous
promettons aux injustes un châtiment douloureux
}
[
Sourate 25 - Verset 37 ] ou bien { Allah n'aime point
les injustes } [
Sourate 3 - Verset 57 ]
Dans
un hadith quodsi il est dit : « O
mes serviteurs, j'ai fait de l'injustice un
péché pour moi-même comme
pour vous dans vos rapports réciproques.
Ne soyez plus injustes les uns envers les autres.
» [
Rapporté par Muslim ]
Suite
à cette énumération globale
des passages relatant de l'injustice sociale,
une spécificité a été
soulevée, car jugée importante
; il s'agit du sentiment ou de la démonstration
d'injustice à l'encontre des enfants.
Dans un hadith, on lit : "Craignez
Allah et soyez justes envers vos enfants"
[
Rapporté par El Bukhahri et Muslim ]
Nous
développerons ce point un peu plus loin.

Principe de respect
Ce
principe doit être établi dans
la relation à l'autre en toute circonstance,
et sans retenu ; que ce soit pour celui qui
recherche le savoir, et ceci sans distinction
du statut de l'individu (pauvre ou riche,
enfant ou adulte, noir ou blanc), ou bien pour
celui qui détient la science et qui la
diffuse (les parents, les imams, les enseignants,
les éducateurs en général).
C'est ainsi que nous pouvons lire dans le Coran
:
{
O Messager, divulgue ce que ton Maître
t'a révélé. Ne repousse
point celui qui t'interroge, et répands
(la science que tu as reçue par la grâce
de ton Maître) } [ Sourate 93 - Versets 10-11
]
Les
versets qui vont suivre, attribuent une grande
importance au respect
que chaque musulman se doit de démontrer
aux hommes de science. Ainsi est condamné
le fait de couvrir délibérément
la voix de ceux qui prêchent ou qui enseignent
:
{
Croyant, ne couvrez jamais de votre voix celle
du Prophète (...) } [
Sourate 49 - Versets 2-4 ]
Il
est recommandé de faire de la place (dans
un cercle d'étude par exemple aux nouveaux
arrivants [ceux qui veulent apprendre], c'est
là une
marque de bienvenue et de mise en confiance,
il est également recommandé de
se lever (devant l'enseignant), marque de profond
respect pour celui qui détient la sagesse
:
{
Croyants lorsqu'au cours d'une réunion
on vous dit : « Faîtes de la place
», faîtes-en. Allah vous donnera
un espace immense (dans le ciel). Lorsqu'on
vous commande de vous lever, levez-vous }
[Sourate 58 -
Verset 11 ]
Enfin,
il est recommandé aux apprenants de demander
la permission au mu'allim ou enseignant de quitter
le cercle d'étude, par égard pour
lui et pour les autres :
{
Les vrais fidèles sont ceux qui (.) s'étant
rassemblés avec le Prophète dans
une réunion d'intérêt commun,
ne le quittent qu'après lui en avoir
demander l'autorisation } [ Sourate 24 -
Verset 62 ]
Un
autre point nous semble important à signaler
; c'est le rejet de la moquerie par le
Coran. En effet, un enseignant peut très
bien faire ouvertement des railleries intempestives
à ses élèves ou à
un élève en particulier, les mettent
ainsi dans l'embarras. Voici ce qu'on peut y
lire sourate 49, verset 11 :
{
Croyants, que les hommes ne se moquent point
les uns des autres : il se peut que ceux qui
font l'objet de vos railleries soient mieux
que leurs calomniateurs (...) }
[ Sourate 49 -
Verset 11 ]

Principe
de modération
Concernant
la modération, le Coran et la Sunna la
recommandent à maintes occasions, car
elle est le fondement absolu d'une pratique
et d'une croyance en accord avec l'individu.
Le Prophète
lui-même a déclaré à
son peuple «vous êtes la communauté
du juste milieu » leur bannissant
ainsi tout excès dans leurs actions.
Par
rapport à la modération dans l'éducation
qu'elle soit religieuse ou non, puisque l'islam
ne fait pas la différence, voici l'opinion
du Prophète :
«
rendez la religion facile, ne la rendez pas
difficile et n'en effrayez personne ».
En d'autres termes, pour celui qui détient
la science (religieuse), il devra l'enseigner
en s'armant de
patience, d'indulgence, de perspicacité
; il devra user de divers moyens afin de la
faire comprendre selon la capacité intellectuelle
de son interlocuteur, en somme, il ne devra
pas exiger l'impossible de l'autre pour ne pas
le décourager.

Principe
de conformité des actes à la parole
Ce
principe est primordial dans l'établissement
d'une relation éducative
entre le savant et le non savant, entre l'adulte
et l'enfant,
car il renvoie à une idée d'une
éducation basée sur le visuel,
sur l'exemple donné. En effet, d'après
la conception islamique l'action prédomine
sur la parole, dans la mesure où elle
est du domaine du réel. C'est pourquoi
une science sans pratique est tout à
fait condamnable. Al Ghazali
va tout à
fait dans ce sens en disant que "
le professeur doit appliquer son savoir, et
ses actions ne doivent pas démentir ses
paroles."
Pour
ce qui est des versets coraniques, quelques-uns
évoquent le sujet, en blâmant les
croyants qui ne soumettent pas à la règle
de conformer leurs actions à leurs paroles
:
{
Comment commandez-vous aux autres la vertu,
et vous dispensez-vous de la pratiquer vous-mêmes
! Pourtant, vous lisez le Livre. Ne le comprenez-vous
pas ? (ou êtes vous dépourvus de
raison ?) } [ Sourate 2
- Verset 44 ]
{
Croyants, pourquoi dites-vous ce que vous ne
faîtes pas ? Quelle abomination aux yeux
d'Allah que vous disiez ce que vous ne faîtes
pas ! }
[
Sourate 61 - Versets 2- 3 ]
Enfin,
voici un hadith prophétique qui assimile
une promesse non tenue faîte à
un enfant, à un mensonge : «
Celui qui appelle un petit enfant en lui promettant
quelque chose, puis ne lui donne rien, commet
là un mensonge »
[
Rapporté par Ahmad et ibn Hanbal ]

Principe du bon exemple
Notons
que Mohammed, hormis sa mission de Messager
et de Prophète d'Allah, avait pour objectif
de donner l'exemple aux hommes qui voulaient
le suivre, mais il représente aussi pour
le enfants le parfait modèle de par ses
qualités, ses actions, ses paroles. Par
conséquent, lorsque l'on éduque
les enfants selon l'islam, la référence
au Prophète est constante.

{
Vous avez dans la personne du Prophète
un bel exemple, pour qui espère en Allah
et croit au jour du Jugement Dernier. }
[ Sourate 33 - Verset 21 ]
Il
incombe également aux
parents d'être des exemples pour leurs
enfants,
car ils sont considérés comme
étant les délégués
du Prophète sur terre. Ils ont le devoir
de revêtir cette lourde responsabilité
en étant des modèles pour leurs
enfants.
Selon
Bukhari, le prophète Mohammed a dit : «
Celui qui m'obéit, obéit à
Allah, celui qui me désobéit,
désobéit à Allah. Celui
qui obéit à mon délégué,
m'obéit, celui qui désobéit
à mon délégué, me
désobéit »

Principe
de discipline
Dans
un prolongement de l'idée précédente,
il y a obligation pour les croyants d'obéir
à Allah , à l'Envoyé, et
à tous ceux qui détiennent l'autorité,
qu'elle soit permanente ou temporaire. Le Coran
indique ceci :
{
Croyants, obéissez à Allah, Obéissez
au Prophète et à tous ceux d'entre
vous qui exercent l'autorité }
[
Sourate 4 - Verset 59 ]
La
désobéissance de cette règle
là implique, bien évidemment
des sanctions
; il y a tout d'abord des sanctions physiques
imposées directement par ceux qui détiennent
l'autorité, ensuite il y a la sanction
divine qui est inculquée dès le
plus jeune âge, et qui a une action plus
forte que la première sanction, bien
que non immédiate, puisque la punition
sera effective dans
l'autre monde (akhira).
Cependant, il existe un hadith qui promet aux
enfants théologiquement responsables
et désobéissants, c'est à
dire qui commettent des péchés
capitaux, une punition dans ce bas-monde (voir
troisième partie).
Si
nous observons la méthode coranique,
nous remarquons que le principe d'avertissement
avant l'action punitive, est très répandu.
Donc, avant de punir, il faut justifier la mauvaise
action, puis avertir de la peine encourue. Voici
un exemple extrait du Coran :
{
Nous n'avons pas l'habitude de punir, sans avertir
par la voie des Apôtres } [
Sourate 17 - Verset 15 ]
Ce
principe fera l'objet d'une étude plus
approfondie dans la seconde partie.

Conclusion
Quels
sont les principes relationnels prônés
par la conception arabo-islamique pour éduquer
autant les adultes que les enfants ? C'est à
cette question auquel nous avons tenté
d'apporter quelques éléments de
réponses, en puisant notre argumentation
des paroles
et gestes prophétiques ainsi que des
textes saints du Coran.
En
définitive, la conclusion que l'on peut
tirer est que ces principes d'éducation
sont centrées sur l'apprenant, sur celui
qui ne sait pas encore, et qui veut apprendre,
ou celui qui est en état de faiblesse
passagère (dû à son âge,
par exemple). De plus, plusieurs paramètres
démontrent que la
qualité de l'apprentissage dépend
de la qualité relationnelle émanant
initialement de celui qui détient la
science,
qui
détient l'autorité.

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