
Question
1 :
Qu'est-ce que les menstrues ? Quelle est leur
quantité, quelle est leur durée la plus courte
?
Réponse
: Al-hayd (menstrues, règles), signifie "écoulement".
Étymologiquement, les arabes disent : "
L'arbre est en menstruation, s'il dégage du
mucilage " et " La rivière est en
menstruation, si elle coule".
En
jurisprudence, la menstruation est l'écoulement
périodique du sang provenant de la surface de
la muqueuse utérine. Les
menstrues sont provoquées par des réactions
naturelles à des moments déterminés, mais qui
varient d'une femme à l'autre, d'un cycle à
l'autre.
Quant à la durée minimale de la période
menstruelle, elle est d'un
jour et une nuit en continu
; cela signifie que la durée entre le début
de l'écoulement du sang et la purification est
supérieure à un jour et une nuit. Si elle
lui est inférieure, c'est un cas de ménorragie
(istihâda). La femme doit alors accomplir
les prières antérieures, correspondant à cette
période.
La
durée maximale des règles est de quinze
jours,
nuits comprises même si le sang ne s'écoule
pas de façon continue. Ce qui importe
c'est quinze nuits, même si la femme n'est pas
sûre que le saignement constaté le premier jour
n'est pas en fait apparu la nuit précédente.
Par exemple, lorsqu'elle constate la perte
de sang à son réveil.
Quant
à l'avis qui dit «
La durée minimale des menstrues est de trois
jours et celle maximale de dix jours », ceci
est un avis faible.
Dans la majorité des cas les menstrues durent
six jours. Professeurs
Hamza et Mâjid.
Question
3 :
Est-il licite de manger avec une femme en
état de menstruation ou de lochies ?
Réponse
: Rien
n'interdit de manger le repas préparé par une
femme qui a ses menstrues, ni de boire dans
le même verre qu'elle.
Anas
rapporte que,
chez les Juifs,
les hommes ne mangent pas avec leurs femmes
quand celles-ci ont leurs menstrues et s'abstiennent
aussi d'avoir des rapports sexuels avec elles.
Mais, ils
cohabitent dans les mêmes demeures.
Les
Compagnons du Prophète ont
interrogé celui-ci à propos de cette question,
suite à quoi Dieu lui a révélé :
" Tenez-vous à l'écart des femmes pendant
les menstrues"
(Sourate 2, verset 222).
L'Envoyé
de Dieu
a dit alors : "
Faites tout sauf les rapports sexuels "
(rapporté par Mouslim).
Aïcha
[Qu'Allah
soit satisfait d'elle] a dit : "
Je buvais alors que j'avais mes menstrues et
je donnais à boire au Prophète
qui buvait, posant ses lèvres là où j'avais
mis les miennes"
(rapporté par Mouslim).
'Abdallâh
Ibn Mas'oûd a dit : J'ai
interrogé l'Envoyé de Dieu au
sujet de se mettre à table avec sa femme quand
elle a ses menstrues. Il a dit "
Mange avec elle"
(rapporté par at-Tirmidhî et Ahmad).
Question
4 : Quels
sont les actes illicites pour une femme en état
de menstruation et de lochies ?
Réponse
: A cause des menstrues et de l'accouchement,
huit choses sont illicites :
1
- La
prière ainsi que la prosternation lors de la
lecture du Coran pour
remercier Dieu ; le Prophète
a dit :
" Si les menstrues arrivent, renonce à
la prière"
(rapporté par les deux cheikhs - al-Boukhârî
et Mouslim). 2 -
Le jeûne qu'il soit obligatoire ou surrérogatoire.
3 - La
lecture du Coran.
4 -
Porter le moushaf
(Coran). 5 - Toucher
le moushaf 6
- Entrer
dans une mosquée.
7 - Faire
la tournée processionnelle autour de la Ka'ba
(at-tawâf). 8 - Avoir des
rapports sexuels. Professeurs
Hamza et Mâjid
Question
5 : Est-il
autorisé à l'homme d'avoir des rapports sexuels
avec sa femme pendant les menstrues ?
Réponse
: Ce que l'on entend par menstrues ici c'est
le
sang qui provient de l'utérus de la femme,
alors qu'elle n'est pas atteinte d'une maladie
qui provoquerait cet écoulement. Les règles
apparaissent normalement à la puberté. Leur
couleur est noire, rouge ou jaunâtre.
Il y a normalement un cycle par mois.
Le sang des menstrues est reconnaissable
pour une femme.
Il
est
interdit au mari d'avoir des rapports sexuels
avec sa femme
pendant ses menstrues. Cela a été décrété
dans le Coran et la pure tradition prophétique.
Dans la sourate al-Baqara (la vache) Allah
dit : "
Ils t'interrogent sur les menstrues, dis : c'est
un mal. Tenez-vous à l'écart des femmes
pendant leur menstruation ; ne les approchez
pas, tant qu'elles ne sont pas pures. Lorsqu'elles
sont pures, allez à elles, comme Dieu vous l'a
ordonné. Dieu aime ceux qui reviennent
sans cesse vers lui, Il aime ceux qui se purifient"
(Sourate 2, verset 222).
Il
est permis au mari de jouir de sa femme pendant
sa menstruation s'il le désire, en
dehors de l'acte conjugal.
On a interrogé Aïcha
[Qu'Allah
soit satisfait d'elle]
sur ce qui est permis à l'homme de faire avec
sa femme quand elle a ses menstrues. Elle
a répondu : "
Tout, sauf l'acte sexuel ". Docteur
Ahmad Charabâsî
Question
6 : Que
penser de la femme dont la période habituelle
de menstruation est de 6 à 7 jours et qui se
prolonge à 10 jours, ou plus, mais dont l'écoulement
de sang s'interrompt durant une seule nuit puis
reprend ensuite ! Doit-elle se laver et faire
sa prière ou doit-elle attendre jusqu'à sa purification
totale étant donné qu'elle a dépassé sa période
habituelle, se trouvant alors en situation de
ménorragie ?
Réponse
: Si la réalité est conforme à ce qui a été
dit - arrêt des menstrues une seule journée
ou une seule nuit durant la période de menstruation
- elle
doit se laver et une fois purifiée, accomplir
les prières qu'elle a manquées.
Ceci parce que Ibn 'Abbâs
a dit :
" Si elle constate que le sang est bien
celui des règles, elle ne prie pas, et si elle
constate qu'il s'est arrêté durant une heure,
qu'elle se lave ".
Il
a aussi été rapporté que si l'état de pureté
dure moins d'un jour, on ne le prend pas en
compte car Aicha
[Qu'Allah
soit satisfait d'elle] a dit : "
Ne vous pressez pas jusqu'à ce que vous constatiez
que la serviette (ou le morceau de coton) soit
blanche".
Comme
le sang coule en discontinuité, l'état de pureté
ne s'établit pas par un arrêt qui dure moins
d'une heure. Tel est le choix de l'auteur
du livre "Moughnî al-Hanbali". Cheikh
'Abd al-'Azîz Ibn Bâz
Question
7 : Que
penser de la perte de sang en dehors de la période
de menstruation
Réponse
: L'écoulement du sang en
dehors de la période de menstruation et de lochies
indique une ménorragie,
dont on se purifie en accomplissant les
petites ablutions avant chaque prière.
S'il est plus abondant on le considère
comme de l'incontinence
urinaire.
La règle de purification des menstrues
dans ce cas est la même que celle de l'impureté
mineure ; les
ablutions sont annulées dès que l'écoulement
se produit avant la prochaine prière.
Dans le cas contraire, cela est considéré
comme une incontinence urinaire excusable, ne
nécessitant pas de refaire les ablutions. Cheikh
Moûsâ Sâlih Charaf
Question
8 : Qu'est-ce
que la ménorragie ? Quelles sont ses règles
?
Réponse
: La
ménorragie est une perte de sang
- due à une affection - qui provient de la rupture
des petits vaisseaux sanguins qui tapissent
le bas de l'utérus, ceci suite aux menstrues,
à l'accouchement, etc.
D'ordinaire,
on ne qualifie de ménorragie que le sang qui
suit les menstrues. Elle engendre les
obligations suivantes :
1
- La femme atteinte de
ménorragie
doit faire sa
toilette intime avant d'accomplir ses ablutions
avec de l'eau ou du sable, si elle pratique
les ablutions pulvérales (tayammoum). Ensuite
elle se protège d'une serviette, de tampons,
etc. Comme c'est une purification nécessaire,
elle
doit faire ses ablutions juste avant d'accomplir
sa prière.
2
- Elle doit renouveler
ses ablutions à chaque prière obligatoire
et même pour accomplir des prières surrérogatoires.
Elle peut faire autant de prières qu'elle
le désire.
3
- Elle doit changer
de serviette à chaque prière obligatoire.
4
- Son mari peut
avoir des rapports sexuels avec elle,
même si les saignements persistent.
5
- Sa règle est la même que celle des femmes
non atteinte de ménorragie. Elle
prie, jeûne, peut effectuer une retraite spirituelle
à
condition de ne pas souiller la mosquée. Elle
peut lire
le Coran,
toucher le moushaf, et accomplir toutes les
adorations. Professeurs
Hamza et Mâjid
Question
9 : Quelles
sont les règles des lochies ?
Réponse
: Les lochies (an-nifâs)
sont l'écoulement du sang suite à l'accouchement.
Elles l'accompagnent, le suivent ou le
précèdent de deux ou trois jours avec les douleurs.
Cheikh al Islâm Ibn Taymiyya a dit: "
C'est ce qu'elle constate au moment où commencent
les douleurs de l'accouchement. Telles
sont les lochies ".
Les deux ou trois jours ne sont pas posés
comme condition. Cela désigne simplement
les douleurs qui précèdent la naissance, sinon
ce ne serait pas une perte de sang liée à l'accouchement.
Les savants ne sont pas d'accord au sujet
de sa durée minimale. Ibn Taymiyya a dit
: "
Le sang des couches n'a pas de durée maximale
ou minimale. S'il arrive qu'une femme
constate qu'elle perde du sang à plus de quarante,
soixante ou soixante-dix jours puis qu'il cesse,
c'est un "sang" de couches. Mais s'il
continue à s'écouler, c'est un saignement pathologique.
La durée du sang de couches est fixée,
selon le consensus, à quarante jours.
A
mon avis, si l'écoulement du
sang dépasse quarante jours
et qu'elle a l'habitude de constater que le
sang ne coule pas de façon continue,
elle doit attendre jusqu'à son arrêt complet.
Sinon, elle se lave après quarante jours,
sauf si cela coïncide avec la période de ses
menstrues, dans ce cas elle doit attendre la
fin de ses menstrues. Le moment de l'arrêt
du saignement doit être considéré comme une
règle personnelle dont la femme doit tenir compte
ultérieurement. Si
le sang continue à couler, alors elle est en
ménorragie.
Elle doit appliquer les règles relatives
à cela, et qui ont déjà été évoquées.
Si
l'écoulement du sang s'arrête avant la fin des
quarante jours, elle
doit se laver puis prier ;
elle peut jeûner et avoir des rapports sexuels
avec son mari. Si l'arrêt a duré moins
d'un jour, cette règle ne s'applique pas.
L'enfantement
ne s'affirme que si elle accouche de ce que
l'on peut considérer comme une créature humaine.
Si elle accouche
d'un embryon dont on ne peut distinguer la forme
humaine,
son sang n'est pas considéré comme des lochies
mais comme un saignement pathologique. On applique
alors la règle de la femme atteinte de ménorragie.
La période la plus courte pour considérer
le foetus comme créature humaine est de
quatre vingt jours à partir de la constatation
de la grossesse.
Souvent, cette période est de 90 jours.
Ibn
Taymiyya a dit : " Si
elle constate l'apparition de sang avant les
douleurs elle ne doit pas en tenir compte.
Si c'est après, elle doit cesser
de faire la prière et de jeûner.
Mais si, après l'accouchement, il s'avère
que le sang qui les a précédées n'était pas
celui des lochies, elle doit rattraper ce qu'elle
n'a pas accompli. Sinon, la femme purifiée n'a
rien à rattraper". Cheikh
Mohammad Sâlih al-'Outhaymin
Question
10 : Quelle
est la récompense de la femme décédée en couches
?
Réponse
: 'Oubâda Ibn as-Sâmit rapporte
que l'Envoyé de Dieu a
dit : "
Qui considérez-vous comme martyr ? "
On a répondu :
" Celui qui combat et meurt dans la voie
de Dieu ".
L'Envoyé de Dieu a
répondu: "Alors
les martyrs de ma communauté ne sont pas nombreux
! Le mort dans la voie de Dieu est un martyr.
Celui qui a été poignardé est un martyr,
celui qui est décédé d'un mal de ventre est
un martyr, la femme décédée en couches est une
martyre".
Selon
une autre version, 'Oubâda Ibn as-Sâmit
rapporte que l'Envoyé de Dieu a
dit : "
Celui qui est mort dans la voie de Dieu est
un martyr, à cause d'un mal de ventre est un
martyr, noyé est un martyr, la femme morte en
couches est une martyre ».
Cheikh
Ibn al-Jawei

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