1- Ar-Rabî' Ibn Saburata Al-Juhanî rapporte que son père lui dit qu'il était avec le Prophète, qui dit :

"Ô hommes... Je vous avais certes autorisés à pratiquer le "mariage de jouissance", et Allah a certes interdit la chose jusqu'au Jour de la résurrection. Que celui qui était lié ainsi à l'une de ces femmes lui rendent sa liberté. Ne prenez rien de ce que vous leur avez donné." (2)
[ Rapporté par Mouslim ]

(1). Al-Khitba, traduit par fiançailles, signifie uniquement "la demande en mariage". Le prétendant qui formule clairement son souhait est appelé khâtib.
(2). Ce hadith montre clairement que le zawâj al-mut'a, c'est-à-dire le mariage de jouissance pratiqué pour une durée déterminée, autorisé d'abord pour les musulmans dans certaines circonstances, a été définitivement abrogé. "Ne prenez rien de ce que vous leur avez donné" : l'abrogation entraînant l'annulation du mariage, les femmes conservèrent cependant la "dot" qui leur avait été remise. Il s'agissait en fait du sadâq, que nous traduisons improprement par le mot "dot", mais qui représente en réalité le bien que l'homme a l'obligation de donner à la femme dans le cadre du mariage, alors que la dot est le bien qu'une femme apporte en se mariant. c'est pourquoi nous mettons le mot "dot" entre guillemets.

 

2- D'après 'Abdallah Ibn Mas'ûd , le Messager d'Allahnous dit :

« Ô assemblée des jeunes gens ! Celui qui parmi vous a les moyens de se marier (3), qu'il se marie ! Celui qui ne le peut doit jeûner : cela lui tient lieu de tranquillisant.(4)»
[ Rapporté par Al-Bukhârî, Muslim. La version est de Muslim ]

(3). Al-bâ'a, c'est-à-dire la capacité physique et les moyens financiers.
(4). Littéralement : "cela lui tient lieu de castration." Al-wijâ' désigne la castration de l'étalon par ablation des testicules, qui entraine l'absence de désir sexuel (An-nihâya, Ibn Al-Athîr). Ici, le sens voulu est que le jeûne permet une meilleur maîtrise de l'instinct sexuel.

 

3- D'après Anas , un groupe de compagnons du Prophète interrogea les épouses du Prophète sur ses activités dans la sphère privée (5).
L'un d'eux affirma:

« Je ne prends pas d'épouses. » Un autre déclara: « Je ne consomme pas de viande. » Un autre dit : « Je ne dors pas sur une couche. » (6) (Ayant pris connaissance de leurs propos), le Prophèteloua Allah , fit Son éloge, et dit: « Qu'en est-il de gens qui ont dit telle et telle chose ?
Mais moi, je prie et je dors ; je jeûne et romps le jeûne ; et je prends des épouses. Celui donc qui délaisse ma tradition n'est pas des miens. »

[ Rapporté par Al Bukhârî, Muslim ]

(5). Le reste du hadith laisse clairement supposer qu'elles décrivent des pratiques naturelles et équilibrées, à l'image de l'Islam qui rejette les excès. Une version du hadith montre que ces compagnons furent étonnés, pensant que les excercices spirituels auxquels se livrait le Prophèteen sa demeure étaient plus intenses et plus restrictifs.
(6). Ces trois personnes se vantent de pratiques ascétiques qu'ils jugent supérieures à l'exemple du Prophète.
La réponse essentielle de ce dernier montre quelle est la voie du juste milieu que l'Islam nous recommande de suivre.

 

4- D'après Ibn 'Umar , le Prophètea dit :

"Que l'homme ne fasse pas concurrence à son frère dans sa demande en mariage, jusqu'à ce que le prétendant qui l'a devancé ne renonce, ou l'autorise à faire sa demande."
[ Rapporté par Abû Yalâ, Ibn Hibbân ]

(7). On appréciera la finesse de cette recommandation : l'Islam vise à preserver les liens fraternels de la communauté. Une concurrence déloyale, au niveau du mariage comme au niveau du commerce et de l'acquisition des biens, engendre la haine et est contraire à cet esprit de fraternité.
Cependant, un prétendant peut estimer de bon coeur qu'une autre proposition de mariage va permettre à la future mariée de se déterminer avec plus de liberté dans son choix. Rappelons qu'aun niveau de la khitba, l'homme et la femme ne sont tenus encore à aucune obligation de mariage.
Ils ne peuvent donc s'isoler et mener une vie de couple.

 

 5- D'après 'Âïsha , le Prophètea dit :

« Pas de mariage (8) sans représentant légal (9) et la présence de deux témoins équitables. Le mariage qui n'est pas conforme à cela n'est pas valable. En cas de dispute, (10) le chef est le représentant de qui n'a pas de représentant. »
[ Rapporté par Ahmad, Ibn Hibbân ]

 (8). « Pas de mariage » : la négation peut signifier : « Pas de mariage complet » ou «pas de mariage valable ». La plupart des savants se sont rangés au sens le plus évident : le mariage n'est pas valable sans représentant légal. L'école d'Abû Hanifa a considéré au contraire que la négation ne signifie pas l'invalidité du mariage, mais simplement le fait qu'il n'est pas complet. Quant à l'expression qui suit : « Le mariage qui n'est pas conforme à cela n'est pas valable », les tenants de cette école ont considéré qu'il s'agit d'une addition au hadith authentique.

(9). Le waliyy de la mariée, que nous avons traduit par « représentant légal », désigne en fait le membre de sa famille, de sexe masculin, qui en est responsable : son père, puis son grand-père paternel, puis son frère...
(10). De dispute. entre les représentants légaux, qui occupent le même rang de responsabilité et ne sont pas d'accord sur la possibilité du mariage dans ce cas, c'est au premier responsable de la communauté de trancher.

 

 6- D'après Khâlid d'après Ash'at, d'après Al-Hasan, `Aqîl Ibn Abî Tâlib épousa une femme de la tribu des Banî Jushm. On lui dit (en le congratulant) :

« En vous souhaitant) une vie de couple harmonieuse et beaucoup de garçons ! »(11) `Aqîl déclara : « Dites comme a dit le Messager d'Allah: "qu'Allah vous bénisse et qu'Il bénisse pour vous." »
[ Rapporté par An-Nasâ'î ]

(11). L'Islam a écarté cette formule de voeux de mariage qui, dans la société ignorante pré-islamique, marquait une préférence pour les enfants de sexe masculin.

 

 7- D'après 'Abdallah Ibn 'Amr, le Messager d'Allaha dit :

« Le monde est entièrement objet de jouissance. Sa meilleur part, c'est une femme vertueuse. »
[ Rapporté par Ahmad, Muslim ]

 

 8- Mâlik rapporte d'après 'Abd-Allah Ibn Al-Fadl, d'après Nâfi` Ibn Jubayr, d'après Ibn `Abbâs, que le Messager d'Allah a dit :

« La veuve a plus de droit sur elle-même (12) que son représentant légal. On demande à la vierge son autorisation (pour la marier). Son autorisation, c'est son silence. »
[ Rapporté par Muslim ]

(12). C'est-à-dire: de disposer d'elle-même en cas de demande en mariage.

 

 9- D'après Jâbir Ibn `Abdi-Llâh, un homme maria sa fille, alors qu'elle était vierge, sans lui demander son avis : elle alla (se plaindre) au Prophète qui sépara les conjoints.
[ Rapporté par An-Nasâ'î ]

 

 10- Mâlik rapporte, d'après Nâfi`, d'après Ibn 'Umar, que le Prophètea interdit le shi`âr. Le shi`âr consiste (en un double mariage) : l'homme accorde sa fille en mariage à quelqu'un, en échange de la fille de ce dernier qu'il prend pour épouse, sans qu'il y ait entre les deux une « dot ». (13)
[ Rapporté par Al-Bukhârî, Muslim ]

(13). L'Islam a interdit cette pratique, injuste envers les deux filles qui se trouvent ainsi privées de sadâq (que nous traduisons par le mot " dot ", mais qui représente en fait le bien que l'homme a l'obligation de donner à la femme dans le cadre du mariage, comme nous l'avons déjà expliqué). D'autre part, le shi`âr comprend un risque: le divorce d'un couple entraîne le divorce de l'autre, ce qui constitue une injustice supplémentaire.

 

 11- D'après Anas, le Prophète vit sur 'Abd Ar-Rahmân Ibn `Awf des traces de safran. Il lui demanda :

« Qu'est-ce que cela ? » Il répondit : « J'ai épousé une femme pour le poids d'un noyau d'or. » Le Prophètelui dit : « qu'Allah t'apporte Sa bénédiction. Fais un repas de noces, ne serait-ce que d'un mouton. »
[ Rapporté par Al-Bukhârî, Muslim ]

 

 12- D' après `Âïsha , le Messager d'Allaha dit :

« C'est une marque de bon augure pour la femme que son affaire ( sa mise en ménage) soit facilitée, et que sa "dot" soit peu élevée . » `Urwa affirma :
« Quant à moi, j'ajoute cette parole qui vient de moi : "C'est une marque de mauvais augure pour elle que son affaire (sa mise en ménage) soit difficile, et que sa "dot" soit élevée." »

[ Rapporté par Ibn Hibbân, Al Hâkinki ]

 

 13- D'après Anas, le Prophètea affranchi Safiyya et fit de son affranchissemerit sa «dot». [Cette expression est celle rapportée par Muslim], et dans une autre version : "Il lui désigna comme « dot » son affranchissement." (14)

(14). Safiyya , fille de Huyay, était d'origine juive et avait été faite captive lors de la bataille de Khaybar. Elle se convertit à l'Islam et devint l'une des épouses du Prophète. Comme ses co-épouses, elle est appelée « mère des croyants » : l'Islam ne connaît pas l'antisémitisme.

 

 14- D'après Ma'qal Ibn Yasâr , le Messager d'Allaha dit :

« Épousez celle qui est aimante et féconde. (15) Certes, je ferai valoir votre nombre (comme étant supérieur au nombre des autres communautés, au Jour de la résurrection). »
[ Rapporté par Abû Dâwûd, An-Nasâ'î, Ibn Hibbân ]

(15). Al-wadûd, l'aimante, celle qui est pleine de tendresse; al-walûd, celle qui est susceptible d'avoir beaucoup d'enfants.

 

 15- D'après Sa'd Ibn Abî Waqqâs

« le Messager d'Allaha rejeté la proposition de `Uthmân Ibn Maz'ûn de vivre dans le célibat. (16) S'il le lui avait permis, nous nous serions certes châtrés. »
[ Rapporté par Al-Bukhârî, Muslim ]

(16). Le célibat : le mot tabattul a ici le sens de l'ascèse qui consiste à s'interdire toute relation sexuelle. On trouve le verbe correspondant dans le Coran (73/8), utilisé dans le sens plus général de se consacrer totalement à Allah.

 

 16- 'Umar Ibn Al-Khattâba dit :

« Attention. N'exagérez pas (le montant) de la "dot" qui revient aux femmes. Si une telle pratique conférait noblesse en ce monde et piété auprès d'Allah , le Prophète aurait eu plus de raison que vous d'agir de la sorte. Je ne sache que le Messager d'Allahait pris femme, ou marié l'une de ses filles pour une "dot" supérieure à douze ûqiyya. (17) »
[ Rapporté par Ahmad, At-Tirmidhî, Abû Dâwûd, An-Nasâ'î ]

(17). 12 ûqiyya sont l'équivalent d'un ratl, soit 480 dirhams qui représentent 1 425,6 grammes d'argent. À titre comparatif, le qintâr équivaut à 12 000 dirhams, soit 35 640 grammes d'argent, ou mille pièces d'or, d'où le mot latin quintal. La possibilité d'une "dot " aussi élevée est indirectement évoquée dans le Coran en (4/20), mais les hadiths montrent clairement qu'il est préférable de ne pas exagérer le montant de la « dot ». L'Islam, en effet, facilite à tous les niveaux la réalisation du mariage, seules les coutumes étrangères et les mauvaises habitudes sont venues compliquer les choses, contraignant les familles à des dépenses inutiles.

 

 17- D'après Anas , « Abû Talha a épousé Umm Sulaym , et la "dot" (qui fut décidée entre les deux) était la conversion à l'Islam d'Abû Talha. Umm Sulaym s'était, en effet, convertie à l'Islam avant Abû Talha. Il la demanda en mariage et elle lui dit "Je me suis certes convertie. Si tu te convertis, je t'épouserai." Il se convertit, et sa conversion était la "dot" convenue entre les deux. »
[ Rapporté par An-Nasâ'î ]

 

 18- Safiyya Bint Shayba a dit:

« Le Prophètea fait un repas de noces, à l'occasion de son mariage avec l'une de ses épouses, consistant en deux mudd (18) d'orge. »
[ Rapporté ainsi par Al-Bukhârî, mais sous le mode mursal (19)]

(18). Le mudd est une unité de mesure correspondant environ à 600 grammes.
(19). Le hadith mursal ne mentionne pas le nom du compagnon qui a été témoin de l'action ou du dire du Prophète . Sa chaîne n'est donc pas continue et il ne remplit pas les conditions du hadith sahîh selon Al-Bukhârî lui-même. Selon beaucoup d'imâms, il peut être cependant considéré comme authentique du fait que tous les compagnons qui nous ont transmis des hadiths furent précis et dignes de confiance. Ce dernier argument est susceptible toutefois d'être remis en cause du fait qu'un tâbi'î (personne de la génération qui suit celle des compagnons) peut rapporter un hadith d'après un autre tâbi`î inconnu, dont nous ne sommes pas assurés de la rigueur!

 

 19- Al-Mughîra Ibn Shu'ba a dit: « J'ai demandé en mariage une femme.Le Messager d'Allahm'a dit :

"L'as-tu regardée ?" Je répondis : "Non." Il reprit : "Regarde-la. Cela sera plus propice à établir l'entente entre vous deux." »
[ Rapporté par Ahmad, An-Nasâ'î ] (20)

(20). Ce hadith recommande donc de voir la fiancée avant le mariage, contrairement à des pratiques excessives où l'on estime que les conjoints peuvent se marier sans se connaître et sans s'être vus.

 

 20- D'après `Âïsha , le Messager d'Allaha dit:

« Toute femme qui se marie sans l'autorisation de son représentant légal, son mariage n'est pas valable ! Son mariage n'est pas valable ! Son mariage n'est pas valable ! Si relation sexuelle il y a eu, à la femme revient sa "dot", en compensation de cette relation. S'ils se disputent,(21) le chef est le représentant de qui n'a pas de représentant. »
[ Rapporté par Ahmad, Abû Dâwûd ]

(21). Selon les commentateurs du hadith, le Prophèteévoque ici la situation où les représentants légaux se disputent.

 

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