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Les
doctes sont unanimes à déclarer
que le
mort bénéficie des actes de piété
qu'il aura accomplis dans sa vie.
A
ce propos, Muslim, Abû Dâwûd,
At- Tirmidhî, An-Nasa'i et Ibn Mâja
rapportent d'après Abû Hurayra
que le Prophète
a dit :
«
Lorsque le fils d'Adam vient à mourir,
tous ses actes sont interrompus, hormis trois
choses : une aumône toujours en cours,
une science dont les autres bénéficient
et une progéniture pieuse qui invoque
Dieu pour lui.»
Par
ailleurs ibn Mâja
rapporte que le Prophète
a dit
:
«
Parmi les actes et les bonnes œuvres qui suivent
le croyant après sa mort, il y a une
science qu'il aura enseignée et divulguée,
un enfant pieux qu'il aura laissé après
lui, Un Coran qu'il aura légué
en héritage, une mosquée qu'il
aura édifiée, une maison qu'il
aura construite pour le voyageur démuni,
une rivière qu'il aura aménagé
au profit des autres et une aumône qu'il
aura prélevée de ses biens étant
encore vivant et en bonne santé. Toutes
ces œuvres lui parviendront après sa
mort. »
Muslim
rapporte d'après Jarîr Ibn 'Abdallâh
que le Prophète a dit :
«
Quiconque aura institué en Islam un bon
usage, bénéficiera de sa récompense
et de celle de tous ceux qui l'auront adopté
après lui, sans que cela diminue en rien
leur récompense; et quiconque aura institué
en Islam, un usage blâmable, se chargera
d'un péché et du péché
de tous ceux qui l'auront adopté après
lui, sans que cela diminue en rien leurs péchés.
»
Quant
aux actes d'autrui dont bénéficie
le défunt, nous les exposerons comme
suit :
Invoquer Dieu et implorer Son Pardon pour le
défunt
C’est
un acte qui fait l'unanimité des légistes,
conformément au propos de Dieu Tout Puissant
:
«
Ceux qui sont venus après eux disent:
Seigneur, pardonne-nous ainsi qu'à nos
frères qui nous ont précédés
dans la foi et fais que nos cœurs n'aient jamais
de haine envers les croyants. Seigneur, Tu es
Tout Compatissant et Tout Miséricordieux
» [ Sourate 59 - Verset
10 ]
A
ce sujet, nous avons déjà évoqué
le propos du Prophète :
«
Si vous procédez à la prière
mortuaire, invoquez sincèrement Dieu
pour le défunt ».
De
même que, parmi les invocations du Prophète , on
retient :
«
Seigneur, pardonne-nous tous, les vivants comme
les morts ».
Tout comme les Pieux Anciens,
les Successeurs n'ont eu de cesse d'invoquer
Dieu pour les morts, L'implorant de leur accorder
Miséricorde et Pardon, sans que personne
ait jamais dénoncé cette pratique.
Faire l'aumône
An-Nawawî
rapporte que les doctes sont unanimes à
déclarer qu'une aumône peut être
donnée à l'intention du défunt
et que la récompense qui en découle
lui parvient, qu'elle soit donnée par
un enfant du défunt ou par quelqu'un
d'autre. A ce propos, Ahmad, Muslim et d'autres
traditionalistes, rapportent d'après
Abû Hurayra qu'un homme dit au Prophète :
« Mon
père est mort en ayant légué
des biens mais sans testament, sera t-il expié
si je donne une aumône à son intention?
» et le Prophète , de lui répondre
par la positive.
Al-Hasan rapporte que Sa'd
Ibn 'Ubâda
a dit :
«
Lorsque ma mère décéda,
je dis au Prophète : "Ô Envoyé de Dieu ma
mère est décédée,
puis-je faire l'aumône à son intention
?" - "Oui" répondit le Prophète. -
"Quelle aumône est la meilleure?" ,
m'enquis-je auprès de lui. - "Offrir de
l'eau à boire", me répondit-il.
Al-Hasan ajoute
: « C'est ainsi que la
famille de Sa'd s'occupa de la siqâya
(d'offrir de l'eau à boire) à
Médine. »
[ Rapporté par Ahmad, An-Nasâ'î
et par d'autres traditionnistes. Cependant il
est déconseillé de commencer à
donner ladite aumône dans le cimetière,
tout comme il est réprouvé de
la donner pendant les funérailles.]
Jeûner
A
ce sujet, Al-Bukhârî et Muslim
rapportent
d'après Ibn 'Abbas qu'un homme vint trouver
le Prophète et lui dit
:
« Ô Envoyé
de Dieu, ma mère est morte ayant à
charge le jeûne (obligatoire) d'un mois,
puis-je l'accomplir pour elle ?
-"Si ta mère
avait contracté une dette, aurais-tu
remboursé cette dette", lui demanda
le prophète ?
-"Certes", répondit
l'homme.
-"Et bien
! Sache que la dette qu'elle
a envers Dieu est plus digne d'être remboursée", lui dit le Prophète.»
Accomplir le pèlerinage
AI-Bukhârî
rapporte d'après Ibn 'Abbâs
qu'une
femme de Juhayna vint trouver le Prophète et lui
dit :
« Ma mère avait conçu
le vœu d'accomplir son pèlerinage à
La Mecque, mais elle est morte avant de s'en
acquitter, puis-je le faire pour elle ?
-"Oui,
fais-le pour elle", répondit le Prophète. "
Vois-tu, si ta mère avait contracté
une dette, l'aurais-tu remboursée pour
elle ? Honorez vos dettes, car les dettes à
l'égard de Dieu sont plus dignes d'être
honorées".»
La prière
Ad-Dâraqutnî
rapporte qu'un homme dit au Prophète : «
Ô Envoyé de Dieu, j'avais un père
et une mère envers lesquels j'étais
bon de leur vivant; comment être bon envers
eux après leur mort ?
"
C'est être
bon envers eux après leur mort que de
prier à leur intention, et jeûner
à leur intention ", lui répondit
le Prophète .»
La récitation du Coran
C'est
le point de vue de la majorité des Sunnites.
An-Nawawi
dit : « La doctrine d’Ash-Shâfi
'î
est que la récitation du Coran
ne parvient pas au mort.
Cependant, Ahmad Ibn
Hanbal
et un groupe de partisans d'Ash-Shafi'i
affirment le contraire. Il suffira seulement,
disent-ils, que celui qui récite le Coran
dise après avoir achevé sa récitation
: «
Seigneur, fais que la récompense qui
découle de ma récitation aille
à Untel.»
Dans « Al-Mughni
», Ibn Qudama
rapporte : « Ahmad
Ibn Hanbal
a dit : « Toute bonne œuvre
parvient au défunt. Conformément
aux textes rapportés à ce sujet.»
Ceux qui soutiennent
que la condition de la récompense découlant
de la récitation du Coran parvient au
défunt posent la condition que celui
qui le récite ne soit pas payé.
S'il perçoit une quelconque rémunération
pour sa récitation, lui et celui qui
paye commettent un acte illicite et nulle récompense
ne parvient alors au défunt.
A ce propos,
Ahmad, At-Timidhi et Al-Bayhaqî
rapportent
d'après 'Abd Ar-Rahmân Ibn Shibl,
que le Prophète a dit
:
« Récitez le
Coran et appliquez ses règles. Ne vous
en éloignez pas, n'exagérez pas
et ne le prenez pas pour source de subsistance
ou de richesse. »
Ibn AI-Qayyim
a dit
: « Les pratiques cultuelles sont de deux
sortes : matérielles et physiques
: or,
en faisant parvenir au mort le bénéfice
d'une aumône, le Législateur témoigne
que le bénéfice de toutes les
autres pratiques cultuelles matérielles
parvient au défunt. De même, en
lui faisant parvenir le bénéfice
qui découle d'un jeûne, le Législateur
témoigne que la récompense relative
aux autres pratiques cultuelles physiques parvient
au défunt. Mieux encore, si la récompense
découlant des pratiques cultuelles du
pèlerinage - lesquelles sont soit matérielles
soit physiques - parvient au défunt,
cela implique le bénéfice de toutes
les autres pratiques cultuelles composées
de physique et de matériel, parvient
au mort. En somme, l'efficience des trois types
de récompense est prouvée par
les énoncés scripturaires et l'analogie.
»
L'intention
est nécessaire
Il
est nécessaire de concevoir l'intention
d'agir pour le défunt.
Ibn 'Aqil
a dit:
« Lorsque quelqu'un accomplit un acte
d'adoration tels la prière, le jeûne,
la récitation du Coran, et en offre la
récompense à un défunt
musulman, elle lui parvient et lui profite,
à condition d'avoir, auparavant et pendant
l'acte même, conçu l'intention
d'offrir au défunt la récompense
qui en découle.
Les
meilleures actions à offrir au défunt
Ibn
Al-Qayyim
a dit : « Les meilleurs actions
sont celles qui lui sont les plus utiles. De
fait, affranchir un esclave et faire l'aumône
sont par exemple meilleurs que de jeûner
pour lui. Cela étant, la meilleure aumône
est celle qui répond à un besoin constant
chez celui à qui on l'offre. C'est dans
ce sens que le Prophète a dit
:
« La
meilleure aumône consiste à offrir
de l'eau à boire », et ce dans
un lieu où l'eau est rare de sorte que
les gens souffrent de la soif.
Quant à
offrir à boire là où les
sources et les rivières sont abondantes,
cela n'est point meilleur que d'offrir à
manger à ceux qui en ont besoin. De même
que l'invocation sincère de Dieu et l'imploration
de Son pardon avec humilité lors de la
prière mortuaire sont des pratiques qui
surpassent l'aumône offerte à l'intention
du mort. Somme toute, l'affranchissement d'un
esclave, l'aumône, l'invocation, l'imploration
du pardon et l'accomplissement du pèlerinage
pour le mort sont les meilleurs actes à
offrir à l'intention du défunt.
»
Offrir
la récompense de son acte au Prophète
Ibn
Al-Qayyim
a dit : « Certains jurisconsultes
parmi les Successeurs le considèrent
louable; d'autres ne le voient pas ainsi et
le prennent pour une innovation, car les Compagnons
n'y procédèrent pas. Par ailleurs,
le Prophète bénéficie de la récompense
découlant de toute bonne oeuvre accomplie
par les membres de sa Communauté, sans
que cela diminue en rien leur part ladite récompense,
car c'est lui qui les a guidés à
toutes les bonnes oeuvres et les y a exhortés.
Or, quiconque incite à une bonne voie
bénéficie d'une récompense
égale à celle de tous ceux qui,
après lui, l'emprunteront, sachant que
cela ne diminue en rien leur récompense.
En somme, étant le précurseur
et le guide de la communauté en toute
bonne voie et en toute science utile, le Prophète
bénéficie
de la même récompense que celle
de quiconque l'aura suivi en cela, qu'on la
lui ait offerte ou non. »
Les
enfants des musulmans et ceux des impies
Quiconque
parmi les enfants des musulmans meurt avant
d'atteindre la puberté entrera au Paradis.
A ce propos, Al-Bukhârî
rapporte
d'après 'Adî Ibn Thabit qu'il entendit
AI-Barâ' dire
:
« Lorsque Ibrâhîm décéda, le Prophète
dit :
« Il a une nourrice au Paradis ».
En rapportant ce hadîth dans ce chapitre,
Al-Bukhârî
vise à mettre
en évidence qu'ils sont au Paradis.
Par
ailleurs, Anas Ibn Mâlik
rapporte que
le Prophète
a dit :
« Dieu fera entrer
au paradis tout musulman qui aura perdu trois
enfants non encore pubères, grâce
à Sa Miséricorde pour eux. »
Alléguer ce hadith, signifie que celui
grâce auquel on entre au paradis en est
bien plus digne, car étant la raison
et la source de la miséricorde Divine.
Quant
aux enfants des impies, ils entreront au Paradis,
au même titre que les enfants des musulmans.
An-Nawawî souligne que c'est l'opinion
authentique approuvée par tous les critiques,
conformément au propos de Dieu:
«
Nous n'avons jamais sévi avant d'avoir
envoyé un messager. » [ Sourate
17 – Verset 15 ]
En
effet, si l'homme ayant atteint l'âge
de la raison ne subit le châtiment divin
que s'il a été averti, à
fortiori celui qui n'a pas encore atteint
cet âge ne saurait le subir.
A ce sujet,
Ahmad
rapporte d'après Khansâ'
Ibn Mu'âwiya Ibn Sarîm, que sa tante
déclare avoir demandé au Prophète
:
-
«
Ô Envoyé de Dieu, qui est au Paradis
? » -
« Le Prophète
est au Paradis, le martyr
est au Paradis et le bébé est
au Paradis », lui répondit-il.
Al-Hâfidh
a dit que sa chaîne de transmission était
bonne.

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