Avoir de bonnes relations avec sa femme 

Le premier devoir du mari vis-à-vis de sa femme est que celui-ci ait des égards pour elle, qu'il la fréquente de la meilleure manière, la traite convenablement, et fasse ce qu'il peut pour rallier son cœur, outre le fait de supporter et endurer certains comportements émanant d'elle.

 Dieu   dit :

 « Fréquentez-les selon les convenances ; si elles vous inspirent de l'aversion,
qui sait si votre aversion ne porte pas sur une chose où Dieu loge beaucoup de bien »
[ Sourate 4 - Verset 19 ]
 

Par ailleurs, parmi les signes qui dénotent la plénitude des mœurs et l'élévation de la foi chez un homme, il y a le fait qu'il soit courtois et bienveillant avec sa femme.

L'Envoyé de Dieu  a dit :

« Le croyant dont la foi est la plus parfaite est celui dont les moeurs sont les plus nobles.
Les meilleurs d'entre vous sont les meilleurs envers leurs épouses. »
 

En outre, avoir des égards pour une femme est une preuve de noblesse de caractère, tandis que la rabaisser est un signe de bassesse et de mesquinerie.

L'Envoyé de Dieu a dit :

« N'a des égards pour les femmes, que l'homme noble, ne les abaisse, que l'homme mesquin. »
 

Entre autres marques d'attention à l'égard d'une femme, il y a le fait d'être affectueux et plaisant avec elle.

Il est avéré que l'Envoyé de Dieu montra un jour son affection à 'Aïsha en engageant une course avec elle. Celle-ci rapporte :

« L'Envoyé de Dieu voulut me devancer à la course, mais je le rattrapai. Aussitôt que j'eus terminé le repas, je voulus à mon tour le devancer à la course, mais il me rattrapa et s'écria : un à un ! »
[ Rapporté par Abû Dâwûd, at-Timidhî, an-Nasâ'î]

Parmi les marques d'attention à l'égard d'une femme, il y a également le fait de la considérer comme une égale et éviter de lui causer du tort, fut-ce en employant un mauvais mot.

L'Envoyé de Dieu a dit :

« Recommandez-vous la bonté envers les femmes. La femme a été créée d'une côte. Or, c'est la partie la plus élevée de la côte qui est la plus courbe. Si tu cherches à la redresser, tu la briseras. Et si tu la laisses telle qu'elle est, elle demeurera courbe. Recommandez-vous donc la bienveillance envers les femmes ! »

Il faut prendre la femme telle qu'elle est et la traiter de la meilleure manière. Ce qui ne veut pas dire pour autant que l'on ne doive pas la reprendre et corriger sa trajectoire lorsqu'elle s'écarte du droit chemin.

Cependant, il peut arriver que le mari veuille faire abstraction des mérites et des qualités de sa femme et ne prenne en compte que ses mauvais côtés, raison pour laquelle l'islam exhorte celui-ci de toujours peser le pour et le contre et lui rappelle que s'il remarque chez elle quelque chose qu'il n'aime pas, il doit voir aussi chez elle ce qu'il aime.

L'Envoyé de Dieu a dit :

« Il n'appartient pas à un croyant de détester une croyante :
s'il n'aime pas certains de ses agissements, il en appréciera d'autres. »

 

Protéger sa femme 

Le mari doit protéger sa femme et la préserver contre tout ce qui peut porter atteinte à sa dignité, à son honneur et à sa réputation, car c'est là une forme de jalousie qui est appréciée de Dieu.

L'Envoyé de Dieu a dit : « Dieu est Jaloux et le croyant est jaloux. Dieu éprouve de la jalousie lorsque Son serviteur fait ce qu'Il lui a interdit. »

At-Tabarânî rapporte d'après 'Ammâr Ibn Yâsir que l'Envoyé de Dieu a dit :

« Trois genres d'individus n’entreront jamais au Paradis : le dayyûth, rijalat an-nisâ' et l'alcoolique invétéré. » Les Compagnons demandèrent : « Ô Envoyé de Dieu ! Nous savons ce qu'alcoolique invétéré veut dire, mais qu'est-ce que le dayyûth ? — Il s'agit de celui qui ne se soucie pas de savoir qui se trouve en compagnie de sa femme, répondit le Prophète. » Puis les Compagnons de demander : « Et rijalat an-nisâ' ? — Il s'agit de celle qui prend des allures d'homme ».

S'il est vrai qu'un mari doit être jaloux de sa femme, il lui est toutefois demandé de faire preuve de modération en la matière et de ne pas la suspecter inconsidérément ni surveiller abusivement tous ses faits et gestes, car de tels comportements ne peuvent qu'altérer la vie du couple et rompre les solidarités que Dieu a ordonnées.

 

Assumer son devoir conjugal

Ibn Hazm le Dhâhirite a dit : « Il a été prescrit à l'homme d'avoir des relations conjugales avec sa femme. Le minimum en la matière consiste à avoir des rapports avec elle au moins une fois durant son cycle de pureté, s'il en est capable. S'il ne s'acquitte pas de ce devoir, il désobéit au décret de Dieu. La preuve de ce que nous disons est la parole de Dieu suivante :

«  Quand elles seront purifiées, allez à elles par où Dieu l'a pour vous décrété.»
[Sourate 2 - Verset 222]
 

La majorité des docteurs de la loi considère comme Ibn Hazm que le mari doit s'acquitter régulièrement de son devoir conjugal, à moins qu'il n'ait une excuse valable.

On rapporte qu'on demanda à Ahmad : « Combien de temps un mari peut-il s'absenter de sa femme ? » – « Six mois, répondit-il, après quoi on lui envoie un courrier. S'il refuse de rentrer, le juge prononce leur séparation.»

L'argument sur lequel il se fonde pour dire cela est ce propos rapporté par Zayd Ibn Aslam :

« 'Umar Ibn al-Khattâb  faisait un tour de garde dans Médine, lorsque, passant devant une maison, il entendit une femme déclamer ces vers :

Cette nuit s'étend en longueur- et son flanc s'assombrit
Je suis lasse de ne pas avoir d'amant avec lequel folâtrer
Par Dieu ! N'eût été la crainte de Dieu l'Unique
Les coins de ce lit se seraient mis depuis longtemps à remuer
Mais mon Seigneur et la pudeur, m'empêchent,
Ainsi que les égards que j'ai pour mon mari, que sa monture par un autre, ne soit chevauchée.
 

`Umar demanda qui était cette femme, on lui répondit qu'il s'agissait d'une telle dont le mari s'était absenté pour combattre sur le chemin de Dieu.

Il envoya alors une missive à cette dernière, lui intimant l'ordre de rester auprès de lui, et en envoya une autre à son mari, lui ordonnant de rentrer, puis il alla trouver sa fille Hafsa, et il lui demanda : « Ô ma fille ! Dis-moi, combien de temps une femme peut-elle patienter sans son mari ?

– " Gloire à Dieu ! Est-ce toi qui poses ce genre de question ?" s'écria-t-elle.
– N'eût été un problème qui touche directement les musulmans et que je dois régler, rétorqua 'Umar, je ne t'aurais pas posé cette question.
– "Peut-être cinq ou six mois," répondit-elle.

Suite à quoi 'Umar  décréta que le délai maximum durant lequel un soldat peut être mobilisé serait de six mois : un mois de voyage pour l'aller, quatre mois de stationnement, et un mois de voyage pour le retour.

Ceci dit, il convient que la fréquence des rapports que le mari a avec sa femme soit fonction du besoin qu'elle a d'être assouvie, car assouvir sexuellement sa femme est un devoir auquel le mari est tenu de s'acquitter.

On rapporte d'après Muhammad Ibn Ma'n al-Ghifârî le propos suivant : « Une femme vint trouver 'Umar Ibn al-Khattâb et lui dit : "Ô commandeur des croyants ! Mon mari jeûne la journée et prie la nuit. Il me serait donc désagréable d'avoir à me plaindre à lui alors qu'il voue obéissance à Dieu.

— Quel excellent mari que le tien ! s'exclama 'Umar." Elle lui répéta la même phrase une seconde fois, mais 'Umar lui donna la même réponse. "
— Ô commandeur des croyants ! intervint alors Ka`b al-Asadî , cette femme se plaint que son mari délaisse le lit conjugal.
— Puisque tu as percé le sens de ses propos, s'écria 'Umar, arbitre donc leur différend !"
Ka`b demanda qu'on lui amène son mari, ce qui fut fait, puis il interrogea celui-ci en ces termes :
"Ta femme se plaint de toi.
— Est-ce pour une question de nourriture ou de boisson ? demanda-t-il.
— Ni l'un ni l'autre, rétorqua Ka`b.
C'est alors que sa femme dit ces vers:

Ô toi, le juge qui discerne avec sagesse !
A détourné mon amant de mon lit, le lieu où il prie
L'ont fait renoncer à ma couche, ses actes d'adoration
Rends donc ton jugement, ô Ka`b !
Et ne le réitère pas car [mon amant] ne se reposant ni la nuit ni le jour,
Je n'ai pas, pour ce qui est des œuvres de chair avec les femmes, de raison de le louer
 

Son mari lui répondit :

Si j'ai renoncé aux femmes et aux ornements
C'est que je suis un homme que la Révélation a stupéfié
Certes, il y a dans la sourate Les Abeilles, dans les sept longues sourates
et dans le Livre de Dieu, de quoi susciter une crainte révérencielle
 

Ka`b trancha alors en ces termes :

"Elle a sur toi un droit, ô homme ! Sa part lui revient au bout de quatre [jours], pour celui qui raisonne. Donne-lui donc ce qui lui revient et libère-toi pour le restant." Puis Ka`b dit à ce dernier : "Dieu t' a permis d'avoir deux, trois ou quatre femmes : il t'appartient donc durant trois jours et trois nuits d'adorer ton Seigneur."

À ces mots, 'Umar , ébahi, s'écria :

"Par Dieu ! Je ne saurais dire laquelle des deux choses me plaît le plus : est-ce la façon dont tu as compris l'affaire qui a amené cette femme ou la manière dont tu as jugé leur différend ? Va ! Et sache que je t'ai d'ores et déjà désigné au poste de juge à Basra". »

En outre, il est avéré dans la Sunna que l'acte sexuel est une forme d'aumône rétribuée de Dieu.

Muslim rapporte que l'Envoyé de Dieu a dit :

« Chaque fois que tu fais œuvre de chair avec ta femme, tu fais une aumône. » Les Compagnons s'écrièrent alors : « Comment, chacun de nous satisferait ses appétits charnels et mériterait par là une rétribution ? » Le Prophète répondit : « Voyons ! Celui qui assouvit ses appétits de façon illicite, ne se charge-t-il pas d'un péché?  De même, celui qui les satisfait de façon licite, obtient une rétribution. »
 

Enfin, il est conseillé au mari de badiner et folâtrer avec sa femme, de la cajoler, l'embrasser et attendre qu'elle ait satisfait ses appétits charnels. Ab Ya'lâ rapporte, d'après Anas Ibn Malik, que l'Envoyé de Dieu a dit:

« Lorsque l'un d'entre vous a une relation charnelle avec sa femme, qu'il soit sincère avec elle : s'il a satisfait ses appétits avant elle, qu'il ne la presse pas, jusqu'à ce qu'elle ait satisfait les siens. »

 

Prononcer la formule "Au nom de Dieu" avant de faire œuvre de chair

 

Il est recommandé de prononcer la formule « Au nom de Dieu » et de chercher refuge auprès de Dieu contre Satan avant d'avoir des rapports sexuels. Al-Bukhâri, Muslim rapportent d'après Ibn 'Abbâs que l'Envoyé de Dieu a dit :

« Celui qui, au moment de s'accoupler avec son épouse, dit "Au nom de Dieu ! Seigneur ! Éloigne-nous de Satan et éloigne Satan de ce que' nous octroies !", et qu'un enfant naisse de leur étreinte, Satan ne saurait lui nuire »

 

Il est défendu de faire état de ses ébats amoureux à autrui 

Évoquer l'acte sexuel ou en parler est contraire aux moeurs et fait partie des sujets de discussion qui n'ont aucun intérêt ni aucune raison d'être. Il est dit dans un hadith sahîh :

« Est bon musulman celui qui se détourne de ce qui ne concerne pas ».

De plus, Dieu   a fait l'éloge des croyants qui s'écartent de la futilité en ces termes :

« Comblés sont les croyants qui s'écartent de la futilité. »
[Sourate 23 - Verset 3]
 

Si, par contre, la nécessité impose de parler de l'acte sexuel, il n'y a pas de blâme à cela. Ce qui est défendu, c'est que le mari ou la femme s'étendent en détails sur ce qu'ils ont dit ou fait ensemble, et divulguent la chose.

Ahmad et Abû Dâwûd   rapportent d'après Abû Hurayra ceci :

« L'Envoyé de Dieu pria, puis, une fois formulées les salutations d'usage, il se tourna vers les prieurs et leur dit : "Restez à votre place ! Y en a-t-il parmi vous qui, lorsqu'il ont des rapports charnels avec leurs femmes, ferment leur porte et leurs rideau, puis lorsqu'ils sont dehors, racontent à autrui :" J'ai fait à ma femme ceci et cela ?' On entendit un grand silence. Puis l'Envoyé de Dieu se tourna ensuite vers les femmes et leur demanda à leur tour : " Y en a-t-il parmi vous qui racontent ces choses ? "
C'est alors qu'une fillette s'agenouilla et allongea le bras afin que l'Envoyé de Dieu
la voit et entende ce qu'elle avait à dire, puis elle lança : "Oui, Par Dieu ! Ils parlent entre eux de cela et elles parlent entre elle de cela !
– Savez-vous à quoi on peut comparer celui qui fait pareille chose, demanda le Prophète
?
On peut le comparer à un diable et une diablesse qui, se rencontrant au coin d'une rue, s'accouplent à la vue de tous." »

 

Il est défendu de pratiquer la sodomie 

Pratiquer le coït anal sur une femme est une chose que la nature humaine refuse et que la Loi révélée prohibe.
Dieu dit :

« Vos femmes sont pour vous comme un champ de culture. Allez à votre champ de la façon dont vous voudrez » [ Sourate 2 - Verset 223 ]

Par champ de culture, il faut entendre le lieu de semence et de germination, et donc le lieu où est conçu l'enfant, puisque c'est lui qu'on « fait germer ». Ce qui veut dire que l'ordre d'aller à notre champ de culture signifie l'ordre de pratiquer exclusivement le coït vaginal.

Ibn Mâja et Ahmad rapportent d'après Abû Hurayra le propos prophétique suivant :
« Maudit soit celui qui pratique le coït anal sur une femme ! »

 

La pratique du coïtus interruptus -al-'azl- et la limitation des naissances 

Il a été dit plus haut que l'islam incitait à la multiplication des naissances, celle-ci représentant la force des nations et des peuples, et que « la force était dans le nombre ».

De plus, la multiplication des naissances est une des raisons pour lesquelles le mariage a été prescrit.

L'Envoyé de Dieu a dit : « Mariez-vous à des femmes affectueuses qui font de nombreux enfants, pour que, par vous, je rivalise en nombre avec les autres communautés au Jour de la Résurrection. »


À ceci près que,
dans certaines circonstances, l'islam ne voit pas d'inconvénients à limiter les naissances en prenant des pilules contraceptives ou autres solutions analogues.

C'est ainsi qu'il est permis de limiter les naissances dans le cas où le mari a un grand nombre d'enfants et ne peut assumer l'éducation d'une progéniture supplémentaire ou dans le cas où l'épouse est faible ou a subi des grossesses répétées ou encore dans le cas où le mari est indigent.

Dans toutes ces circonstances, la limitation des naissances est permise, certains juristes allant même jusqu'à la recommander. Ainsi, un grand nombre de docteurs de la loi estime que la contraception est permise de façon absolue, invoquant pour eux les preuves scripturaires suivantes :

1- Al-Bukhâri et Muslim rapportent, d'après Jâbir , le propos suivant :

« Du temps du Prophète , nous nous retirions pour éjaculer,
alors que le Coran avait déjà commencé à être révélé.»
 

2- Muslim rapporte, d'après Jâbir, le propos suivant :

" À l'époque du Prophète , nous nous retirions pour éjaculer.
Lorsque le Prophète eut vent de cela, il ne nous défendit pas de le faire. »
 

Ash-Shâfi'î a dit :

« Nous rapportons pour notre part qu'un certain nombre de Compagnons du Prophète autorisait la pratique du coït interrompu et n'y voyait pas d'inconvénients. »

D'autres juristes, comme les Hanafites, estiment qu'il n'est permis au mari de pratiquer le coït interrompu que si l'épouse y consent, sinon, cela est blâmable.

 

Quel statut légal pour l'avortement ? 

Cent vingt jours après que le liquide spermatique se soit fixé dans l'utérus, il n'est plus permis de provoquer l'interruption de la grossesse. Si l'interruption de grossesse était provoquée après ce délai, cet acte serait considéré comme un crime justifiant une sanction ici-bas et dans l'au-delà.

Quant au fait de provoquer l'interruption de grossesse avant les cent vingt jours, cela n'est permis que si cet acte est fondé sur une cause légitime. S'il n'y a pas de cause réelle justifiant l'avortement, cela est blâmable.

 

 

 

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