On entend, par entretien, le fait d'assurer à l'épouse ce qui est nécessaire à son existence matérielle, tel la nourriture, le domicile, une servante, des soins, même si elle-même est aisée. L'entretien pécuniaire de l'épouse est un précepte obligatoire tiré du Coran, de la Sunna et du consensus communautaire -ijma'- .

S'agissant tout d'abord du Coran :

1- Dieu dit :

«…Au père de l'enfant de les nourrir et vêtir de manière convenable. Nul ne doit supporter plus que ses moyens … »
[ Sourate 2 - Verset 233 ]
 

Les « convenances », sont les pratiques que la Loi révélée a consacrées comme telles, sans abus ni laxisme.

2- Dieu dit aussi :

« Affectez à leur logement une partie du vôtre, selon vos possibilités. Ne leur faites pas le moindre mal par des tracasseries. Si elles sont en cours de grossesse, pourvoyez à leur entretien jusqu'à ce qu'elles accouchent.»
[ Sourate 65 - Verset 6 ]
 

3- Dieu dit également :

« Que celui qui est aisé dépense de sa fortune; et que celui dont les biens sont restreints dépense selon ce que Dieu lui a accordé. Dieu n'impose à personne que selon ce qu'Il lui a donné, et Dieu fera succéder l'aisance à la gêne ».
[ Sourate 65 - Verset 7 ]
 

S'agissant ensuite de la Sunna :

1 - Muslim rapporte que lors du pèlerinage d'adieu, l'Envoyé de Dieu a dit :

« Craignez Dieu dans la manière dont vous fréquentez les femmes, car vous les avez prises au Nom de Dieu et vous avez rendu licites les relations conjugales avec elles au Nom de Dieu. Vous avez le droit de leur interdire de laisser quiconque vous avez en aversion s'asseoir chez vous ; si elles outrepassent l'interdit, malmenez-les sans les blesser. Et elles ont le droit d'exiger de vous de les nourrir et les habiller convenablement."

2 - Bukhâry et Muslim ont rapporté d'après 'Aïcha que Hind Bint 'Utba avait demandé une fois au Prophète :

« Ô Messager de Dieu, Abu Sufyân est un homme avare, il ne nous donne pas de quoi nous suffire à moi et mes enfants. Puis-je prendre de son bien sans l’en aviser ? » -« Prends de quoi suffire honnêtement à toi et tes enfants. »

Ibn Qudama a dit: «Les savants sont tous d'accord pour dire que l’entretien de l’épouse incombe à son mari si les conjoints sont pubères, à moins que celle-ci ne fasse preuve d’insubordination (auquel cas, elle n’a plus droit à l’entretien).»

 

Pourquoi l’entretien de l’épouse est-il obligatoire ?

Si le Législateur Suprême a exigé du mari qu’il pourvoit à l’entretien de son épouse, c’est parce que celle-ci est retenue par le droit du mari lequel consiste à avoir des relations conjugales régulières avec lui à partir du moment où le contrat du mariage a été conclu validement . Elle doit en outre lui obéir, demeurer sa maison, vaquer aux soins du ménage, s’occuper des enfants en bas âge, et les élever.

Le mari se doit donc en échange de subvenir à ses besoins, pourvoir à son entretien et cela tant que les liens conjugaux subsistent entre eux, et qu'il n'y a pas insubordination de la part de l’épouse ou empêchement de subvenir à son entretien en vertu de la règle qui veut qu’il incombe à quiconque retient autrui en raison d’un droit ou d’une utilité qui lui appartient, de subvenir à son entretien. (se référer au livre pour plus d'informations)  [...]

 

Sur quelle base le montant de l'entretien est-il fixé ?

Si l'épouse cohabite avec son mari, qu'il pourvoit à son entretien et lui fournit nourriture, habillement et accessoires, elle n'a pas le droit d'exiger la fixation du montant de son entretien auprès des tribunaux, car le mari assume pleinement ses obligations.  Si, par contre, le mari fait preuve d'avarice et n'octroie pas à sa femme ce qui est nécessaire à son existence matérielle, ou ne lui verse aucune pension sans cause légitime, il appartient alors à cette dernière d'exiger d'être nourrie, habillée, logée, etc.

Le juge pourra octroyer à l'épouse le droit à l'entretien et recourir à une mesure d'exécution forcée sur les biens du mari dès qu'il aura la preuve du bien-fondé de la requête de celle-ci. Il appartient également à l'épouse de prendre ce qui est nécessaire à son existence sur les biens de son mari selon les convenances, fût-ce sans l'en aviser, car en tel cas, le mari fait obstruction à une obligation qui lui incombe et à un droit qui est acquis à sa femme, or il appartient à quiconque possède un droit de le prendre par lui-même dès lors qu'il en a la possibilité.

La preuve scripturaire de ce que nous avançons est le hadith d'après 'Âïsha , affirmant que Hind Bint 'Utba a dit : « Ô Envoyé de Dieu ! Abû Sufyân est un homme avare, il ne me donne pas de quoi nous suffire à moi et à mes enfants. Puis-je e prendre de son bien sans l'en aviser ? – Prends, lui répondit le Prophète , de quoi suffire à toi et à tes enfants selon les convenances." »

Cette tradition prouve que le montant de l'entretien doit être fixé en fonction de ce qui est nécessaire à l'épouse et conformément aux convenances, c'est à dire eu égard aux usages en vigueur dans la famille de celle-ci. Or, les usages diffèrent suivant le lieu, le temps, les situations et les individus.  [...]
 

Le versement de l'entretien en nature et en espèces

L'entretien peut être versé en nature, en fournissant à l'épouse la nourriture et l'habillement en objets réels, comme il peut être versé en espèces, en versant de l'argent liquide à celle-ci pour qu'elle achète ce qui lui est nécessaire. Il peut être versé de façon annuelle, mensuelle, hebdomadaire ou journalière, suivant ce qui convient le mieux au mari.

 

L'entretien de l'épouse soumise à une retraite de continence -'idda-

A droit à l'entretien, la femme soumise à une retraite de continence pour cause de répudiation révocable, ainsi que la femme enceinte soumise à une retraite de continence, quelle qu'en soit la cause.

Dieu dit concernant les femmes frappées d'une répudiation révocable :

« Affectez à leur logement une partie du vôtre, selon vos possibilités»
[ Sourate 65 - Verset 6 ]

Dieu dit également concernant les femmes enceintes :

« Si elles sont en cours de grossesse, pourvoyez à leur entretien jusqu'à ce qu’elles accouchent»
[ Sourate 65 - Verset 6 ]
 

Ce verset prouve que la femme enceinte a droit obligatoirement à l'entretien, obligatoirement soit en retraite de continence pour cause de répudiation révocable, pour cause de répudiation irrévocable, ou pour cause de décès du mari. Quant à l'épouse frappée d'une répudiation irrévocable, il y a divergence entre entre les juristes sur le point de savoir si elle a droit à l'entretien ou non dès lors qu'elle n'est pas enceinte .[...] (se référer au livre pour plus d'informations)  

 

 

 

Cliquez ici pour revenir à l'accueil

Cliquez ici pour fermer la fenêtre