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Sache
que lorsque le nécessiteux a besoin de quelque
chose et qu'il implore pour cela Allah
par sa
langue, et son état, son imploration frappe
alors à la porte de la Générosité Divine. Il
arrive aussi que l'intérêt implique que le coeur
d'un homme pieux soit inspiré pour amener à
satisfaire le besoin de ce nécessiteux. En
effet lorsque l'inspiration l'envahit et devient
exigeante, Allah
lui accorde la réussite et lui
accorde Ses bénédictions qui lui viennent de
partout par au-dessus, par au-dessous par sa
droite et par sa gauche et il bénéficie de la
miséricorde.
Un
jour, un nécessiteux m'a demandé quelque chose
dont il avait besoin. J'ai ressenti alors
dans mon coeur une inspiration qui m'ordonne
de donner et m'annonce une grande rétribution
dans le bas monde et dans la vie future. J'ai
donc donné et j'ai constaté réellement ce que
mon Seigneur m'avait promis. J'ai pu ainsi contempler
ce nécessiteux frappant à la porte de la générosité,
le surgissement de l'inspiration et l'élection
de mon coeur, ce jour là ainsi que la manifestation
de la récompense.
Il
arrive que la dépense, en faisant l'aumône,
soit faite pour espérer la Miséricorde d'Allah
comme par exemple à la suite d'une exigence
formulée dans le plérome céleste (al
mala'u al a'lâ )
pour louer une confession. Ainsi celui
qui s'expose à la réalisation de cette exigence
devient un bénéficiaire de la Miséncorde divine.
Sa réalisation de cette exigence sera
alors du même ordre que la participation aux
dépenses pour la Ghazwat
al 'Usra (
Expédition des jours difficiles à l'époque du
Prophète -
qu'Allah lui accorde la Grâce et
la Paix - ou à une époque de grande famine
lorsque les membres d'une communauté donnée
auront besoin plus que toutes les autres créatures
d'Allah , car il s'agit de leur permettre de
survivre. En un mot, le rapporteur véridique
tire toutes les conséquences de cette exigences
et dit « Pour
celui qui fait l'aumône en donnant à tel pauvre
dans cette situation, son oeuvre sera agréée
». Puis quelqu'un
l'entend et suit son jugement grace au témoignage
de son coeur et il verra que ce qu'il a promis
était vrai.
Dépenser
pour Allah est la chose la plus utile
Il
arrive que l'âme réalise que l'amour des biens
et l'avarice nuisent au serviteur et l'empêchent
de poursuivre la voie dans laquelle il s'engage.
Cela le gène énormément et il ne
s'en débarrasse qu'en s'exerçant à donner des
biens auxquels il s'attache le plus. Dans
ce cas, faire l'aumône, devient pour lui la
chose la plus bénéfique. Car sans les
dépenses faites dans l'aumône, l'attachement
et l'avarice resteraient ce qu'ils étaient. En
effet, les biens, non dépensés prendront dans
l'autre monde, la forme d'un gros serpent vénéneux
et se montreront très menaçant contre leurs
propriétaires qui ne s'acquittent pas de l'aumône
exigible pour ses troupeaux « Il sera étendu
sur un terrain plat pour que son troupeau l'écrase
». Ceci est également attesté par la Parole
d'Allah :
{
Annonce un châtiment douloureux à ceux qui thésaurisent
l'or et l'argent sans rien dépenser dans le
chemin d'Allah } [
Sourate
9 - Verset 34 ]
En
liquidant ses biens, le croyant efface sa
propre perte.
Il
arrive que le Serviteur soit coincé et condamné
à sa perte dans le monde suprasensible. Mais
fl se lance dans la dépense effrénée de ses
biens en faveur des pauvres et implore Allah
en compagnie des gens qui bénéficient de la
Miséricorde Divine. Il parvient ainsi à effacer
sa propre perte en liquidant ses biens. Voilà
le sens de la parole du Prophète :
« Seul l'imploration repousse l'arrêt divin.
Seul le bien allonge le terme de la vie
».
Il
arrive aussi à l'homme de perdre le contrôle
et de commettre un méfait sous l'impulsion de
sa nature, puis voir son forfait et de le regretter,
puis de retomber sous le joug de sa nature et
de récidiver. Pour soigner une telle âme, la
sagesse implique qu'on oblige le Serviteur à
donner en aumône beaucoup de ses biens comme
amendes pour ce qu'il a commis afin que cela
demeure présent devant ses yeux et l'empêche
de récidiver.
L'aumône
accroît les bénédictions et éteint la Colère
d'Allah.
Le
bon caractère et la présenation des biens pour
sauvegarder l'ordre social consistent à offrir
la nourriture, à répandre la paix et à participer
à toutes sortes d'oeuvres de bienfaisance qu'on
recommande au serviteur par ce quelles relèvent
de l'aumône. C'est-à-dire que l'aumône légale
( Zakât )
fructifie les biens, éteint la colère divine
en rapportant les effluves de la miséricorde,
repousse le châtiment de la vie future occasionnée
par l'avarice et amène le plérome céleste à
inspirer les hommes pieux sur terre pour faire
des invocations en faveur d'un tel serviteur.
Et Allah
est plus Savant.
Par
L'imâm
Al-Ghazali

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