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Doit-on
prélever la zakat des années passées
et comment la calculer ?
Il
est notoire que la zakat est un des piliers
de l'islam et c'est un devoir pour celui à
qui elle incombe de s'en acquitter. S'il est
certain de sa valeur, qu'il s'en acquitte; mais
s'il n'en est pas certain, il doit prélever
une quantité de ses biens avec l'intention
de la zakat jusqu'à ce qu'il soit fondé
à croire que ce qu'il a prélevé
suffit comme zakat obligatoire à son
passif. Le fait de se baser sur ce qu'on est
fondé à croire est l'un des fondements
de la chari'a.
Le
comité permanent, supervisé par
Cheikh Salih al-Munajjid
Question:
Ma
mère possède une somme d’argent
déposée dans une banque islamique
depuis plus d’un an. Je ne sais pas exactement
combien d’années. La somme augmentait
et diminuait pendant ce temps. Nous voulons
maintenant en prélever la zakat.
Réponse:
Louanges
à Allâh,
La
zakat est un des piliers de l’Islam. Elle frappe
les biens atteignant le nisab. Celui-ci est
estimé à 595 grammes d’argent
ou 85 grammes d’or ou leur valeur en monnaie.
Il
n’est pas permis de retarder sa remise aux ayants
droit. Celui qui en retarde l’acquittement doit
se repentir et demander pardon à Allâh
et procéder à son acquittement
pour les années passées. Pour
ce faire, il faut faire une estimation de son
revenu pour chaque année et en prélever
2,5 %.
S’il s’avère que le revenu est
inférieur au minimum imposable au cours
d’une année, la zakat n’est pas exigible
pour cette année-là.
Et
on recommence le calcul de la zakat à
partir du moment où l’épargne
atteint le nisab une nouvelle fois.
Cheikh
Muhammad ibn Othaymine a été
interrogé à propos du cas d’une
personne qui n’a pas acquitté la zakat
pendant quatre ans pour savoir ce qu’elle doit
faire…
Il
répondit en ces termes :
«
Cette personne a commis un péché
en retardant le paiement de la zakat. Car l’on
doit acquitter la zakat au moment opportun et
ne pas l’ajourner, les obligations devant être
en principe accomplies immédiatement.
L’intéressé doit se repentir devant
Allâh pour sa désobéissance.
En
outre, il doit s’empresser à acquitter
la zakat pour chacune des années concernées
car le cumul des zakat reste dû. Aussi
doit-il s’empresser à s’en acquitter
pour ne pas aggraver son péché.»
[ Voir
le Recueil des Fatwa de Cheikh Ibn Outhaymine,
18/ question n° 211.]
Le
même Cheikh
dit ailleurs :
«
La zakat est une pratique cultuelle vouée
à Allâh .
Celui qui refuse de l’acquitter viole deux droits
: celui d’Allâh Très Haut et celui
des ayants droits. S’il se repent après
cinq années de non paiement, le droit
d’Allâh est aboli. En effet, Allâh
dit :
«
Et c'est Lui qui agrée de Ses serviteurs
le repentir, pardonne les méfaits et
sait ce que vous faites » [ Sourate 42
- Verset 25 ].
Mais
le deuxième droit persiste : celui des
pauvres et des autres ayants droit, et il faudra
leur donner leur dû. Si le contribuable
paye les arriérés de zakat et
se repent sincèrement, il peut remporter
une récompense appropriée, la
grâce d’Allâh
étant immense.
S’agissant
de l’estimation du montant de la zakat, il faut
faire de son mieux (pour avoir une juste estimation)
car Allâh
n’impose à aucune âme
ce qui dépasse ses capacités.
Si, par exemple, le montant de la somme à
soumettre à la zakat s’élevait
à 10 000 au cours de chacune des cinq
années pendant lesquelles l’intéressé
n’a pas acquitté la zakat, il faut qu’il
donne 2 500 à titre de zakat pour chaque
année.
Si
au cours de l’une des années, la somme
a augmenté ou diminué, il faut
en tenir compte dans le calcul de la zakat.
Si, à cause de la diminution, la somme
disponible devient inférieure au minimum
imposable, la zakat n’est pas à prélever.
[
Voir
le Recueil des Fatwa de Cheikh Ibn Outhaymine,
18/question n° 214.]
Sheikh
Muhammed Salih Al-Munajjid

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