Comme nous l'avons vu, la chahada est le renouvellement en ce monde du pacte
réciproque conclu entre Allah
et Sa créature.

 

 

   En prononçant cette attestation, l'homme s'engage à se conformer à la Volonté de son Seigneur et le Seigneur S'engage à mener Son serviteur jusqu'au  but paradisiaque :

{ Quiconque obéit à Allah et à Son messager obtient certes une grande réussite }
[Sourate 33 - Verset 71].

La Volonté divine que l'homme prend pour loi, et dont il devra tirer les poids et mesures de ses décisions sa vie durant, est énoncée dans le Coran et dans l'enseignement et l'exemple ( sounna ) du Prophète .

Cette loi révélée vient régir, préserver, guider et sanctifier l'homme, tant dans ses rapports envers son Créateur que dans ses rapports envers l'ensemble des créatures.

{ O vous qui croyez !  Obéissez à Allah et obéissez à l'Envoyé : ne rendez pas vaines vos oeuvres } [Sourate 47 - Verset 33 ]

La Loi divine ( chari'a ) est pure miséricorde ( rahma ).  

Elle est pour l'homme douceur et fermeté comme l'est en ce monde l'amour d'une mère et d'un père pour leur enfant.

Elle est le canal par lequel se déversent sur le serviteur et son entourage la grâce et l'aide promises par Allah . Elle est la Norme qui permet à l'homme déchu de retrouver son unité, de restaurer sa nature originelle ( fitra ) et de reconquérir ainsi le Paradis en revenant à Allah.  

Elle est l'ossature de la dignité humaine, la charpente des oeuvres du croyant.  Elle est le tronc nourricier qui permet le déploiement spirituel de l'homme, la condition sine qua non de sa survie et de sa fructification.

{ Obéissez à Allah et obéissez à l'Envoyé; mais, si vous vous détournez,
sachez qu'il n'incombe à Notre envoyé que de transmettre clairement le message. }
[ Sourate 64 - Verset 12 ]

Selon la Loi islamique les actes se répartissent en cinq catégories :

Les actes obligatoires (fard), recommandés (moustahabb), licites (moubah), blâmés (makrouh) et interdits (haram).

 

  Les actes obligatoires - Fard -

 

   Allah a déclaré obligatoire tout ce qu'Il sait être indispensable pour assurer la survie spirituelle de l'homme en ce monde, tout comme chaque partie constitutive de la coque d'un navire est indispensable pour éviter le naufrage et parvenir au but.

 Allah connaissant l'état d'inertie, de négligence et d'oubli de Son serviteur, enferme donc ces actes essentiels dans une obligation indiscutable et incontournable afin que Son serviteur ne puisse s'autoriser à les délaisser.  Ainsi  Allah, par miséricorde et fidélité à Son pacte d'assistance, protège Son serviteur contre lui-même en l'amenant bon gré mal gré à accomplir ce qui le sauvera et certes :

 

{ Allah n'impose pas à une âme plus qu elle ne peut supporter.}
 
[ Sourate 2 - Verset 286 ] 

Entrent évidemment en premier lieu dans cette catégorie les actes rituels constituant les cinq  piliers de l'Islam : l'attestation de foi, les cinq prières quotidiennes, l'aumône purificatrice sur les biens, le jeûne du mois de Ramadàn et le pèlerinage à la Mecque.

Le caractère obligatoire d'un acte est lié à des conditions clairement définies par la Loi islamique.  L'accomplissement des actes obligatoires mérite récompense; leur abandon mérite châtiment expiatoire en ce monde ou dans l'autre.

 

Les actes recommandés - moustahabb -
 

   Il s'agit d'actes d'excellence recommandés à l'homme afin qu'il puisse augmenter son mérite et accélérer sa progression vers Allah .  Malgré leur grande importance pour la vie spirituelle, ces actes ne font cependant pas partie des actes obligatoires qui, eux, sont indispensables pour la « survie spirituelle » de l'homme.  Ces actes sont donc surérogatoires et nul n'a le droit de les imposer à qui que ce soit.

Il convient toutefois de savoir qu'au Jour du Jugement il sera puisé dans les actes surérogatoires accomplis par le serviteur afin de réparer les éventuelles (et inévitables) imperfections commises dans l'accomplissement de ses actes obligatoires.  Il est à noter également que l'accomplissement de certains actes surérogatoires a été recommandé avec insistance et que le Prophètea donné l'exemple (sounna) de la pratique assidue et scrupuleuse de ceux-ci.  Cette catégorie d'actes recommandés est appelée « sounna mouakkada » c'est-à-dire « exemple prophétique recommandé avec grande insistance».

Si les actes obligatoires peuvent être comparés, comme nous l'avons fait plus haut, aux parties constitutives de la coque d'un navire, les actes surérogatoires, quant à eux, sont comparables aux voiles de ce même navire; et il est bien évident qu'il est souhaitable que l'homme ait l'intelligence de les déployer autant qu'il le peut.

L'accomplissement des actes recommandés mérite récompense; leur inaccomplissement n'entraîne aucun châtiment, bien qu'il soit gravement préjudiciable pour la vie spirituelle de négliger l'accomplissement des actes classés dans la catégorie « sounna mouakkada».

 

Les actes licites  - moubah -
 

   Ces actes sont neutres.  L'homme est libre de les accomplir s'il le désire, à condition toutefois que cela n'implique aucune atteinte aux droits des autres créatures (au sens large du terme) et ne comporte aucune nuisance pour elles.  Ainsi, par exemple, la Loi islamique ne reconnaît pas à l'homme le droit de détruire l'équilibre écologique du monde.

Ces actes « neutres » constituent, en quelque sorte, une « souplesse », un « champ libre » permettant à chacun d'exprimer ses propres goûts ou d'aménager harmonieusement sa vie.

 Par exemple : manger sucré ou salé; se vêtir de gris ou de bleu; habiter à la ville ou à la campagne; voyager en train ou en avion; travailler de nuit ou de jour; etc.

 

Les actes blâmés - makrouh -
 

   Est blâmé par Allah et Son Envoyé tout ce qui vient entraver et freiner la purification, la sanctification et la progression spirituelle de l'homme.  

Est blâmé, par exemple, le fait de trop manger, de dormir plus que de raison. L'accomplissement d'actes blâmés n'entraîne pas de châtiment; l'abandon de tels actes est  recommandé et mérite récompense.

 

Les actes interdits - haram -
 

   Il est tout d'abord à noter que la Loi islamique est venue lever certains interdits qui avaient été imposés dans la Loi judaïque par mesure de sanction.  Les interdits que comporte la Loi islamique ne visent donc que ce qui est mauvais ou détestable pour l'homme [ cf Sourate 7 - Versets 156-157 ].

Les quelques interdictions énoncées dans la Loi islamique ont en outre pour fonction de délimiter le vaste champ des choses permises (halàl).  

Ainsi, en tout domaine, le croyant se trouve 'devant un choix à faire entre ce qui est permis et ce qui ne l'est pas; ce qui lui donne une constante occasion de prouver sa foi et de s'attirer ainsi la satisfaction et  les grâces divines.  Si un domaine ne comportait aucune interdiction, le croyant ne tirerait aucun profit d'y choisir telle chose plutôt que telle autre.

Les interdictions de la Loi divine sont des « limites » à ne pas franchir.  Elles font ainsi office de "garde-fou " préservant l'homme de toute décision inconsidérée et funeste pour lui.  Le croyant sincère respecte donc parfaitement les limites légales instaurées par Allah et il sait que son Seigneur les déterminées en toute connaissance de cause et placées là où elles se trouvent par pure miséricorde.

{ Allah veut la facilité pour vous et Il ne veut pas pour vous la difficulté... }  
[Sourate 2 - Verset 185]

L'accomplissement délibéré d'un acte interdit mérite un châtiment expiatoire en ce monde ou dans l'autre.  L'abandon d'un tel acte ou le refus de l'accomplir mérite récompense. 

 

L'Attestation de foi -  Par Yacoub Roty - Edition Ennour

 

 

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