Je suis à un point de ma vie où mon comportement et ma raison se confrontent, ma vie intérieure est bouleversée, si bien que l'environnement extérieur me paraît illusoire. Le comportement à un instant donné d'un individu est guidé par un choix réfléchi ou influencé, reste à savoir par quoi notre choix est influencé.

 

La manière de penser et de faire les bons choix dépend de notre faculté à juger les situations de la vie et de prendre une décision qui convient le mieux pour soi-même. Je décris une attitude exemplaire mais les exemples sont nombreux où malheureusement on opte pour des choix qui sont néfastes ou incompatibles avec notre conscience.

Comment différencie-t-on un bon choix d'un mauvais ? C'est une question qui relève de la conscience de chacun et de son vécu. Le monde se compose d'individus aussi nombreux que différents ce qui implique une diversité des pensées, et autant de manières de se comporter.

Pour ma part j'ai reçu une éducation suffisamment bonne pour pouvoir décider consciencieusement de mes choix.

Ces règles de vie prennent leur inspiration dans l'islam, le respect de son prochain, le respect des parents et l'importance du lien familial.

Toute personne douée d'intelligence et étudiant le Coran découvrira une religion prônant une philosophie de vie exemplaire.

Mon coeur a toujours été près de Dieu, ma foi est toujours présente, hamdoulilah. Seulement l'homme a été crée faible. L'homme est tenté en permanence, je me suis écarté peu à peu de l'éducation religieuse que l'on m'a inculqué.

J'ai cédé. J'ai 22 ans au jour d'aujourd'hui, j'ai vécu un temps dans le péché. Que Dieu m'accorde Sa miséricorde et l'absolution de ce péché ignoble.

Quand je commettais ce péché ma conscience me soufflait en permanence le danger que j'encourais, mais je continuais, l'épée de Damoclès pesait lourd sur ma tête.

Je savais que je pouvais mourir à tout moment et mourir dans le péché, quelle bien mauvaise destinée !

Plus le temps passait plus ma vie intérieure était bouillonnante, je ne pratiquais plus les devoirs du musulman, je commettais le péché et ma conscience me rappelait au droit chemin, mes principes étaient refoulés au plus profond de moi même, je me sentais le plus grand koufar (mécréant).

 

Il est important de noter que ma conscience n'adhérait pas aux choix que je décidais d'entreprendre. J'était au plus mal, je savais que la meilleure décision était le retour vers la piété, car cette vie de koufar menait irrémédiablement à la perdition de soi-même. J'étais perdu, j'étais en guerre avec moi-même.

Je remercie Dieu de m'avoir accordé la foi et la réflexion, pour mon bien-être j'ai repris la prière.

La récitation du Coran avait de l'effet sur mon corps, j'étais frissonnant. Ma surprise était grande, mon corps s'exprimait par des sensations étranges, inexplicables. Je ne comprenais plus mon corps, mon esprit était plein d'idées mauvaises.

Avant que je pratique la prière, je ressentais ces sensations mais pour moi elles étaient liées à ma détresse. Dès que je me suis tourné vers Allah ces sensations étaient plus prononcées, mon esprit cartésien cherchait des raisons médicales à ces phénomènes, je suis allé consulter mon médecin deux fois : bilan normal. Toujours dans une démarche cartésienne on cherchait désespérément une origine à ces phénomènes, mon médecin a conclu à une détresse psychologique qui affectait ma physiologie. Cette conclusion était partiellement vraie, mais les phénomènes étaient trop étranges pour m'arrêter uniquement à cette conclusion.

Mes pensées étaient malsaines, pourquoi ? J'atteignais un point de frustration totale, la folie s'emparait de moi, pourquoi mon corps et mes pensées se déchaînent, pourquoi je ne suis plus maître de moi-même ? L'incompréhension m'envahissait, je me sentais privé de ma liberté. Ma foi m'a toujours accompagné et cette force m'a permis de supporter l'épreuve et de découvrir les véritables raisons de ma détresse.

Je n'étais pas fou puisque le fou agit et se fait remarquer, c'est-à-dire qu'il exécute ce que son esprit lui inspire. Mon esprit était sombre, certes, mais j'avais conscience de ma condition, de la perversité et du danger que pouvaient m'inspirer mes pensées, en ce sens je n'agissais pas, j'étais observateur de ma propre faiblesse. J'avais l'intime conviction que je n'étais pas moi-même, que je n'étais pas seul.

Beaucoup d'individus auraient succombé à ce mal être, parce que rien ne pouvait scientifiquement expliquer ma condition.

Alors vous conviendrez mes frères et soeurs que dans cette situation on s'en remet à Dieu et l'on demande la guérison et le pardon.

C'est dans la prière, la lecture, la compréhension du Saint Coran et ma foi sincère que j'ai découvert ce qui se cachait derrière ma faiblesse, à moins de conclure à de la folie on ne peut expliquer ce phénomène que par l'existence d'une gêne extérieure et invisible. Le monde des humains est fondé sur des lois immuables, tout phénomène à une origine scientifique, la religion, l'existence de Dieu et le monde de l'invisible révèlent de la croyance, du domaine de la spiritualité.

 

Il existe bel et bien des interactions entre le monde humain et le monde de l'invisible, une vérité qui ne prend sens que de par la foi qui anime le musulman. Ma gêne était mystique, mais il faut sincèrement croire en Dieu et à Ses créatures pour ne pas succomber à la folie, une force de caractère est nécessaire et Allah est le seul guérisseur.

La pratique de la prière m'a ouvert les yeux, m'a donné une voie de guérison. Pour le musulman les humains ne vivent pas seuls, c'est une croyance impossible à intégrer par les non-croyants. Même si le musulman croit au monde de l'invisible, lorsque viennent à nous des signes, on ne peut plus réfuter l'existence d'un Maître suprême au-dessus de toutes les créatures.

Je ne souhaite à personne cette expérience étrange et ô combien difficile, sachez que seule la religion peut aider à supporter cette épreuve, la patience, la foi, la confiance en Dieu, la pratique scrupuleuse de la prière sont les conditions pour ne pas sombrer dans la folie. On peut réfléchir sur les véritables raisons des individus que l'on interne dans les hôpitaux psychiatriques, sont-ils tous atteint d'une pathologie ?

J'accepte cette épreuve car elle renforce définitivement ma foi, je ne suis pas totalement guéri, j'apprends de jour en jour à déjouer les ruses de Satan - qu'il soit lapidé ! - , il est présent avec nous et pour nous guider vers des chemins semés d'embûches.

Vivre l'instant présent, consacrer son temps aux préoccupations de ce monde, est une voie qui mène l'homme à sa perte. Prendre du recul par rapport à son environnement est une voie qui mène l'homme à s'interroger sur sa condition, c'est un chemin spirituel qui guide vers Allah .

Ne soyez pas passifs face à l'existence, soyez maître de vos consciences, il est vrai qu'on ne peut pas choisir notre destinée mais on peut choisir notre spiritualité.

Dieu nous a accordé le don de la réflexion, ce qui nous élève au dessus de toutes les créatures, c'est pour en user, pour découvrir pourquoi un jour on nous a insufflé la vie et pourquoi l'on va mourir.

Ce qui m'a sauvé de mon mal être c'est l'usage de ma raison, de ma réflexion et de ma foi en Dieu, alors ne perdons pas notre temps à vouloir échapper à la vérité, car elle aura raison de nous. Allah est Grand

Que Dieu nous épargne les mauvais chemins.

 

 

 

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