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Je
suis née dans une famille chrétienne
très unie. Mon père, un homme
merveilleux ne pratiquait pas, et ma mère,
d’une grande douceur et d’un caractère
unique, était la seule à pratiquer.
J’ai
eu un contact avec le catholicisme vers l’âge
de 9 ans. Je suis devenue une fillette très
pratiquante, très pieuse pour mon jeune
age. A 11 ans je tombai malade de la tuberculose.
Je
dus rester de très longs mois au lit.
Mon père travaillait, mes sœurs allaient
à l’école et ma mère s’occupait
de la maison. Je restais seule, de longs moments
dans mon lit.
Je
vivais une vie intérieure très
intense. J’aimais beaucoup lire, des livres
de méditation, les vies des saints, des
livres d’aventure, des romans, et je priais
beaucoup. Mes jours passaient ainsi lentement
; mon lit était mon compagnon. Mais je
ne me sentais pas malheureuse, au contraire,
je savais que c’était la volonté
de Dieu et, déjà si jeune, je
l’acceptais de tout mon cœur.
Je
n’ai pas eu une enfance normale ni facile, je
devais faire attention à ma santé,
car elle était fragile: pas d’école,
pas des jeux trop bruts, etc. J’étais
comme un garçon manqué, j’aimais
les jeux des garçons, les aventures,
les jeux un peu hors du commun, etc.
Ce fut
très difficile pour moi, car au fond
j’étais une fille rebelle. J’étais
une petite fille et après je suis devenue
une jeune fille heureuse. Je menais une vie
très simple, pas comme les autres jeunes
filles. J’aimais me promener seule en pleine
nature avec un livre sous le bras, m’asseoir
sur des falaises en face de la mer et dominer
avec mes yeux toute l’étendue de l’eau.
Je sortais beaucoup avec mes parents que j’aimais
beaucoup.
Je tombai de nouveau malade et je
dus rester dans un sanatorium une année
entière, sans compter les 6 mois de semi
repos que j’ai dû faire avant d’entrer
au sanatorium. En tout, ce fut 1 année
et demie. Là aussi, ma soumission fut
grande. J’étais parmi les malades, la
plus gaie et la plus heureuse.
C’est
là que je connus mon fiancé et
à la sortie du sanatorium, encore très
jeune, je me mariai. Le jour même de mon
mariage, mon père décéda.
Ce fut très dur ; un mariage fut rempli
de tristesse et d’amertume. Je rejoignis mon
mari en Belgique où au bout de 10 mois
j’accouchai de mon premier enfant, et 5 mois
après sa naissance, nous partîmes
pour l´Afrique Centrale (Ex Zaïre).
Je
me souviens de cette époque comme un
parcours très abrupt et difficile. Mais
en même temps, ce furent des années
remplies d’un étrange bonheur à
cause de la vie simple que nous menions là-bas
et aussi par la naissance très rapide
de mes 3 enfants. C’est en Afrique que je commençai
une vie de grandes épreuves à
cause d’un mari alcoolique et violent. J’aurais
pu mourir plusieurs fois à cause de lui.
Je dus vivre toutes mes épreuves seule,
loin de la famille, et je ne racontai jamais
à personne mon désarroi. Ces enfants
furent pour moi un rempart, un soutien et une
consolation pour mon coeur meurtri.
C’est là-bas,
dans un continent d’immenses espaces où
tout était grand ; les animaux, les distances,
la nature d’une beauté unique, exubérante
et magique où le seul spectacle d’un
coucher de soleil aux multiples couleurs fascinait
les aimants de la nature, que je commence à
me poser de plus en plus de questions profondes,
sur ma religion. Même si je pratiquais
encore de façon assidue, je n’avais plus
la même foi dans mon intérieur.
Je me posais beaucoup de questions qui restaient
sans réponses cohérentes, claires
et concrètes.
Les doutes revenaient sans
cesse martyrisant mon esprit. Trop des mystères
où je ne trouvais pas de logique.
Toujours
cette religion qui ne tenait pas compte de l’être
humain comme tel, sinon simplement de l’âme
dissociée du corps, comme quelque chose
a part, ne faisant pas partie d’un tout qu’est
la créature humaine création de
Dieu .
Je vécus
en Afrique des moments terribles à cause
de la politique et je dus fuir comme beaucoup
des femmes et enfants et retourner en Europe.
Je partis donc avec les enfants. Là,
naissaient mon cinquième et mon sixième
enfant. Moi et mes six enfants vécûmes
à Bruxelles. Je restai deux années
et demi seule, avec le poids de leur éducation,
dans un tout petit appartement. J’étais
encore croyante et pratiquante en dépit
de la dureté de ma vie, avec un mari
qui vivait en Hollande et que me rejoignait
les week-ends en Belgique. Je portais malgré
tout l’empreinte de la joie.
Nous
partîmes pour la Hollande où mon
mari travaillait. Là, commencèrent
mes véritables doutes, mes questions.
Ces pourquoi… La trinité, un seul Dieu
avec trois personnes… La confession avec un
homme pour demander pardon à Dieu… La
communion, représentant le corps de Jésus
…
Et une longue liste de questions.
Pourquoi devais-je
rester avec un mari qui faisait la vie impossible
à toute sa famille ? Au nom de qui et
pourquoi ? Dieu le voulait-Il
vraiment ainsi ? Quel Dieu
était celui que l’église avait
inventé et façonné ?
Qui
était ce Dieu qui permettait la souffrance,
la destruction et le désarroi de sept
personnes? Etait-ce lui, le Dieu d’amour et compassion, que j’avais
aimé et adoré depuis des longues
années et aux moments les plus durs pendant
lesquels mon corps avait tellement souffert
et enduré ?
J’étais
arrivée au bout d’un long cheminement
et je ne trouvai pas de réponses dans
mon esprit inquiet. Aucune évidence claire
et précise. Je décidai peu à
peu de laisser tomber cette institution faite
par les hommes où je ne trouvais que
les scrupules et les angoisses que l’église
avait créés dans mon âme.
Je refusai de continuer à y croire ;
je mis l’église et Dieu dans le même paquet et fermai
ce chapitre de croyance et de foi que j’avais
vécu pendant des années. Je devins
agnostique et ne voulais plus qu’on me parle
de Dieu ni de l’église.
Ainsi s’écoulèrent de nombreuses
années pendant lesquelles je pensais
avoir trouvé “enfin” la liberté
et le bonheur. J’étais
devenue une femme divorcée, libéralisée
et émancipée !
Mais
ce n’était pas comme je le croyais. J’étais
loin de me sentir heureuse. Je tombai dans la
confusion et au fond, je savais que je ne pourrais
pas trouver mon bonheur loin de Dieu. Je commençai ma recherche ;
ma quête de Dieu, et
au fil des années, mes angoisses et mon
désir de Dieu
devenaient plus forts.
J’étais
en quête de Dieu, mais où ? Comment ? J’ignorais
complètement tout sur l’islam, je n’en
avais jamais entendu parler. Retourner à
l’église? JAMAIS !
Je
me dirigeai vers le Bouddhisme. Je connus un
gourou mais je ne fus pas satisfaite. Je compris
que là n’était pas mon chemin,
la vérité que je cherchais depuis
toujours.
Et
un jour, je connus un
musulman (qu’Allah le bénisse
pour toujours). Ce frère me parla de l’Islam.
Tout était nouveau pour moi. Plus j’entendais
le frère parler de l’Islam, de ces croyances,
pratiques, plus je me sentais attirée
par cette religion claire, droite et limpide,
qui va avec l’homme jamais contre.
Les jours
passèrent et nous n’arrêtâmes
pas de parler, je continuai à vouloir
connaître et approfondir l’islam pour
saisir sa beauté et sa splendeur. Mais
je n’étais pas encore mure ni sure ;
je voulais connaître encore plus, pour
bien faire mon choix. On ne peut pas accepter
une religion comme l’Islam sans le connaître
à fond.
Plus j’en connaissais, plus je
voyais dans l’islam la voie de mon salut. C’est
dans cette religion que je trouvai la logique
et la droiture que j’avais cherchées
depuis longtemps.
Le contact direct avec Dieu
sans intermédiaire,
la simplicité de sa pratique, l’humanisme
et l’universalité de cette religion.
L’égalité
et la justice dans tous les aspects quotidiens.
L’espace qu’il donne à l’amour et la
fraternité universelle. Et je m’approchai
de plus en plus. Mais il y a avait encore de
travail à faire. Devais-je attendre ?
Le frère voulait se marier avec moi,
mais souhaitait que je accepte l’islam comme
religion. Je doutais encore. Que faire ?
Un
jour le frère m’apporta un livre. Je pris le livre de ses
mains, et là, se passa quelque chose
d’étrange. Je sentis dans tout mon corps
et dans mon âme comme une force, comme
une étrange vibration qui me traversait
tout mon être. Je me sentais comme transportée,
tremblante, je sentais comme si un éclair
m’avait touchée. J’étais rayonnante
de joie et de bonheur et j’étais emplie
de quiétude. Je pleurais…Et je compris
!
Je
sus que j’étais musulmane ! Que j’étais
de forme complète, totale. Je redevins
la femme soumise envers Allah que j’avais été depuis
l’âge de neuf ans. AL HAMDOULILLAH.
Je
suis allée à la mosquée
prononcer la Shahada (attestation de foi), et
3 jours après je me suis mariée.
Ma vie changea radicalement. Je connus le bonheur
après ma reconversion, car l’Islam m’apporta
toutes les réponses à mes questions
et encore plus, une vie de paix et l’approche
d’Allah .
ALLAHOU
AKBAR !
Votre
soeur Rahma.

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