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Je vais tenter tant bien que mal de raconter mon
expérience personelle en espérant que d'autres frères et soeurs fassent de même
inchAllah.
Pour commencer je tiens à préciser que je suis de souche
catholique: je suis baptisée, j'ai fait mon catéchisme et ma communion.
Mais vu
la pratique religieuse de mes parents, j'ai tendance à croire que le cheminement
chrétien qui m'était alors présenté n'avait pour seul objectif que de satisfaire
ma grand-mère qui est très pratiquante.
Je dis imposé, car à l'époque rien ne
m'ennuyait plus que ces demi-journées interminables de catéchisme à l’église du
Christ-roi ( heureusement, il y avait un goûter ). Aujourd’hui encore je préfère
10 min de prières 5 fois par jour que 1h30 de messe une fois par semaine !
Pour
ce qui était de ma foi à l'époque, j'avais certes envie de croire en une Entité
supérieure qui serait pour moi apaisante et sécurisante, mais je n'avais pas les
éléments nécessaires et suffisamment convainquants pour croire en son existence
; en d'autre termes, j'étais sceptique et déjà à cette époque je trouvais au
moins une incohérence.
Je ne comprenais pas qu'une religion clamant Dieu comme
étant Le Créateur de toute chose puisse être en tel décalage avec les
affirmations scientifiques réelles; pour moi, religion et science ne devaient
pas être en opposition, mais en harmonie. Ca me paraissait logique...

Freinée par ces quelques petits soucis de réflexion, j'ai arrêté d'y penser;
je ne me posais plus de questions... La religion stagnait dans mon esprit, je
remettait ce sujet a plus tard. À l'interrogation "Est- ce que tu crois en
Dieu?", je répondais "Pourquoi pas?!" avec quelques réserves.
Je suis
restée dans cet état pendant pas mal d'années... Les religions quelles qu'elles
soient étaient pour moi un sujet tellement inintéressant qu'à chaque fois que le
présentateur télé osait en faire mention je le faisais taire avec la
télécommande; du coup, je n'ai jamais eu aucun préjugé sur l'Islam. C'est à
peine si je savait ce que c'était... Une fille voilée dans la rue ne ma jamais
choquée, je ne me souviens d'ailleurs pas avoir fait le lien entre le voile et
la religion.
Il y a de cela trois ans j'ai
fait la connaissance d'un jeune algérien
et
ma mère a commencé à faire la grimace. Ce garçon était très gentil, jamais
je ne me suis sentie autant respectée qu'à son contact.
Quand j'ai appris
qu'il était musulman, je lui ai clairement affirmé que jamais je n'adopterai sa
religion et que jamais il ne me forcerait à faire quoi que ce soit. Sur ce,
notre relation à gentiment évolué.
Curieuse comme je suis, je me suis
intéressé à lui, à sa famille, à sa culture et, petit à petit, à sa religion;
comme par hasard, j'ai commencé à aborder ce dernier point à une période très
bénéfique pour sa foi. La rencontre de quelques frères muslims travaillant dans
la même promo que lui en est la cause. Le but premier n'était bien entendu
pas de me convertir, mais plutôt d'enrichir ma culture générale.
Puis un
jour, un drame est survenu : un de mes camarades de classe a perdu son petit
frère et ses deux parents dans un accident de voiture. J'ai eu très mal pour mon
ami, l'incompréhension régnait dans mon esprit.
Je suis allé à la messe
d'enterrement en prenant conscience que le message principal chrétien qui est
"Dieu est Amour" ne collait pas du tout avec les circonstances; cette notion m'a
tellement été rabâchée au catéchisme que la notion d'épreuve avait totalement
disparu de mon esprit. À partir de ce moment là, je ne croyais plus en rien...
Les questions classiques qui font que les athées en général ne croient pas m'ont
atteintes : "Si Dieu est amour, pourquoi mon ami est devenu orphelin? Pourquoi les
guerres?" etc.
Ces questions venaient s'ajouter à celle de la cohérence avec les
sciences; bref, j'étais devenue athée... Agnostique serait plus juste.
Mon ami, quant à lui, me parlait de l'Islam quand j'abordais le
sujet ou via des anecdotes, sans jamais rien m'imposer et avec beaucoup de
douceur.
Un soir, nous en sommes venu a parler de religion et très
violemment je lui ai ordonné de répondre à toutes les questions qui faisaient
que je ne croyait plus en rien. À ma grande surprise, il a répondu de manière
satisfaisante à chacune d'elles et j'ai conclu la discussion avec la magnifique
phrase : "Tu fais des nœuds avec ma tête".
Le doute commençait à s'installer en
moi... Petit à petit, je lui ai demandé de m'en parler et nous en sommes venus
au sujet du Jugement Dernier puis des vérités scientifiques; tout me paraissait
enfin logique... Une religion logique, j'avais du mal à y croire, mais je
n'étais toujours pas prête à sauter le pas.
Ce qui m'a décidé, c'est une
grosse trouille : mon ami m'a dit un jour que ceux qui savaient et qui se
détournaient finiraient en Enfer et, avec tout ce que mon ami m'avait raconté,
je ne pouvais plus me considérer comme ignorante; j'avais peur pour mon avenir
dans l'au-delà.
En larmes, terrorisée, j'ai parlé de mes craintes à mon
ami qui s'est excusé en disant qu'il n'aurait peut être pas dû commencer
comme ça. Il m'a rassurée et m'a décrit les beautés de l'Islam. Je me suis
sentie apaisée dans mon cœur, persuadée d'avoir trouvé la bonne voie je me
serais endormie tant ces paroles étaient lumineuses et apaisantes.
Le 30
mars 2004, j'ai récité la chahada pour la première fois. Un pur instant de
bonheur...

Bizarrement, les quelques nuits qui ont suivi, j'ai fait les pires
cauchemars suivis d'un rêve merveilleux : la lettre "nun" en phonétique m'est
apparue en rêve sur fond blanc, à moi qui n'avais jamais appris l'arabe.
La pilule a eu du mal a passer pour mes parents, j'en ai pris pas mal
dans la figure, mais aujourd’hui el hamdoulillah ça va mieux. Mon père relativise
plutôt bien. Par contre ma mère a encore un peu de mal...
Al-hamduliLlâh ya
Rabbi de m'avoir faite musulmane!
Lina

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