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Anas rapporte
que le Prophète a dit:
« L'un de vous n'est véritablement croyant
que s'il aime pour son frère ce qu'il aime pour lui-même» [ Rapporté par
Al-Bukhârî et Muslim ]
La foi c'est consentir par le cœur qu'il n'y a
d'autre dieu que Dieu et que Muhammad est le Messager de Dieu, et s'acquitter
des piliers de l'Islam : la prière, le jeûne, la zakat et le pèlerinage. Celui
qui s'y conforme, est musulman croyant. Dans ce hadith, le Messager de
Dieu dénie la foi à quiconque n'aime pas pour son frère ce qu'il aime
pour lui-même.
Mais quelle est la réalité de cette dénégation ? Les savants
répondent que ce qui est dénié c'est la foi parfaite, la foi authentique qui
fait le bonheur de l'homme dans le monde présent et celui à venir. Par «
frère », il faut entendre la fraternité découlant de l'appartenance à l’Islam.
Il est dit dans le Coran : { Les croyants sont des frères } [
49 – 10 ]
Et le Prophète dit : « Le
musulman est le frère du musulman. »
Par-là, il ne faut cependant pas
conclure que l’lslam n'accorde pas d'attention aux non-musulmans et que ceux-ci
ne sont pas touchés par son élan de bien. Car le Messager de Dieu dit :
« Et aime pour les gens ce que tu aimes pour toi-même, tu seras croyant
» [ Rapporté par At-Tirmidhî ]
La sémantique se dégageant de ce dernier
hadith porte le musulman à aimer pour les gens, tous les gens, ce qu'il aime
pour sa propre personne, que ceux-ci viennent à l'Islam pour que la confirmation
de l'unicité de Dieu (Tawhid) ainsi que la paix couvrent la terre entière et que
les gens soient touchés par le bien ici-bas et dans la vie ultime. Cet
éclaircissement donné, nous mentionnons un autre hadith où l'Envoyé de Dieu
indique en quoi consiste l'amour du musulman envers son frère musulman.
Le Prophète dit :
« Aucun de vous n'est véritablement croyant
tant qu'il n'aime pas pour son frère ce qu il aime pour lui-même et ne déteste
pour son frère ce qu'il déteste pour lui-même » [ Rapporté par An-Nasâï ]
Le terme « bien » englobe tout ce qui touche l'homme en termes de bonté,
d'avantage et de bonheur, que cela procède des choses relatives à la religion et
ce qui s'ensuit comme récompense dans la vie dernière ou des affaires du monde
d'ici-bas, comme l'acquisition de ce qui est bon et pur des biens octroyés
(Rizq), et la douceur de l'existence.
Il est naturel que lorsque l'homme
aime pour son frère ce qu'il aime pour lui-même, il déteste, à plus forte
raison, pour lui ce qu'il déteste pour sa propre personne. Cela constitue la
meilleure motivation pour lever la nuisance et le mal qui touchent les autres,
l'homme détestant par nature en être victime.
Lorsque le croyant saisit
le sens de ce hadith sublime de l'Envoyé de Dieu , il acquiert une haute
moralité ; dans toute action ou tout comportement à l'égard d'autrui, il
évaluera son acte selon les critères du droit et de l'équité et le jugera à
l'aune de sa propre personne.
Ce hadith ouvre des horizons actifs quant
à l'édification d'une société vertueuse où triomphent confiance et entraide,
amour et solidarité.
Si les Hommes viennent à suivre la bonne
orientation qu'il renferme, le ressentiment, l'animosité, l'inimitié et la
jalousie n'auront plus droit de cité dans les cœurs ; ils seront débarrassés de
l'égoïsme et de l'amour de soi, source de tous les maux et de tous les conflits
entre les individus et les collectivités.
Parmi les degrés les plus
élevés de la noblesse de caractère il y a le fait pour l'homme de débarrasser
son cœur de toutes les marques d'égoïsme et de préférer autrui à soi-même. C'est
ce que Ton appelle l'altruisme, lequel a valu aux musulmans premiers les
louanges de Dieu dans le Coran :
{ Ceux qui, avant eux, se sont
installés dans le pays et dans la foi, qui aiment ceux qui se sont réfugiés chez
eux, qui ne ressentent aucune envie contre ce qui est octroyé à ces derniers.
Ils les préfèrent à eux-mêmes, même s'il y a pénurie. }
[ Sourate 59 –
Verset 9 ]
Ainsi, le sacrifice pour autrui est la forme la plus élevée
d'altruisme. L'exemple le plus éclatant en est donné par 'Ali Ibn Tâlib lors de la nuit de l'émigration du Messager de Dieu vers Médine. Ce soir-là, il passa la nuit dans le lit du Messager de Dieu pour faire croire aux négateurs qu'il était le Prophète et ainsi rendre
facile l'émigration de celui-ci. Il était conscient qu'il était à deux doigts de
la mort, car armés, les négateurs surveillaient l'entrée de la maison du
Messager de Dieu . Une attaque précipitée et irréfléchie des négateurs lui
aurait ôté la vie. Seuls la foi en Dieu et en Son Messager et l'amour intense
qu'il leur vouait l'ont poussé à consentir un tel sacrifice et à prendre un
aussi grand risque qui auraient pu lui coûter la vie.
Un autre exemple
est donné par l'attitude d'Abû Bakr le véridique . Sur le chemin de
l'émigration à Médine, il se réfugie dans une grotte en compagnie du Messager de
Dieu aux fins de s'extraire aux regards des négateurs les poursuivant.
Son regard attiré par le trou d'un reptile venimeux, il y appliqua son pied
protégeant ainsi le Messager de Dieu et s'exposant lui-même aux morsures
du reptile.
Illustre aussi cet altruisme, l'attitude des combattants
musulmans blessés lors de la bataille d'Al-Yarmûk; tenaillés par la soif et à
l'article de la mort, chacun d'eux préférait cependant que l'on donnât l'eau aux
autres blessés.
Tout cela montre que les premiers musulmans se sont
conformés à la recommandation du Prophète et à la bonne direction mise en
avant par la religion qui est la leur. Ils donnèrent ainsi l'exemple le plus
éclatant en matière d'amour d'autrui, de renoncement à l'amour de soi
[Tajarrud]. C'est pourquoi ils ont pu devenir les maîtres du monde d'ici-bas.
Les musulmans ont besoin aujourd'hui de renouveler le pacte avec l'Islam
véritable tel qu'il fut incarné par les premiers musulmans, de marcher sur leurs
traces et de suivre la bonne direction qui était la leur.

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