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Ibn
'Umar a rapporté que le Messager de Dieu a dit :
« Vous êtes des
bergers et vous êtes responsables de l’objet de votre garde. Le chef de l’Etat
est berger et responsable de ses administrés. L'homme est berger dans sa famille
et responsable de l’objet de sa garde. La femme est bergère dans la maison de
son mari et responsable de l’objet de sa garde. Le serviteur est berger dans les
biens de son maître et responsable de l’objet de sa garde. L'homme est berger
dans les biens de son père et responsable de l’objet de sa garde. Vous êtes tous
bergers et vous êtes responsables de l’objet de votre garde. »
Ce noble
hadith renvoie chaque musulman à ses responsabilités ; ainsi, personne ne peut
prétendre n'être concerné que par ses propres affaires et nullement par celles
des autres. L’on est responsable d'autrui et l’on doit assumer tout manquement à
ce sujet. L'homme, légalement responsable (Mukallaf), lorsqu'il a conscience de
sa responsabilité non seulement envers lui-même, mais aussi à l'égard de ceux
dépendant de lui, il doit s'employer à protéger et à préserver ces derniers
comme il le fait pour sa propre personne. Cela favorise ainsi l'émergence d'une
société saine et avancée dont les membres veillent à assurer l'essor de leurs
administrés et à s'entraider pour l'intérêt et le bonheur communs.
Est
mise en évidence dans ce hadith la responsabilité qu'a l'homme, devant Allah , de
tout ce qui est sous sa garde ; les responsabilités sont diverses ; ainsi, nous
dit le Messager de Dieu , «
Le chef de l’Etat est berger et responsable de
ses administrés » et devra, le Jour de la Résurrection, répondre de cette
responsabilité : a-t-il été juste ? Les pauvres et les nécessiteux étaient-ils,
sous son autorité, assurés quant à leur subsistance et à leur protection ?
Gérait-il convenablement les deniers de l'Etat de manière à éviter tout
gaspillage ? Avait-il confié les affaires administratives et judiciaires à des
gens intègres et compétents ? A-t-il développé les ressources de la communauté,
assuré à ses administrés une instruction efficiente ou bien a-t-il laissé ces
derniers en proie à l'ignorance et au sous-développement ? Le gouverneur sera
comptable de tout cela. C'est ce qui se dégage du hadith suivant :
« Dieu interdira le Paradis à
tout gouverneur qui aura trompé les sujets que Dieu lui aura confiés » [
Rapporté par Al-Bukhârî et Muslim ]
La responsabilité et le dépôt
confiés au gouverneur sont donc graves, et le châtiment qui s'abattrait sur
l'homme s'il venait à négliger ses responsabilités et à tromper la confiance de
ses administrés, est énorme.
Le gouverneur doit répondre aux besoins de
son peuple et veiller à ses intérêts ; c'est pourquoi lui incombe-t-il de
désigner des auxiliaires expérimentés et intègres dont la tâche consistera à
s'enquérir de la situation des gens et à en tenir le gouverneur informé, ainsi
celui-ci pourra-t-il répondre aux besoins de la population. Le Prophète
a dit :
« Quiconque reçoit de Dieu la charge de gérer une partie
des intérêts des musulmans puis se cache à eux pour ne pas s'occuper de leurs
besoins, de leur indigence et de leur pauvreté, Dieu se cache à lui pour ne pas
s’occuper le jour de la résurrection de ses besoins, de son indigence et de sa
pauvreté. » [ Rapporté par Abu Dâwud et At-Tirmidhî ]
La
responsabilité du gouverneur consiste aussi à choisir ses ministres et ses amis
parmi les hommes de religion et de moralité, la réforme de l'Etat demeurant
fonction de la rectitude morale de ceux-ci. C’est pourquoi le Messager de Dieu
a dit :
« Tous les Prophètes que Dieu a envoyés et tous leurs
successeurs eurent deux catégories de conseillers : ceux qui leur ordonnaient de
se conformer à la loi (Maruf) et qui les y incitaient et ceux qui leur
ordonnaient de faire ce qui est blâmable et qui les y incitaient. Seuls seront
préservés (de l'égarement) ceux que Dieu aura préservés » [ Rapporté par à
Al-Bukhârî ]
Quant à la responsabilité de l'homme dans sa famille -
« L'Homme est Berger dans sa famille et responsable de l'objet de sa garde » -
elle consiste, d'abord, à lui assurer sa subsistance et à la mettre à l'abri de
l'indigence. Il en sera, le Jour de la Résurrection, comptable; d'où la
nécessité pour lui de recourir aux moyens les meilleurs et les plus droits et de
garantir aux siens une vie honorable.
Un autre devoir qui lui incombe
également est celui de diriger sa famille dans le sens de l'obéissance à Allah
et
de l'initier par rapport aux dogmes et aux règles de politesse de l'Islam ; cela
la mettra à l'abri du châtiment du Feu dans la vie ultime.
Allah
exalté dit :

O vous qui avez cru ! Mettez-vous, vous et les vôtres, à l'abri d'un
feu ayant pour combustible les Humains et la pierraille. Il est régi par des
Anges rudes et sévères ne désobéissant à aucun ordre de Dieu et faisant tout ce
qu'on leur ordonne [ Sourate 66 – Verset 6 ]
II est attendu des
parents d'abord de se prémunir contre le châtiment de Dieu, cela revient à
observer Ses prescriptions, et ensuite de protéger leurs familles. Les parents
doivent être un modèle pour leurs enfants en matière de religiosité et de bon
comportement, observant un comportement droit, exempt d'inconvenance dans les
propos ou de désobéissance aux ordres divins. Les enfants auront ainsi dans le
foyer musulman une bonne éducation imprégnée des principes religieux, et seront,
sous la direction et l'orientation de leurs parents, à l'image du bon musulman.
Il est cependant malheureux de relever que certains musulmans
n'incarnent pas, dans leurs foyers, la morale musulmane ; détachés des
orientations sublimes de l'Islam, leurs enfants ne seront pas influencés par la
morale prônée par l'Islam, et deviendront, une fois adultes, de mauvais éléments
dans la société qui est la leur.
Tout homme se doit de savoir qu'il sera
interrogé par Dieu
sur son épouse : a-t-il fait preuve de gentillesse à son
égard ? Il sera également interrogé sur le comportement qu'il a eu avec les
proches qui sont à sa charge : Que leur a-t-il offert ? Et comment les a-t-il
réconfortés dans les moments où ils en avaient besoin ?
La femme est
également responsable devant Allah ; « La femme est bergère dans la maison de son
mari et responsable de sa garde ». L'ordre du foyer lui incombe et elle est le
soutien de l'homme dans la vie. Aussi se doit-elle d'être sage dans la direction
des affaires domestiques, économe dans les dépenses, de préserver l'équilibre
entre les revenus de son mari et les besoins essentiels de la maison ; elle ne
doit pas exiger de son époux ce qui est au-dessus de ses moyens, observant le
juste milieu dans sa vie, ses habits et sa parure, ne pas gaspiller l'argent
dans le seul but d'exhiber des vêtements chers et des meubles raffinés ; cela
allant à l'encontre des recommandations du Coran :
{ Ne sois pas
prodigue. Les prodigues sont les frères des démons, et le démon est ingrat
envers son Seigneur } [ Sourate 17 – Versets 26-27 ]
De son côté, le
Messager de Dieu a dit : « Dieu déteste pour vous les bavardages
inutiles, l’excès de questions et la perte de votre argent dans les domaines
futiles» [ Rapporté par Al-Bukhârî ]
La femme ne doit jamais perdre
de vue que les instants d'aisance ne durent pas indéfiniment, d'où la nécessité,
pour elle, de faire des économies pour surmonter la difficulté. Mais le devoir
le plus important consiste à éduquer ses enfants, à leur prodiguer des conseils
utiles, et à bien les orienter. La femme est plus à même, que l'époux, de
diriger et de marquer les enfants parce qu'elle les voit plus souvent, notamment
les filles qui sont l'incarnation de la morale et des orientations de leur mère,
laquelle doit servir à ses enfants de bon modèle, et être une bonne éducatrice
et un excellent guide.
Concernant la responsabilité du domestique, le
Messager de Dieu a dit : « Le serviteur est berger dans les biens
de son maître et responsable de l’objet de sa garde. » Celui-ci doit être
intègre, au-dessus de tout soupçon, préserver les biens de son maître, ne pas
emprunter les voies illégales aux fins de tirer profit des biens de son maître,
prodiguer à celui-ci des conseils qui vont dans le sens de ses intérêts, et se
parer d'intégrité et de sincérité dans les paroles et les actes.
L'homme
est également responsable des biens de son père : « L'homme est berger dans les
biens de son père et responsable de l’objet de sa garde. » II doit les
préserver, les investir, les fructifier et prendre garde à ne pas les dilapider,
car ils sont aussi les siens. En les préservant, il le fait à sa propre faveur.
Qu'il évite la mauvaise fréquentation ! Celle-ci peut l'amener à la prodigalité
et à la dilapidation des biens de son géniteur, condamnant ainsi son propre
avenir et s'exposant à la pauvreté et à l'indigence. D'autant que Dieu - pureté
à Lui - interrogera les enfants sur l'usage fait des biens de leurs pères. Qu'il
les préserve, car c'est pour lui un viatique lui garantissant une vie stable.
Le détail des responsabilités des différentes personnes fait, le
Messager de Dieu use d'un langage global qui assigne à chacun, dans la
communauté, une tâche procédant de ses fonctions : « Vous êtes tous bergers et
vous êtes responsables de l’objet de votre garde. » Le fonctionnaire, le député,
le médecin, l'enseignant, l'ouvrier, etc. seront interrogés pour savoir s'ils
ont agi en toute sincérité : si c'est le cas ils auront, pour avoir excellé dans
le bien, une récompense excellente. S'ils ont menti, fraudé, trompé et gagner
des biens par des voies illicites, ils auront, pour avoir fait le mal, une bien
mauvaise récompense.
L'impression que l’on garde de la lecture réfléchie
de ce hadith illustre et global, est que l'Islam ne se réduit pas à des actes
cultuels, il embrasse les affaires aussi bien religieuses que temporelles
(Dunyawiyya).

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