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Les
Qouraïchites, rassemblés à
Dar An-Nadwa, commencèrent à exposer
leurs propositions pour mettre fin à
la prédication de Muhammad .
Abou
Al-Bakhtari Ibn Hicham dit : « Mettez-le
aux fers, enfermez-le et attendez qu'il lui
arrive ce qui est arrivé aux poètes
qui l'ont précédé : Zouhayr,
An-Nabigha et d'autres, qui sont morts. Qu'il
lui arrive donc ce qui est arrivé à
ceux-là ».
Le vieux du Nejd leur
dit : « Non, ce n'est pas une bonne solution,
car si vous l'enfermez, ses compagnons en seront
informés. Ils ne manqueront pas de vous
attaquer et de vous l'enlever ; Ils se fortifieront
alors jusqu'à ce qu'ils prennent le dessus
sur vous. Ce n'est pas une bonne solution cherchez-en
une autre ».
Un
autre dit : « Mettons-le en quarantaine,
expulsons-le de notre pays. Peu importe où
il ira et où il campera. Nous serons
débarrassés de lui et nous pourrons
retrouver notre unité et notre amitié
comme avant ».
Alors le vieux du Nejd
dit: « Non, ce n'est pas non plus une
bonne solution. N'avez-vous pas vu son éloquence,
son style agréable de persuasion et son
emprise sur les coeurs des hommes par ce qu'il
apporte? Par Allah , si vous faites cela, vous
lui donnerez les moyens de descendre dans une
des tribus arabes, qu'il conquerra par sa parole
de sorte qu'elle le suivra Puis il marchera
avec eux contre vous, il s'emparera de vos biens
et les arrachera de vos mains, pour ensuite
faire de vous ce que bon lui semblera. Cherchez
donc une autre solution ».
Alors
Abou Jahl Ibn Hicham dit : « J'ai une
solution que personne n'a encore exprimée
». Les autres lui dirent : « Quelle
est cette solution, ô Abou Al-Hakam ?
» Il répondit : « Je propose
de prendre de chaque tribu un jeune homme vigoureux
et noble. Nous donnerons à chaque jeune
homme une épée tranchante, ils
se dirigeront vers lui, le frapperont tous en
même temps comme s'ils étaient
un seul homme et ils le tueront. Ainsi, nous
serons débarrassés de lui.
Son
sang ayant été versé par
toutes les tribus, les Bani 'Abd Manaf ne pourront
pas les combattre toutes. Ils se contenteront
de nous demander le prix du sang (par une somme
d'argent) et nous leur verserons ». Alors
le vieux du Nejd dit : « Ce qu'a dit cet
homme est ce qu'il faut retenir. Voilà
la vraie solution et il n'y pas d'autre solution
à suivre que celle-là ».
L'assemblée
se dispersa ayant adopté cette proposition
à l'unanimité.
L'encerclement
de la maison du Prophète
Après
que les dirigeants des Qouraichites eurent pris
l'inique décision d'assassiner le Prophète
, Jibril
vint informer celui-ci, par révélation
de son Seigneur, et lui dit : « Cette
nuit, ne dors pas dans le lit où tu dors
d'habitude ». A midi, le Prophète
alla voir Abou Bakr
pour lui annoncer qu'il
avait reçu l'ordre de partir et aussi
définir avec lui les étapes de
l'émigration. Le Messager d'Allah rentra
ensuite chez lui attendant la tombée
de la nuit.
Quant
aux Qouraichites, ils passèrent leur
journée à préparer la mise
à exécution du plan monté
et approuvé par le parlement de la Mecque,
le matin même. Au premier tiers de la
nuit, ils se regroupèrent devant la porte
de la chambre du Messager d'Allah et veillèrent,
dans l'attente de l'heure prévue pour
l'attaquer. Quand il s'aperçut de leur
présence, le Prophète
dit à
'Ali Ibn Abi Talib : « Dors sur mon lit,
couvre-toi de mon manteau vert hadramite que
voici, et dors bien couvert de ce manteau ;
aucun mal de leur part ne t'atteindra ».
Ensuite,
l'Envoyé d'Allah
sortit devant eux, prit
une poignée de sable qu'il se mit à
verser sur leur tête, sans que ceux-ci
ne le voient. En effet, Allah leur avait ôté
la capacité de le voir à cet instant.
Le prophète
se rendit chez Abou Bakr
d'où ils partirent ensemble en direction
du Yémen.
L'échec
de la tentative d'assassinat
Les
malfaiteurs continuèrent à attendre
l'heure prévue pour commettre leur forfait.
Peu avant ce moment, ils se rendirent compte
de leur échec et furent frappés
de déception. Quelqu'un n'appartenant
pas à leur milice les avait trouvés
en train d'attendre devant la porte et leur
demanda : « Qu'est-ce que vous attendez
? » Ils répondirent : « Mohammad
». L'homme reprit : « Qu'Allah
déçoive
vos espérances ! Par Allah ! II est sorti
devant vous et a répandu du sable sur
vos têtes. Il s'en est allé vaquer
à ses affaires. Ne voyez-vous pas ce
qui vous est arrivé ? ». Alors
chacun d'eux mit sa main sur sa tête et
y trouva du sable.
Toutefois,
ils lorgnèrent par le trou de la porte
de la chambre, virent 'Ali
sans pouvoir le reconnaître
et dirent : « Par Allah ! Voici Mohammad
en train de dormir. Il s'est couvert de son
manteau ! ». Ils restèrent ainsi
jusqu'au matin. Quand 'Ali sortit du lit, ils
dirent : « Ah ! Celui qui nous a parlé
tout à l'heure a dit la vérité
».
Au
sujet de ce complot, Allah révéla
:
«
(Et rappelle-toi) le moment où les mécréants
complotaient contre toi pour t'emprisonner ou
t'assassiner ou te bannir. Ils complotèrent
mais Allah a fait échoué leur
complot, et Allah est meilleur en stratagèmes
» [ Sourate 8
- Verset 30 ]
La
grotte de Thawr
Lorsque
le Messager d'Allah
décida de partir
(dans la nuit du 27 Safar de l'an 14 de la prophétie),
il se rendit chez Abou Bakr , l'homme le plus
sûr pour sa compagnie et pour ses biens.
Ensemble ils quittèrent la Mecque avant
le lever du jour. Sachant que, pour le chercher,
les Qouraichites allaient d'abord s'orienter
sur le chemin principal de Médine allant
vers le nord, le Prophète
emprunta le
chemin diamétralement opposé,
à savoir, celui situé au sud de
la Mecque et allant vers le Yémen.
Ils
firent une distance d'environ neuf kilomètres
sur ce chemin, atteignirent une haute montagne
connue sous le nom de montagne de Thawr. A ce
niveau, le chemin était escarpé,
pierreux et difficile à escalader. Ils
firent des efforts jusqu'à atteindre
une grotte située au sommet de la montagne
: « la grotte de Thawr ».
Les
deux compagnons se cachèrent dans la
grotte pendant trois nuits. Abou Bakr avait
ordonné à son fils 'Abdallah
de
se mettre à l'écoute de ce que
les gens disaient d'eux durant la journée
et de venir à la grotte le soir leur
rapporter ce qu'il avait entendu. Il avait également
ordonné à son domestique, 'Amir
Ibn Fouhayra , de faire paître ses moutons
pendant la journée et de revenir à
la grotte le soir, avec le troupeau, afin de
traire du lait durant la nuit. Asma
, la fille
d'Abou Bakr, leur apportait aussi de la nourriture.
A l'aube, lorsque 'Abdallah Ibn Abi Bakr
quittait
la grotte, 'Amir Ibn Fouhayra
le suivait avec
ses moutons afin d'effacer ses traces. Ainsi
faisait-il dans chacune des trois nuits.
Quant
aux Qouraichites, ils étaient fous de
rage lorsqu'ils apprirent que le Messager d'Allah
s'était échappé. Ils se
rendirent alors chez Abou Bakr et frappèrent
à la porte. Asma
sortit à leur
rencontre. Ils lui dirent : « Où
est ton père ? ». Elle répondit
: « Par Allah ! Je ne sais pas où
il est ». Abou Jahl leva la main et lui
asséna une terrible gifle qui fit tomber
sa boucle d'oreille...

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