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L’échec sévère essuyé par leur délégation auprès du Négus, la
diffusion de l’Islam et le nombre croissant de ses adeptes, avec notamment la
conversion de ‘Omar Ibn Al-Khattab et Hamza Ibn ‘Abdel Mouttalib
(deux fortes
personnalités de la Mecque) : tout cela exaspérait les notables de Qouraïch.
Ils se réunirent donc et décidèrent d’écrire un document contre les Bani
Hashim et les Bani Al-Mouttalib, en raison de leur lien de parenté avec
Mohammad .
Ils stipulèrent qu’ils ne devaient pas épouser les femmes appartenant
à ces deux tribus, ni accorder leurs propres femmes en mariage avec leurs
hommes, et qu’ils ne devaient pas faire le commerce avec eux.
S’étant mis
d’accord sur ces stipulations, ils les assignèrent par écrit dans un document
(sahifah) qu’ils suspendirent à l’intérieur de la Ka’ba, pour mieux se
l"affirmer. Après cela, les Bani Hashim et Bani Al-Mouttalib, hommes,
femmes et enfants se retirèrent dans le fief (shi’b) d’Abou Talib, excepté Abou
Lahab qui s’allia aux Qouraichites et les soutint. Cet isolement débuta durant
l’an sept de la mission du Prophète et dura trois ans. Les Bani Hashim et Bani
Al-Mouttalib souffrirent, pendant ces trois années, de la faim et de la
privation : rien ne leur parvenait a moins que ce soit en secret et à l’insu de
Qouraïch, de la part de quelques-uns qui voulaient les aider. Exténués et
poussés par la faim, ils en arrivèrent au point de manger les feuilles des
arbres, si bien qu’à l’extérieur du fief on pouvait percevoir les cris et les
pleurs des enfants affamés.
La Révocation
Du Document Stipulant L'embargo
Après ces trois années de souffrance, en l'an 10 de la mission
prophétique, le document stipulant l’embargo des Bani Hashim et Bani
Al-Mouttalib fut détruit et le pacte rompu. En effet, parmi les Qouraichites,
certains étaient satisfaits du pacte, d'autres insatisfaits. Ces derniers
s'employèrent à faire rompre le pacte. L'initiateur des démarches ayant abouti à
la rupture fut Hicham Ibn ‘Amr (appartenant à Bani ‘Amir Ibn Lou'ay) qui avait
l'habitude d'accéder au fief, la nuit, pour secrètement apporter de la
nourriture à Bani Hashim et Bani Al-Mouttalib.
Hicham contacta 4 autres
personnes qui, comme lui, désapprouvaient cet acte injuste et arbitraire. Il
s’agissait de Zouhir Ibn Abi Oumayya Al-Makhzoumi (dont la mère était ‘Atika, la
fille de Abdel Mouttalib), Al-Mout’im Ibn ‘Ady, Abou Al-Bakhtari Ibn Hicham et
Zom’a Ibn Al-Aswad. Ils se réunirent tous et prirent l'engagement de rompre le
pacte. Zouhir dit : « Je serai le premier à parler ».
Le lendemain matin,
ils se rendirent au cercle des Qouraichites. Vêtu d'un beau manteau, Zouhir fit
sept fois le tour de la Kaaba avant de venir rejoindre les gens. Il dit : « Ô
habitants de la Mecque ! Est-il normal que nous consommions de la nourriture et
portions des vêtements alors que les Banou Hashim périssent, sans pouvoir vendre
ou acheter quoi que ce soit ? Par Allah ! Je ne m’assiérai pas avant que ce
pacte injuste et éprouvant ne soit rompu ».
Après cette épreuve de 3
années, Abou Talib, qui continuait d'assurer son neveu de sa protection, avait
dépassé les 80 ans. Les souffrances et les événements qui se
succédaient depuis des années - notamment le blocus du fief - avaient usé et
affaibli ses articulations, et eu raison de sa solidité. Ainsi, quelques mois
après sa sortie du fief, il fut atteint d'une maladie assez sérieuse.
Alors,
dans la crainte de salir leur réputation parmi les arabes, ce qui serait le cas,
s'ils attendaient jusqu'après sa mort pour s'attaquer à son neveu, les notables
de Qouraïch essayèrent, encore une fois, de négocier avec le Messager d'Allah en
sa présence. Ils décidèrent de faire des concessions qu'ils n'avaient pas voulu
accepter de faire auparavant. A cette fin, ils constituèrent une délégation, la
dernière qu'ils devaient envoyer auprès d'Abou Talib.
Ils allèrent donc
trouver Abou Talib et lui parlèrent. Leur délégation était constituée des
dignitaires de leur peuple : 'Otba Ibn Rabi'a, Chayba Ibn Rabi'a, Abou Jahl Ibn
Hichâm, Oumayya Ibn Khalaf, Abou Soufyan Ibn Harb et d'autres notables de leur
tribu. Ils dirent : « Ô Abou Talib ! Tu occupes parmi nous la place que tu
connais. Te rendent visite aujourd'hui ceux que tu vois ici. Nous craignons pour
toi. Mais tu sais aussi ce qui nous oppose à ton neveu. Alors appelle-le ! Et
qu'il se détourne de nous et que nous nous détournions de lui ! Qu'il nous
laisse avec notre religion et que nous le laissions avec la sienne ! »
Abou
Talib envoya chercher le Prophète qui , aussitôt se présenta. Son oncle lui dit :
« Neveu, voici les dignitaires de ton peuple, ils se sont réunis pour toi, afin
de te donner et de prendre de toi ! ». Il l'informa ensuite de ce que ces
dignitaires avaient dit et proposé pour éviter la confrontation. Le Messager
d'Allah leur dit : « Bien ! Vous me donnerez un seul mot, grâce auquel vous
maîtriserez les arabes, et par lequel les non arabes vous seront redevables ».
Abou Jahl répondit : « D'accord, nous te donnerons même volontiers dix mots ».
Le Prophète dit : « Vous direz : « Il n'y a de divinité qu'Allah », tout en vous
débarrassant de ce que vous adorez en dehors de Lui ».
Surpris, ils
battirent des mains et dirent : « Ô Mohammad ! Veux-tu faire de toutes les
divinités un seul Dieu ? Ton affaire est vraiment étrange ! ». Ensuite, ils se
dirent les uns aux autres : « Cet homme ne vous donnera rien de ce que vous
voulez. Partez donc et continuez dans la religion de vos ancêtres jusqu'au jour
où Allah vous départagera de lui ». Sur ces mots, le groupe se dispersa.
Sur
le cas de ces gens, Allah révéla à son Messager les versets ci- après :
{
Sad. Par
le Coran au nom glorieux ! Ceux qui ont mécru sont plutôt dans l'orgueil et le
schisme ! Que de générations avant eux avons-nous fait périr qui ont crié :
«hélas» quand il n'était plus temps d'échapper ? Et ils (les Mecquois)
s'étonnèrent qu'un avertisseur parmi eux leur soit venu, et les infidèles disent
: « C'est un magicien et un grand menteur. Réduira-t-il les divinités à un Seul
Dieu ? Voilà une chose vraiment étonnante ». Et leurs notables partirent en
disant : « Allez-vous-en et restez constants à vos dieux : c'est là, vraiment
une chose souhaitable } [ Sourate 38 : versets 1 à 6 ]
Rongé par sa maladie, Abou Talib ne tarda pas à mourir quelques
mois après la levée de l'embargo, dont nous avons fait le récit précédemment.
Un hadith authentique rapporté d'Al-Mousayyab mentionne que sur son lit de
mort, Abou Talib reçut la visite du Prophète alors qu'Abou Jahl et 'Abdullah Ibn
Abi Oumayya Ibn Al-Moughira se trouvaient déjà à son chevet. Le Prophète dit :
«
Ô oncle ! Dis : « Il n'y a pas d'autre divinité qu'Allah » ; une parole au moyen
de laquelle j'argumenterai en ta faveur auprès d'Allah ». Abou Jahl et 'Abdullah
Ibn Abi Oumayya s'empressèrent de dire : « Ô Abou Talib ! Vas-tu renoncer à la
religion de 'Abdel Mouttaleb ? ». Le Prophète ne cessa de lui proposer de
témoigner en répétant les mêmes mots, mais les dernières paroles prononcées par
le moribond affirmaient qu'il suivait toujours la religion de 'Abdel Mouttaleb
et refusait de dire : « Il n'y a pas d'autre divinité qu'Allah ».
Alors le
Messager d'Allah dit :
« Par Allah ! J'implorerai le pardon en ta faveur, tant
qu'il ne me sera pas interdit de le faire ! ».
Allah
, cependant, lui révéla :
{
II n'appartient pas au Prophète et aux croyants d'implorer le pardon en faveur
des associateurs, fussent-ils des parents alors qu'il leur est apparu clairement
que ce sont des gens de l'enfer } [ Sourate 9 : verset 113 ]
En s'adressant
à Son Messager , au sujet d'Abou Talib, Allah révéla :
{
Tu ne diriges pas celui
que tu aimes : mais c'est Allah qui guide qui Il veut. Il connaît mieux
cependant les bien-guidés} [ Sourate 28 : verset 56 ]

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