Le Prophète se rend à Taif pour trouver un appui

Après ce que les Qouraïchites firent subir comme outrages au Prophète , ce dernier décida de se rendre à Taïf pour y trouver un soutien, espérant que les membres de la tribu de Thaqif croiraient en sa mission.

Arrivé à Taïf, il se dirigea vers trois frères parmi les chefs de la tribu de Thaqif à savoir ‘Abd Yalil, Mas’oud et Habib, les enfants de ‘Amr Ibn ‘Omaïr. Il s'installa parmi eux et les appela à croire en Allah , à soutenir la propagation de l'Islam et à l’aider contre ses opposants parmi son peuple.

Le premier répondit alors qu'il allait déchirer le voile de la Kaaba si Allah l'avait envoyé.

Le deuxième dit : « Allah n'a-t-il pas trouvé un homme mieux que toi comme messager ? »

Le troisième dit : « Je ne te parlerai jamais. Si tu étais un Messager tu serais trop important pour que je puisse te répondre, et si tu mentais sur Allah, il ne conviendrait pas que je te parle ».

Sur ces mots, le Messager d'Allah se leva et leur demanda de ne rien révéler de cette entrevue à Qouraïch.

Mais ils ne gardèrent pas le secret. Au contraire, ils excitèrent contre lui les idiots parmi eux et leurs esclaves qui le chahutèrent et l’injurièrent au point d'ameuter les gens autour de lui. Ils se mirent tous à lui jeter des pierres et à lui adresser des grossièretés. Zayd Ibn Haritha , qui le protégeait de son corps, fut blessé à la tête.

Le Prophète trouva finalement refuge dans un jardin appartenant à ‘Otba et à Chayba, les deux enfants de Rabi’a.

 

La Rencontre avec 'Addas

 Après que le Messager d'Allah se fût réfugié dans ce jardin, les gens s'en retournèrent. Alors, il s'assit à l’ombre d’une vigne et fit, après avoir retrouvé son calme, une invocation qui dénotait que son cœur était rempli de tristesse pour la violence déjà subie et aussi de regret que personne ne crût au message.

 Il dit :

« Seigneur ! Je me plains auprès de Toi de ma faiblesse, de mon impuissance et du mépris des gens pour moi. Ô Toi, le plus Clément des cléments ! Tu es le Seigneur des jugés faibles. Tu es mon Seigneur.
A qui me confies-Tu ? A un étranger hostile ou à un ennemi qui serait mon maître ? Tout cela
importe peu, tant que je ne m'attire pas Ta colère car, pour moi, Ta faveur est plus vaste que tout.
Je cherche refuge auprès de la lumière de Ton visage par laquelle les ténèbres brillent et par
laquelle les affaires de ce monde et celles de l'au-delà marchent bien, contre toute décharge de
Ta colère sur moi. C’est toi que l’on doit satisfaire jusqu’à ce que Tu sois satisfait.
Il n'y a de force ni de puissance en dehors de Toi »

 


Lorsque les deux enfants de Rabi’a le virent et s’aperçurent qu’il souffrait, ils appelèrent un domestique chrétien du nom de ‘Addas et lui dirent : « Cueilles de ce raisin, mets-le dans un plat et portes-le à cet homme ».

‘Addas s'exécuta. Il posa la grappe devant le Messager d'Allah , qui, tendant alors la main dit : « Au nom d'Allah » avant de manger.

Le garçon dit : « Les gens de ce pays ne prononcent pas une telle parole ». Le Prophète dit : « Et toi, de quel pays viens-tu ? ». ‘Addas répondit : « Je suis chrétien, originaire de Ninive ». Le Messager d'Allah reprit : « Tu es originaire du village d'un homme vertueux : Younous Ibn Matta ». Le garçon dit : « Comment connais-tu Younous Ibn Matta ? ». Le Prophète répondit : « C’est mon frère. C'était un Prophète et moi aussi je suis Prophète ». Cela dit, ‘Addas se mit à embrasser la tête, les mains et les pieds du Prophète .

Les enfants de Rabi’a se dirent alors l'un à l'autre : « Voilà, il a corrompu ton domestique ». Au retour de ‘Addas, ils lui dirent : « Malheur à toi ! Pourquoi as-tu embrassé la tête, les mains et les pieds de cet homme ? » Le garçon répondit : « Maître ! Il n'existe pas sur terre meilleur homme que lui. Il m'a informé d'une chose que seul un Prophète  peut savoir ». Ils lui dirent : « Malheur à toi ! Qu’il ne te détourne pas de ta religion car ta religion est meilleure que la sienne ».

Le Messager d'Allah prit la route du retour à la Mecque après avoir quitté ce jardin.

 

Le groupe de djinns

Le Prophète partit de Taïf en direction de la Mecque, déçu par la tribu de Thaqif. Il passa par la vallée de Nakhlah, située à environ un jour de marche de la Mecque, où il se mit à prier. C’est alors qu’un groupe de djinns vint à passer par là. Ils se mirent à l’écouter. Quand le Messager d’Allah eut fini, ils retournèrent à leur peuple pour les avertir.

 Allah en a fait mention dans le Coran :

« [Rappelle-toi] lorsque Nous dirigeâmes vers toi une troupe de djinns pour qu'ils écoutent le Coran. Quand ils assistèrent [à sa récitation], ils dirent : « Ecoutez attentivement ». Puis, quand ce fut terminé,
ils retournèrent à leur peuple, en avertisseurs.

Ils dirent : « Ô notre peuple ! Nous venons d'entendre un Livre qui a été descendu après Moïse, confirmant
ce qui l'a précédé. Il guide vers la vérité et vers un chemin droit.

Ô notre peuple ! Répondez au prédicateur d'Allah et croyez en lui. Il (Allah) vous pardonnera une partie de
vos péchés et vous protégera contre un châtiment douloureux »
[ Sourate 46 - Versets 29-31 ]
 

« Dis : Il m'a été révélé qu'un groupe de djinns prêtèrent l'oreille, puis dirent : « Nous avons certes
entendu une lecture (le Coran) merveilleuse,

qui guide vers la droiture. Nous y avons cru et nous n'associerons jamais personne à notre Seigneur »
[ Sourate 72 - Versets 1 et 2 ]
 

 II ressort du contenu de ces versets et des commentaires faits au sujet de cet événement que le Messager d'Allah ne savait pas que ce groupe de djinns était venu l'écouter. Il ne l’apprit que lorsque Allah le lui fit savoir en lui révélant ces versets.

 

 

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