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Il ressort
de ces enseignements que l'Islam est venu pour faire accomplir à l'humanité des
pas de géant vers une vie scintillant de vertus et de règles de bienséance. Car,
il considère que ces étapes conduisant à ce noble but relèvent de la substance
de son Message, et estime que le non respect de ces règles éloigne de sa Foi.
C'est dire que la morale n'est pas un luxe dont on peut se passer. Elle est
plutôt la source de la vie agréée par la religion qui honore ceux qui la
pratiquent. D'autant plus que l'Islam a recensé les vertus et incite ses adeptes
à s'attacher à elles une à une.
D'ailleurs, si nous nous mettions à rassembler
les paroles du Prophète sur la conformité aux nobles caractères moraux, nous
finirions par avoir dans les mains un volume sans équivalent du plus grand
maître parmi les réformateurs. Mais, avant d'entrer dans les détails au sujet de
ces vertus et de mentionner les traditions rapportées à propos de chacune
d'elles, nous voulons évoquer une part de son appel vivant en faveur des nobles
caractères moraux et des qualités sublimes.
Usâma Ibn Sharîk
rapporte ceci :
"
Pendant que nous étions assis auprès du Prophète
- qu'Allah lui accorde la
Grâce et la Paix - en gardant un silence grave, des hommes sont venus et lui ont
demandé : Quel est le serviteur le plus aimé par Allah
- qu'Il soit exalté ? Il a
dit : Celui qui a le meilleur caractère moral" [
Rapporté par At-Tabarânî ].
Dans une autre
version:
"Quelle est la meilleure chose donnée à l'homme ? Il a dit: Un bon
caractère moral" [Rapporté par Ibn Hibbân].
Il a dit également :
"L'indécence et
l'obscénité n'ont rien à voir avec l'Islam. Et le meilleur musulman parmi les
hommes est celui qui a le meilleur caractère" [
Rapporté par At-Tirmidhî ].
On lui a
demandé : "Quel est le croyant dont la Foi est la plus parfaite ? et il a dit :
"Celui qui a le meilleur caractère" [
Rapporté par At-Tabarânî ].
`Abdallâh Ibn 'Amr rapporte ceci :
"J'ai entendu l'Envoyé d'Allah dire : Voulez-vous que je vous indique qui m'est d'entre vous le
plus cher, qui sera le plus proche de moi au Jour de la Résurrection ? - et il a
répété cela deux ou trois fois - Les gens présents lui ont dit : Oui, ô Envoyé
d'Allah. Il leur a dit : Celui d'entre vous qui a le meilleur caractère"
[Rapporté par
Ahmad ].
Il a dit aussi :
"
Rien ne pèsera dans la balance du croyant au Jour
de la Résurrection comme le bon caractère. Car Allah déteste l'homme obscène et
grossier. Et l'homme doté d'un bon caractère atteindra par cette qualité le
degré de celui qui jeûne et prie" [Rapporté par Ahmad].
Si une telle déclaration émanait
d'un philosophe concerné par l'éthique et la réforme de la morale seulement,
cela ne provoquerait pas l'étonnement. Mais, ce qui est extraordinaire, c'est
quand elle émane d'un grand fondateur de religion. Car les religions s'appuient,
en premier lieu dans leur réalité, sur l'adoration pure.
Or, le Prophète de
l'Islam a appelé pour l'observance de nombreux actes d'adoration et instauré un
Etat fondé sur un long combat contre des ennemis multiples. Aussi, si malgré
l'ampleur des tâches de sa foi et la diversité des aspects de l'action devant
ses disciples, il trouve le moyen de leur indiquer que le bon caractère pèsera
beaucoup dans leurs balances au Jour de la Résurrection, cela montre clairement
la place qu'occupe la bonne morale en Islam.
A vrai dire, si la religion est
question de bon caractère entre un homme et un autre, elle est dans sa nature
céleste un lien sublime entre l'homme et son Seigneur. Ainsi, les deux cas se
ramènent à la même vérité.
Il est vrai qu'il y a des religions qui annoncent
qu'embrasser un dogme particulier remet les péchés et qu'accomplir certains
actes d'adoration efface les fautes. Mais l'Islam ne le confirme que si le dogme
embrassé constitue un axe pour faire le bien et accomplir le devoir, et que si
l'adoration proposée conduit à se purifier du mal et à se préparer pour la
perfection recherchée. C'est-à-dire que les mauvaises actions ne sont annihilées
que par les bonnes actions assumées par l'homme, ce qui lui permet de s'élever
vers un niveau meilleur.
Le Prophète a tenu à insister sur ces principes justes pour que sa Communauté les
assimilent bien, de manière à ce qu'elle ne sous-estime pas la valeur de
l'éthique et afin que la valeur des actes cultuels soit rehaussée. Anas
rapporte
que l'Envoyé d'Allah a dit :
"Le
serviteur peut, grâce à son bon caractère, atteindre les sommets des degrés de
la Vie future et les plus sublimes demeures, tout en ayant une adoration faible.
Mais il peut, par son mauvais caractère, s'enfoncer dans les abîmes de l'Enfer"
[ Rapporté par
At-Tabarânî ].
De même, Aïcha [qu'Allah soit satisfait d'elle] rapporte
ceci :
"J'ai entendu l'Envoyé d'Allah dire : Le fidèle croyant peut, grâce à son bon caractère, atteindre le degré
de celui qui jeûne et passe ses nuits dans la prière". Dans une autre version :
" Le fidèle croyant peut, grâce à son bon caractère, atteindre les degrés de
celui qui prie la nuit et jeûne le jour" [Rapporté par Abû Dâwud].
Ibn 'Omar rapporte ceci :
"J'ai entendu l'Envoyé d'Allah
dire : Le musulman économe dans son adoration
peut atteindre le degré de celui qui jeûne et passe ses nuits à prier en
récitant les versets d'Allah, et ceci grâce uniquement à son bon caractère et à
la noblesse de sa nature" [
Rapporté par Ahmad ].
Abû Hurayra rapporte que le Prophète a dit:
"la noblesse du croyant c'est
sa Foi. Sa grandeur d'âme, c'est son entendement. Et sa lignée, c'est son
caractère moral" [
Rapporté par Al-Hâkim ].
De même Abû Dhar rapporte qu'il a dit :
"L'homme
qui a réussi est celui qui a voué son coeur sincèrement à la Foi, qui a rendu
son coeur sain, sa langue véridique, son âme apaisée et son naturel droit" [
Rapporté par Ibn
Hibbân ].

Dans la société, le bon caractère n'est pas fondé
à coup d'enseignements prescrits, de simples ordres ou d'interdictions. Car il
ne suffit pas, pour imprégner les âmes de vertus, que le maître dise à l'élève :
Fais cela ou ne fais pas cela. En effet, l'éducation utile exige une longue
initiation et des soins continus. En plus, aucune éducation ne réussit que si
elle s'appuie sur un bon modèle. Ainsi, l'homme mauvais ne peut laisser un bon
effet sur les âmes autour de lui. On ne peut attendre un bon effet que de celui
vers lequel les regards se tournent pour être saisis par sa politesse et ravis
par sa noblesse. Alors, par admiration pour ses qualités, les regards
s'inspirent de son attitude et par amour sincère ils suivent ses traces. C'est
dire que, pour que le suiveur acquiert beaucoup de vertus, il faut que celui qui
est suivi comme modèle en possède davantage. Or, le Prophète de l'Islam
était au milieu de ses Compagnons un modèle suprême pour l'éthique à laquelle il
appelait. En effet, il enracinait cette morale sublime chez ses Compagnons
d'abord par son noble comportement et ensuite par ses sagesses et ses
exhortations.
A ce sujet, `Abdallâh Ibn 'Amr disait :
"L'Envoyé d'Allah n'était ni grossier ni obscène. Il disait :
Les meilleurs d'entre vous sont ceux qui possèdent le meilleur caractère"
[ Rapporté par
Al-Bukhârî ].
Anas rapporte pour sa part :
"J'ai servi le Prophète pendant dix années. Par Allah ! Il ne m'a jamais dit
: Ouf ! et ne m'a jamais interpellé en ces termes : Pourquoi as-tu fait cela ?
ou tâches de faire cela ?"
[ Rapporté par
Muslim ].
Anas
disait également : "Il arrivait
qu'une femme prenait la main de l'Envoyé d'Allah et le conduisait là où elle voulait. De même, quand un homme se
mettait en face de lui et lui serrait la main, il ne la retirait pas avant que
cet homme ait retiré la sienne et il ne détournait pas son visage avant que cet
homme ne le fisse. De même, on ne l'a jamais vu adopter une position assise
hautaine en présence d'un visiteur" [
Rapporté par At-Tirmidhî ].
De son côté Aicha [qu'Allah soit satisfait d'elle] disait
:
"Chaque fois qu'il avait à choisir entre deux choses, l'Envoyé d'Allah optait pour la plus aisée, tant qu'elle
ne comportait pas de péché. Si cette chose comportait un péché, il était d'entre
les hommes celui qui s'en éloignait le plus. De même, l'Envoyé d'Allah n'a jamais sévi pour lui-même. Il ne
sévissait que lorsqu'une prescription divine était violée. De même, l'Envoyé d'Allah n'a jamais frappé de sa main
aucune chose, ni femme, ni serviteur, sauf quand il combattait dans le chemin d'Allah"
[Rapporté par
Muslim].
Anas disait aussi:
"Je marchais à côté de l'Envoyé d'Allah
qui portait un manteau avec des bordures dures. Un homme l'a rattrapé et l'a
tiré brutalement vers lui, au point que j'ai vu les traces laissées par les
bordures du manteau sur le cou de l'Envoyé d'Allah. L'homme lui a dit : Ô
Muhammad ! ordonne en ma faveur une part de l'argent dont tu disposes ! l'Envoyé
d'Allah s'est tourné vers lui, a souri et il a ordonné une part pour lui"
[ Rapporté par
Al-Bukhârî ].
Aïcha [qu'Allah soit satisfait d'elle]
rapporte que l'Envoyé d'Allah a dit :
"Allah est
bienveillant et aime la bienveillance. Il donne pour la bienveillance ce qu'Il
ne donne pas pour la violence ou pour toute autre chose"
[ Rapporté par Muslim].
Dans une
autre version : "Chaque fois que la douceur se trouve dans une chose elle
l'anoblit, et chaque fois qu'elle y est arrachée elle l'altère".
Jarîr
rapporte que le Prophète a dit :
"
Allah - qu'Il soit exalté et magnifié - donne pour la bienveillance ce qu'Il ne
donne pas pour la stupidité. Et quand Allah aime un serviteur, Il lui donne la
bienveillance. Chaque fois que les gens d'une maison sont privés de la
bienveillance, ils sont privés de tout le bien"
[ Rapporté par At-Tabarânî
].
On a
interrogé `Aïcha
- qu'Allah soit satisfait d'elle :
"
Que faisait l'Envoyé d'Allah quand il était chez lui ? Elle a répondu : Il était au service des membres
de sa famille. Quand sonnait l'heure de la prière, il faisait ses ablutions et
sortait pour l'accomplir". `Abdallâh Ibn Harith rapporte : "Je n'ai jamais vu un
homme plus souriant que l'Envoyé d'Allah " [Rapporté par Muslim].
Anas
disait :
"De tous les hommes, l'Envoyé d'Allah était
celui qui avait le meilleur caractère. J'avais un jeune fière sevré surnommé Abû
Umayr qui avait un oiseau malade appelé al-Nughayr. Or, l'Envoyé d'Allah
cajolait ce jeune enfant et lui disait : ô Abû Omayr ! qu'a fait al-Nughayr ?"
[ Rapporté par
Al-Bukhârî ].
Parmi ses qualités bien connues, l'Envoyé d'Allah était généreux et ne refusait jamais quelque
chose. Il était courageux et ne revenait jamais sur un droit. Il était juste et
ne manquait jamais d'équité dans son jugement. II était véridique et loyal dans
tous les moments de sa vie.
Allah
ordonne, d'ailleurs, aux musulmans de se
conformer à ses hautes qualités et à ses nobles vertus :

"Vous avez dans
l'Envoyé d'Allah un beau modèle pour celui qui aspire à Dieu et au jour du
Jugement et qui invoque beaucoup Dieu". [Sourate 33. Al-Ahzâb - les Coalisés -
verset 21]
Le Qadi 'Iyâdh disait:
"
Le Prophète était le meilleur des hommes, le plus généreux des hommes, le
plus courageux des hommes. Une nuit les habitants de Médine furent alerté par un
bruit. Certaines personnes sont allées vers la source de ce bruit. Mais l'Envoyé
d'Allah les a croisés à son retour, après avoir été le premier à arriver sur les
lieux et vérifier qu'il s'agissait d'une jument détachée d'Abû Talha qui avait
une épée plantée au collier. Il a dit alors à ces personnes : N'ayez crainte".
Alî disait
: "Au comble de la bataille
nous nous protégions derrière l'Envoyé d'Allah qui se trouvait le plus exposé face à l'ennemi".
Jâbir Ibn
`Abdallâh disait:
"On n'a jamais rien demandé
au Prophète et qu'il ait répondu
par : non".
Son épouse Khadîja [qu'Allah soit satisfait d'elle]
lui a dit un jour :
"Tu supportes le plus
dur, tu donnes au plus démuni et tu assistes dans les moments les plus
difficiles". On lui a apporté un jour soixante-dix mille Dirhams qu'on a mis sur
un paillasson. Il s'est levé et les a distribués jusqu'au dernier centimes, sans
renvoyer un seul demandeur.
Un jour un homme vint lui demander un peu
d'argent. Il lui dit: "Je n'ai rien, mais emprunte en mon nom et quand nous
aurons quelque chose nous le réglerons". 'Omar
lui dit: "Allah ne t'a pas chargé
de ce que tu ne peux supporter". Le Prophète n'a pas aimé cela. Un homme des Ansârs (auxiliaires) se leva et dit : "Ô
Envoyé d'Allah ! Dépense et ne crains pas une raréfaction de don de la part du
Maître du Trône". L'Envoyé d'Allah
sourit, son visage s'illumina et il dit : "C'est ainsi qu'on m'a ordonné de
faire" .
De même l'Envoyé d'Allah s'employait à rapprocher ses Compagnons et à ne pas les diviser. Il honorait
le plus illustre de chaque groupe et lui confiait sa direction. Il mettait
aussi les gens en garde et s'en méfiait, mais sans en priver aucun de son
sourire et de son bon caractère. Il s'enquerrait de la situation de ses
Compagnons et accordait à ses visiteurs une place de mérite, de sorte que chacun
d'eux pensait qu'il était le plus honoré auprès de lui.
Il était patient
avec son visiteur, jusqu'à ce qu'il partait de son plein gré. Celui qui lui
demandait quelque chose ne partait jamais sans cette chose ou au moins avec
des paroles apaisantes. Sa bonté et sa libéralité ont gagné les gens, au point
qu'il était un père pour eux et qu'ils sont devenus égaux en droit auprès de
lui. Il était toujours souriant, de nature simple, facilement abordable, ni
grossier, ni dur, ni criard, ni obscène, ni réprobateur, ni distributeur de
compliments. Il fermait les yeux devant ce qu'il n'aimait pas et son visiteur ne
désespérait jamais de lui.
Aïcha
[qu'Allah soit satisfait d'elle] disait
:
"Personne n'avait de meilleur bon caractère que l'Envoyé d'Allah
, jamais aucun
de ses Compagnons ou des membres de sa Famille ne l'avait appelé sans qu'il ne
répondisse par : je suis à toi".
Jarir Ibn Abdallâh disait :
"Jamais l'Envoyé d'Allah
ne s'est détourné de moi depuis que j'ai embrassé l'Islam. Il
souriait chaque fois qu'il me voyait".
Il plaisantait avec ses Compagnons,
se mêlait à eux et les ménageait. Il jouait avec leurs enfants et les mettait
sur ses genoux. II répondait à la demande de l'homme libre, de l'esclave, de
la servante et du déshérité, rendait visite aux malades au fin fond de Médine et
acceptait l'excuse de celui qui la présente.
Anas disait :
"Jamais l'Envoyé
d'Allah n'a détourné la tête face à un homme qui lui parlait en confidence à
l'oreille avant que cet homme ne détourne la tête le premier. Jamais il n'a
retiré sa main à un homme qui la lui serrait avant que celui-ci ne retire la
sienne. En plus, il commence toujours par saluer celui qu'il rencontre et serre
le premier la main de ses Compagnons".
De même, on ne l'a jamais vu allonger
les pieds au milieu de ses Compagnons, de manière à gêner l'un d'eux. Il
honorait celui qui entrait chez lui. Il lui arrivait même d'étaler pour lui son
manteau, ou de lui donner l'oreiller sur lequel il était adossé et de l'inviter
à s'y asseoir s'il refusait. Il surnommait ses Compagnons et les appelait
par leurs meilleurs noms pour les honorer. Il ne coupait jamais la parole à
quiconque avant que celui-ci s'arrête de parler ou se lève pour s'en aller.
Anas disait:
"Lorsqu'on lui apportait un cadeau, le Prophète disait : Portez-le à la maison d'une telle, car
elle était une amie de Khadîja ; elle aimait Khadîja".
Aïcha
[qu'Allah soit satisfait d'elle]
disait:
"Je
n'étais jalouse d'aucune femme autant que de Khadîja en raison de ce que je l'ai
entendu dire d'elle. Il lui arrivait d'immoler une chèvre et de la donner en
cadeau à ses amies. Un jour, sa soeur (de Khadîja) a demandé qu'il la reçoive et
il a été réjoui par elle. Un autre jour il a aimablement reçu une femme et l'a
longuement interrogé sur sa situation. Après son départ, il a dit : Elle venait
nous voir du vivant de Khadîja. Or, la fidélité au pacte fait partie de la Foi".
De même, il était attentif et bienveillant avec les gens de sa lignée, mais
sans les préférer à ceux qui ont du mérite. Abû Qatâda rapporte ceci :
"Quand la délégation du Négus (al-Najâchî) est venu à Médine, le Prophète se leva pour les servir. Ses Compagnons
lui dirent : nous pouvons assumer cette tâche à ta place. Il leur dit : Ils ont
honoré nos Compagnons et j'aime les récompenser".
Abû Umâma rapporte ceci :
"L'Envoyé d'Allah est sorti vers nous et nous nous sommes levés. Il nous a dit
alors : Ne vous levez pas comme le font les non-Arabes pour s'honorer les uns
les autres".
Il a dit également :
"Je ne suis qu'un serviteur qui mange comme
tout serviteur, et je m'asseois comme s'asseoit tout serviteur".
Il montait
également à dos d'âne, montait à deux sur le dos d'une monture, rendait visite
aux démunis, tenait compagnie aux pauvres, se mêlait à ses Compagnons et
s'asseyait là où il y avait une place. De même l'Envoyé d'Allah a accompli un pèlerinage à dos de chameau avec
une selle usée, sur laquelle il y avait une couverture qui ne valait pas quatre
Dirhams. II a dit à cette occasion : "C'est un pèlerinage sans la moindre
hypocrisie ni ostentation".
Quand il a conquis la Mecque, il y entra la tête
tellement baissée sur sa monture qu'elle touchait presque le bois placé devant
la selle, par modestie envers Allah .
Il gardait souvent
le silence et ne parlait pas inutilement. II se détournait également de celui
qui proférait de mauvais propos. Son rire était du sourire et son discours
était tranchant, là où il n'y a ni indiscrétion ni insuffisance. Le rire de
ses Compagnons en sa présence était du sourire, par égard pour lui et par
conformité à lui. Les séances qu'il tenait étaient des séances de
magnanimité, de bien et de fidélité, où les voix ne s'élèvaient point et où on
ne portait pas atteinte aux honneurs. Quand il parlait, ses Compagnons
présents baissaient la tête en restant immobiles et silencieux. Quand il se
déplaçait, il marchait en entier et on savait en le regardant marcher qu'il
n'était ni las, ni paresseux.
Ibn Abû Hâla disait :
"Il gardait le silence
pour quatre choses par magnanimité, par prudence, par égard et par réflexion".
Aïcha
[qu'Allah soit satisfait d'elle] disait :
"Quand il parlait d'une chose ses mots pouvaient être comptés".
II aimait le parfum et les bonnes odeurs et en usait beaucoup. Toutes les
richesses de la vie d'ici-bas lui ont été offertes, mais il s'est détourné de
leurs attraits et mourût en ayant son bouclier hypothéqué chez un juif en
échange de dépenses en faveur des siens.

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