Chaque religion peut avoir ses propres rites qui constituent sa spécificité. Nul doute, d'ailleurs, que l'Islam renferme des formes d'adoration particulières qu'il a prescrites à ses adeptes, de sorte que ces formes représentent entre ses fidèles des pratiques par lesquelles ils se distinguent des adeptes d'autres religions.

Toutefois, les enseignements moraux ne relèvent pas de cette catégorie. En effet, le fidèle musulman est tenu de se comporter à l'égard des habitants de la terre entière en incarnant des vertus irréprochables. Ainsi, l'honnêteté est un devoir pour le musulman envers un autre musulman ou tout autre homme. Il en va de même de la bonté, de la fidélité, de la grandeur d'âme, de l'entraide, de la générosité, etc. Le Saint Coran nous ordonne de ne pas nous engager avec les juifs et les chrétiens dans des controverses d'aucune utilité pour les religions.

Allah - qu'Il soit exalté - a dit :

"Ne discutez avec les gens du Livre que de la manière la plus courtoise, sauf avec ceux d'entre eux qui sont injustes. Dites : Nous croyons à ce qui est descendu vers nous et à ce qui est descendu vers vous. Notre Dieu, qui est votre Dieu, est unique et nous lui sommes soumis". [ Sourate 29. Al Ankabût - L'Araignée, verset : 46 ]


Il s'étonne de ce genre de controverses dures que les adeptes de Moussa (Moïse) et de 'Issa (Jésus) adoptent à l'égard des musulmans :

"Discutez-vous avec nous au sujet de Allah ? Il est notre Seigneur et votre Seigneur. Nos actions nous appartiennent et vos actions vous appartiennent. Nous lui rendons un culte pur". [ Sourate 2. Al-Baqara - La Vache, verset : 139 ]


Un jour, un juif, qui avait une dette à réclamer au Prophète , vint auprès de lui la demander en disant: "Ô vous les Banû Abdelmuttalib vous êtes des mauvais payeurs ! Estimant qu'il fallait corriger cet homme qui ose s'en prendre à l'Envoyé d'Allah , 'Omar Ibn al-Khattâb fit un geste pour saisir son épée et le tuer. Mais l'Envoyé d'Allah - qu'Allah lui accorde la Grâce et la Paix - arrêta 'Omar en lui disant : Je mérite moi-même, ainsi que lui, autre chose que cela de ta part : tu lui recommandes de réclamer convenablement son dû et tu me recommandes de m'en acquitter convenablement".

Du reste, l'Islam ordonne l'équité, même envers un libertin ou un mécréant. En effet, le Prophète a dit :

"L'imprécation de l'homme victime d'une injustice est exaucée, même s'il est un libertin, car il assume seul les méfaits de son libertinage" [ Rapporté par Ahmad ]

Il a dit également:

"L'imprécation de l'homme victime d'une injustice, même s'il est mécréant, n'est arrêtée par aucune barrière" [ Rapporté par Ahmad ]

Par ces textes, l'Islam a interdit à ses adeptes de commettre un quelconque forfait contre ceux qui ne partagent pas leur Foi.

Parmi les marques du bon caractère moral, rapportons ce récit relatif au comportement d'Ibn 'Omar :

"Un jour on a tué un mouton chez lui. En arrivant dans ma maison il demanda aux gens de sa famille : Avez-vous offert une part à notre voisin juif ?  Avez-vous offert une part à notre voisin juif ? - deux fois.   J'ai entendu l'Envoyé d'Allah dire : (l'Ange) Jibril (Gabriel) n'a cessé de me faire des recommandations au sujet du voisin, au point que j'ai cru qu'il allait l'imposer comme héritier" [ Rapporté par Al-Bukhârî ].


De même, l'Islam recommande de ne pas rompre les liens de parenté, même quand les siens ne partagent pas la Foi qu'embrasse un individu, car son attachement à la vérité n'implique nullement une hostilité envers ses parents :

"Comporte-toi, avec eux, en ce monde, d'une façon convenable. Suis le chemin de celui qui revient vers Moi. Votre retour se fera ensuite vers Moi et je vous ferai connaître ce que vous faisiez" [Sourate 31. Luqmân, verset : 15 ]

Ceci se rapporte au plan individuel. Pour ce qui est du plan générale, l'Islam stipule que le maintien des nations, la prospérité de leurs civilisations et la permanence de leur invulnérabilité ne leur sont assurés que si on leur garantit une vie morale. Car, lorsque la morale se désintègre, elle emporte l'Etat dans son sillage.

Comme le dit le poête :

Les Nations ce sont la morale tant qu'elle se maintient
Si leur morale disparaît elles disparaissent à leur tour.


Cette réalité est confirmée par les paroles de l'Envoyé d'Allah aux gens de son clan et de sa tribu, qui furent élus par leur éminente position pour dominer la Péninsule arabe et à y assumer les rênes du pouvoir. Pourtant le Prophète leur a expliqués que la pérénnité de leur pouvoir ne peut être assurée que par le caractère moral seul. En effet, Anas Ibn Mâlik rapporte ceci :

"Nous étions dans une maison où se trouvaient des gens des Muhajirûn et des Ansârs quand vint l'Envoyé d'Allah . Chaque homme présent se mit à laisser de la place, en espérant qu'il allait s'asseoir à ses côtés... Puis il se leva, alla tenir les pourtours de la porte et dit : "Les imâms (chefs) sont de (la Tribu) de Quraysh et j'ai un grand droit sur vous. Ils possèdent cela tant qu'ils observent trois choses : Ils sont miséricordieux si on leur demande miséricorde ; ils sont justes quand ils tranchent les litiges et gouvernement ; ils respectent leurs engagements. Celui qui n'observe pas cela encourt la malédiction d'Allah, des Anges et de tous les hommes" [ Rapporté par At-Tabarânî ]

Ce hadith est décisif en ce sens que toute nation ou État ou Famille n'a de position qu'en fonction des éminentes qualités qu'elle ou qu'il représente dans le monde et selon les nobles objectifs qu'elle ou qu'il réalise.

Ainsi, si un pouvoir qui a un caractère islamique et coranique est, aux yeux des hommes, injuste dans les affaires, insensible aux besoins des gens et non respectueux de ses engagements, il est dépourvu, au nom de l'Islam et du Coran, de toute qualité éminente et mériterait d'être maudit sur toute l'étendue de la terre et dans les horizons du ciel.

AI-Hassan rapporte que l'Envoyé d'Allah a dit :

"Lorsqu'Allah veut du bien pour un peuple. Il confie ses affaires à des sages et place l'argent dans les mains des généreux. Et lorsqu'Allah veut du mal à un peuple, Il confie ses affaires aux cyniques et place l'argent dans les mains des avares" [ Rapporté par Abû Dâwud ].


Parmi les paroles de l'Imâm Ibn Taymiyya, il y a celle-ci qui atteste notre propos :

"Il arrive qu'Allah institue l'État juste même s'il est mécréant, de même qu'Il institue l'État tyrannique même s'il est musulman".


La morale constitue d'après les sources premières de l'Islam, à savoir le Livre et la sunna, toute la religion et toute la vie ici-bas. Aussi, s'il manque à une nation une part d'élévation dans son rapport avec Allah ou de renommée aux yeux des gens, cette lacune est fonction de la détérioration de ses qualités vertueuses et de la défection de sa morale.

 

 

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