La nature de l’Islam impose à la nation qui l’adopte d’être une communauté instruite où prédomine la proportion des gens cultivés et où baisse ou bien s’efface celle des ignorants. Il en est ainsi parce que les réalités de cette Religion dans ses principes fondamentaux comme dans ses règles de détail n’est pas un ensemble de rites transmis par hérédité ou des incantations répandues par suggestion et diffusées par illusion. Point de tout cela. Ce sont des réalités puisées dans un Livre parfait et dans une sunna bien avertie. Pour les assimiler, une simple lecture superficielle est insuffisante. Il faut pour cela une communauté qui compte des esprits intelligents, des moyens intellectuels élevés et de grandes qualités morales.

Nul doute, d’ailleurs, que l’étude des méthodes de l’Islam crée chez la communauté qui l’entreprend un climat favorisant la connaissance juridique fondée sur les permissions et les interdictions, c’est-à-dire les droits et les devoirs, ainsi qu’une atmosphère propice aux règles minutieuses de comportement social en matière de recommandations et d’interdiction du mal et un climat qui encourage une recherche authentique et un effort (ijtihâd) sincère pour fournir à l’Islam les solutions des problèmes de la vie qui se posent à chaque époque.

Lorsque ces éléments font défaut dans un milieu donné, la force de l’Islam vécu décline et sa fraîcheur se flétrit, comme l’arbre verdoyant qui perd de sa vitalité.

Il y a ensuite la méditation et la réflexion sur l’univers que de nombreux versets du Coran recommandent, car c’est un aspect fondamental de la Foi. En effet, c’est cette réflexion qui a ouvert l’esprit humain sur les merveilles de la civilisation moderne, rendant possible tant de grandes découvertes scientifiques qui percent bien des secrets de l'Existence et mettant au service des hommes tant de pouvoir inimaginables pour leurs prédécesseurs.

Il y a aussi la recommandation de rechercher et de suivre uniquement la vérité, de fustiger les suspicions et les conjectures, et l’interdiction de les cultiver ou de sceller l’ouïe, la vue et le coeur.

Tout ceci est de nature à promouvoir une société éloignée des mythes et à l’abri des illusions, non une société vivant dans le charlatanisme et l’imposture, et favorisant les futilités et les variétés, qui reste gouvernée par des traditions obscures n’ayant aucun fondement divin.

Pour l’Islam la science est comme la vie pour l’homme. Cette religion ne trouve sa stabilité que chez les dépositaires de connaissances mûres et les épris avertis.

Allah dit :

{ Voici une communication adressée aux hommes afin qu’ils soient avertis; qu’ils sachent seulement que Lui, Il est un Dieu unique et que réfléchissent ceux qui sont doués d’intelligence }
[Sourate 14 : verset 52].

Décrivant les conversations des habitants de l’Enfer, Allah dit :

{ Si nous avions entendu ou si nous avions compris, nous ne serions pas des hôtes du Brasier } [Sourate 67 : verset 10 ].

Il dit de ceux devenus insensibles et qui ont perdu l’essentiel de leurs qualités humaines:

{ Les incrédules sont semblables à un bétail contre lequel on vocifère et qui n’entend qu’un cri et qu’un appel : sourds, aveugles ; ils ne comprennent rien } [ Sourate 2 : verset 171 ].

Dieu a honoré le vivant, une fois qu’il a atteint un degré élevé d’évolution et de mûrissement, pour qu’il reçoive de Lui les plus sublimes des enseignements qui conviennent parfaitement au cheminement de la vie vers la perfection et qui l'ont dans les faits aidé à faire des pas de géants en matière de progrès matériel et moral.

Quand tu regardes la prière qui est le rite fondamental de l'Islam tu comprends que son accomplissement, et l’adhan qui la précède, sont une action rationnelle pure. En effet, l’invitation à la prière est formée d’un ensemble de mots qui touchent la raison et éveillent le coeur : une affirmation de la Grandeur de Dieu, une attestation de Son Unicité et une incitation au succès. Ce n’est pas une cloche qui envoie des sons dans l’air et s’adresse à des sentiments obscurs. En effet, en elle-même, la prière constitue un ensemble de versets récités à partir d’un Livre qui renferme l’essentiel des résolutions à faire le bien et des indications sûres pour suivre la bonne voie. Ainsi, le degré d’acceptation de la prière accomplie par le fidèle est fonction de la lucidité de son mental dans son accomplissement et de la saisie par l’esprit de ses significations.

En vérité, le degré d’attachement et de fidélité de l’individu à l’Islam dépend de l’état de son intelligence, de sa clairvoyance et de sa nature originelle. C’est pourquoi l'homme aux idées stupides et au fond mauvais ne peut avoir la préséance dans cette religion.

Le premier verset coranique révélé par Dieu à Son Prophèteest :

{ Lis au Nom de ton Seigneur qui a créé! Il a créé l’homme d’un caillot de sang. Lis ! Car ton Seigneur est le Très-Généreux qui a instruit l’homme au moyen du calame, et Lui a enseigné ce quil ignorait }
[ Sourate 96 : versets 1/5 ].

C’est le premier Appel qui rehausse la valeur du calame, met en valeur le savoir et déclare la guerre à l’ignorance qui sommeille. Cet Appel stipule que le premier élément constitutif de toute grandeur, c’est la lecture et l’instruction. Du reste, Allah a tellement élevé les degrés des savants au point de les avoir joints à Lui-même et à Ses anges en attestant Son unicité et la reconnaissance de Sa justice:

{ Dieu témoigne et avec Lui les anges et ceux qui sont doués d’intelligence: Il n’y a que Lui, le Puissant, le Sage !}
[ Sourate 3 : verset 18 ].

Assurément, car comment les esprits obtus et les connaissances bornées peuvent-ils concevoir la Majesté du Très-Haut ? Comment celui qui vit en marge de la vie, du fait de son ignorance et de son injustice, peut-il connaître la vérité sur le Seigneur de la vie ou saisir un aspect de Ses Attributs sublimes et de Ses Signes éclatants ?

Voilà pourquoi Dieu honore les savants et les privilégie par Ses dons. L’Envoyé de Dieua dit:

"Dieu dira aux savants le Jour de la Résurrection, en s’installant sur Son Trône pour rendre la justice: Je n'ai placé Ma science et Ma magnanimité en vous que parce que je voulais vous pardonner pour ce que vous portez en vous, et je ne m’en soucie guère" [Rapporté par At-Tabarânî ].

Le traditionaliste Al-Mundhari note à ce sujet:

"Regarde cette expression de Dieu - qu’ll soit glorifié et exalté: { Ma science et Ma magnanimité } et médite là attentivement, tu verras que du fait de cette attribution à Lui-même - qu’Il soit exalté - cette science ne signifie pas celle de la plupart des gens de notre époque qui ne porte pas sur la connaissance de Dieu et la sincérité envers Lui".

Du reste, il y a dans le rattachement de cette magnanimité aux oeuvres, une indication qui montre qu’il ne s’agit pas ici de la science régie par l’impulsivité et les passions.

La bonne connaissance prime auprès de Dieu sur l’oeuvre trouble et sur l’adoration rigide qu’entachent l’ignorance et la déficience. L’Envoyé de Dieua dit:  "Le mérite du savoir dépasse celui de l’adoration" [ Rapporté par Al-Bazzâr ].

Il a dit également:  " La meilleure adoration, c’est la connaissance de Dieu" [ Rapporté par At- Tabarânî ].

Il a dit encore à Abû Dhar :  "Ô Abû Dhar ! Aller enseigner un verset du Livre de Dieu serait meilleur pour toi que d’accomplir cent raka’a. Aller enseigner un chapitre du savoir, peu importe qu’on l’appliquera ou non, serait meilleur pour toi que d’accomplir mille raka’a" [ Rapporté par Ibn Mâjjah ].

Le secret de ce jugement préférentiel réside dans le fait que l’adoration des ignorants, comme leur amitié, est de peu d’utilité dans la mesure où ils nuisent à eux-mêmes alors qu’ils veulent un profit pour leur personne, et dans la mesure aussi où ils nuisent à leurs amis alors qu’ils désirent leur tranquillité. En effet, les ignorants s’attachent à la religion avec rigidité et fanatisme superficiel. Car dans leurs moments de grossièreté et de stupidité, ils adoptent envers elle une attitude qui lui nuit et lui pose bien des problèmes. Quant aux gens doués d’intelligence, leur clairvoyance gouverne leur comportement. Ainsi, même si leur action est peu développée, elle est amplifiée par la clairvoyance qui l’accompagne.

Voilà pourquoi l’Envoyé de Dieu a dit:  "Un seul savant religieux (faqîh) est plus redoutable pour Satan que mille adorateurs" [ Rapporté par At-Tirmidhî ].

Il a dit aussi:  "Le mérite du savant par rapport à l’adorateur s’apparente à mon propre mérite par rapport au plus inférieur parmi vous" [ Rapporté par At-Tirmidhî ].

On rapporte également que l’Envoyé de Dieu a dit:  " Le mérite du savant dépasse celui de l’adorateur de 70 degrés. L'espace entre les deux degrés équivaut à la distance parcourue à marcher pendant 70 ans. Ceci parce que le démon introduit chez les gens une innovation blâmable, mais le savant s’en aperçoit et l’interdit, tandis que l'adorateur qui est absorbé par l’adoration de son Seigneur ne s'en occupe pas et ne la voit pas" [Rapporté par Al-Asbahânî ].

Il faut dire que la dernière partie de ce hadîth semble avoir été introduite par les rapporteurs pour expliquer ce qui précède. Comme l’esprit borné ne favorise pas le développement de la Foi et de l’excellence, Allah a dit:

{ Voilà des exemples que Nous proposons aux hommes, mais ceux qui savent sont seuls à les comprendre }
[ Sourate 29 : verset 43 ].

Allah a indiqué que la conscience qui pousse au bien, détourne du mal, reste vigilante et s’attache à l’agrément de son Seigneur, c’est la conscience du savant éclairé et averti:

{ Est-ce que le croyant, prosterné ou debout, se livre à la piété durant la nuit ? Pense-t-il avec crainte à la Vie future ? Espère-t-il en la miséricorde de Son Seigneur ? Dis: Ceux qui savent et les ignorants sont-ils égaux ? Les hommes doués d’intelligence sont les seuls qui réfléchissent } [Sourate 39 : verset 9 ].

La science, que le musulman recherche, aborde avec enthousiasme et pour laquelle on entreprend de longs voyages en Orient et Occident pour l’acquérir, n’est pas une science particulière qui a un début et une fin. En effet, ce qui élargit les horizons de la réflexion, enlève les obstacles devant l’esprit assoiffé pour plus de connaissance, tout ce qui raffermit les liens de l’homme avec l’Existence, lui ouvre de grandes perspectives pour plus de découvertes et de perception, lui apporte le bonheur dans le monde, la maîtrise de ses forces et l’exploitation de ses richesses, tout cela doit être recherché par le musulman. Car ce sens global est attesté par les versets coraniques et la sunna.

En effet, il y a de nombreux hadîth qui incitent à acquérir le savoir. Citons en quelques-uns dans ce sens :

L’Envoyé de Dieu dit:  "Celui qui suit une voie à la recherche d’une science, Dieu lui facilite par là l’accès au Paradis" [Rapporté par Muslim ].

Il a dit également:  "Aucun homme actif n’acquière tant de mérite que celui de la science qui guide le chercheur vers la bonne voie ou lui évite de tomber dans un précipice. Et sa Foi ne suit la bonne voie que si son Esprit connaît la rectitude" [ Rapporté par At-Tabarânî ].

Il a dit aussi: " Il n’ y a de jalousie que pour deux choses: un homme auquel Dieu accorde de l’argent qu’il utilise pour la vérité contre ses détracteurs, et un homme auquel Dieu donne une sagesse qu’il pratique et juge selon elle" [ Rapporté par Al-Bukhârî ].

Il a dit encore:  "Dieu, Ses anges, les habitants des cieux et de la terre, même la fourmi dans son trou et le poisson au fond de la mer rendent la Grâce à celui qui initie les gens au bien" [ Rapporté par At-Tirmidhî ].

Le sens général dans ces ahadîth implique la recherche de toute forme de science: connaître le bien, la sagesse, ce qui permet d’éviter les préjudices et ce qui apporte le profit. Car, limiter la science à une forme particulière du savoir comme le fait de limiter l’argent à une forme particulière de possession n’épuise pas le sens global de la connaissance.

Cela dit il est certain que le droit de Dieu sur les hommes et les devoirs et les droits des hommes entre eux sont les premières formes de connaissances à acquérir. Car éclairer le comportement au sujet de l’intérêt général est un acte qui joue un grand rôle dans l’organisation des groupes et l’orientation des politiques. C’est, d’ailleurs, une erreur que de croire que la science louable se limite à l’étude du fiqh, de l’Exégèse et des disciplines qui leur sont affiliées, ou d’estimer que les autres disciplines sont des actes surérogatoires que le fidèle peut acquérir ou négliger délibérément sans encourir le moindre reproche. Ceci est une grave erreur.

En effet, les sciences de l’univers et du vivant, et les résultats de la recherche soutenue sur les royaumes du ciel et de la terre sont aussi importants que les sciences religieuses pures. Il arrive même que suite à certaines conséquences de ces sciences leur acquisition prime l’aspiration à être versé dans les sciences religieuses.

Il nous suffit de rappeler qu’en louant le mérite du savoir et la grandeur des savants, le Coran vise par là les savants qui connaissent la Grandeur du Créateur à travers la grandeur de la Création.

Par ce savoir il vise la science produite par la réflexion sur le monde végétal et animal et sur la nature en général.

Allah dit :

{ Ne vois-tu pas que Dieu fait descendre du ciel l’eau dont Nous faisons ensuite sortir des fruits diaprés ? Les montagnes sont marquées de stries blanches, rouges, de couleurs diverses ou d’un noir profond. Les hommes, les animaux, les bestiaux sont aussi de couleurs différentes. Parmi les serviteurs de Dieu, les savants sont seuls à Le redouter. Dieu est Puissant et Il est Celui qui pardonne } [ Sourate 35 : versets 27/28 ].

Allah dit également dit :

{ Parmi Ses signes: la Création des cieux et de la terre; la diversité de vos idiomes et de vos couleurs. Il y a vraiment là des signes pour ceux qui savent } [ Sourate 30 : verset 22 ].

Les sciences du vivant et celles de la Vie future s’égalent dans le service de la religion et l’éclaircissement de ses réalités. Tout ce qu’il y a, c’est que les sciences de la nature exigent de longues études. Quant aux sciences religieuses, elles sont accessibles à celui qui lui consacre quelques jours d’étude. Si la spécialisation pour connaître les détails de la Loi religieuse exige plus de temps, il reste que cette spécialisation relève des fonctions sociales que l’Etat développe plus ou moins selon l’intérêt qui préside au succès de sa mission supérieure. Ainsi, l’étude du Droit et de la jurisprudence n’est pas en soi plus noble que l’étude de la médecine par exemple, même lorsque celui qui l’entreprend atteint le degré d’Abû Hanîfa .

En fait, le mérite d’un homme de savoir par rapport à un autre collègue réside dans l’étendue du profit que sa science apporte aux gens par amour pour Dieu et par espoir de bénéficier de Sa rétribution.

La frontière est très mince et transparente entre ce qui est religion pure et ce qui est pur profane. La référence fondamentale pour les distinguer réside, comme nous l’avons indiqué, dans la pureté de l’intention et la noblesse du dessein. En effet, la même chose peut être une grande perversion en raison de la passion qui l’accompagne ou un effort louable et bénéfique en raison de la sincérité de son auteur.

Ainsi, les gens peuvent lire la Parole d'Allah { Les richesses et les enfants sont la parure de la vie de ce monde } [ Sourate 18 : verset 46 ] et voir dans les biens et la progéniture un simple profit utile sans se rendre compte que les richesses et les enfants sont le nerf du jihâd obligatoire, et que l’accroissement de la richesse et la multiplication des enfants sont institués par Dieu, comme un support de victoire pour les nations qui connaissent la défaite à un moment de l’histoire avant de pouvoir renouer avec les gloires d’antan. Par quel moyen ? Et comment ?

{ Nous vous avons donné ensuite une revanche sur eux. Nous avons accru vos richesses et le nombre de vos enfants }
[ Sourate 17 : verset 6 ].

Grâce aux richesses et aux enfants cette nation peut se développer après une période de régression et peut à nouveau bénéficier de l’agrément de Dieu après en avoir été privé.

Il en va de même du pouvoir de la science. Si un homme se spécialise dans la Connaissance des engrais pour fertiliser la terre de Dieu, sa rétribution ne sera pas pour autant de moindre valeur. Il se peut même qu’elle dépasse la récompense de celui qui passe ses nuits dans l’adoration au pied d’un mihrab.

C’est dire combien sont élevés les degrés des savants, la religion considère leurs efforts et honore les fruits de leur recherche d’une manière exceptionnelle.

Mu’âdh Ibn Jabal a dit ceci:

"Apprends la science car l’apprendre est une crainte révérencielle de Dieu, la recherche est une adoration, l’étudier est une glorification de Dieu, se déplacer pour l’acquérir est un jihâd, l’enseigner à celui qui ne la possède pas est une aumône, l’offrir aux siens est une forme de rapprochement parce que la science est le repère pour distinguer le licite de l’illicite, le phare pour les voies des gens du Paradis, le confident dans l’isolement, le compagnon dans l’exil, le partenaire dans la solitude, le guide dans les moments de joie et de peine, l’arme contre les ennemis, la parure auprès des amis.

Par la science, Dieu élève certaines personnes et fait d’eux, en matière de Bien, des guides et des imams dont on suit les traces, dont on se conforme à leurs actes et dont on se tient à leurs avis.

Les Anges tiennent à leur compagnie et les couvrent de leurs ailes, et tout dans la nature implore pardon en leur faveur, le minéral et le vivant, les poissons de la mer et ses carnassiers, les bêtes féroces de la terre et ses troupeaux inoffensifs.

Ceci parce que la science constitue la vie des coeurs devant l’ignorance, et la lumière de la vue dans l’obscurité. Grâce à la science le serviteur atteint les stations des élus et les hauts degrés dans ce monde et dans la Vie future.

Méditer et réfléchir dans la science équivaut au jeûne, et l’étudier équivaut à la prière surérogatoire.

Par la science, les liens de parenté sont préservés et le licite est distingué de l’illicite. La science est le chef dont l’action est un subordonné. Elle est offerte aux bienheureux et elle est inaccessible aux malheureux" [Rapporté par Ibn Abd al-Barra ].

Apprendre d’autres langues fait partie des traditions de l’Islam. Déjà à son époque l’Envoyé de Dieuavait tenu à tirer profit de cette forme du savoir en demandant à son secrétaire Zayd Ibn Thâbit de maîtriser la connaissance du syriaque. [...] Comprendre les langues des peuples relève des nécessités en Islam, car le Message de Muhammads'adresse à l’Humanité entière. De plus, unir tous les hommes autour d’une seule langue est chose impossible.

Comment ? La diversité des idiomes ne relève-t-elle pas des Signes de Dieu ? Ainsi, la transmission des enseignements de l’Islam aux nations de la terre à travers leurs propres idiomes convient plus à l’entendement et à la réalité que le transfert de toutes les races humaines dans l’espace linguistique de la langue des arabes.

Pour interpréter la Parole d'Allah { Chaque prophète envoyé par Nous ne s’exprimait, pour l’éclairer, que dans la langue du peuple auquel il s’adressait } [ Sourate 14 : verset 4 ]

Les exégètes disent que l’Envoyé de Dieufut envoyé au milieu des Arabes et dans leur langue. Pour transmettre le Message aux autres peuples, il envoyait ses émissaires dans les pays et les chargeait de le traduire dans les idiomes des peuples visités et de les appeler dans leurs langues. Les exégètes disent également : Le Coran aurait pu être révélé soit dans toutes les langues, soit dans une seule. Or, il n’y a nul besoin de sa révélation dans toutes les langues parce que la traduction peut remplacer cela et suffit amplement. II fallait donc le faire descendre dans une seule langue. Or, la langue du peuple du Prophète convient le mieux parce que les gens de son peuple sont les plus proches de lui et parce que le Message échappe ainsi à l’altération.

Ces propos indiquent clairement que les musulmans doivent connaître les autres langues, sans quoi ils trahiraient le Message qu’ils assument et rendraient délibérément les hommes ignorants de son contenu.

La science n’a pas, du reste, une patrie spéciale et elle n’est pas l’apanage d’une génération particulière. Si nous jetons un regard sur les origines de la connaissance qui a envahi le monde dans le passé et dans l’époque moderne, nous trouverons que les sources de la science sont comme les nuages qui se déplacent dans l’espace ; ils ne s’arrêtent à aucun horizon et aucune contrée ne les retient.

En effet, bien des nations éclairées ont engendré des ignorants, et bien des prédécesseurs ignorants ont eu pour descendants des hommes vertueux et ingénieux. De même, il y a quelques siècles, l’Europe regorgeaient d’hommes incultes qui ignoraient tout du savoir, alors qu’elle culmine de nos jours l'héritage des civilisations antiques. Voilà pourquoi le musulman a la charge de se rendre même dans les contrées les plus lointaines pour recevoir la science d’où qu’elle vienne.

L’Envoyé de Dieu a dit:  " Le croyant ne se rassasie du bien qu’il entend jusqu’à ce qu’il aboutisse au Paradis" [Rapporté par At-Tirmidhî ].

Il a dit également:  "La sagesse est la proie du croyant. Là où il la trouve il la mérite plus qu’autrui" [ Rapporté par At-Tirmidhî ].

Il a dit encore:  "Celui qui quitte sa terre natale à la recherche du savoir agit dans le chemin de Dieu jusqu’à son retour" [ Rapporté par At-Tirmidhî ].

L’instruction et l’enseignement sont l’âme de l’Islam dont la sauvegarde de sa substance et la garantie de sa pérennité ne peuvent exister que par eux.

Les hommes au regard de l’Islam sont de deux types : soit un étudiant qui recherche la rectitude, soit un savant qui recherche davantage de perfection.

Au-delà d’eux il n’y a rien qui compte. L’Envoyé de Dieu a dit:  "Le savant et l’étudiant sont deux partenaires dans le bien, et il n’y a pas de bien dans le reste des hommes" [ Rapporté par Ibn Mâjjah ].

 

 

 

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