Qu’est-ce qu’on entend par « Foi sans Fruit » ? Quel est le but de notre intervention aujourd’hui ?
Et de quel sujet précisément on va parler ?

Il s’agit de ce « musulman », qui est, on va dire entre guillemets, j’ai bien dit entre guillemets, pratiquant et qui prétend, je souligne qui prétend 10 fois, qui prétend suivre les préceptes du Coran, de la parole d’Allah Azawajal et de la sunna du Prophète et qui a pris comme engagement donc, d’être dans cette vie ici-bas, conforme à la parole d'Allah et à la sunna du Prophète.

Ce musulman prétend ceci, je vise surtout ceux pour lesquels cela se reflète dans leur aspect extérieur. On a tous déjà vu une certaine catégorie de personnes et chez beaucoup de gens cet aspect qui est le fait de suivre la sunna et la parole d’Allah
, de pratiquer l’islam, c’est un aspect extérieur. Mais lorsque l’on se rapproche beaucoup plus de cette personne, lorsque l’on connaît plus cette personne, on voit qu’il y a une très grande différence, il y a un grand fossé entre ce qu’il est et ce qu’il prétend être :

« Moi je suis "sounni", moi je suis le Coran et la sunna du Prophète ! »

C’est bien !

Et plus tu te rapproches de la personne, plus tu la connais mieux, et tu vois qu’il y a un grand fossé entre ce qu’il prétend et ce qu’il est. Donc, c’est de ça que je voudrais plutôt parler aujourd’hui et peut être donner certains exemples.

Tu le vois, par exemple, délaisser certaines obligations alors qu’il prétend suivre le Coran et la sunna et être pratiquant. Tu le vois, par exemple, commettre des choses qui sont complètement illicites, haram, peut être même des grands péchés, sans qu’il se rende compte ou sans qu’il attache de l’importance à cette chose.

 

Exemple : La médisance qui est un grand péché, un très grand péché. Pourquoi est-ce qu’on n’attache pas beaucoup d’importance à la médisance qui est un grand péché ? Alors que ça c’est quelque chose qui est facile à faire. C’est un acte, une action très facile, il suffit de bouger la langue pour tomber dedans et pour anéantir vos actions et vos hassanat, pour les brûler. Parfois, ça peut être carrément une grosse partie de la religion qui est délaissée.

Je peux citer par exemple « el akhlaq », le comportement.  Souvent le comportement dans la sunna est négligé. Ici, je rappelle que je m’adresse aux frères qui suivent le Coran et la sunna. Je ne m’adresse pas aux autres qui sont loin de l'islam. Je m’adresse à ceux maintenant qui prétendent suivre l’islam, le Coran, et qui délaissent le comportement.

Parmi les caractéristiques aussi, on fait du sur place, on n’avance pas. Que ce soit dans son adoration, que ce soit dans sa foi, que ce soit dans son apprentissage du Coran, ou de la religion en général. Cela peut être les prières obligatoires qui sont négligées, qui ne sont pas faites à l’heure ou avec absence d’apaisement et de recueillement.

Cela peut être, et c’est souvent le cas, une absence au niveau des adorations qui sont supplémentaires (ou surérogatoires), " an nawafil " au niveau du jeûne, au niveau des prières, au niveau de la sadaqa, au niveau des invocations, au niveau de faire la lecture du Coran, au niveau de la visite aux malades etc.

 

Et je peux facilement dire que ça, c’est un phénomène assez répandu chez nous, qui nous touche et qui touche la majorité d’entre nous. A cause du fait que cette chose est fort répandue, tu te dois d’en parler et de mettre les points sur les « i ». Pour expliquer encore plus la raison de ce sujet…

Premièrement parce que dans le Coran, il y a plusieurs versets qui nous incitent à être fermes et à être sérieux dans notre pratique de la religion. On cite par exemple le verset où Allah dit dans la Sourate Myriam :

 "Ô Yahyâ, tiens fermement au Livre (la Thora)!" Nous lui donnâmes la sagesse alors qu'il était enfant"
[Sourate 19 ; verset 12]

Il s’agit de le prendre avec fermeté, de le comprendre et de le mettre en pratique avec fermeté et sérieux. De même Allah dit dans la Sourate « El Araf », lorsqu'Il parle de Moise, Musa qui parle à son peuple :

{Nous avons inscrit pour lui sur des Tables une règle morale à observer en toutes circonstances,
ainsi qu’un clair exposé de toute chose (et lui avons dit) : observe-les avec fermeté
et ordonne à ton peuple de se conformer à ce qu’elles contiennent de meilleur.…}
[ Sourate 7 ; verset 145]

Allâh lorsqu'Il a écrit sur les Tablettes pour Musa , Il lui ordonna de le prendre avec force. Les Savants ont expliqué ici que « prendre les Tablettes avec force » veut dire faire son possible, tout son possible, pour les comprendre, les mettre en pratique et les enseigner.  Et Il ordonnait aussi à Musa d’ordonner à son peuple d’en faire autant, de prendre ce livre et ses commandements avec force, avec fermeté.

Allah dit dans la Sourate « Âl 'Imran » « Comptez-vous entrer au Paradis sans qu'Allah ne distingue parmi vous ceux qui luttent et qui sont endurants? » [3 ; 142].
 Le Prophètedit toujours dans ce sens : « Demandez l’aide d’Allah Azawajal pour pratiquer votre religion. Demande l’aide d’Allah Azawajal. Ne baisse pas les bras, ne faiblis pas. »

Et je termine par ce hadith que vous connaissez en majorité où le Prophète dit que : « Le Paradis est tapissé de choses qui sont difficiles pour l’âme, pour l’individu, des choses qui ne sont pas fort aimées ou appréciées, et l’enfer est tapissé des « shahawat », par des tentations, des séductions et d’autres plaisirs éphémères.

On voit, grâce à ces versets et à quelques hadiths, qu’il y a un prix à payer pour le Paradis, qui est cher. Le Paradis est quelque chose d’important et il faut en payer le prix et cela rejoint la parole du Prophète qui dit : « Cette marchandise est chère, il s’agit du Paradis, il faut en payer le prix. »
 


La seconde raison pour laquelle nous parlons d’un sujet pareil à cause du fait que
les tentations aujourd’hui, les séductions, les attirances de ce bas monde, sont nombreuses. Elles sont nombreuses, de sorte qu’il est à craindre que quelqu’un qui ne s’accroche pas fermement, sérieusement, à cette religion, risque de tomber dans les ténèbres de la désobéissance et dans les pièges de Shaytan. Et peut-être même de la mécréance.

Autre raison : El hamdulillâh vous aurez remarqué autant que moi, que ces dernières années, ces derniers temps, il y a un retour vers la religion. Un retour inshâ Allah sincère et l’on ne peut que remercier Allah .  Je parle à un autre niveau ici, je parle des jeunes…Il y a un retour qui fait plaisir. Et ce retour vers la religion, de la part des jeunes, nous pousse parfois à réfléchir sur la qualité de cet islam pratiqué.
La quantité, el hamdulillâh, c’est bien, c’est important, mais faut-il encore réfléchir et voir
quelle est la qualité de cet islam qui est pratiqué par ces jeunes. Il faut parfaire cette qualité, il est absolument nécessaire évidemment de déceler les erreurs, de déceler les failles et d’apporter le remède qui est donc le plus apte.

Et en dernier lieu, cette intervention, c’est une parenthèse importante, c’est une critique mais in shâ Allah positive. Tout ce que je vais évoquer, suivant ce que le temps nous permet, tout ce que je vais évoquer, tous les symptômes, toutes les erreurs, que je vais évoquer à ci-dessous, et bien ça s’adresse avant tout à moi-même, et dans un second temps, ça s’adresse à vous.

Donc toutes personnes doivent de sentir concernées bi idhnillâh. Ce n’est pas parce que quelqu’un vous donne un sujet, qu’on vous donne un cours, que cette personne est meilleure que vous. Il n’en est rien ! Donc, je rappelle que c’est un rappel pour nous tous.
 


 

Le premier symptôme de ce phénomène, je vous rappelle que le phénomène est le suivant, que c’est le cas de quelqu’un qui prétend pratiquer la religion, qui prétend être musulman pratiquant, qui prétend suivre le Coran et la Sounnah et lorsque l’on s’approche de cette personne on voit qu’il n’en est rien. Il y a un grand fossé, une grande différence entre ce qu’il est réellement et ce qu’il prétend être.

Et ce qui me dérange dans ce mot pratiquant c’est qu’il est quand même quelque part pas très logique de dire musulman pratiquant, musulman non pratiquant. En français, cela n’a pas tellement de sens, en arabe non plus d’ailleurs, dans aucune langue. Musulman, vient du mot Islam, qui veut dire la soumission. Donc, le musulman est naturellement quelqu'un soumis ... et la soumission c’est l’obéissance à Dieu, à Allâh . Donc, quelqu’un qui obéit mais qui ne pratique pas, qu’est ce que cela veut dire en français !? Cela n’a pas de sens ! Si on est musulman, on est pratiquant, d'office, seulement il n’en n’est rien, la réalité est là !

Vous savez, des gens parmi nos frères, nos soeurs disent « lâ ilâha illâ Allâh, Muhammadun rasululâh »,

qui témoignent de l’unicité d’Allâh
, qui témoignent que le Prophète est bien le Messager d’Allâh,
qui croient au Coran ... au Jour Dernier, mais qui ne pratiquent rien de la religion.

Parmi donc les symptômes, je vais en citer quelques-uns mais il y en a beaucoup, en d’autres termes, qu’est ce que l’on reproche à ce musulman qui est pratiquant. Quelles sont les erreurs qu’on lui reproche ?

Premier symptôme :

Le fait de dormir pendant l’heure de la prière obligatoire

Surtout pendant al-‘asr ou al-fajr. Ce sont deux prières qui sont faites à des moments qui viennent après un repos. C'est quelque chose qui concerne un bon nombre d’entre nous et je rappelle le verset où Allâh dit :

"Malheur donc, à ceux qui prient tout en négligeant leur Salat"
[Sourate 107 ; versets 4 et 5]

Lorsque les savants ont expliqués ce verset , ils ont expliqué le terme de négligence en disant qu’il se rapporte au fait qu’ils la retardent ou bien à la façon de la faire, ou les ablutions…  Certains savants ont expliqué le mot « Wayl » (traduit ici par malheur) en disant que c’est un fleuve qui est dans Jahannam, dans l’Enfer. Ca c’est pour les gens qui négligent la prière, que dire alors des gens qui ne la font pas ! Et Allâh dit par rapport aux hypocrites :

"Et lorsqu'ils se lèvent pour la Salat, ils se lèvent avec paresse et par ostentation envers les gens.
A peine invoquent-ils Dieu."
[Sourate 4, verset 142]

Quelqu’un qui dort en connaissance de cause et qui se lève après l’heure de la prière, il se lève par paresse, il a un fardeau sur ses épaules, il doit accomplir cette prière alors qu’il aurait aimé dormir encore plus ou bien il aurait aimé que cette prière n’existe pas à ce moment-là. Aicha dit dans un hadith que le Prophète était avec son épouse, et lorsque le moment de la prière arrivait, il se levait comme s’il ne la connaissait pas.

'Omarfut poignardé à la fin de sa vie, le sang coulait abondamment, et de temps à autre, il perdait connaissance. A un certain moment les compagnons  n’ont pas su s’il était encore en vie ou s’il était mort. L’heure de la prière était entrée et ils lui ont dit à l’oreille : « Ya Omar, la prière » et il a sursauté, il s’est levé et il a prié alors que le sang coulait à flots.  Comparez cela au cas de celui qui dort volontairement…

Ces gens là étaient comme ça dans l’adoration. Ces gens là, lorsque c’était la fin de leur vie, ils pleuraient, ils avaient peur. Certains d’entre eux disaient :     « Si seulement ma mère ne m’avait pas mis au monde ».

On peut se poser la question à la lecture de ces choses-là, comment peut-il venir à l’esprit de celui qui prétend être pratiquant et combattre pour le Livre d’Allâh et la Sounnah, de dormir pendant l’heure de la prière ?  Comment est-il possible de prendre le réveil et de le mettre deux heures ou trois après l’heure de la prière et cela de manière volontaire?  Certains savants ont dit que celui qui règle le réveil de cette manière sachant que la prière est bien avant, c'est quelqu’un qui a délaissé la prière de manière volontaire et l’ont classé parmi les "actes de mécréance".

Et que dire de quelqu’un qui entend le réveil sonner et qui l’éteint ? Ou bien quelqu’un que l’on réveille pour faire la prière et qui dit : « Laisse-moi » et après, il dit qu’il ne se souvient même pas qu’on l’ait réveillé. Si tu le réveilles en lui disant qu’il y a le Feu ou un voleur, là, il sera conscient, il va sursauter. Il faudrait lui dire que c’est le Feu de l’Enfer qui l’attend ?!

Il y a des vers poétiques qui disent : « Ne parle pas de nous lorsque tu parles d’eux, car il n’est pas comparable celui qui marche avec ses deux pieds, à celui qui est handicapé » Il veut dire que quand on parle des Compagnons, de leur adoration, des Salaf salih (pieux prédécesseurs), on ne parle pas de nous, il ne faut pas que l’on parle de nous car il y a une très grande différence. C’est comme quelqu’un qui marche sur ses deux pieds et quelqu’un qui est "handicapé."

 

Deuxième symptôme :

Le fait de se rendre à la prière mais à la dernière minute

Que ce soit pour al-jama’a (la prière en commun) ou que ce soit pour al-jumu’a (la prière du vendredi). Le Prophète dit à ce sujet : « Si les gens savaient le mérite qu’il y avait concernant le premier rang, ils se seraient empressés et peut-être même combattus entre eux pour venir à cet endroit.Si seulement ils savaient. »

Ibn al-Mussayib dit « Pendant cinquante ans je n’ai jamais raté la première « takbira » (le moment où l’imam commence la prière) à la mosquée » D’autres parmi les Salaf pendant 70 ans. Ibnu Sama  dit qu’en quarante ans il ne l’a raté qu'une fois, c’est lorsque sa mère est morte.

Certains ulémas (savants) parmi les anciens disent qu’il ne fait pas partie du respect de la prière que d’arriver après l'iqama. Essayez d’aller à la Mosquée le vendredi tôt, deux heures avant ou une heure avant la prière, vous allez voir dans les premiers rangs des gens adultes, des vieux pour la plupart, des musulmans tout à fait normaux. Et puis attendez. Tandis qu’il reste dix ou vingt minutes pour la prière, vous allez voir les gens qui rentrent, pour la plupart des jeunes, pratiquants, qui suivent le Coran et la Sounnah, qui ont le culot de passer entre les gens qui sont là depuis une ou deux heures et de chercher des places devant. Ca c’est le jeune musulman pratiquant qui suit le Coran et la Sounnah qui est sensé montrer l’exemple !?

 De même pour les jama’a, il vient au dernier moment, ou alors il est à la porte de la mosquée en train de bavarder. On entend le adhan et il continue de bavarder. Les gens font deux raka’at (unité de prière) et seul Allâh connaît la grandeur de la récompense qu’il y a dans ces deux raka’at et lui, il continue à bavarder dehors. On entend l’iqama, (l'appel d'entrée de la prière) mais on continue à bavarder. On sent que l’imam va presque dire « allâhu akbar » pour le roukou’ (inclinaison durant la prière) et on se précipite, on court, on dérange, on fait du bruit, on arrive !
C’est une caractéristique des hypocrites. Cela ne veut pas dire que la personne est hypocrite mais elle en a une caractéristique et on craint pour cette personne.

 

Troisième symptôme :

Le fait qu’il n’y ait pas de recueillement dans la prière

La prière n’est pas faîte avec humilité. On va dire un mot sur le « khoushou’ » (le recueillement).

Le Prophète dit : « Priez comme vous m’avez vu prier ». Beaucoup de gens parmi nous n’ont pas très bien compris ce hadith croyant que c’est au niveau des gestes du Prophète seulement qu’il faut prier comme lui. Non, c’est au niveau de l’apparence et au niveau du khoushou’ également.

Peut-être qu’avant cette prière, pour que cette prière soit valable, il faut une préparation, aussi bien externe (ablutions et autres) qu’interne, c'est-à-dire se préparer à rencontrer Allâh, à dialoguer avec Allâh . Préparer ce coeur et cet esprit, autrement dit, faire le vide.

Autre raison peut-être, Allâh dit :

« Non ! Ne lui obéis pas; mais prosterne-toi et rapproche-toi » [96 ; 19]

Il n’est pas possible de se rapprocher d’Allâh si on n’est pas conscient, si on n’est pas recueilli dans cette prière. Et plus tu es recueilli, apaisé, tu fais cette prière avec humilité et plus tu es rapproché d’Allâh , et plus cette prière aura un sens. C’est de cette prière dont Allâh Azawajal parle en disant : « Certes la prière empêche de commettre les turpitudes et le blâmable. » La prière rapproche plutôt du convenable. Il y en a qui se demandent pourquoi ils font la prière depuis des années et qu’ils ont encore beaucoup de défauts et leur prière ne les empêche pas de faire le mal. C’est à cause de ça notamment.

Allâh dit aussi : « Et accomplis la prière pour M’invoquer. »  Comment veux-tu invoquer Allâh alors que tu n’es pas conscient dans cette prière. Tu demandes bien sûr à Allâh Azawajal, tu fais des du’as, des invocations, mais tu n’es pas conscient.  Comment veux-tu être exaucé alors que tu ne penses même pas à ce que tu dis, c’est mécanique. Tu sors des choses mécaniquement. Cette prière n’a pas beaucoup de sens. Voilà pourquoi il faut ce recueillement et c’est une obligation dans la prière. Et cela est tellement important que c’est la première caractéristique qu'Allâh a cité lorsqu'Il a parlé des Croyants dans la Sourate « al mu-minun » :

«Bienheureux sont certes les croyants, ceux qui sont humbles dans leur Salat, »
[Sourate 23, verset 1/2]

On rapporte que Ali ibnu Hussein, lorsqu’il faisait ses ablutions, il devenait pâle et on lui disait : « Qu’est ce qui t’arrive ? » Il répondait : « Soubhan allâh ! Vous me demandez ce qui m’arrive ? Vous ne savez pas qui je vais rencontrer, devant qui je vais me mettre debout ? »

Lorsque le Prophète à la fin de sa vie disait de demander à Abû Bakr de diriger la prière pour les gens, Aicha lui répondait : « ô Prophète, Abû Bakr est quelqu’un de fragile, à peine commence-t-il la prière qu'il fond en larmes. »

Abdullâh ibnu Saddad rapporte : « J’ai entendu les pleurs de Omar ibnu khattab alors que j’étais dans les derniers rangs dans la prière lorsqu’il lisait : «Et je me plains à Allâh Azawajal de ma tristesse et de mon déchirement » [12, 86]

 Et il rapporte concernant Al-Saudi : Un parmi les Salafs, Ali ibnu Fudeyl, l’a vu devant la ka’aba en train de prier dans le soujoud et j’ai fait sept fois le tour de la Ka’aba. Et quand j’ai terminé, Soufian n’avait pas encore relevé sa tête du soujoud.
D’autres comme ibnu Kathir rapportent qu’on a vu Abdullâh ibnu Jabir
en état de roukou’ le temps qu’un Compagnon lise al-baqara, al-‘imran, an-nissa’, al-maidah, et Abdallâh ibnu Zoubair était toujours dans le roukou’ (inclinaison durant la prière). Ca correspond à peu près à treize hizb du Coran.

Al imam al-boukhari, fut mordu dix sept fois par un insecte, dans la prière et à la fin de sa prière, mordu partout, avec du sang il dit : « Je ne sais pas ce qui m’a dérangé dans ma prière ».

Par rapport à ces exemples, on se pose la question sincèrement et franchement : qu’en est–il de notre prière et de notre concentration dans la prière, nous qui prétendons être musulmans pratiquants, ahl as-sunnah. On bouge dix fois, quinze fois, vingt fois dans la prière pour faire quoi ? Pour faire ça : arranger la chechiya, le hijab, arranger la barbe, on bouge dans tous les sens…c’est ça le recueillement dans la prière ?

Dans ce rappel, je mets l’accent sur les adorations parce que c’est la base. Je pourrais parler du comportement ou autreet il faudrait des heures de conférence. Ca ne sert à rien de parler d’autre chose si le rapport entre toi et Allâh n’est pas bon, ce n’est pas possible d’aller plus loin. On ne peut pas corriger autre chose tant que ce rapport est négligé. C’est donc pour cela que j’insiste sur les adorations.

 

Quatrième symptôme :

Ne pas faire de nawafil : adorations supplémentaires

Par exemple les prières surérogatoires, avant et après les prières quotidiennes.

La prière de la nuit ! Il n’est pas possible que quelqu’un qui se prétend musulman pratiquant ne fasse pas d’adorations surérogatoires. Quelqu’un qui prie les prières quotidiennes seulement (et on vient de voir comment il les prie !), qui ne jeûne que le mois de Ramadhâne, il n’a pas de quoi être fier.

Il faut chaque fois se comparer au temps des Compagnons et à leur adoration, pour arriver peut-être à ce que l'on déteste, sinon, ce n’est pas possible parce qu’avec un strict minimum, certains d’entre nous croient qu’ils ont le Paradis assuré.

C’est tellement vrai que certains d’entre nous qui croient tellement qu’ils sont loin dans la pratique, qu’ils sont presque infaillibles et qui se lancent dans les jugements, tellement sûrs d’eux que tel est innovateur, tel est un kafir, tel n’est pas dans le chemin, tel est égaré, tel n’est pas dans le minhaj etc. etc.  Soubhan Allâh !

Un hadith dit :
« Celui qui prie douze raka’t (unité de prière) quotidiennement, Allâh lui construit une demeure au Paradis. »

Il s’agit ici des rak'a que l’on fait avant et après les prières obligatoires. Le Prophète concernant la prière de la nuit dit : « La meilleure des prières est la prière obligatoire, suivie de la prière de la nuit »

Au moment où le Prophète a dit ce hadith, un jeune, Abdullâh ibnu Omar n’a jamais délaissé la prière de la nuit. Parmi les adorations surérogatoires il y a le jeûne des trois jours du milieu du mois (13, 14, 15) ou le jeudi et le lundi, shawwal, arafat, achoura… Dans le sahih Muslim un hadith dit : « Le meilleur jeûne après le mois de Ramadhan c’est le jeûne de Muharram ».

En résumé, si l’on est des musulmans pratiquants, il faut essayer de s’accrocher à ces sunnan, à ces adorations surérogatoires. La première chose sur laquelle on sera interrogé yawm al qiyyamah, le jour des comptes c’est la prière. Si elle n’a pas été faite correctement, on dira : « regardez s’il a des prières surérogatoire pour compléter cette prière mal faite. » Et le croyant va trouver ses prières surérogatoires devant lui et combler ainsi in sha allâh les prières mal accomplies.

Mais s’il n’a rien fait … Si son jeûne du mois de Ramadhâne est manquant car qui peut dire : « moi depuis que je jeûne, tous mes jours de jeûne sont sans faute », personne ne peut dire ça. Et si tu n’as pas jeûné de jours supplémentaires, qu’est-ce que tu vas faire ?

 

Cinquième symptôme :

Le fait de ne pas lire assez le Coran et le fait de ne pas l’étudier

Il n’y a pas de doute que lire le Coran et le méditer c’est le meilleur des moyens pour rester accroché à la religion d’Allâh Azawajal. C’est la meilleure des protections contre les déviations et contre les tentations. C’est la meilleure des protections car il s’agit de la parole d’Allâh du Seigneur des Mondes. Parfois, dans la vie de tous les jours, on peut être dérangés par certaines choses et chacun est différent. Certains peuvent être dérangés parfois par des doutes. Par exemple, la création. C’est le hasard, pas le hasard ? Alors tu lis dans le Coran la parole d’Allâh : « Ont-ils été créés à partir de rien ? » ou bien : « Sont-ils eux-mêmes leur propre créateur ? »

Ce Verset vient sur ton coeur et il l’apaise, il le refroidit. Autre exemple : tu as tendance à faire des péchés et ton nafs (égo) te pousse, tu lis : « de nobles scribes, Qui savent ce que vous faîtes » [82 ;10/11]

Et tu te souviens aussi que toute parole quelle qu’elle soit, elle est récoltée et transcrite et tu la trouveras devant Allâh .

Et alors, tu t’arrêtes, tu arrêtes de faire ces péchés ou alors tu te guéris en fait grâce à cette méditation, grâce à cette lecture du Coran. Tu peux te dire : « Pourquoi est-ce que je dois pratiquer, pourquoi est-ce que je dois me fatiguer, la majorité des gens ne pratiquent pas et ils sont bien ! »

Et tu lis le Verset où Allâh dit : « Mais la majorité des gens ne savent pas » Alors il ne faut pas les suivre car ils ne savent pas sauf un petit nombre qui ont certaines caractéristiques, et Allâh Azawajal jure par le temps :

1. Par le Temps ! 2. L’homme est certes, en perdition, 3. sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres, s'enjoignent mutuellement la vérité et s’enjoignent mutuellement l’endurance. [ sourate 103]

Ils s’enjoignent ce qui est le plus dur, c’est la patience. Pourquoi?

Parce que lorsque tu seras croyant, tu ne seras pas aimé, tu seras détesté, on va te mettre des bâtons dans les roues. Alors Allâh te prévient que parce que tu empruntes ce chemin de la foi, des bonnes œuvres, de la dawa, tu seras dérangé. Parfois tu peux être dérangé par la moquerie, les kouffars se moquent de toi, de ta religion, de ton aspect et puis tu lis le Versets où Allah dit :

« Aujourd’hui donc ce sont ceux qui ont cru qui rient des infidèles » [83 ; 34]

Tout ce qui peut te déranger sur cette terre dans la vie de tous les jours, toutes les questions, tous les dérangements, toute tristesse …tu trouveras une réponse dans la parole d’Allâh .

C’est pour cela que j’ai dit au début, que la lecture du Coran et sa méditation sont le meilleur moyen de se rapprocher d'Allâh , de rester accrocher à cette religion et d’être préservé contre l’égarement.

 

Sixième symptôme :

Le manque d’invocations

Parmi ce que l’on peut trouver comme défaut aussi chez nous qui prétendons être musulmans pratiquants, c’est le fait que l’on ne fasse pas beaucoup d’invocations. On n’invoque pas Allâh assez et encore une fois c’est une caractéristique des hypocrites qui invoquaient Allâh que lorsque les croyants les entendaient. Allâh dit dans le Saint Coran :  « A peine invoquent-ils Dieu. » [4 ; 142]

Et Allâh dans le sens contraire dit : « Ô vous qui avez cru, invoquez Allâh de manière abondante »

Combien ici ont lu le petit livre qui s’appelle « la citadelle du musulman » ? Que chacun se pose la question et réponde à lui-même. Ce livre qui est traduit depuis plusieurs années, depuis que je l’ai, trois ans, quatre ans, est-ce que je le connais par coeur ? Qui le connaît pars coeur ? Et il n’y a pas beaucoup d’invocation dans ce livre.

Est- ce que six mois, un an, (ça dépend depuis combien de temps tu l’as en main), ça ne suffit pas pour apprendre des invocations pour invoquer Allâh chaque fois que tu fais quelque chose ? Quand tu sors de chez toi, quand tu vas dormir, après la prière, lorsque tu manges, lorsque tu t’habilles…

Alors, est-ce que je suis vraiment musulman, accroché à ma religion ou bien est-ce que je suis seulement quelqu’un qui prétend cela ?

 

Septième symptôme :

Le mauvais comportement

Ce sujet a fait l’objet de conférences donc je serai bref. C’est cette partie de la religion qui est négligée, délaissée, abandonnée. On peut dire que l’Islam se divise en trois :

La foi et la croyance
Les ibadat : les rapports entre toi et Allâh
Les rapports entre toi et les gens

Dans tous les livres de jurisprudence (fiqh), on commence tout le temps par la partie des ibadat, puis ensuite la partie des rapports avec les autres.

C’est un défaut très apparent et très gênant, qui fait fuir parfois les gens. Et il y a de quoi. Certains parmi nous ont très mal compris les messages de la sounnah, ont très mal compris ce qu’est la pratique. Pour certains, la pratique de l'Islam et de la Sounnah, c’est ne pas dire « assalamu alaykum », marcher la tête baissée, interdiction de faire un sourire, rien du tout.

Pour celui qui te dit « Salam » tu réponds « wa alaykumu as-salam » et ça s’arrête là. Il parle méchamment, il répond méchamment et je passe sur certains comportements dont je n’ai pas envie de parler plus longuement…

Allâh dit au Prophète dans le Coran : « Et tu as certes un comportement noble »

Une question se pose :

Toi mon frère musulman pratiquant qui défend la Sounnah, tu es prêt à ne pas dire « assalamu alaykum » à ton frère parce qu’il ne porte pas la barbe ou parce qu’il commet une erreur. Pourquoi est-ce que tu ne suis pas le Prophètedans son comportement à lui.

Est-ce que le Prophète tu le suis juste dans certaines choses et pas dans d’autre ?

Autre Verset encore plus frappant et d’après ce Verset, on peut dire qu'al 'aqida, la foi et le comportement vont de pair. L’argument est le suivant : dans la sourate « Âl 'Imran » Allâh dit :

« C'est par quelque miséricorde de la part de Dieu que tu (Muhammad) as été si doux envers eux !
Mais si tu étais rude, au coeur dur, ils se seraient enfuis de ton entourage. »
[3 ; 159]

Ce verset veut dire en d’autres termes de ne pas être sévère, n’aies pas un coeur dur, car sinon les gens vont souffrir et vont s’éloigner de toi. Ici je m’adresse à toi, à moi, à nous qui avons un message à faire passer, qui devons appeler les gens à cette religion et faire revenir les gens à cette religion. Il est de notre devoir de suivre ce Messagerdans tout, il est un exemple parfait dans tout.

Allâh dit à Son Prophète d’être bienveillant et de s’éloigner des ignorants, c'est-à-dire ne te fâche pas lorsque quelqu’un est ignorant et qu’il s’adresse à toi avec des choses insensées et pas très correctes, et ne perds pas ton temps avec lui.

Le Prophète a dit : « Les deux choses qui font rentrer les gens au Paradis c’est la crainte d’Allâh Azawajal et le bon comportement. ».

Le Prophète a dit : « Crains Allâh Azawajal où que tu sois et fais suivre le mal par le bien, les bonnes actions effacent les mauvaises. Et comporte-toi de manière correcte avec les gens»

Rien qu’au niveau de la parole, dans notre manière de discuter l’un avec l’autre, il y a des frères qui ne sont pas capables de laisser l’autre terminer ses phrases pour intervenir.

Je donne un exemple de 'Ata ibn abi Rabah qui dit : « Il se peut que quelqu’un me parle d’un hadith et je l’écoute jusqu'à la fin sans dire un mot et je lui dis « jazakallâhu kheyr » alors que je connais ce hadith. » Parfois entre frères, à peine l’un commence à citer un hadith, l’autre le coupe et lui dit « oui je connais ».

Un homme dit à un parmi les Salafs : « Si tu prononces un mot, je t’en dirai dix, tu n’as pas intérêt à prononcer un mot ! Le Salaf lui répond : « Et toi, si tu en prononces dix, je ne t’en dirai aucun ». Le bon comportement, le Salaf a pratiqué le Verset : « Eloigne-toi des ignorants ».

Je voudrais terminer avec cette remarque : le comportement ne se résume pas à ce que l’on vient de dire mais au contraire, le comportement englobe tellement de choses !

Je vais vous donner un exemple : la manière de s’habiller est un comportement, cela fait partie du comportement. Et, souvent, on peut voir de la négligence car il y a des frères qui ont compris que sa sounnah c’est de s’habiller n’importe comment avec la barbe dans tous les sens et de préférence en « tirant la tête ». On ne sourit pas, on ne dit même pas le « Salam ». Ca ne fait pas partie du comportement du musulman.

Regardez l’Imam Ahmad son fils Abdallâh dit : « Je n’ai jamais vu quelqu’un faire attention à ses cheveux, à sa barbe, à la propreté de ses habits et à la blancheur du « qamis », comme mon père. » Ahmad n’était pas riche, au contraire, mais regardez ce que son fils dit de lui. Cela fait partie du bon comportement.

Et je termine en disant qu'il y a d’autres symptômes que l’on aura in sha allâh l’occasion de développer qui sont le fait de perdre le temps, le fait de trop rigoler, le fait de garder trop de mauvaises choses de la jahiliya (vocabulaire, les attitudes, les blagues, la moquerie…). Il y a beaucoup de caractéristiques de la jahiliya qui restent accrochées à ces frères.

Il y aura un autre chapitre qui concerne les causes de ces symptômes, suivi d’un chapitre intitulé les remèdes et suivi d'un chapitre qui concerne un résumé de ce qu’est un musulman pratiquant.

J’ajoute qu’un sujet pareil demande des heures et des heures, des centaines d’heures. J’ai voulu parler de la première partie, les erreurs que l’on fait dans l’adoration, et je n’ai pas fini.

Mais il y a d’autres choses concernant le comportement, la dawa, concernant les problèmes que les musulmans vivent actuellement…tout cela est lié à ce sujet, tout cela est dû à cette foi sans fruits. 

 

Audio La foi sans fruits  - Par le frère Abou Maryam Ahmed
-  Rappel retranscris par l'équipe Sajidine à la demande de nos frères et soeurs malentendants
Quelques reformulations ont été apportées pour une lecture plus aisée -

 

 

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