Remets-toi s’en à Allah car si tu as été imprévoyant
Il te viendra avec ta subsistance par là où tu ne l’attends


Craindrais-tu la pauvreté, quand il est Le Pourvoyeur incessant
Il a certes nourrit l’oiseau et le poisson dans l’océan


 Si la nourriture s’obtenait par la force uniquement
L’oisillon ne pourrait manger près du vautour un instant


 Tu quittes déjà ce bas monde sans que tu en sois conscient
Si la nuit te couvre, seras-tu encore au jour montant ?


 D’ailleurs combien de bien portants sont morts sans mal apparent
Combien de malades, un moment d’éternité, survécurent pourtant,


 Combien de jeunes se sont couchés puis réveillés souriants,
Et dans l’invisible, à leur insu leur linceul se tissant


 Quand bien même un homme vivrait mille et plus de deux milles ans
Un jour ou l’autre vers la tombe, il ira inéluctablement… 


Poésie attribuée à l’imam Chafi’i