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Manger est un acte vital mais
aussi c’est très souvent un plaisir. Ce plaisir se situe dans la bouche mais
après avoir avalé notre bouchée de nourriture, nous ne nous posons pas la
question de ce que va devenir cette bouchée.
Pourtant nous le devrions et c’est
ce que nous allons faire dans ce chapitre.
Mais avant tout, il faut savoir
une chose si vous voulez comprendre la suite : notre corps est constitué
de milliers de milliards de cellules. Ce sont des « briques »
microscopiques édifiées en un corps humain. Chacune d’entre elles a besoin de
nutriments pour fonctionner qui proviennent des lipides (graisses), des glucides
(sucres) et des protéines.
Ces nutriments sont en fait des
aliments mais coupés en très petits morceaux, suffisamment petits pour que les
cellules puissent les utiliser. Le but de la digestion est donc
de fractionner nos aliments en minuscules nutriments.
1ère étape : Dans la bouche
Déjà ici rien que l’étude des
dents, de leur disposition en incisives et canines coupantes, en prémolaires et
molaires broyeuses, ne peut que susciter notre admiration. Miraculeusement, nos
dents de lait sont remplacées par des dents définitives à partir d’un certain
âge. C’est comme si les pneus usés d’une voiture étaient remplacés par des
pneus neufs. Ainsi nos dents sont changées sans intervention de notre volonté
et gratuitement ! Avez-vous vu le prix d’une dent chez le dentiste ?
Alors s’il fallait payer nos 32 dents, on serait ruiné ! Quelqu’un nous a
donc donné des dents sans nous en demander un centime !
Il nous a aussi doté d’un morceau
de chair capable de distinguer les goûts : la langue.
La surface de la
langue est divisée en 4 régions, chacune étant spécifique d’un goût : pour
le sucré, le salé, l’acide et l'amer. Sans la langue, on ne ferait pas la
différence entre une cuillère de harissa ou de crème. Ainsi lorsqu’on goûte un
aliment, notre langue nous indique s’il est chaud ou froid. S’il est trop
chaud, on se refuse à l’avaler. Heureusement car un aliment brûlant qui ne
serait pas détecté par notre langue, nous abîmerait la gorge, ce qui pourrait
être grave !
Mais ne vous inquiétez pas, notre
Créateur en nous donnant la langue, nous a doté d’un organe qui est source de
goût, de paroles et de sécurité !
A l’intérieur de la bouche, les
glandes salivaires produisent régulièrement un liquide, la salive. Cet
incroyable liquide contient des anti-bactériens qui ont pour rôle de tuer les
microbes qui pourraient se trouver dans notre nourriture mais on y trouve
surtout des enzymes. Leur travail va être de découper les aliments en
nutriments. En abordant les enzymes, nous étudions quelque chose qui nous
dépasse complètement.
Effectivement, lorsque vous mâchez les aliments, vous les
réduisez en bouillie et ce n’est que la première étape du long travail de la
digestion. Cette première phase est dépendante de notre volonté mais en ce qui
concerne le reste des étapes qui vont se dérouler dans les 8 mètres du tube
digestif, vous ne décidez plus de rien ! Ce n’est plus vous qui dirigez
les opérations, vous n’avez aucun pouvoir. Quelqu’un d’autre prend les
commandes pour vous : Il va gérer le travail de l'estomac, du foie, du
pancréas, de l’intestin… Heureusement que ce travail de gestion des organes ne
nous incombe pas, on n’y arriverait pas !
Notre seul devoir est de mâcher,
le reste, cela ne nous regarde pas. Mais pourtant si on y prête attention un instant,
on se rendra compte qu’il s’y passe des évènements qui vont nous dépasser car
trop complexes, trop parfaits, trop microscopiques et trop colossaux à la
fois !
Nous allons survoler le travail
de l’estomac : des enzymes, spécialisées dans la digestion des protéines,
prennent la relève. La différence avec la bouche est que ce travail va
s’effectuer dans de l’acide ! Ainsi l’estomac fabrique un puissant acide
chlorhydrique ! Mais pourquoi l’estomac n'est-il pas lui-même détruit par
cet acide ? N’ayez crainte, rien n’est fait au hasard ! L’estomac a
reçu pour ordre de fabriquer un mucus protecteur qui va recouvrir toute la
surface de sa paroi et empêcher ainsi l’acide de le perforer !
De plus, l’estomac est animé de
mouvements pour permettre un brassage de la nourriture pour qu’elle soit bien
imprégnée d’acide et d’enzyme !
Dans l’intestin : à la
sortie de l’estomac, un anneau s’ouvre régulièrement pour évacuer les aliments
digérés vers l'intestin grêle. Que va-t-il s’y passer ? 2 organes vont
libérer leur produit de sécrétion : le foie produit la bile qui va
faciliter la digestion des graisses et le pancréas libère des enzymes.
L’intestin grêle contient maintenant l’ensemble des nutriments qui ont subi la
digestion depuis la bouche. Il ne leur reste plus qu’à quitter cet intestin et
à être distribués à toutes les cellules du corps grâce à la circulation
sanguine. Mais cette traversée de l’intestin est quelque chose de
colossal ! Pour cela il faut savoir que l’intestin mesure près de 7 mètres
de long et qu’il possède au niveau de sa paroi interne 10 millions de replis
(les villosités), ce qui porte sa surface à 400 m², soit l’équivalent de 2
terrains de tennis ! Il a été conçu que 100 mille milliards de molécules
de glucose traversent l’intestin par seconde et par cm², pour aller dans le
sang !
Les aliments qui n’ont pas été
digérés vont constituer les déchets qui vont transiter le long du gros intestin
jusqu’au rectum. Et voilà, le travail est fait !
Toute cette machinerie et ce
minutieux travail se déroulent à chaque fois que l’on mange ! Qui dirige
toutes ces opérations, toutes ces manoeuvres ? Mais attendez de voir les
phénomènes se produisant dans l’intestin.
L’intestin étant un long tube de
près de 7 mètres de long, vous comprenez bien que les aliments qui y
parviennent à la sortie de l’estomac doivent se déplacer le long de ces 7
mètres. Mais par quel mécanisme ? Il a été prouvé que des ondes de
contractions naissent depuis le début de l’intestin et se déplacent jusqu’au
rectum. Ces ondes sont possible grâce à une synchronisation du travail
électrique des nerfs et des muscles intestinaux. Ils créent un anneau qui
parcourt l’intestin du début jusqu’à sa fin. Les aliments sont ainsi déplacés
progressivement. Lors de leur voyage, les aliments bénéfiques pour notre corps
quittent l’intestin pour passer dans le sang alors que les déchets y restent
pour être évacués.
Qui a doué notre intestin de ces
ondes de contractions ? Sans ces ondes, la nourriture s’accumulerait dans
ces 7 mètres et la vie serait impossible. Est-ce vous qui commandez ces ondes,
leur nombre et leur force ? Non ! Qui alors ?
Les sécrétions pancréatiques
Le pancréas est une glande située
dans notre abdomen. Elle est reliée à l’intestin par un petit canal par où va
être déversé un liquide : le suc pancréatique. En 24 heures, le pancréas
peut produire près d’un litre de ce liquide. A quoi sert-il ? Comment est-il
produit ?
Comme nous l’avons vu,
l’intérieur de l’estomac est acide. Ainsi en quittant l’estomac, ce sont des
aliments acides qui arrivent dans l’intestin. Mais là un problème se
pose ! Il se trouve que les enzymes contenues dans le suc pancréatique ne
peuvent fonctionner qu’à pH basique (pH = 8) alors que dans cette partie de
l’intestin, le pH qui règne est acide ! Alors un phénomène curieux va se
produire : cette arrivée d’aliments acides va stimuler les cellules
intestinales qui vont alors produire une hormone dans le sang : la
sécrétine. Cette sécrétine a pour rôle d’agir sur le pancréas en lui ordonnant
de libérer du bicarbonate dans l’intestin. Pourquoi ? Dès que ce
bicarbonate arrive dans l’intestin, il aura pour effet de faire remonter le pH
par effet tampon pour le rendre basique !
Vous rendez-vous compte, le
pancréas a pensé à tout en fabriquant du bicarbonate ! Sans cela, aucune
digestion intestinale ne pourrait se faire ! Miracle ou non ? A vous
de réfléchir… Je continue.
Maintenant, comment le pancréas
va-t-il libérer son suc ? Le terrain est propice dans l’intestin puisque
le pH est devenu basique. Deux hormones vont provoquer la sécrétion du suc
pancréatique :
- La première, c’est la gastrine
qui est produite par l’estomac. Elle emprunte la circulation du sang pour
atteindre le pancréas et lui ordonne de libérer ses enzymes dans l’intestin.
- La deuxième porte le nom de
pancréozymine. C’est l’intestin lui-même qui la produit lorsqu’il reçoit les
aliments venant de l’estomac.
Sous ces 2 ordres qu’il reçoit,
le pancréas a maintenant pour mission de sécréter son suc. Préparez-vous, je
vais vous citer l’incroyable travail de chimiste du pancréas !
Grâce à ses enzymes
amylolytiques : il digère les sucres.
Grâce à ses enzymes
lipolytiques : il digère les graisses. On distingue la cholestéroléstérase
qui digère le cholestérol, puis la lécithinase qui attaque la lécithine et
enfin la lipase qui agit sur les acides gras.
Grâce à ses enzymes
protéolytiques : il digère les protéines (viandes, poissons, oeufs,
fromages…). Ce sont la trypsine, la chymotrypsine et la carboxypeptidase. Ne
faites pas attention à ces noms compliqués mais attachez-vous à comprendre ces
mécanismes surprenants de par leur perfection ! Le fait même que ces noms
vous déroutent vous prouve combien le travail du pancréas est complexe et
que ce n’est pas vous qui le commandez !
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Mais il y a une question que se
sont posée les biologistes lors de la découverte de ce suc : comment fait
le pancréas pour ne pas être digéré par ses propres enzymes ? La réponse,
comme toujours, est édifiante par la perfection des stratégies mises en place
dans le monde vivant ! En fait, dans le pancréas, ces 3 enzymes sont
inactives et ne fonctionnent pas : elles ne coupent rien dans le pancréas !
C’est seulement lorsqu’elles arrivent dans l’intestin que l’entérokinase, une
enzyme intestinale, va activer la trypsine. Cette trypsine va alors elle-même
activer la chymotrypsine et la carboxypeptidase. Ces 3 enzymes-ciseaux vont
maintenant pouvoir commencer leur travail de découpage moléculaire des
protéines dans l’intestin.
La même question se pose pour les
enzymes lipolytiques précédemment citées, pourquoi n’attaquent-elles pas le
pancréas dont elles sont issues ? Car elles y sont inactives. Ce qui
déclenche leur reprise d’activité, c’est la bile issue du foie et qui est
libérée, elle aussi, dans l’intestin. Dès que la bile entre en contact avec ces
enzymes, ces incroyables ciseaux microscopiques commencent immédiatement leur
travail de découpage des graisses.
Rien n’est fait au hasard dans
notre corps, c’est la perfection qui y règne !
Mais comment est libérée cette
bile ?
Les sécrétions biliaires du foie
La bile est fabriquée par les
cellules du foie au rythme de près d’un litre par jour ! Elle est stockée
dans une petite poche appelée la vésicule biliaire. Ce sac est fermé mais son
ouverture est commandée par la sécrétine, l’hormone intestinale.
Un véritable travail de
coopération existe entre le foie, l’intestin et le pancréas. Tout cela dans le
but de procéder à la digestion des aliments.
Lorsqu’on se rend compte de ces
incroyables phénomènes qui se produisent en nous, on ne peut que s’humilier
devant les bienfaits dont nous a dotés notre Créateur. De par nous même, d’une
part, nous n’aurions jamais pu mettre en place ce fantastique travail de
digestion moléculaire et d’autre part, nous n’aurions jamais pu contrôler ces
mécanismes à l’aide de notre volonté. Comment donc ne pas être
reconnaissant ?
Pour comprendre le fonctionnement
de la vessie, il faut déjà se représenter son anatomie. La vessie est un petit
sac relié à 3 conduits : dans sa partie haute, la vessie reçoit 2 tuyaux,
les uretères, issus des reins et qui apportent régulièrement l’urine. Dans sa
partie basse, un conduit, l’urètre, mène au méat urinaire c’est à dire à
l’évacuation définitive de l’urine. Or il se trouve que cet urètre est fermé
par 2 bouchons, les sphincters. Le premier n’est pas commandé par notre
volonté : il s’ouvre et se ferme selon l’état de la vessie sans aucune
décision de notre part. Qui donc le commande ?
Le deuxième sphincter est à
commande volontaire : c’est nous qui décidons de l’ouvrir ou de le fermer.
De plus, la paroi de la vessie
possède des nerfs sensibles à l’étirement. Pourquoi ? Vous allez
maintenant découvrir que le simple fait d’uriner est un miracle de
perfection !
Dans un premier temps, la vessie
accumule les gouttes d’urine apportées par les 2 uretères. La vessie peut
stocker l'urine car les 2 sphincters sont fermés. Ce phénomène va se produire
pendant 2 ou 3 heures. A ce moment, la quantité d’urine accumulée devient telle
que la vessie va se dilater à un point où les nerfs de sa paroi vont être
stimulés. Un message nerveux électrique réflexe se déclenche ! Il va circuler
jusqu’à atteindre le premier sphincter et lui ordonner de s’ouvrir !
L’urine peut alors descendre le long du tuyau urètre mais elle va se trouver
stoppée par le deuxième sphincter. A ce moment, c’est notre volonté qui doit
intervenir.
Pendant tout le temps où la
vessie stockait l’urine, nous ne ressentions aucune envie d’uriner mais tout à
coup, lorsque le premier sphincter s’est ouvert et que l’urine appuie sur le
deuxième, nous ressentons alors une envie pressante ! La vessie nous fait
comprendre qu’il faut ouvrir le deuxième sphincter ! A ce moment, nous
courons vers les toilettes les plus proches pour obéir à l’ordre de la vessie !
Incroyable, n’est-ce pas ?
Réfléchissons un peu !
Heureusement que le second sphincter est sous le contrôle de notre
volonté car si les 2 sphincters s'ouvraient de manière réflexe, nous aurions
des surprises de taille : des flaques d’urine seraient régulièrement sous
nos pieds ! On peut donc remercier Celui qui nous a dotés de cette
facilité d’uriner, sans quoi on serait bien souvent embêtés !
Mais je vais aller un peu plus
loin. Maintenant que les 2 sphincters sont ouverts, l’urine peut s’écouler et
quitter la vessie mais là, un problème va se poser : dès qu’une certaine
quantité d’urine va être émise, les nerfs de la paroi de la vessie ne vont plus
être stimulés et le 1er sphincter va alors se fermer, ceci malgré le
fait que la vessie contienne encore de l'urine à évacuer. Mais un mécanisme
bienfaiteur est encore présent pour nous permettre de vivre dans de bonnes
conditions ! Sans sa présence, on devrait uriner toutes les demi-heures !
Qu'est ce que notre créateur a encore inventé pour nous ?
Pendant que l’urine est évacuée, des nerfs vont
ordonner aux muscles abdominaux du ventre de se contracter ! Leur
contraction a pour but d’appuyer sur la vessie pour augmenter la pression qui
règne à l’intérieur. La conséquence est que les nerfs de la paroi de la vessie
vont être stimulés pendant toute la durée de l’évacuation urinaire, ce qui a
pour effet de laisser le 1er sphincter constamment ouvert jusqu’à ce
que la vessie se vide complètement ! Miracle sur miracle, n’est ce
pas ?

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