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Son
origine
A
la fin de l’été, avant de perdre
ses feuilles, l’arbre va fabriquer des bourgeons
aux extrémités de ses branches.
Ces bourgeons sont en fait des
feuilles et des fleurs miniatures qui vont hiberner
durant l’hiver. Lors
du retour de la belle saison, certains
de ces bourgeons vont fleurir. Ils
ont résisté aux rigueurs du froid
de l’hiver grâce à un système
d’écailles
et de duvets protecteurs !
En fait, les bourgeons ont passé l’hiver
au chaud dans un « sac de couchage »
en quelque sorte !
La
pollinisation : une fécondation par correspondance
Au
printemps, les fleurs apparaissent donc. Comment
sont-elles faites ?
Une fleur est à la
fois mâle
et femelle :
si on écarte les pétales, on distingue
des étamines portant une
poudre, le pollen mâle.
Ces étamines sont en couronne autour
d’un
tube femelle, le pistil qui contient l’ovule.
Lors
de la pollinisation,
des insectes, des oiseaux, des chauve-souris,
le vent …vont déposer
le pollen sur l’extrémité du pistil,
le stigmate.
Ce pollen va alors féconder
l’ovule et son ovaire.
Le résultat est la
formation d’une graine contenue dans un fruit
! Arrêtons-nous
un instant sur l’étude de la pollinisation
: c’est quelque chose de prodigieux !
Une
fleur est incapable de se déplacer vers
une autre fleur pour se reproduire. Normal,
elle n’a pas de pattes ! Comment va-t-elle donc
faire pour rencontrer une autre fleur ? Vous
allez voir qu’elles ont plus d’un tour dans
leur sac! Elles vont utiliser un certain nombre
de stratégies :
a)
Un vent de fertilité
Une
fleur va produire des
centaines de milliers de grains de pollens qui
vont être emportés par le vent
et ainsi quelques-uns vont se déposer
sur le pistil de fleurs de la même espèce.
Face à cette stratégie
du nombre
utilisée par le mâle, la femelle
va répondre en fabriquant une
substance gluante adhésive au niveau
du stigmate.
Le pollen apporté par le vent peut alors
se fixer au pistil pour féconder l’ovaire
et son contenu.
Le tour est joué !
b)
L’utilisation des animaux
Par la couleur :
les admirables couleurs des pétales des
fleurs n’ont pour but que d’attirer
des animaux.
Par les glandes à nectar :
elles se situent à la base des pétales
et produisent un
liquide sucré nutritif convoité
par bon nombre d'animaux.
Par
la forme et la disposition des pétales
:
les orchidées sont des spécialistes
dans ce domaine ! Elles peuvent imiter
la forme d’une abeille, d’une araignée,
d'une chauve-souris …
pour attirer l’attention d’un de ces animaux
! Les
mâles, trompés, croyant que se
sont des femelles, se déposent sur ces
fleurs.
Par
l’odeur : cela
concerne surtout les chauves-souris. Effectivement,
ces animaux ont une mauvaise vue. Pour compenser
ce défaut, la « nature »
ou Dieu, cela dépend du nom que vous
lui donnez, a doté la chauve-souris d’un
sonar qui lui permet de se situer dans l’espace
même dans l’obscurité la plus totale
!
Par
ailleurs, son
odorat est très développé.
L’orchidée, qui est au courant des capacités
olfactives et du défaut visuel de l'animal,
va l’attirer en produisant l’odeur
de la femelle chauve-souris !
L’animal s’empresse de venir vers elle mais
là, surprise ! Il découvre qu’il
a été berné par une fleur
! Qu’est-ce qu‘elles peuvent être ingénieuses
ces orchidées !
Pourtant elles n’ont
pas un gramme de cerveau !
Comment font-elles
donc pour mettre en place ces ingénieuses
stratégies de formes, d’odeur et de couleur
?
Qui leur a appris ?
Quoi
qu’il en soit, tous ces animaux, attirés
par l’instinct de se nourrir ou de se reproduire
vont être bien utiles à la fleur
puisqu’en pénétrant dans la fleur,
leur corps va s’enduire de pollen grâce
encore à d’autres astuces.
Cet
animal, ainsi saupoudré de pollen, va
visiter une autre fleur de la même espèce
pour le même but
et là,
il dépose, en s’agitant et sans s'en
rendre compte, l’inestimable pollen
qui va pouvoir féconder l’ovule tant
convoité ! Les
fleurs n’auront jamais fini de nous étonner
! Rien qu’à observer la diversité
de formes et de couleurs qui peuvent exister
dans le monde des fleurs, on croirait qu’elles
ont été peintes au pinceau par
un artiste !
 Si
je vous emmène dans la galerie des tableaux
du musée du Louvre et que je vous dis
que tous ces tableaux ont été
peints par le hasard, vous allez me dire que
je suis fou ! Mais quand
on nous dit que c’est le hasard de la nature
qui a peint toutes les fleurs de la planète,
tout le monde y croit et personne ne trouve
rien à dire ?
Ce n’est pas Picasso ou Van Gogh qui ont peint
les fleurs de notre terre mais un
Artiste Créateur qui possède un
style unique car Lui-même est unique !
c)
Carte passe génétique
Maintenant
que le pollen est sur le stigmate de la fleur,
que va-t-il se passer ?
La fleur digne d’un
grand biologiste, va déclencher des
mécanismes biochimiques de reconnaissance
pour déterminer si le pollen est bien
de la même espèce et s’il est bien
issu d’une autre fleur, car les fleurs sont
programmées pour éviter l’autofécondation
qui les exposerait à des tares génétiques
désavantageuses.
Ensuite lorsque la fleur donne le « feu
vert » au pollen, ce dernier va fabriquer
un tube pollinique qui va progresser dans tout
le pistil pour arriver à l’ovaire où
une double fécondation va pouvoir se
faire.
Des transformations vont ensuite se produire
: un
embryon apparaît, protégé
dans une graine, elle-même protégée
dans un fruit !
Une
graine pour l’arbre, un fruit pour nous
Dans
un premier temps, ce fruit est minuscule mais
la fleur va fabriquer une
phytohormone, l’auxine, qui va provoquer l’augmentation
de la taille de ce fruit.
La
deuxième modification est que les tuyaux
de canalisation issus des feuilles vont apporter
de plus en plus de sucre vers ce fruit,
un peu comme le cordon ombilical qui apporte
les nutriments à l’embryon humain. La
graine est ainsi en train d’accumuler des réserves
qui lui seront utiles plus tard ! Quelle
« nature généreuse »
! Elle veille au bien-être des Hommes,
des animaux et des végétaux !
Arrivé
à une certaine taille, si vous cueillez
le fruit, vous ne pourrez le manger car il est
trop acide. Pourquoi ?
Car
l’embryon de plante qui se trouve à l’intérieur
de la graine n’a
pas fini son développement
et donc l’arbre vous informe que ce n’est pas
encore le moment de la cueillette ! Il vous
renseigne avec son langage à lui : à
travers le goût du fruit ! Mais
comment reconnaissez-vous que ce fruit est trop
acide et donc qu’il ne faut pas encore le cueillir
? Parce qu’il
n’a pas encore la couleur qu’il faut.
Mais
dès que l’embryon est arrivé à
maturité, l’arbre ordonne à ses
fruits, grâce à un mécanisme
biochimique complexe, de
perdre leur acidité pour la remplacer
par du sucre.
Le fruit change
de couleur, d’odeur et de goût : il
est enfin mûr. Mais
là encore, le goût et la couleur
du fruit sont une stratégie de l’arbre
pour lui permettre de se disséminer.
Comment
?...
La
plupart des espèces vivantes pour survivre
doivent
coloniser d’autres milieux.
Le moyen le plus rapide est le déplacement
or les végétaux sont dépourvus
de cette capacité. Il faut donc que l’arbre
trouve une autre manière de se disséminer.
Laquelle ? En attirant l’animal par l'odeur
et la couleur du fruit,
l’arbre lui présente en réalité
un appât. Guidé
par son instinct, l’animal va manger le fruit
: c’est ce que voulait l'arbre.
Les animaux, en mangeant les fruits charnus,
ne
vont pas digérer les graines.
Pourquoi
? Très bien renseigné, l’arbre
sait que l’estomac des animaux est très
acide et digère les aliments avec des
acides. Il
va faire de telle sorte que la graine soit recouverte
par une enveloppe résistante à
l’acide.
Le fruit est digéré mais pas la
graine ! Elle est soit rejetée
dans les excréments de l’animal, soit
il ne va l’avaler lors de son repas.
L’arbre a donc atteint son but : les
animaux ont dispersé ses graines !
On
peut parler ici de symbiose
car tout le monde y trouve un profit : les
animaux peuvent se nourrir et l’arbre a réussi
sa dissémination.
Tout le monde y trouve son compte ! Est-ce le
hasard qui a fait ces calculs ? Ou les arbres
?
La
graine : un envoyé spécial parfaitement
équipé
La
graine est maintenant dans le sol où
elle va passer la mauvaise saison (automne et
hiver). On parle souvent de mauvaise saison
pour l’hiver mais il a été prouvé
que
le froid est indispensable pour que les graines
puissent germer !
Effectivement, la plupart des graines doivent
séjourner
une certaine période dans le froid pour
acquérir la capacité de germination.
Le froid va déclencher des
productions hormonales dans la graine,
qui vont stimuler
le développement de l’embryon et l’utilisation
des réserves !
Donc le froid est bénéfique !
 Car
sans froid, pas de germination des graines et
donc pas de plantes.
S’il n’y a plus de végétaux alors
il n’y a plus rien à manger pour les
animaux et les hommes.
Le
retour à la belle saison va apporter
les
conditions d’humidité et de température
favorables à la germination de la graine.
Dans un premier temps, l’embryon
va se développer et croître grâce
aux réserves de la graine jusqu’à
ce que les premières feuilles se forment.
Dès que les feuilles sont présentes,
la photosynthèse peut démarrer
et la plantule va devenir un arbre !
La
boucle est bouclée ! Nous avons ainsi
le cycle de la vie d’un arbre !

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