Le Prophète a dit :

" Adore Allah comme si tu Le voyais, car si tu ne Le vois pas, certes, Lui Il te voit " [ Rapporté par Boukhari ]

Ce hadîth montre qu'il y a un degré ; l'excellence (al ihsân), dans lequel le dévot adore Allah comme s'il Le voyait : c'est la contemplation par le tréfonds du coeur (as-sirr) et c'est le plus haut degré de l'adoration.  Le Prophète - que la Paix et le Salut soient sur lui - a mis en évidence, dans ce hadîth, le fait que ce degré est formé de deux stations (maqâm).

- La première, c'est d'adorer Allah en ayant la certitude qu'Il te voit et scrute le moindre sentiment au fond du coeur.  Il est dit dans le Coran :

{ Il (Allah) connait la trahison des yeux, tout comme ce que les poitrines cachent. }
[ Sourate 40 - Verset 19]

C'est le résultat d'une foi parfaite qui mène à la certitude (al-yaqîn) qu'Allah est avec nous et sait tout.

- La deuxième, c'est la station la plus avancée du degré de l'ihsân.  Elle consiste à adorer Allah comme si tu Le voyais.  C'est le résultat d'un amour (hubb) enivré, car le ravissement (wajd) de l'amour chez un homme parvient à un tel degré que son être entier est absorbé par la pensée de son Bien-Aimé, j'usqu'à ce qu'il ne voit rien d'autre que Lui.  Ces deux états sont illustrés dans les dires de deux grands mystiques :

Muhammad ibn Wâsi' qui disait: « Je n'ai jamais rien vu sans y voir Allah. » Ceci est possible grâce à une foi parfaite et une certitude ferme, c'est la station de la certitude (al-yaqîn).

Chiblî qui disait: « Je n'ai jamais rien vu sauf Allah. » C'est l'enivrement de l'amour divin et la ferveur de la contemplation (al-muchâhada).

Le premier contemple l'acte (fi'l) avec son oeil corporel, et, tandis qu'il regarde, il contemple le Créateur de l'acte (musabbib) avec son oeil spirituel.  Le deuxième est ravi par l'amour, loin de tout le reste, de sorte qu'il ne voit que le Créateur de l'acte Seul.  Dans la première méthode, une preuve manifeste est tirée des signes d'Allah , c'est la méthode démonstrative (istidlâl).  Dans la deuxième méthode, le voyant est ravi et transporté par le désir ('ishq) de son Bien-Aimé.  Les preuves et les vérités deviennent un voile pour lui, car celui qui connaît Allah ne regarde rien d'autre que Lui et renonce à discuter Ses actes et Ses décrets.  Allah , en décrivant le Prophète lors de Son ascension, a dit :

{ Son regard n'a nullement dévié ni outrepassé la mesure. }
[ Sourate 53 - Verset 17 ]

Mais le degré de la contemplation ne s'obtient, par la grâce divine, qu'après une ascèse (zuhd) sincère, car la contemplation intérieure est liée à l'ascèse extérieure.  Il appartient au serviteur de faire ses efforts pour exécuter tout d'abord ce qu'Allah a imposé et ensuite ce qu'Il a recommandé.   C'est après l'acquittement de ces devoirs et de ces recommandations que se réaliseront les contemplations (muchâhadât), conformément à ce qui est rapporté dans la Tradition prophétique par l'imam Ahmad: « Celui qui agit en fonction de ce qu'il sait, Allah lui léguera la connaissance de ce qu'il ne savait pas. »

Lorsqu'on demanda à Abû Yazîd al-Bistâmî quel était son âge, il répondit :

« Quatre ans » On lui demanda: « Comment est-ce possible ? » Il répondit : « J'ai été voilé d'Allah par ce monde pendant 70 ans.  Mais je L'ai contemplé durant les dernières quatre années ; la période pendant laquelle j'étais voilé n'appartient pas à ma vie. »

Certaines personnes sont tombées dans l'erreur de supposer que la vision spirituelle et la contemplation représentent une image d'Allah, telle qu'elle peut se former dans l'esprit par l'imagination, soit à l'aide de la mémoire, soit par l'intermédiaire de la raison.  C'est là un anthropomorphisme (tashbîh) total et une erreur manifeste qui mènent à la mécréance (kufr).  On ne peut donc contempler que Ses Attributs et Ses Noms dont on sent les signes dans la création.

{ Il n'y a rien qui Lui ressemble; et c'est Lui l'Audient, l'Omniscient. }
[ Sourate 42 - Verset 11 ]

 

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