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«
Bienvenue à celui pour lequel mon Seigneur
m'a réprimandé. » [
Parole du Prophète Muhammad, voir le Tafsîr
d'Ibn Kathîr, interprétation de
la sourate 80 : Il s'est renfrogné.]
Il
s'agit d'Ibn Um Maktûm , un
aveugle de naissance,
qui était un proche parent de Khadîja,
l'épouse du Prophète
. Il
était parmi les premiers mecquois à
embrasser l'islam
et son infirmité ne lui épargna
pas les persécutions des qurayshites
à l'exemple des autres musulmans. Mais
aucune torture aussi douloureuse soit-elle ne
put venir à bout de sa foi et de sa conviction.
Mieux encore, cela ne fit que
le renforcer dans sa certitude qu'il était
dans la vérité et ses tortionnaires
dans l'erreur.
Cet
homme admirable qui avait perdu la vue venait
de voir la lumière de la vie, la lumière
de la certitude,
celle qui pénètre les tréfonds
de l'âme et les profondeurs du coeur,
et leur donne la capacité de percevoir
ce que beaucoup de grands yeux ouverts ne peuvent
voir.
Le Coran ne dit-il pas :
«
Ce ne sont pas les yeux qui deviennent aveugles
; ce sont les coeurs qui sont dans les poitrines.
» [
Sourate22 - Verset 46 ]
Depuis
qu'il a connu la vérité de la
révélation divine, Ibn Um Maktûm
ne vivait que pour elle. Il était toujours
en quête de nouveaux versets à
apprendre de la bouche du Messager de Dieu. Il ne laissait aucun répit
au Prophète
même lorsque celui-ci prêchait l'islam
aux gens.
Un
jour, alors que le Messager de Dieu
était en train de prêcher à
un
groupe de notables qurayshites,
Ibn Um Maktûm
se présenta devant lui et se mit à
lui dire : «
Ô Messager de Dieu, récite-moi ce que Dieu
t' a appris. » Son
intervention, quelque peu inopportune, dérangea
l'Envoyé de Dieu
qui
détourna sa tête et montra des
signes de contrariété avant de
poursuivre sa discussion avec les notables de
Quraysh.
Certes,
Ibn Um Maktûm
n'avait rien vu du comportement du Prophète
à son égard, mais Celui
à qui rien nāéchappe, Celui qui connaît tout ce qu'il y a
dans les cieux et la terre, avait tout vu .
Aussitôt
après, Il fit
descendre des versets mettant en cause l'attitude
du Prophète
:
«
Il s'est renfrogné et il s'est détourné
parce que l'aveugle est venu à lui. Qui
te dit : Peut-être cherche-t-il à
se purifier ? Ou à se rappeler en sorte
que le rappel lui profite ? Quant à celui
qui se complaît dans sa suffisance (pour
sa richesse), tu vas avec empressement à
sa rencontre. Or, que t'importe qu'il ne se
purifie pas. Et quant à celui qui vient
à toi avec empressement tout en ayant
la crainte, tu ne t'en soucies pas. N'agis plus
ainsi. Vraiment, ceci est un rappel. Quiconque
veut, donc, s'en rappelle. Consigné dans
des feuilles honorées, élevées,
purifiées, entre les mains d'ambassadeurs
nobles, obéissants. »
[ Sourate 80 ā Versets 1 à 16 ]
La
révélation de ces versets secoua
le Messager de Dieu .
Il sut alors que
la valeur d'un homme, aux yeux de Dieu, ne se
mesurait pas en termes de richesse et de noblesse,
mais aux prédispositions de l'être
humain à répondre aux appels de
la Vérité.
À partir de ce jour-là, le Messager
de Dieu
témoignera
une grande estime
à ce pieux compagnon
de la première heure. À chaque
fois qu'il le verra, il
se lèvera pour lui et dira :
«
Bienvenue à celui pour lequel mon Seigneur
m'a réprimandé ! »
Ibn
Um Maktûm
fut l'un des premiers compagnons à partir
à Médine. Il accompagna Mus`ab
Ibn Umayr ,
envoyé par le Messager de Dieu
pour enseigner aux habitants de Médine
les préceptes de l'islam. Ibn Um Maktûm
l'aida dans
sa tâche de l'apprentissage des versets
du Coran aux gens.
Dès son arrivée à Médine,
le Messager de Dieu
chargea notre illustre compagnon,
ainsi que Bilâl,
d'appeler
les musulmans à la prière.
Les deux compagnons
étaient chargés aussi de
réveiller les habitants de Médine
les nuits de Ramadan pour l'aube.
Mieux
encore, l'estime du Messager de Dieu
pour cet illustre compagnon
était telle qu'il lui est arrivé,
à plusieurs reprises de
le nommer gouverneur de Médine, lors
de ses absences dans des expéditions.
Ce fut le cas le jour de la conquête de
la Mecque.
Mais
Ibn Um Maktûm
ne se contentait pas de ce rôle. Non.
Il était profondément déçu
et souffrait de ne pouvoir participer avec les
autres compagnons
à la lutte pour le triomphe de l'islam
bien que le Coran dispense du jihâd les
croyants qui souffrent d'infirmité.
Ibn
Um Maktûm
aspirait à participer avec les compagnons
au jihâd.
Il décéda en
martyr
lors d'une bataille, à l'époque
du Califat de `Umar.
Lui
qui voulait contribuer à l'expansion
du Message, fut trouvé mort entourant
de ses bras l'étendard de l'islam. Ainsi
soit-il.

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