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(Qu'Allah soit satisfait d'elle)
Elle était
la fille de Huyay ibn Akhtâb, de la tribu juive de Khaybar.
On a dit de lui
qu'il serait un descendant d'Aaron . Par sa mère, elle était apparentée à
la tribu des Qurayda.
Prénommée à l'origine Zaynab, elle prit le nom de Safiya
lors de son mariage. Auparavant elle avait été mariée quelques mois seulement
avec le chef des Nadir : Kinâna ibn Haqîq.
La tribu juive de Khaybar
habitait une oasis située vers le Nord. Elle était alliée avec les Quraysh,
ennemis de l'islam, et représentait un véritable danger pour les musulmans. S'y
étaient, en outre, installés ceux des juifs de Médine expulsés lorsqu'ils
avaient trahi le Prophète lors de la guerre du Fossé, malgré le pacte qui les
obligeait à l'assister pour défendre la ville de Médine.
Le Prophète ,
ayant réglé ses difficultés avec les gens de la Mecque, considéra qu'il était
temps de mettre de l'ordre dans cette autre région afin d'assurer la sécurité
des musulmans.
II entreprit donc de faire campagne contre cette tribu,
convaincu du danger qu'elle représentait. Il y eut des tués de chaque côté. L'un
des chefs de cette tribu, Kinana, devait mourir à cette occasion. 
La
campagne se termina en faveur des musulmans, et les gens de Khaybar acceptèrent
finalement de signer un traité, aux termes duquel il fut entendu qu'ils
demeuraient libres de continuer à pratiquer leur religion ; mais ils prirent
l'engagement de travailler et ensemencer leurs terres et furent obligés de
livrer la moitié de leur récolte de dattes à Médine. Ils prirent, en outre,
l'engagement de ne plus trahir les musulmans. Ce traité apporta un peu d'aisance
à la communauté des musulmans qui, jusqu'à cette période, avaient vécu dans un
état de grande pauvreté.
Ibn 'Umar a dit : « Nous n'avions jamais mangé
à notre faim avant la prise de Khaybar. » [Rapporté par Bukhârî]
C'est à
l'occasion de cette campagne que le Prophète interdit le mariage temporaire,
en quelque situation et avec qui que ce soit.
Captive, Safiya fut attribuée comme servante à l'un des Compagnons.
D'après Anas , il s'agirait de Dihya Al-Kalbi. Cependant, de crainte d'offenser
les gens de sa tribu - elle était la fille d'un chef - 'Ali la conduisit au
Prophète qui la libéra.
Il lui donna le choix : retourner parmi les siens ou
embrasser l'islam et devenir l'une de ses Epouses.
Elle choisit de devenir l'une
des Mères des Croyants (Qu'Allah soit satisfait d'elles). On peut s'étonner de
la rapidité de sa décision, car elle fit son choix instantanément et prononça la
shahâda.
Mais, le choix de Safiya
fut
aisé si l'on sait que, depuis sa petite enfance, elle avait entendu les gens de
sa famille parler d'un Prophète annoncé, dont la venue était proche. Elle avait
aussi entendu parler de cet arabe de la Mecque qui prétendait être Prophète.
Elle les avait encore entendu dire qu'il était arrivé à Quba (près de Médine).
Elle se souvint que son père et son oncle avaient même voulu s'en assurer et s'y
étaient rendus ensemble. À leur retour, ils n'avaient pas traité l'Envoyé d'Allah d'imposteur, certainement convaincus que cet homme était bien le Prophète
attendu ! Mais, comme cela ne les arrangeait pas, ils n'en soufflèrent mot...
Safiya était encore une enfant au moment de ces
événements, mais elle en avait été très marquée et les choses étaient restées
gravées dans sa mémoire. 
Enfin, la décision de Safiya
fut d'autant plus facile à prendre que, la veille du jour où
le Prophète arriva en vue de Khaybar, alors que personne n'était averti de son
approche, elle avait vu dans un rêve une lune brillante au-dessus de Médine,
puis cette lune s'était déplacée au-dessus de Khaybar et était tombée dans son
sein. Lorsqu'elle avait raconté son rêve à son mari, il avait été fâché et
l'avait giflée en lui disant : « Tu veux donc épouser ce roi du Hijâz ? » La
trace de ce coup était encore visible et formait une tâche verte sur sa joue.
Le Prophète la consola des pertes subies par les membres de sa tribu
et par elle-même. Il lui expliqua les raisons pour lesquelles il avait dû faire
campagne contre Khaybar, la responsabilité en incombant aux gens de cette tribu
qui, en raison de la haine qu'ils nourrissaient pour les musulmans,
représentaient un trop grand danger pour qu'il les laisse leur nuire.
À
propos de sa dot, Anas a rapporté que le Prophète a affranchi Safiya et il
considéra que sa dot fut l'affranchissement de sa personne. [Rapporté par
Muslim]
La dot de Safiya fut donc sa
libération. Le Prophète s'arrêta 3 jours sur le chemin du retour, entre Khaybar
et Médine, à Sadd Ar-Rauhâ, où fut célébré le mariage.
Le repas de noces fut
composé de dattes, de lait caillé et de beurre. Il n'y avait pas de viande.
Anas a rapporté : « J'allais inviter les musulmans au repas de noces et
comme il n'y avait ni pain, ni viande, le Prophète ordonna d'étendre des nappes
et d'y placer des dattes, du fromage et du beurre. Tel fut le repas de noces
donné pour Safiya. » [Rapporté par Bukhârî]
À Médine, l'arrivée de Safiya n'avait pas été prévue et on ne lui avait pas encore
préparé d'appartement. Elle fut donc installée à l'extérieur, dans une maison
voisine.
Les Mères des Croyants (Qu'Allah soit satisfait d'elles) ne lui
réservèrent pas un accueil très chaleureux, en particulier en raison de ses
origines, mais aussi à cause de sa grande beauté.
'Âïsha fut particulièrement inquiète. Les autres Épouses (Qu'Allah
soit satisfait d'elles) la surnommaient parfois la fille de Huyay du nom de son
père, mais il suffisait d'une intonation pour que ces mots deviennent une
insulte... ce qui la rendait très vulnérable en raison de ses origines.
Alors
qu'elle s'en plaignait un jour au Prophète il lui conseilla : « Réponds-leur: mon père est Aaron, mon oncle est Moussa ! »
Mais ses relations avec
les Mères des Croyants (Qu'Allah soit satisfait d'elles) s'améliorèrent
rapidement et finalement, on nous rapporte qu'elle était très aimée d'elles
toutes.
Elle avait environ 17 ans lors de son entrée dans la maison du Prophète .
En raison de son jeune âge, elle était plus proche de 'Âïsha et peu à peu, elles furent très liées l'une à l'autre, de même
avec Hafsa .
Safiya était réputée dans
la maison du Prophète pour faire la meilleure cuisine. Parfois, elle préparait
un plat qu'elle lui envoyait chez 'Âïsha. Elle fut, parmi les Mères des Croyants , l'une de celles qui renoncèrent aux visites
conjugales du Prophète lorsqu'il ramena le nombre de celles-ci à 4. Elle était
très pieuse, jeûnait le jour et priait la nuit. Safiya , comme toutes les Mères des Croyants, nous a rapporté des ahadîth.
Lorsque l'Envoyé d'Allah tomba malade et qu'il fut transporté dans
l'appartement de 'Âïsha , elle lui rendit visite et lui dit : « Ô Envoyé d'Allah
! J'aimerais que le mal qui te mine me ronge à ta place. »
Elle ne
semble pas avoir eu un grand rôle après la disparition du Prophète , se refusant
à prendre position lorsqu'elle en eut l'occasion.
Cependant, elle intervint
auprès de 'Ali pour soutenir le calife 'Uthmân , lorsque pendant le mois de
Ramadan, un groupe de musulmans s'opposa à lui et le contesta. On nous rapporte
notamment que Safiya fit parvenir de la
nourriture à 'Uthmân pendant que dura le siège de sa maison.
Elle est
morte à l'âge de 60 ans, en l'an 50 de l'Hégire, (la même année que le calife
'Ali ).
Elle continua d'aider ses parents, non musulmans, après son
mariage avec le Prophète .
A sa mort, elle laissa environ 100.000 dirhams et
légua le tiers de ses biens à l'un de ses neveux, le fils de sa sœur, resté
juif. Certains musulmans voulurent s'opposer à l'exécution de ce testament, mais
'Âïsha intervint efficacement pour que ce legs puisse avoir lieu selon la
volonté de Safiya .
Selon la
jurisprudence, il est permis de faire un testament en faveur d'un non musulman
et de lui réserver le tiers de l'héritage avant que ne s'opère le partage selon
les règles islamiques.
Qu' Allah
soit satisfait de Safiya.

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