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(Qu'Allah soit satisfait d'elle)
Hind était la fille d'Abû Umayya ibn
Al-Mughîra, mecquois de la tribu des Makhzûm.
Sa mère était une tante du
Prophète .
Nous la connaissons mieux sous le nom de Um Salama (la mère
de Salama). Elle était proche parente de Khalîd ibn Al-Walîd, lequel fut un
ennemi implacable de l'islam jusqu'à la bataille de Uhud.
On note que
son hostilité à l'égard des musulmans se fit moins violente à partir du moment
où Um Salama devint l'une des Épouses du Prophète .
Finalement, Khalîd se
convertit à l'islam environ 2 années plus tard, et rejoignit la communauté de
Médine avec deux compagnons qu'il trouva dans les mêmes dispositions.
Il
s'agissait de 'Uthmân , fils de Talha, l'homme qui avait escorté Um Salama ,
partie seule avec son enfant vers Médine; le second, appelé Amr , n'était sans
doute pas aussi convaincu par le Message de l'Islam.
Cependant, il se rendait
compte que le Prophète était le grand vainqueur et sa démarche consistait
plutôt, à ce moment, à se ranger du côté du plus fort. Or, en arrivant devant le
Prophète avec ses deux compagnons de voyage, il fut envahi d'une immense émotion
qui l'empêcha même de lever les yeux vers lui au moment de prononcer la shahâda.
Khalîd est
particulièrement célèbre pour avoir été le chef des armées musulmanes, après
avoir rejoint le Prophète . Il était un excellent stratège et rapporta aux
musulmans de nombreuses victoires. L'Envoyé d'Allah l'avait surnommé «
Sayfu-l-llâh » (l'Épée d'Allah).
Um Salama avait été mariée avec son
cousin, 'Abdallah ibn 'Abd Al-Assad, plus connu sous le nom d'Abû Salama . Ils
étaient devenus musulmans ensemble et avaient fait partie de ceux qui avaient
émigré en Abyssinie pour échapper aux persécutions dont ils étaient les victimes
à la Mecque.
Ils eurent 4 enfants qui sont comptés au nombre des Compagnons.
On se souvient qu'en Abyssinie (l'Ethiopie actuelle) régnait le Négus,
qui fut très bienveillant à l'égard de ces croyants de la nouvelle religion. Il
les accueillit bien et les protégea en refusant, par exemple, de les livrer aux
Quraysh qui les poursuivaient et s'étaient présentés à lui les bras chargés de
splendides cadeaux pour l'impressionner.
On croit savoir que le Négus se
serait converti à l'islam, mais qu'il aurait gardé sa conversion secrète. Dieu
Seul est Savant.
En tout état de cause, on sait avec certitude, qu'entre le
Prophète et lui eurent lieu des échanges fraternels et que, plus tard, le jour
de la mort de Négus, alors que le Prophète était à Médine, il en fut informé
et prononça les louanges en sa faveur, en l'appelant mon frère.
Au
moment de leur émigration donc, Um Salama avait autour de 18 ans.
Pendant ce
temps, à la Mecque, le décret de boycottage dont nous avons déjà parlé avait
contraint les membres de la famille du Prophète à s'exiler dans une vallée
désertique, en laissant derrière eux tous leurs biens. On sait que quelques
personnes seulement prenaient le risque de leur faire parvenir, de temps en
temps, quelques vivres.
Ceux qui avaient émigré en Abyssinie entendirent
que la situation était meilleure à la Mecque pour les musulmans ; ils
commencèrent à revenir. Plusieurs personnes parmi les notables de la Mecque -
dont 'Umar - s'étaient converties entre temps, ce qui encouragea leur retour.
Mais, à la suite d'un malentendu, un nouveau durcissement se produisit à l'égard
des musulmans. Et, lorsque les émigrés furent de retour, ils furent de nouveau
exposés aux persécutions qu'ils avaient fuies.
Abu Salama obtint la protection
d'Abû Tâlib, à la grande indignation de la tribu de Makhzûm qui lui reprochait
déjà de protéger le Prophète .
Abu Tâlib leur fit cette réponse : « Si je ne
protégeais pas le fils de ma sœur, je ne pourrais pas protéger le fils de mon
frère. »
Ainsi, Abu Salama et son épouse purent vivre relativement
tranquilles. Mais, Abu Tâlib ne survécut pas bien longtemps après leur retour
d'exil et il mourut, peu avant Khadîja , laissant le Prophète sans protection,
ainsi qu'Abû Salama et son épouse.
C'est peu après ces événements que se
situe l'Hégire vers Médine (anciennement Yathrib). Les premiers musulmans
prirent le chemin de Médine et Abu Salama , son épouse et leur fils, Salama, se
mirent en route également. Mais, ils furent rattrapés par les membres de la
famille d'Um Salama ; ils laissèrent son mari partir, et obligèrent Um Salama et
son fils à revenir à la Mecque et tentèrent de la faire renoncer à l'islam en la
persécutant de mille et une manières.
Elle résista de toutes ses forces
à sa famille. Elle montait sur la colline de Safâ, se tournait vers la Ka'bâ et
maudissait ses parents pour ce qu'ils lui faisaient subir ; ils se vengèrent de
maintes façons, déboîtant même le bras de son enfant.
Ses lamentations
incessantes, ses malédictions finirent par avoir raison de leur obstruction et,
finalement, ils la laissèrent partir avec l'enfant. Elle partit seule avec son
fils en direction de Médine. À quelque distance de la Mecque, elle trouva
'Uthmân ibn Talah - qui n'était pas encore musulman - mais qui insista pour
l'escorter jusqu'à la fin du voyage. Il conduisit le chameau - monté par Um
Salama et son enfant - tenant la monture par la bride, tout au long du voyage.
Arrivé à Quba, il lui indiqua alors : « Ton mari se trouve dans ce
village. Entres-y avec la bénédiction d'Allah ! »
Puis, il fit lui-même
demi-tour et repartit vers la Mecque. On nous rapporte que, plus tard, Um Salama se rappelait souvent la noblesse du comportement de cet homme. Il devait
rejoindre le Prophète avec Khalîd , dont nous avons justement parlé au début de
ce chapitre. Ils firent route ensemble ! Lors de la reconquête de la Mecque par
les musulmans, il retrouva sa position de gardien de la Ka'bâ et c'est le
Prophète lui-même qui lui remit la clé.
Abu Salama et son épouse
, très
unis, se retrouvèrent enfin à Médine. Mais, lors de la bataille d'Uhud, Abu
Salama fut blessé. Sa blessure s'était refermée trop rapidement ; elle se
rouvrit un peu plus tard, ce qui entraîna sa mort quelques mois plus tard.
Elle
pleura beaucoup la mort de son mari. Elle se retrouva veuve avec deux garçons et
deux filles.
Um Salama - qui aimait tendrement son mari -
avait souhaité
qu'ils se promettent mutuellement de ne pas se remarier si l'un des deux venait
à mourir.
Abu Salama lui avait répondu : « Je demande à Dieu
de t'accorder
après moi un mari meilleur que moi. »
On sait qu'Abû Bakr et 'Umar avaient tous deux songé à l'épouser après la mort d'Abû Salama. Le grand souci
des Compagnons était de prendre en charge et de soutenir les veuves avec leurs
familles.
Quatre mois après qu'elle fût devenue veuve, le Prophète vint
lui demander de l'épouser. Um Salama objecta qu'elle craignait de ne pas être
l'épouse qu'il fallait pour le Prophète, en considération de son âge (bien
qu'il semble qu'elle n'ait pas atteint la trentaine !), de ses enfants... et de
sa jalousie !
Le Prophète la rassura ainsi :
«En ce qui concerne
l'âge, je suis plus âgé que toi, quant à ta jalousie, je prierai Dieu de t'en
débarrasser. Quant à tes orphelins, Dieu et Son Envoyé en prendront soin. »
[Rapporté par Muslim]
Le mariage eut lieu au mois de Shawwâl de l'an 4
de l'Hégire et Um Salama fut installée dans l'appartement qu'avait occupé la
défunte Zaynab , Mère des Croyants, morte peu avant.
De l'avis de 'Âïsha
et de Hafsa , Um Salama était fort belle ;
'Âïsha en fut d'ailleurs jalouse un moment, craignant que cette beauté ne lui
nuise.
Nous savons qu'Um Salama participa activement à plusieurs
campagnes. Elle se trouvait près du Prophète lors de la Guerre du Fossé, avec
'Âïsha et Zaynab bint Jahsh dont nous parlerons au chapitre suivant.
Elle fut celle des Épouses qui accompagna le Prophète lorsqu'il prit la
route en vue d'effectuer la 'Umra (petit pèlerinage) à la Mecque. Nous savons à
ce propos que lui et les Compagnons qui l'accompagnaient durent s'arrêter à
Hudaybiya.
C'est là que fut signée la fameuse Trêve de Hudaybiya, et Um
Salama prêta serment -au même titre que les Compagnons - à cette occasion. C'est
d'ailleurs elle qui conseilla le Prophète pour qu'il procède au sacrifice de
l'animal qu'il avait amené, afin que ceux des Compagnons qui étaient encore
sceptiques sur les termes de cette trêve, fassent de même et se résignent à
repartir sans aller jusqu'à la Mecque. [Rapporté par Bukhârî]
Elle fut
encore une fois tirée au sort pour accompagner l'Envoyé d'Allah lors de la
bataille de Khaybar. Elle s'activa - avec d'autres parentes du Prophète - à
soigner les blessés et veilla aux provisions d'eau placées à l'arrière des
lignes.
Elle accompagnait également le Prophète lors de la conquête de
la Mecque, dont il faut rappeler qu'elle eut lieu sans la moindre effusion de
sang ! Il semble qu'elle ait encore participé à d'autres campagnes, où elle
soignait les blessés.
On se souvient que 'Umar avait eu avec elle un
échange assez vif. Il avait une tendance à intervenir de temps en temps dans la
vie familiale, à l'occasion des difficultés qui pouvaient survenir, notamment du
fait de sa fille Hafsa . Ainsi, lorsqu'il était venu l'interroger sur la manière
dont les Epouses (Qu'Allah soit satisfait d'elles) répondaient au Prophète en lui disant ce qu'elles pensaient,
'Umar s'était vu répondre par Um Salama : « Qui donc t'a autorisé à t'interposer
entre l'Envoyé d'Allah et ses Épouses ? Certes, nous lui disons franchement ce
que nous pensons. S'il l'admet, c'est son affaire, mais s'il devait nous
l'interdire, il nous trouverait alors plus obéissantes que nous ne le sommes à
ton égard. » 'Umar repartit sans insister. 
Um Salama était une femme
érudite. Elle savait lire et écrire et était poète. Elle fit preuve, au sein de
la maison du Prophète , d'une grande sagesse.
Plusieurs fois, la
Révélation eut lieu tandis que le Prophète se trouvait chez Um Salama. [Sourate
9 – Verset 102 & Sourate 33 – Verset 33].
Elle est la seule parmi les Mères
des Croyants, avec Khadîja et 'Aïsha, à avoir eu ce privilège. [Rapporté par
Muslim]
Elle nous a transmis un certain nombre de ahadîth (67 croit-
on
savoir).
Plusieurs Compagnons vinrent, après la disparition de l'Envoyé d'Allah ,
la consulter et lui demander des conseils. Notamment, après le meurtre du calife
'Uthmân , elle joua un rôle non négligeable tout en demeurant discrète.
Elle vécut jusqu'à l'âge de 84 ans et mourut pendant le mois de Ramadan
en l'an 62 de l'Hégire. Elle fut la dernière survivante des Mères des Croyants (Qu'Allah soit satisfait d'elles).
C'est Abu Hurayra qui dirigea la prière sur elle.
Elle fut enterrée avec ses
compagnes dans le cimetière des femmes à Médine.
Qu'Allah soit satisfait
d'Um Salama.

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