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Ahmed
Ibn Hanbal fonda l'école Hanbalite, quatrième
et dernière école d'interprétation
des textes sacrés musulman. Stricte et
formaliste, propre à l'Islam sunnite.
L'imam
de Bagdad, célèbre théologien,
jurisconsulte et traditionniste musulman
né en 164/736 et l'une
des personnalités les plus fortes de
l' Islam,
qu'il a profondément marqué aussi
bien dans son développement historique
que dans son renouveau contemporain.
Fondateur
de l'une des quatre grandes écoles sunnites,
l'école Hanbali. Il devait être
l' instigateur lointain du wahhabisme, par l'intermédiaire
de son disciple ibn Taymiya . Il inspira aussi,
dans une certaine mesure, le réformisme
conservateur des Salafiya.
Ahmed
Ibn Hanbal est un Arabe. Il appartenait à
la tribu des Banou Chiban qui avaient joué
un rôle actif dans la conquête de
l'Irak et celle du Khorasan.
D'abord installée
à Basra, la famille se transporta Merw
avec le grand-père d'Ahmed Ibn Hanbal
ibn Hilal, qui fut gouverneur de Sarakhs sous
les Omeyyades, et l'un des premiers propagandistes
Abbassides.
Ahmed Ibn Hanbal naquit en rabi'
II 164/décembre 736, quelques mois après
que son père, Mohammed ibn Hanbal, qui
appartenait à l'armée du Khorasan,
se fut établi à Bagdad où
il mourut trois ans plus tard. Un petit héritage
familial permit à Ahmed de mener une
existence modeste, mais indépendante.
Après
avoir étudié à Bagdad la
lexicographie, la jurisprudence et la tradition,
il se consacra à partir de 179/751, à
l'étude de la tradition, après
quoi, il entreprit une série de voyages
qui le conduisirent en Irak, au Hidjaz, au Yémen
et en Syrie. En 183/755 déjà,
il fit une apparition à Koufa. Ses séjours
furent beaucoup plus fréquents à
Basra, où, après une première
visite en 186/758, il retourna en 190/762, 194/766
et 200/772.
C'est
à la Mecque, où l'appelaient les
devoirs du pèlerinage dont il s'acquitta
à cinq reprises, qu' on le voit le plus
souvent : en 187/759 191/763, 196/768, 197/769
avec une retraite pieuse à Médine,
et 198/813 avec une seconde retraite pieuse
jusqu'en 199/771 après quoi il se rendit
à Sana’ (actuelle capitale du Yémen)
auprès du traditionniste Abd ar-razaq.
Ses
études de fiqh (jurisprudence musulmane)
et de Hadith (traditions) furent accomplies
sous la direction d'un grand nombre de maîtres
dont les noms sont conservés. A Bagdad,
il fréquenta les cours du qadi Abou Youcef
(mort en 182/754-5) disciple d'Abou Hanifa ,
qui n'exerça pas sur lui une influence
bien profonde, et suivi l'enseignement de Housaym
ibn Bachir, un disciple d'Ibrahim Al Nakha'i,
d'une façon continue durant six années
consécutives.
Son principal maître
fut ensuite Soufyan ibn 'Ouyayna (mort en 198/770),
l'autorité principale de l'école
du Hidjaz (Arabie).
On
peut encore citer parmi les principaux maîtres
de ibn Hanbal
, Abd Ar-rahman ibn Mehdi de Basra
(mort en 198/770) et Waqib ibn Al-Djarrah (mort
en 197/769) de Koufa. Comme le fait remarquer
ibn Taymiya
dans son Minhaj as-sounna, "la
voie de la tradition". IV, 143).
C'est
à l'école du Hadith du Hidjaz
qu'il convient de rattacher avant tout la formation
juridique d'ibn Hanbal . On ne saurait voir en
lui, un simple disciple d' Ash-Shafi'i , dont
il a connu l’œuvre juridique. Il le rencontra
personnellement à Bagdad, en 195/767.
La
politique que mena Al-Ma'moun, dans les dernières
années de son règne, sous l'influence
de Bichr Al-Marisi, en accordant aux mou'tazalite
un appui officiel, devait inaugurer, pour ibn
Hanbal
une ère de persécutions
qui lui valurent une retentissante célébrité.
Ibn
Hanbal
refusa énergiquement d'accepter le dogme
de la création du Coran contraire à
l'orthodoxie. Informé de l'incident à
Tarsous, Al-Ma'moun ordonna qu'on le lui envoyât,
avec un autre réfractaire, Mohammed ibn
Nouh.
Ahmed
Ibn Hanbal et ibn Nouh mis aux fers et expédiés
au calife, venaient de quitter Rasa, quand ils
apprirent la nouvelle de sa mort, ils furent
renvoyés tous deux à Bagdad, ibn
Nouh mourut au cours son retour, et Ibn Hanbal
fut dès son arrivée emprisonné
d'abord à la Yassiriya, puis dans la
maison des Emirs (Dar Al-Oumara), enfin dans
la prison commune du quartier de Mawassili (Derb
al-Mawassil).
Le
nouveau Calife, Al-Mou'tacim qui était
pourtant enclin à abandonner l'inquisition
fut convaincu par le Cadi mou'tazili, Ahmed
Abi Dou'ad, qui fit valoir, dit-on, combien
il pourrait être dangereux pour l'autorité
de l' État de paraître abdiquer
une position officiellement affirmée.
Ibn Hanbal fut donc convoqué à
comparaître, en Ramadan 219/791 devant
le Calife, refusant toujours, avec la même
obstination de reconnaître la création
du Coran; il reçut une sévère
flagellation, puis fut autorisé à
regagner son domicile, après un emprisonnement
qui avait duré en tout deux ans et demi.
Pendant tout le règne d'Al-Mou'tacim,
il mena une vie retirée, mais continuant
à donner des cours de tradition.
A
l'avènement d'Al-Wathiq, Ahmed Ibn Hanbal
reprit ses cours de tradition publiquement.
Aussi continua-t-il à mener la même
vie retirée, pour échapper à
ses ennemis (Manakib, 348-349).
La
restauration du Sunnisme par Al-Moutawakel à
son avènement en 232/804, permit à
Ibn Hanbal de reprendre son activité
de professeur. Ibn Hanbal cependant ne figure
pas parmi les traditionnistes que le Calife
chargea, en 234, de mener la lutte contre les
Djahmiya et les Mou'tazila (Manakib, 356).
La
disparition des personnages qui avaient joué
un rôle de premier plan lors des persécutions,
allait permettre un rapprochement entre le nouveau
calife et l'indépendant théologien.
Ahmed ibn Abi Dou'ad fut destitué en
237/809 et son successeur, ibn Aktham, passait
même, pour avoir été recommandé
au Calife par Ibn Hanbal (Bidaya wa n-Nihaya,
x, 315-16, 319-29).
Ibn
Hanbal fut, en 237/809, invité par Moutawakel
à se rendre à Samarra. Il semble
que le Calife ait voulu lui confier le soin
de donner des leçons de Hadith au jeune
prince Al-Mou'taz, et on peut également
supposer qu'il ait songé à se
servir de l'illustre théologien pour
sa politique de restauration sunnite.
Ce
voyage à Samarra fut pour Ibn Hanbal
l'occasion de reprendre, en évitant toute
compromission, contact avec le monde de la cour
Abbaside. Il fut accueilli à son arrivée
par le ministre Waçif installé
dans la riche maison d'Itakh, qui le combla
de cadeaux et fut présenté à
Al-Mou'taz, mais libéré sur sa
demande, en raison de son âge et de sa
santé de toute charge particulière.
Après
un court séjour, Ibn Hanbal s'en retourna
à Bagdad sans avoir rencontré
le Calife (Manakib, 172-378. Tardjama "la
Traduction", 58-75. Bidaya wa an-Nihaya
"livre Le début et la Fin"
tome X, pages 314, 316, 337-340)
Les
deux épouses légitimes d'Ibn Hanbal
lui avaient donné chacune un fils, Salih
et Abdallah. D'une esclave concubine, il eut
six enfants qui ne sont pas autrement connus.
Salih
né à Bagdad en 203/818, et Abdallah
en 266/838 à Isfahan, exerçait
fonctions de Cadi, passe pour avoir transmis
une grande partie du fiqh de son père
Ahmed Ibn Hanbal . (Kitab Tabaqat "les degrés"
tome 1, pages 173-176).
Abdallah
(né en 213/785) s'intéressa surtout
au Hadith; ce fut lui qui transmit la majeure
partie de l'oeuvre de son père. Il mourut
à Bagdad en 290/900 et fut enterré
dans le cimetière de Qoreich.
Sur sa
tombe devait se reporter toute la vénération
dont celle de son père était l'objet
quand cette dernière disparut, lors d'une
inondation du cimetière (Selon le Kitab
Tabaqat " Les degrés"tome
1, pages 180?188).
Salih
et Abdallah, qui furent étroitement associés
à la vie intellectuelle de leur père
allaient être parmi les premiers artisans
de cette construction collective qu'est le Hanbalisme.
L’œuvre la plus célèbre d'ibn
Hanbal est son recueil traditions, le Musnad
(première édition, Caire 1311,
nouvelle édition en cours depuis 1368/1948
par Ahmed Shakir). Bien qu'Ahmed Ibn Hanbal
ait personnellement accordé une importance
exceptionnelle cet ouvrage, ce fut son fils
Abdallâh qui recueillit et classa l'énorme
quantité de matériaux accumulés,
en y faisant lui-même un scrupule.
Ahmed
Ibn Hanbal était constamment sollicité
sur les questions les plus diverses de dogmatique,
de morale ou de droit. Sans interdire que l'on
note par écrit ses dires.
Ahmed
Ibn Hanbal doit être considéré
dans le cadre de la tradition comme un persévérant
indépendant, comme le fit remarquer ibn
Taymiya (dans son Minhaj, tome IV) .
On
range parfois Ibn Hanbal dans l'école
fondée par Ash-Shafi'i . Mais lui-même
se rattachait avant tout à l'école
du Hadith et il eut surtout pour maîtres
des traditionnistes d'Irak et du Hedjaz. Son
œuvre la plus connue est son Musnad, où
il donne droit de cité à tous
les Hadith communément admis de son temps
mash'houra « renommés »
A
côté du Musnad, sa deuxième
grande oeuvre est constituée par les réponses
qu'il donna aux questions (massa'il) qu'on lui
posait sur des problèmes de dogme, de
morale ou de droit.
Parmi
ses autres oeuvres doctrinales conservées,
le Kitab as-Salat « Livre de la prière
» (Caire 1323 et 1347) sur l'importance
de la prière en commun et sur les règles
que l'Imam et les fidèles doivent suivre
pour s'en acquitter ponctuellement, a été
transmis par Mohammed ibn Yahia Ash-Shami, un
des premiers disciples d'ibn Hanbal.
Kitab
Al-Wara’ « Livre des scrupules »
opinion d'Ibn Hanbal sur divers cas où
l'esprit de scrupule lui paraît s'imposer.
Ibn Taymiya a dégagé le trait
caractéristique Hanbali primitif :
«
On
ne devra considérer comme socialement
imposables que les pratiques religieuses qu'Allah
a nommément prescrit, mais inversement,
on ne saurait légalement interdire que
les usages qu'ont été expressément
interdits par Allah dans le Coran et par le
Messager, Mohammed dans la Sunna. »
Rappelons
que l'Imam Ibn Hanbal s'est rendu particulièrement
célèbre dans l'histoire de l'Islam,
par la fermeté avec laquelle il tint
tête à la politique du califat
mou'tazili.
Il
refusa d'admettre le dogme de la création
du Coran et de nier la vue d'Allah par les Croyants
dans l'autre monde (Ro'ya). Deux dogmes dont
le califat mou'tazili voulait faire des dogmes
d’État.
Ahmed
Ibn Hanbal mourut en rabi' 1er 241/juillet 813,
à l'âge de 75 ans, après
une courte maladie à Bagdad. Il fut enterré
dans le Cimetière des Martyrs (Maqabir
ach-chouhada), auprès de la porte de
Harb.
A travers les traditions d'un caractère
quelque peu légendaire qui entourent
le récit de ses funérailles, on
sent percer le témoignage d'une réelle
émotion populaire et sa tombe fut le
théâtre de manifestations d'une
dévotion si ardente que les autorités
califienne durent faire garder le cimetière
(Manakib "les Epaules", 409?41 Tardjama
"la Traduction", 75?82. Bidaya wa
N-Nihaya "le Livre du Début et la
Fin", tome X. pages 340-343).
La
tombe d'Ibn Hanbal devint un des lieux de pèlerinage
les plus fréquents de Bagdad. Le Calife
Al-Moustadi' y fit graver en 574/1146, une inscription
pour glorifier l'illustre traditionniste, le
défenseur le plus fidèle de la
Sunna (Bidaya wa N-Nihaya "le Livre du
début et la Fin", tome XII, page
300). Une crue du Tigre, au cours VIIIè
/ XIvè siècle, devait l'emporter
(Le Strange, Bagdad, 166)
Qu'
Allah
l'enveloppe dans Sa miséricorde

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