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Il
a dit : " Il est préférable de supporter
un roi injuste pendant soixante-dix ans plutôt
que de laisser un peuple sans chef, ne serait-ce
que le temps d'une heure. "
Abou
Abdallah Malek ibn Anas ibn Malek ibn Abi Amir
ibn Amr ibn Harith Al-Asbahi ibn Ghaïman ibn
Khouthayl ibn Amr ibn Al-Harith AI-Asbahi de
la famille des Banou Taym ibn Moura de la tribu
des Qoreïchites. Il porte le surnom de Imam
al-Madina "l'Imam de Médine."
Le
deuxième Imam fondateur de rite, après
Abou Hanifa. D'origine arabe de la tribu des
Himryates, naquit à Médine en 97 de L'Hégire (
710 ans environ de l'ère chrétienne ) fut l'élève
du traditionniste Dohri et du lecteur de Coran
Nafi'. Sa vie s'écoule à Médine dans l'exercice
de l'enseignement. Il composa de nombreux ouvrages
dont :
1-.
Kitab as-Sounan transmis par ibn Wahb, 2-.
Kitab Al-Manasik, transmis par As-Souyouti 3-.
Kitab Al-Moudjalasa, transmis par ibn Wahb 4-.
Rissala fi Al-Aqdiya transmis par Abdallah ibn
Abdel Djalil 5-. Rissala jï Al-Fetwa transmis
par Khalid ibn Nadhar 6-.
Tafsir : commentaire du Coran. 7-.
Rissala, fi Al-Qadar wel Rad `ala Al-Qadariya 8-. Kitab en-Noudjoum "Livre des étoiles" 9-.
Kitab as-Serr "livre du secret" transmis
par As-Souyout
L'oeuvre
principale de Malik
est le
" Kitab
al Mawata " " le Livre de La Voie
Aplanie "
le premier ouvrage juridique de l'Islam. Ce
livre a pour dessein de donner
un tableau de la loi et du droit, du rite et
de la pratique de la religion d'après la communauté
reconnue dans l'Islam médinois, d'après la Sunna
courante de Médine. De fournir un correctif
théorique pour tout ce qui n'était pas encore
fixé, en partant de l'idjtima' et de la Sunna
à une époque où l'on reconnaissait et respectait
la loi religieuse sous les premiers Abbasides.
Il y avait un intérêt pratique à indiquer un
"chemin aplani", c'est à peu près
le sens d'Al-Mawata. C'est ce besoin pratique
que Malek voulait satisfaire en se fondant sur
la pratique du Hidjaz. Il voulait codifier et
systématiser la loi devenue coutumière à Médine.
Pour cela, la tradition qu'il interprète du
point de vue de la pratique ne représente pas
à ses yeux un simple moyen, de même les juristes
plus anciens ne sont jamais cités que comme
autorités en faveur de Malek. Il n'avait en
vue, que de fixer les formes de la Sunna d'après
les documents accessibles.
Il
était partisan de Ali ben Abi Talib
- qu'Allah
l'agrée -, d'où son opinion politique Alide.
Lorsque Mohammed ibn Abd Allah surnommé "l'âme
pure" se révolta à Médine en 145 contre
le Calife Al Mansour, ses partisans allèrent
trouver Malek
et lui demandèrent ce que valait
le serment de fidélité qu'ils avaient prêté
à Al-Mansour. Il répondit, qu'il était nul,
comme ayant été arraché par la force. Ils le
prièrent de prêter serment lui-même au prétendant,
il s'y refusa. Mes'oudi raconte quand la révolte
fut matée, il fut mis à la torture et sévèrement
flagellé, on lui a même brisé les deux bras.
Lorsqu'en
145, Mohammed s'empara de Médine par un coup
de main, Malek
déclara dans une fetwa que le
serment prêté à AI Mansour ne pouvait obliger
en conscience parce qu'il avait été extorqué
par la force. A la suite de quoi un grand nombre
d'habitants qui seraient demeurés sur la réserve
se déclarèrent pour Mohammed. Malek ne prit
pas de parti active au soulèvement. Malgré cela
en 147, après l'échec du mouvement, il fut emprisonné
et puni de fustigation par Dja'far ibn Souleïman,
gouverneur de Médine. Il lui en resta une dévitatino
de l'épaule et une fracture des deux bras. Les
mauvais traitements en prison dont parle Abou
Hanifa sont calqués sur cet épisode de la vie
de Malek
Lors
d'un pèlerinage que Haroun Ar-Rachid fit peut
de temps avant la mort de Malek, il tint à assister
à son cours à Médine.
Il
représente Médine où ont été posés les fondements
décisifs du droit islamique. Un des buts essentiels
que se propose la pensée juridique qui nous
apparaît dans le Mawata est de pénétrer toute
la vie juridique de pensées religieuses et morales.
Cette particularité de la pensée juridique en
Islam est nettement visible aussi bien dans
la formulation des questions que dans la structure
même de la manière juridique Ces points de vue
moraux et religieux, est le droit coutumier
de Médine, qui loin d'être quelque chose de
primitif, est adapté au contraire à une vie
sociale assez développée et qui est pour nous
le représentant principal du vieux droit coutumier
arabe dans son ensemble.
Il nous apparaît chez
Malek
comme la Sunna, qui est relevée par lui
avec beaucoup de soin. Malek
a favorisé la systématisation
en matière juridique, succès surprenant que
le Mawata obtint parmi beaucoup d'ouvrages du
même ordre. Le Mawata enregistre l'opinion générale.
Il conviendrait donc de considérer le Mawata
comme un témoignage.
Malek
fut tenu en grande considération grâce à sa
critique stricte pour débusquer les vrais des
faux Hadith.
Malek
fut tenu en très haute estime par ses contemporains.
De son vivant, il jouissait d'une grande notoriété.
Ce sont ses disciples qui l'élevèrent au rang
de chef d'école.
L'Imam
mourut à Médine en 179H/795JC. L'oeuvre principale
est intitulée Al-Mawata "la Voie aplanie"
très célèbre tant en Orient qu'en Occident.
C'est un code de droit, ayant pour but de faire
connaître le droit et la loi, le rite et la
pratique d'après l'accord et le consentement
général des docteurs de Médine. Malek
se mit
contre les prédicateurs qui falsifiaient la
tradition. Il donnait par écrit des textes à
ses élèves.
Les
plus importants Oulémas qui ont transmis
des traditions à son
sujet. Ce sont : Abd Allah ibn AI-Moubarak,
Al-Awza'i, ihn
Djouraydi, Hammad ibn Zayd, AI-Laylh ibn Sa'd,
ibn Salama, Chou'ba, At-Thawri, ibn `Ouleiya,
Yazid ibn `Abd Allah, Ash-Shafi'i ainsi que
ses professeurs Ad-Dohri et Yahia ibn Sa'id.
Un
jeune étudiant du nom d'Abou Yahia Al-Laythi
âgé alors de vingt-huit (28) ans d'origine berbère
venant d'Espagne musulmane auprès de Malek
à
Médine et s'attacha à lui. Un jour, qu'il se
trouvait à son cours peu de temps après son
arrivée, quelqu'un cria :
"
Il y a un éléphant ! ".
C'était une rareté à Médine. Tous les élèves
de Malek sortirent voir la bête, seul Yahia
resta.
"
Pourquoi
ne sors-tu pas avec les autres lui demanda Malek,
il n'y a pourtant pas d'éléphant dans ton pays
? "
Il
lui répondit : "
Je ne suis venu d'Espagne
que pour te voir, répondit Yahia et pour recevoir
de toi la direction et la science. Je n'ai pas
à regarder d'éléphant ".
Malek
dit : "Celui-ci est l'intelligence de l'Espagne."
Et ce surnom lui resta.
De
retour chez lui, en Espagne, il acquit une grande
prépondérance et y devient le plus important
docteur. La doctrine de Malek
fut propagée en
Espagne par l'intermédiaire de Yahia Al-Laythi.
Docteur
de la Chari'â (loi islamique). Il rassembla
les traditions musulmanes dans un Kitab Al-Mawata
"le Livre, la Voie aplanie." Ash Shafi'i
lui accorda une place à part parmi les savants
médinois.
Il
mourut à Médine en 179H/795JC après une courte
maladie. Il était âgé de (87) quatre-vingt-sept
ans environ, et fut enterré au cimetière d'Al-Baqi'i,
qui se trouve à Médine. C'est le gouverneur
de Médine, Abdallah ibn Zineb, qui prononça
ce jour la prière des morts sur lui.
On
n'a jamais élevé de dôme sur sa tombe, jamais.
D'ailleurs on peut visiter sa tombe au cimetière
d'Al-Baqi'i à Médine.
Qu'Allah
l'enveloppe dans
Sa miséricorde

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